L'Amérique muscle sa présence militaire en Europe

Le président américain Joe Biden attend le début d'une table ronde lors d'un sommet de l'OTAN à Madrid, le 29 juin 2022. (AFP)
Le président américain Joe Biden attend le début d'une table ronde lors d'un sommet de l'OTAN à Madrid, le 29 juin 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

L'Amérique muscle sa présence militaire en Europe

  • «Nous sommes au rendez-vous» et «nous prouvons que l'Otan est plus nécessaire que jamais», a encore déclaré le président américain
  • Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n'ont toutefois voulu dire, lors d'une courte conférence de presse mercredi matin, combien de militaires américains supplémentaires allaient être, au total, déployés

MADRID : Les Etats-Unis vont "renforcer leur positionnement militaire en Europe" afin que l'Otan puisse "répondre à des menaces venant de toutes les directions", a dit mercredi à Madrid le président américain Joe Biden, sans donner un chiffre sur le nombre de soldats concernés.

Lors d'un sommet de l'Alliance militaire "qui marque l'Histoire", selon lui, il a annoncé une présence renforcée de militaires et de capacités américaines en Espagne, en Pologne, en Roumanie, dans les Etats baltes, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie.

Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n'ont toutefois voulu dire, lors d'une courte conférence de presse mercredi matin, combien de militaires américains supplémentaires allaient être, au total, déployés.

"Nous sommes au rendez-vous" et "nous prouvons que l'Otan est plus nécessaire que jamais", a encore déclaré le président américain, aux côtés du secrétaire général de l'organisation, Jens Stoltenberg.

Plus de 100 000

Il a rappelé que les Etats-Unis avaient déjà déployé cette année "20 000 militaires supplémentaires en Europe pour renforcer nos lignes en réponse aux initiatives agressives de la Russie", ce qui a déjà porté à plus de 100 000 le nombre d'Américains stationnés sur le continent.

Mais il n'a pas précisé ce que les renforcements annoncés mercredi représenteraient globalement en termes d'effectifs. Le détail a été communiqué par Washington pour l'Allemagne (625 hommes ou femmes) et l'Italie (65).

Dans le détail, Joe Biden a annoncé que les Etats-Unis porteraient de 4 à 6 le nombre de leurs destroyers sur la base navale de Rota en Espagne.

La première puissance mondiales établira par ailleurs en Pologne "un quartier général permanent du 5ème corps d'armée américain". Il s'agira, a précisé le Pentagone, de la première présence américaine "permanente" sur le "flanc oriental" de l'Otan.

Une responsable du Pentagone, Celeste Wallander, a assuré que cette annonce, ainsi que toutes les autres, était compatible avec un accord signé en 1997 entre l'Otan et la Russie dans lequel l'alliance occidentale s'engageait à ne pas augmenter de manière significative le nombre d'unités combattantes stationnées de manière permanente en Europe centrale et de l'Est.

"Nous allons maintenir une brigade supplémentaire" qui sera basée en Roumanie, a également déclaré Joe Biden, évoquant le chiffre de 3 000 combattants et 2 000 personnels militaires autres.

Il a également annoncé des "déploiements supplémentaires dans les Etats baltes", le Pentagone précisant que cela concernerait aussi bien l'artillerie, l'aviation, la défense anti-aérienne que la présence de troupes d'élite.

Aux portes de la Russie, les Etats-Unis promettent aussi "d'intensifier les exercices avec nos alliés" baltes, selon un communiqué du Pentagone.

«Otanisation de l'Europe»

Lors d'une courte allocution, Joe Biden a encore indiqué que Washington allait "envoyer deux escadrilles supplémentaires" d'avions de combat F-35 au Royaume-Uni, sur la base de Lakenheath dans l'ouest du pays, et "positionner des capacités supplémentaires de défense aérienne" en Allemagne et en Italie.

Le président russe Vladimir Poutine "voulait une 'finlandisation' de l'Europe", c'est-à-dire une évolution des pays membres de l'Alliance vers la position de neutralité qui a été historiquement celle du pays nordique, mais il obtient au contraire une "'Otanisation' de l'Europe", s'est félicité Joe Biden.

La Finlande, historiquement non-alignée, ainsi que la Suède s'apprêtent en effet à rejoindre l'Otan, après le levée mardi soir du veto de la Turquie, tandis que l'Alliance a affiché une unité presque sans faille depuis le début de la guerre en Ukraine.

Le Pentagone a précisé dépenser 3,8 milliards de dollars au titre de l'"Initiative de dissuasion en Europe" pour l'année budgétaire 2022, et avoir une prévision de 4,2 milliards de dollars pour l'exercice 2023.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.