Israël sur la voie d'élections avec la dissolution attendue du Parlement

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) participe à une session de la Knesset (parlement) à Jérusalem, le 27 juin 2022 (Photo, AFP).
Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) participe à une session de la Knesset (parlement) à Jérusalem, le 27 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

Israël sur la voie d'élections avec la dissolution attendue du Parlement

  • Depuis cette annonce surprise, Israël grouille de rumeurs
  • Leur accord de coalition prévoyait un partage du pouvoir

JÉRUSALEM: Les députés israéliens doivent voter mercredi soir la dissolution du Parlement, mettant ainsi fin au bref règne de Naftali Bennett qui sera remplacé par son acolyte Yaïr Lapid d'ici à la tenue, à l'automne, de cinquièmes élections en moins de quatre ans.

En juin 2021, MM. Bennett et Lapid avaient écrit une page de l'histoire d'Israël en réunissant une coalition de huit partis (droite, gauche, centre), incluant pour la première fois une formation arabe, afin de couper court à 12 ans sans discontinuer de pouvoir de Benjamin Netanyahu.

Mais un an plus tard, la coalition a perdu sa majorité à la chambre au point où Naftali Bennett a jeté l'éponge la semaine dernière en annonçant son intention de dissoudre la chambre pour convoquer de nouvelles élections.

Depuis cette annonce surprise, Israël grouille de rumeurs. Le chef de l'opposition, Benjamin Netanyahu (Likoud, droite) a tenté de coopter des députés de la coalition pour former un "gouvernement alternatif" et ainsi reprendre le poste de Premier ministre sans passer par des élections.

Mais ces tentatives ont échoué. Et un comité parlementaire a acté dans la nuit de lundi à mardi la fin de ces tentatives en indiquant que le Parlement allait bien être dissous mercredi, avant 23H59 (locales).

Pourquoi une telle échéance? Les députés veulent voter une série de lois - mardi et mercredi - avant de dissoudre le Parlement sachant que dès jeudi une disposition protégeant les plus de 475.000 colons israéliens vivant en Cisjordanie occupée sera caduque si le Parlement n'est pas dissous.

Afin de fragiliser la coalition de MM. Bennett et Lapid, l'opposition lui avait infligé le 6 juin un camouflet en réunissant une majorité de voix contre le renouvellement de la "loi sur les colons", une disposition que la chambre doit renouveler tous les cinq ans.

Or cette loi devait être renouvelée d'ici jeudi 30 juin, sans quoi les colons en Cisjordanie --territoire palestinien occupé depuis 1967-- risquaient de perdre leur protection légale en vertu du droit israélien.

Chaos ou élections ?

Et comme M. Bennett, un ardent défenseur de ces colonies, pourtant jugées illégales au regard du droit international, ne pouvait risquer ce "chaos", il a préféré faire harakiri à son gouvernement.

Le lendemain de la dissolution du Parlement, donc jeudi, sauf surprise de dernière minute, comme un vote in extremis pour renouveler la loi sur les colons, M. Bennett cèdera sa place à Yaïr Lapid, l'actuel chef de la diplomatie israélienne.

Leur accord de coalition prévoyait un partage du pouvoir, incluant une clause selon laquelle M. Lapid assurait l'intérim jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement en cas de dissolution de la Knesset (parlement).

"Ce dont nous avons aujourd'hui besoin est de retourner au concept d'unité israélienne et non de laisser les forces de l'ombre nous diviser", a déclaré la semaine dernière M. Lapid, qui n'aura pas le temps de célébrer longtemps son accession aux plus hautes marches du pouvoir israélien.

Cet ex-journaliste vedette qui a fondé il y a une décennie le parti centriste "Yesh Atid" ("Il y a un futur" en hébreu) devra rapidement mettre ses troupes en ordre de bataille pour les élections, en plus d'être à la fois Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

Et c'est lui qui accueillera en Israël le président américain Joe Biden pour sa première tournée au Moyen-Orient, à la mi-juillet, depuis son arrivée à la Maison Blanche.

De son côté, M. Bennett devrait garder un titre de Premier ministre par alternance en gardant ses yeux rivés sur le dossier d'un potentiel nouvel accord sur le programme nucléaire iranien auquel l'Etat hébreu s'oppose.

"Nous nous sommes battus comme des lions, jusqu'au dernier moment, et qu'il devienne impossible" de sauver le gouvernement, a déclaré récemment M. Bennett qui, à en croire les sondages d'opinion, devra aussi se battre pour sauver sa formation politique Yamina (droite radicale) menacée d'implosion et de déconfiture électorale.


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com