Vent d'optimisme sur les marchés boursiers

Le logo de l'euro est vu devant la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, sur cette photo d'archives du 7 février 2013. (AFP)
Le logo de l'euro est vu devant la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, sur cette photo d'archives du 7 février 2013. (AFP)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Vent d'optimisme sur les marchés boursiers

  • Les places boursières européennes ont commencé la semaine du bon pied
  • L'euro montait de 0,18% à 1,0571 dollar. Et la livre sterling s'adjugeait 0,25% à 1,2298 dollar

PARIS : Les marchés boursiers bénéficiaient d'un regain d'optimisme des investisseurs lundi, ces derniers espérant voir l'inflation arriver à un pic prochainement et des hausses de taux moindres.

Les places boursières européennes ont commencé la semaine du bon pied. Paris prenait 0,63%, Londres 0,64%, Milan 0,82%, et la Bourse de Francfort, restée en retrait vendredi, rattrapait son retard et gagnait 1,08% vers 07H25 GMT.

Début de semaine dans le vert à la Bourse de Paris, qui prend 0,96%

La Bourse de Paris montait de 0,96% lundi, espérant des hausses de taux d'intérêt moins fortes qu'attendu et un retour sous contrôle de l'inflation.

L'indice CAC 40 progressait de 56,90 points à 6 130,25 points vers 09H40. Vendredi, il avait signé sa meilleure performance en trois mois (+3,23%), et terminé la semaine sur un bilan positif.

Avec la publication de données économiques de mauvaise facture, les taux d'intérêt obligataires ont fortement reculé la semaine passée

"Ce mouvement a été rendu possible, par la conviction de nombreux opérateurs de marché que les perspectives de politiques monétaires bien plus restrictives qu'anticipé devraient permettre de ramener l'inflation vers la tendance voulue par les banques centrales", explique Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche de La Banque Postale AM.

"Ainsi, les anticipations d'inflation ont fortement reculé", constate-t-il.

Ce changement de perspectives dans l'esprit des investisseurs a renforcé leur appétit pour le risque et il "ont cherché à se réexposer à certains actifs risqués, avec un accent sur les valeurs de croissance".

Lundi, les valeurs du secteur de l'automobile, dont l'activité dépend de la conjoncture économique, s'ajoutent à la liste des titres recherchés, notamment Faurecia (+7,67% à 20,80 euros) qui bénéficie en plus d'un relèvement de recommandation.

Renault prenait aussi 5,26% à 26,01 euros, et Valeo 5,08% à 19,77 euros.

Un forum organisé par la Banque centrale européenne (BCE) sera suivi par les acteurs des places financières cette semaine.

La présidente de la BCE Christine Lagarde s'y exprimera, tout comme le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey, le directeur général de la Banque des règlements internationaux Agustín Carstens et des économistes.

Le discours de Mme Lagarde programmé mardi matin sera très scruté par les marchés, alors que la BCE se prépare en juillet, face à l'inflation, à remonter ses taux d'intérêt pour la première fois depuis onze ans.

Les dirigeants des pays du G7 sont actuellement réunis en Allemagne pour un sommet au cours duquel ils devraient formaliser un embargo sur les importations d'or russe, une décision déjà prise par les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Valneva arrive sur le marché

La Commission européenne a autorisé le vaccin contre le Covid-19 de la biotech franco-autrichienne Valneva sur le marché européen, pour une primovaccination chez les adultes âgés de 18 à 50 ans. L'action Valneva prenait 6,64% à 13,49 euros, après avoir progressé de près de 60% la semaine passée, à la suite de l'annonce de l'autorisation de son vaccin par le régulateur européen.

Acquisition chez Plastic Omnium

L'équipementier automobile a signé dimanche un accord avec le groupe Actia en vue d'acquérir la division "Power", dédiée notamment à la fabrication de batteries électriques. Plastic Omnium gagnait 3,40% à 17,05 euros.

Ipsen rachète Epizyme

Le laboratoire Ipsen (-2,62% à 85,50 euros) a annoncé le rachat de la société biopharmaceutique Epizyme, spécialisée dans les médicaments de traitement de cancers, qui développe notamment le Tazverik, pour 247 millions de dollars (234 millions d'euros).

En Asie, Hong Kong était en tête avec une hausse de 2,35% dans les derniers échanges, profitant de la bonne performance des valeurs technologiques chinoises grâce à des indications selon lesquelles la répression de la Chine à l'encontre de ce secteur pourrait toucher à sa fin.

"La Banque populaire de Chine a injecté un total de 100 milliards (de yens) dans le système bancaire lundi, la plus importante injection quotidienne depuis le 31 mars", ajoute John Plassard, spécialiste de l'investissement chez Mirabaud.

Shanghai a pris 0,88% et Tokyo 1,43%.

Comme en fin de semaine dernière, "les marchés continuent de penser que le pire est passé pour les marchés obligataires américains et que la fin des hausses de taux de la Réserve fédérale interviendra plus tôt, car l'économie américaine, et ailleurs, ralentira fortement au second semestre 2022", commente Jeffrey Halley, analyste d'Oanda.

Les taux d'intérêt obligataire ont en effet connu une spectaculaire détente après la publication de statistiques économiques de mauvaise facture, les investisseurs tablant à la fois sur une récession prochaine et sur un tour de vis des banques centrales moins sévère qu'attendu.

Un forum organisé par la Banque centrale européenne (BCE) sera suivi par les acteurs des places financières cette semaine.

La présidente de la BCE Christine Lagarde s'y exprimera, tout comme le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey, le directeur général de la Banque des règlements internationaux Agustín Carstens et des économistes.

Le discours de Mme Lagarde programmé mardi matin sera très scruté par les marchés, alors que la BCE se prépare en juillet, face à l'inflation, à remonter ses taux d'intérêt pour la première fois depuis onze ans.

"Nous pourrions bien obtenir quelques éléments savoureux qui génèreraient de la volatilité à court terme", anticipe Jeffrey Halley.

A l'agenda de la semaine à venir figurent également la publication d'indicateurs d'activités concernant la Chine, les États-Unis et de chiffres de l'inflation en zone euro et aux États-Unis.

L'or en hausse

Le prix d'une once d'or montait de 0,77% à 1 840,80 dollars l'once vers 07H20 GMT après l'annonce par le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson d'un embargo sur les importations d'or russe.

Cette décision devrait être formalisée par l'ensemble des dirigeants des pays du G7, actuellement réunis pour un sommet en Allemagne.

Les minières se reprennent

Les valeurs du secteur minier avaient été affectées par la chute des prix des métaux industriels la semaine passée. Lundi, elles remontaient la pente tout comme les cours des métaux.

Anglo American prenait 2,56%, Rio Tinto 2,97% et Antofagasta 2,11% à Londres. A Paris ArcelorMittal gagnait 2,49%.

Du côté du pétrole, du bitcoin et des devises

Les prix du pétrole se stabilisaient après de fortes variations la semaine dernière. Le baril de Brent pour livraison en août avançait de 0,50% à 113,68 dollars vers 07H20 GMT et celui de WTI américain à même échéance cédait 0,18% à 107,43 dollars.

Le bitcoin se stabilisait à 21.340 dollars (-0,26%).

L'euro montait de 0,18% à 1,0571 dollar. Et la livre sterling s'adjugeait 0,25% à 1,2298 dollar.


Malgré les crises, une croissance mondiale meilleure que prévu en 2023, selon le FMI

"Les perspectives sont moins sombres que dans nos prévisions d'octobre" a précisé le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas (Photo, AFP).
"Les perspectives sont moins sombres que dans nos prévisions d'octobre" a précisé le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas (Photo, AFP).
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  • Le ralentissement s'annonce moins important qu'attendu dans plusieurs économies développées
  • Par ailleurs, l'inflation, qui a grimpé à des niveaux très élevés partout dans le monde, ralentit désormais

WASHINGTON: L'économie mondiale résiste mieux que prévu aux chocs à répétition et le FMI a relevé sa prévision de croissance pour 2023, le spectre de la récession s'éloignant pour plusieurs pays tandis que la réouverture de la Chine laisse espérer un rebond supplémentaire.

Le Fonds monétaire international (FMI) table désormais sur une croissance mondiale de 2,9% en 2023, selon son rapport publié lundi. C'est 0,2 point de pourcentage de plus que ce qu'il attendait en octobre, lors de la publication de ses précédentes prévisions.

"Les perspectives sont moins sombres que dans nos prévisions d'octobre" a précisé le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, lors d'une conférence téléphonique.

"L'année à venir restera difficile", a-t-il averti, mais "elle pourrait aussi être un tournant", sur les fronts de la croissance et de l'inflation, a précisé l'économiste.

Le ralentissement s'annonce moins important qu'attendu dans plusieurs économies développées, en particulier aux États-Unis (1,4% de croissance en 2023, 0,4 point de pourcentage de plus qu'en octobre).

Mais aussi en Allemagne ou en Italie, où le FMI ne redoute désormais plus de récession, contrairement à ce qu'il prévoyait en octobre. La croissance en zone euro, qui résiste mieux que prévu à la crise énergétique liée au conflit en Ukraine, est ainsi attendue à 0,7%, soit 0,2 point de plus qu'auparavant.

L'autre facteur important est la réouverture de la Chine après l'abandon de la politique zéro-Covid. Malgré la gestion chaotique qui a entraîné une forte hausse des cas de Covid dans le pays, cette réouverture devrait permettre à la croissance chinoise (+5,2% contre 4,4% prévu il y a trois mois) de venir donner un coup d'accélérateur à l'économie mondiale.

Par ailleurs, l'inflation, qui a grimpé à des niveaux très élevés partout dans le monde, ralentit désormais, et devrait être moins élevée en 2023 qu'en 2022 dans la majorité des pays, relève le FMI dans son rapport.

L'institution de Washington la voit toutefois un peu plus élevée cette année que ce qu'elle prévoyait auparavant, à 6,6% contre 6,5% prévus en octobre. Mais elle devrait revenir en 2024 à des niveaux inférieurs à 2021 (+4,3% contre +4,7%).

Ces chiffres sont plus optimistes que ceux publiés mi-janvier par la Banque mondiale, qui voyait la croissance mondiale encore ralentir. Mais c'était avant l'annonce de la fin des mesures massives de confinement contre la Covid-19 en Chine. Les paramètres pris en compte par les deux institutions sont par ailleurs différents.

Récession attendue au Royaume-Uni 

Les trois locomotives mondiales - États-Unis, Chine et Europe - montrent ainsi de clairs signes de résilience, pour des raisons diverses. Et l'ensemble des économies avancées devrait connaître cette année une croissance, même faible.

Une exception cependant: le Royaume-Uni devrait être le seul pays du G20 à connaître une récession cette année, avec une baisse du PIB de l'ordre de 0,6% (en baisse de 0,9 point de pourcentage par rapport aux prévisions d'octobre).

À l'inverse, la Russie pourrait y échapper, malgré les sanctions prises par la communauté internationale depuis l'invasion de l'Ukraine, avec une croissance légèrement positive en 2023 (+0,3%) et qui devrait même s'accélérer en 2024 (+2,1%).

Ailleurs dans le monde, l'expansion prévue en Afrique sub-saharienne (+3,8%, quasi inchangé) ou au Moyen-Orient et Asie Centrale (+3,2%, 0,4 point de moins qu'en octobre) est attendue bien plus élevée qu'en Amérique latine et aux Caraïbes, où elle restera inférieure à la croissance mondiale (+1,8%).

Les deux locomotives latino-américaines, Brésil et Mexique, voient en effet leur prévision de croissance --respectivement à +1,2% et +1,7%--, se situer bien en deçà de celle attendue pour les autres grands pays émergents, en particulier la Chine et l'Inde (+6,1%).

Et pour 2024, la croissance mondiale devrait atteindre 3,1%, en hausse par rapport à 2023, mais avec une révision en légère baisse par rapport à octobre (-0,1 point de pourcentage).

Pour ces deux années cependant, "la croissance mondiale restera faible par rapport aux normes historiques", a encore indiqué le chef économiste du FMI.


Gazprom va se retirer du consortium grec Prometheus Gas

«C'est un divorce par contentement en raison surtout de la guerre en Ukraine et des sanctions européennes» (Photo, AFP).
«C'est un divorce par contentement en raison surtout de la guerre en Ukraine et des sanctions européennes» (Photo, AFP).
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  • La presse grecque spécialisée a récemment rapporté le «divorce» entre Gazprom et Prometheus Gas
  • Cette décision met fin à un partenariat qui datait de 1991

MOSCOU: Gazprom va prochainement se retirer du consortium grec Prometheus Gas, dont l'actionnaire grec Copelouzos qui détient 50% du capital, va racheter l'autre moitié appartenant jusqu'ici au géant russe de gaz naturel, ont indiqué lundi à l'AFP deux sources concordantes au fait du dossier.

"Le conseil d'administration de Gazprom a décidé de mettre fin à sa participation dans Prometheus Gas S. A.", a indiqué à l'AFP une source au sein de la direction de Gazprom.

"Le gaz russe est fourni à la Grèce conformément aux obligations contractuelles", a indiqué cette source.

Selon un responsable du groupe grec Copelouzos à Athènes ayant requis l'anonymat, "c'est un divorce par contentement en raison surtout de la guerre en Ukraine et des sanctions européennes".

Cette décision met fin à un partenariat qui datait de 1991.

Mais "le contrat actuel en cours arrivera à terme en décembre 2027, comme prévu", a toutefois précisé à l'AFP la source au sein de Copelouzos.

La quantité de gaz russe "a diminué considérablement depuis l’année dernière et le prix a augmenté", a rappelé le responsable grec.

La presse grecque spécialisée a récemment rapporté le "divorce" entre Gazprom et Prometheus Gas, soulignant que le groupe Copelouzos deviendrait désormais l'unique actionnaire de Prometheus Gas.

Il s'agit d'"un développement attendu" vu les changements géopolitiques et la refonte complète du marché du gaz dans les Balkans et en Europe, avait indiqué la semaine dernière le site d'information financière "Mononews".

Le groupe grec Copelouzos a récemment procédé à de nouveaux investissements dans une centrale électrique et une usine de stockage et de regazéification du gaz liquéfié (GNL) à Alexandroupolis, ville située dans le Nord-est de la Grèce.

Malgré ses liaisons historiques avec la Russie, la Grèce, en tant que pays membre de l'Union européenne, a depuis l'offensive en Ukraine soutenu les sanctions occidentales qui ont conduit à une forte baisse des livraisons de gaz russe vers l'Europe.


Bruno Le Maire à la recherche d’investissements dans le Golfe

Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire. (Photo, Bella Suadere)
Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire. (Photo, Bella Suadere)
La première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. (Photo, Bella Suadere)
La première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. (Photo, Bella Suadere)
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  • Le conseil d’affaires franco-émirien vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays, notamment dans les domaines de l'énergie, du transport et de l’investissement
  • Il n’y a rien d’étonnant de voir plusieurs fonds d’investissement tourner les yeux vers cette région, à l’instar du Français Ardian, qui vient d’inaugurer ses bureaux à Abu Dhabi

ABU DHABI: Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire, a lancé officiellement la première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. «Le conseil d’affaires franco-émirien doit nous permettre d’accélérer les investissements des Émirats arabes unis vers la France et de la France vers les Émirats arabes unis», a déclaré le ministre en marge de sa visite aux Émirats Arabes unis (EAU). 

Composé de 18 chefs d’entreprise français et émiriens, dont les présidents d’Airbus, de la BNP, de la CMA CGM, et de la présidente d’Ardian, le conseil est coprésidé par le ministre émirien de l'Industrie et des Technologies avancées, directeur général et PDG du groupe Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), le Dr Sultan al-Jaber, et le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné.

Il a été lancé en juillet dernier lors de la visite du président émirien, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyan, en France et vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays, notamment dans les domaines de l'énergie, du transport et de l’investissement.

Outre la promotion des échanges économiques, ces réunions serviront à identifier et à mettre en œuvre des projets d'investissement croisés privés.

Les membres du conseil se réuniront au moins une fois par an, en présence de leurs ambassadeurs respectifs, alternativement aux EAU et en France.

«Le niveau de participation des deux côtés montre à quel point nous sommes déterminés à donner une nouvelle impulsion à cette coopération économique franco-émirienne», a dit Bruno Le Maire.

En déplacement aux Émirats ce lundi et mardi, le ministre français a également participé à une rencontre entre les représentants des fonds d’investissement français venus solliciter les investissements émiriens, le «UAE-France investors meetup», organisé à Abu Dhabi Global Market, l’ADGM. L’événement a réuni aussi des banques, des gestionnaires d’investissement, des conseillers et des centres financiers dans le but de déployer des partenariats stratégiques entre les deux pays. Lors de son discours, Bruno Le Maire a souligné les relations d’amitié avec ses hôtes.

Visite régionale sans grands contrats 

La visite régionale du ministre français avait surtout pour objectif de réaffirmer les relations privilégiées de Paris avec ses partenaires du Golfe et de rappeler l'attractivité de l’Hexagone à ses potentiels investisseurs, mais elle ne s’est pas soldée pour l’instant par des signatures de contrats pour les entreprises françaises.

Entamée en Arabie saoudite samedi, elle s’est poursuivie au Qatar dimanche, où Bruno Le Maire a tenu plusieurs rencontres bilatérales de haut niveau, dont celle avec le prince hériter, Mohammed Ben Salmane, et l’émir du Qatar, cheikh Tamim al-Thani, ainsi que des discussions avec les présidents des fonds d’investissement.

Lors de cette tournée régionale, Bruno Le Maire a souligné plusieurs fois l’attractivité de la France qui est devenue le pays «le plus attractif pour les investisseurs de toute l’Europe». « S’il y a un endroit où il faut investir, c’est la France», a-t-il martelé.

«Le fil rouge de mon déplacement dans le Golfe qui se traduit ici aux Émirats, c’est l’investissement dans les énergies renouvelables et dans l’industrie verte», a souligné Le Maire. «Il y a ici aux Émirats beaucoup de projets communs; je pourrais citer la ferme solaire d’EDF qui est la plus grande ferme solaire au monde, et l’hydrogène avec les projets d’Engie ici aux EAU. Et au moment où les EAU prennent la présidence de la COP28, je pense que renforcer cette coopération entre la France et les énergies vertes aux EAU est absolument essentiel.»

La France est prête à soutenir les EAU pour garantir le succès de la COP28, a déclaré le ministre français qui s’est entretenu auparavant avec Sultan al-Jaber, dont la récente nomination à la présidence de la COP28, alors qu’il dirige l’une des plus puissantes entreprises pétrolières au monde, a soulevé quelques critiques dans la presse internationale.

Le seul challenge qui nous attend est celui du climat, a conclu Bruno Le Maire.

Les investissements communs

La France, comme les autres pays européens, ressent fortement les conséquences du conflit en Ukraine, à savoir la hausse des prix de l’énergie, l’inflation et le ralentissement économique, alors que la croissance économique des pays du Golfe est à envier, tout comme leur revenus budgétaires, stimulés par les prix actuels du pétrole.

Il n’y a donc rien d’étonnant de voir plusieurs fonds d’investissement tourner les yeux vers cette région, à l’instar du Français Ardian, l’un des plus importants fonds de capital-investissement (private equity) au monde, qui vient d’inaugurer ses bureaux à Abu Dhabi.

Ardian collabore déjà avec des structures comme Mubadala Investments ou ADIA, Abu Dhabi Investment Authority.

Au niveau bilatéral, Paris et Doha ont renouvelé ce dimanche un programme d'investissement conjoint de 300 millions d’euros, entre BpiFrance et Qatar Investment Authority.

Par ailleurs, Bruno Le Maire s’est entretenu avec Khaldoon al-Mubarak, président général de Mubadala.

La France et les EAU travaillent depuis longtemps afin de favoriser les investissements dans différents secteurs français dont la technologie, la santé et l’éducation.

En 2020, Mubadala a annoncé la signature d'un mémorandum d’entente avec BpiFrance, afin d’investir 1 milliard d’euros dans le fonds LAC1, un fonds de 10 milliards d’euros géré par BpiFrance.

«Nous pensons qu’une marge de manœuvre existe pour étendre ces investissements; notre objectif, défini par le président Macron, est d’atteindre à terme un niveau de 10 milliards d’euros d’investissements», a précisé le ministre.