Le débat ressurgit autour d'une taxe exceptionnelle sur les «surprofits» des entreprises

Les entreprises énergétiques, TotalEnergies en particulier, sont dans le viseur de la gauche après avoir enregistré des profits en forte hausse (Photo, AFP).
Les entreprises énergétiques, TotalEnergies en particulier, sont dans le viseur de la gauche après avoir enregistré des profits en forte hausse (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Le débat ressurgit autour d'une taxe exceptionnelle sur les «surprofits» des entreprises

  • Le patron du PCF Fabien Roussel a annoncé mercredi qu'il déposerait une proposition de loi pour «taxer les bénéfices des compagnies pétrolières» sur 2021 et 2022
  • Au RN, Marine Le Pen a aussi défendu une telle taxe, qu'elle estime de «justice sociale»

PARIS: Taxer les bénéfices des entreprises qui tirent parti de l'inflation : la mesure, réclamée notamment par le PCF et la France insoumise, semble écartée par le gouvernement qui appelle ces entreprises à des gestes directs en faveur du pouvoir d'achat des ménages.

Les entreprises énergétiques, TotalEnergies en particulier, sont dans le viseur de la gauche après avoir enregistré des profits en forte hausse grâce à la flambée des cours du pétrole et du gaz.

Le géant pétrolier a ainsi vu son bénéfice progresser de 48% à près de 5 milliards d'euros au premier trimestre 2022.

"Si on divise ces 5 milliards d'euros-là par les 18 millions d'automobilistes français qui prennent leur voiture pour aller au travail, cela fait 100 euros par mois, non pas 6 centimes, non pas 18 centimes, mais 100 euros par mois. Ce sont donc des sommes absolument considérables qui échappent aux citoyens pour servir très massivement aux actionnaires de Total", s'est insurgé le député LFI François Ruffin mardi sur BFMTV.

Le patron du PCF Fabien Roussel a annoncé mercredi qu'il déposerait une proposition de loi pour "taxer les bénéfices des compagnies pétrolières" sur 2021 et 2022.

Au RN, Marine Le Pen a aussi défendu une telle taxe, qu'elle estime de "justice sociale".

Le géant pétrolier n'est pas le seul. Engie aussi a enregistré des résultats spectaculaires au premier trimestre, tout comme l'armateur CMA CGM, au moment où les coûts du transport maritime s'envolent avec la reprise du commerce mondial après la pandémie.

Certains États ont déjà franchi le pas. Le très libéral Royaume-Uni a instauré une taxe temporaire de 25% sur les bénéfices des géants pétroliers pour financer des aides aux ménages les plus défavorisés face à l'inflation.

Et l'Italie a décidé de prélever 25% supplémentaires sur les bénéfices des grandes entreprises du secteur de l'énergie.

Même l'OCDE avait estimé dès le mois de mars que les dépenses de soutien au pouvoir d'achat pourraient être en partie financées par "l'imposition des gains exceptionnels dans certains pays".

En France, le gouvernement n'a pas l'air partant, répétant systématiquement l'engagement d'Emmanuel Macron de ne pas augmenter les impôts.

Ce n'est "pas forcément la meilleure solution", a estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire dans un entretien aux Échos mercredi.

Plutôt des gestes directs

La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a, elle, affirmé sur BFMTV qu'"aucun arbitrage n'est pris", ajoutant toutefois qu'"on est en train de regarder, ça fait typiquement partie des choses qu'on discute avec les oppositions en ce moment même".

La stratégie de l'exécutif semble plutôt de convaincre ces grandes entreprises de faire des gestes volontaires.

"Il y a un certain nombre d'entreprises qui ont fait des profits importants pendant la crise (...) Moi je leur demande de me faire des propositions, et des propositions fortes, pour qu'ils puissent rendre une partie de leurs bénéfices aux Français directement", a expliqué Bruno Le Maire sur Cnews.

"Aujourd'hui j'estime qu'ils peuvent faire bien davantage. Après, s'ils préfèrent ne pas faire davantage, eh bien nous prendrons nos responsabilités", a-t-il prévenu.

Pour le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, "les hausses d'impôt ne sont pas la solution". "Je comprends en revanche que l'on demande à ces entreprises de faire des efforts, notamment sur leurs prix", a-t-il dit dans un entretien aux Échos lundi.

En début de semaine, Bruno le Maire avait estimé que "tout l'effort (contre l'inflation) ne [pouvait] pas reposer uniquement sur l'État". Il avait annoncé avoir demandé au patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné de prolonger, voire d'augmenter, la remise de 10 centimes d'euros par litre que le groupe avait décidé d'accorder aux automobilistes dans ses stations service.

Un appel en partie entendu par le groupe pétrolier puisqu'il a annoncé mercredi réhausser sa remise sur le litre de carburant de 10 à 12 centimes d'euros pour les automobilistes faisant le plein cet été dans une de ses quelque 120 stations-service sur l'autoroute. Cette ristourne ne concernera cependant pas les stations en zone rurale.

Outre le patron de TotalEnergies, Bruno Le Maire a rencontré récemment le patron de CMA CGM Rodolphe Saadé, pour lui demander si un effort était possible sur "le transport des matières premières pour le bâtiment", indique-t-on au ministère.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.