Un sondage révèle le déclin de la popularité du mouvement Fatah

Un sondage d'opinion palestinien réalisé en Cisjordanie et dans la bande de Gaza indique une baisse significative de la popularité du mouvement Fatah. (Photo d'archives AFP)
Un sondage d'opinion palestinien réalisé en Cisjordanie et dans la bande de Gaza indique une baisse significative de la popularité du mouvement Fatah. (Photo d'archives AFP)
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Un sondage révèle le déclin de la popularité du mouvement Fatah

  • Les résultats montrent un changement dans l'équilibre interne du pouvoir en faveur du Hamas et de ses dirigeants
  • 23% des personnes sondées se disent satisfaites du bilan du président Abbas, tandis que 73% se déclarent insatisfaites et 77% veulent sa démission

RAMALLAH: Un sondage d'opinion palestinien réalisé en Cisjordanie et dans la bande de Gaza par le Palestinian Center for Policy and Survey Research, un think tank de Ramallah, entre le 22 et le 25 juin, révèle une baisse significative de la popularité du mouvement Fatah et de sa direction.

On relève une inflexion d’une importance comparable du soutien à la solution à deux États et à la solution démocratique à un État. Les personnes interrogées sont en outre plus favorables qu’auparavant à un retour à une intifada armée et beaucoup d’entre elles soutiennent les récentes attaques armées en Israël.

La majorité des individus qui ont répondu au sondage considèrent toujours le conflit israélo-palestinien comme une lutte nationale pour la terre et la souveraineté plutôt que comme un conflit religieux.

Les résultats montrent un changement dans l'équilibre interne du pouvoir en faveur du Hamas et de ses dirigeants; 33% des personnes interrogées déclarent qu'elles pensent que le Hamas est plus apte que le Fatah – dirigé par le président de la Palestine, Mahmoud Abbas – à représenter et à diriger le peuple palestinien. En comparaison, 23% estiment que le Fatah était plus légitime.

33% disent que si de nouvelles élections présidentielles avaient lieu aujourd'hui et que seuls deux candidats, Abbas et Ismaël Haniyeh, se présentaient, elles choisiraient Abbas, tandis que 55% indiquent qu'elles opteraient pour Haniyeh.

Si la lutte opposait Marouane Barghouti et Haniyeh, cependant, le premier obtiendrait 61% et le second 34%. Enfin, si le président Abbas ne se présentait pas aux élections, Barghouti serait le candidat préféré, puisque 30% des personnes interrogées le choisiraient. Haniyeh recueillerait 16% des suffrages, suivi par Mohammed Dahlan (6%), Yahya Sinwar (4%) et Hussein al-Sheikh (3%).

23% des personnes sondées se disent satisfaites du bilan du président Abbas, tandis que 73% se déclarent insatisfaites et 77% veulent sa démission. Seuls 18% souhaitent qu'il reste en fonction.

Au total, 79% des gens interrogés déclarent que le gouvernement palestinien ne joue pas un rôle influent dans la lutte contre la hausse des prix et ses effets. En comparaison, 57% s'opposent aux décisions internes du président Abbas telles que le transfert de pouvoirs au secrétariat général du Conseil législatif pour la présidence du Conseil national palestinien.

En outre, 71% des personnes sondées font savoir qu'elles souhaitent que des élections législatives et présidentielles palestiniennes générales soient organisées prochainement dans les Territoires palestiniens. Cependant, la majorité d’entre elles (54%) disent ne pas croire que des élections auront lieu bientôt.

Un peu plus d'un quart des Palestiniens disent vouloir émigrer en raison des conditions politiques, sécuritaires et économiques actuelles, et 86% pensent que les institutions de l'Autorité palestinienne sont corrompues. En comparaison, 71% affirment que les institutions dirigées par le Hamas dans la bande de Gaza sont corrompues, et 59% pensent que l'Autorité palestinienne (AP) est devenue un fardeau pour le peuple palestinien.

42% de la population de Cisjordanie affirme que les gens peuvent critiquer l'AP sans crainte. En revanche, 54% affirment que ce n'est pas possible. En revanche, dans la bande de Gaza, beaucoup (62%) estiment que la critique du Hamas est impossible.

Parallèlement, 73% des personnes interrogées pensent que le gouvernement du Premier ministre, Mohammed Shtayyeh, ne parviendra pas à réconcilier ni à unir la Cisjordanie et la bande de Gaz, quand 21% pensent qu'il y parviendra. 23% considèrent que le gouvernement parviendra à organiser des élections législatives et présidentielles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais 69% prédisent qu'il n'y parviendra pas et 75 % s'attendent à ce que le gouvernement ne parvienne pas à améliorer les conditions économiques.

59% pensent que les fusillades individuelles à l'intérieur d'Israël par des Palestiniens non affiliés à des mouvements politiques contribuent à mettre fin à l'occupation; pour 50%, la lutte armée est le meilleur moyen d'établir un État indépendant. À l’inverse, 22% des personnes interrogées déclarent que cela se fera par le biais de négociations, et 21% grâce à une résistance populaire pacifique.

70% pensent que la solution à deux États n'est plus possible en raison de l'expansion des colonies, mais, pour 27%, elle l’est encore. De même, 77% affirment que les chances d'établir un État palestinien indépendant aux côtés d'Israël au cours des cinq prochaines années sont minces ou très faibles, et 19% qu’elles sont moyennes ou élevées.

69% font savoir que, dans les circonstances actuelles, ils ne soutiennent pas le retour de la partie palestinienne aux négociations avec Israël sans condition préalable, alors que 22% y sont favorables. 65% s'opposent au retour au dialogue avec les États-Unis, quand 29% y sont favorables.

75% considèrent que l'Autorité palestinienne doit rester neutre dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine; 14% soutiennent la Russie et 6% l'Ukraine.

32% des personnes interrogées déclarent que le plus grand problème auquel les Palestiniens se trouvent confrontés est l'occupation, tandis que 23% affirment que c’est la corruption. Pour 17%, il s’agit du chômage.

Ibrahim Melhem, le porte-parole de l'AP, confie à Arab News: «La satisfaction des citoyens, en particulier vis-à-vis des performances du gouvernement palestinien, découle des circonstances; parfois, de bonnes conditions permettent au gouvernement de fournir les meilleurs services, et donc de satisfaire les citoyens; mais, parfois, il est confronté à des crises multiples, et le pourcentage de personnes qui se déclarent satisfaites par ses performances diminue.»

«Nous faisons tout notre possible pour obtenir un score raisonnable et fournir les meilleurs services aux citoyens dans la limite des capacités disponibles du gouvernement», ajoute-t-il.

Amer Hamdan, un militant des droits de l'homme, déclare quant à lui à Arab News: «Je pense que le pourcentage des résultats du sondage est logique et raisonnable, parce que, franchement, il existe un ressentiment à l’égard du bilan de l'AP. Les gens veulent organiser des élections pour que les factions puissent participer au processus politique, mais l'AP continue d'arrêter les activistes politiques et de normaliser les relations avec Israël.»

«Les gens de l'AP en Cisjordanie bénéficient de privilèges économiques, politiques et sécuritaires pour eux-mêmes et leurs enfants. Par conséquent, il n'est pas dans leur intérêt d'organiser des élections», conclut Hamdan.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


La coalition maritime dirigée par l’Arabie saoudite devrait s’élargir, selon son nouveau commandant

Le ministère de la Défense annonce la nomination du contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri au poste de commandant de la Coalition multinationale de défense maritime. (X : @modgovksa)
Le ministère de la Défense annonce la nomination du contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri au poste de commandant de la Coalition multinationale de défense maritime. (X : @modgovksa)
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  • L’adhésion reste ouverte à tous les pays souhaitant participer, a déclaré Al-Shehri
  • Le contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri est le nouveau dirigeant

RIYAD: Plusieurs pays ont officiellement rejoint la Coalition multinationale de défense maritime dirigée par l’Arabie saoudite, et d’autres devraient suivre, a déclaré jeudi le nouveau commandant de la coalition, alors que le Royaume intensifie ses efforts pour protéger les voies maritimes en mer Rouge, dans le détroit de Bab Al-Mandab et dans le golfe d’Aden.

Le contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri, commandant de la coalition, a indiqué que plusieurs pays avaient annoncé leur adhésion après la réunion fondatrice de la coalition à Riyad, tandis que d’autres finalisaient leurs procédures nationales avant de rejoindre l’initiative, selon l’Agence de presse saoudienne.

L’adhésion reste ouverte à tous les pays souhaitant participer, a-t-il déclaré.

« L’accueil par le Royaume de 43 pays lors de la réunion fondatrice de la coalition constitue une preuve concluante d’un large consensus international selon lequel la sécurité des voies navigables internationales est une responsabilité collective », a déclaré Al-Shehri.

Il a souligné que la coalition était « strictement défensive » et qu’elle « ne ciblait aucun pays, organisation ou coalition », ajoutant qu’elle fonctionnerait conformément à la Charte des Nations unies, au droit international et dans le plein respect de la souveraineté des États.

L’Arabie saoudite et 13 autres pays ont formé la coalition la semaine dernière afin de protéger la liberté de navigation, le commerce international et les routes d’approvisionnement énergétique dans le détroit de Bab Al-Mandab et en mer Rouge.

Le Royaume a annoncé la création de la coalition après avoir accueilli à Riyad des représentants de 43 pays.

Al-Shehri a déclaré que la coalition visait à renforcer la coordination entre les pays participants afin de garantir la liberté de navigation, protéger le transport maritime commercial et sécuriser les approvisionnements énergétiques mondiaux transitant par le détroit de Bab Al-Mandab, la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Il a ajouté que le rôle de l’Arabie saoudite dans l’accueil du siège de la coalition et dans sa direction témoignait de l’engagement du Royaume à renforcer la sécurité régionale et internationale grâce à une coopération multilatérale.

Al-Shehri a été nommé jeudi commandant de la Coalition multinationale de défense maritime chargée des principales voies maritimes régionales, a annoncé le ministère de la Défense du Royaume dans un communiqué.

Cette nomination s’inscrit dans la poursuite de la mise en œuvre des dispositions fondatrices de la coalition, créée le 30 juillet 2026, et vise à renforcer sa capacité opérationnelle, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

La décision « reflète l’engagement des États fondateurs à achever la structure de commandement de la coalition, renforçant ainsi sa capacité à mener sa mission de défense au service de la sécurité maritime ».

Le rapport ajoute que la coalition aura pour mission de « préserver la liberté de navigation, sécuriser les routes maritimes et les détroits stratégiques, ainsi que protéger le commerce international et les chaînes d’approvisionnement mondiales ».

Le commandant dirigera les opérations conjointes de défense maritime, la planification opérationnelle et la coordination entre les États membres ainsi qu’avec d’autres coalitions maritimes, et supervisera la mise en œuvre des activités et missions communes.

« Cette nomination contribue également à la mise en place des structures de commandement et d’état-major conjoints de la coalition, renforce sa capacité à accueillir de nouveaux États membres et à intégrer leurs capacités, et permet le lancement de ses programmes et initiatives », indique le rapport.

La coalition favorisera la coopération en matière de partage d’informations, de développement des capacités, de formation et d’exercices conjoints. « Le processus d’adhésion de nouveaux pays s’est poursuivi depuis l’annonce de la création de la coalition. »

Certains pays ont achevé la signature de la déclaration commune, tandis que d’autres finalisent leurs procédures nationales pour rejoindre la coalition.

Selon le ministère, une déclaration sera publiée ultérieurement afin d’identifier les pays ayant achevé le processus de signature, reflétant l’élargissement continu des membres fondateurs de la coalition.

La prochaine étape de l’établissement de la coalition sera une réunion de planification prévue les 12 et 13 août 2026, destinée à finaliser les exigences institutionnelles restantes et à faciliter la signature de la déclaration commune et de la charte par de nouveaux pays. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Selon Beyrouth, Israël refuse d'identifier de nouvelles zones de retrait dans le sud du Liban

Vue générale des destructions dans le village voisin de Kfar Tibnit, dans le sud du Liban, le 6 août 2026. (AFP)
Vue générale des destructions dans le village voisin de Kfar Tibnit, dans le sud du Liban, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Les négociations Liban-Israël à Rome se poursuivent autour de l’extension des zones pilotes dans le sud du Liban, mais Israël demande d’abord à vérifier le contrôle effectif de l’armée libanaise dans les deux premières zones
  • Le processus reste fragile, entre déploiement de l’armée libanaise, exigences de désarmement du Hezbollah et poursuite de tensions militaires avec des frappes israéliennes dans le sud du Liban

BEYROUTH: Une source au sein de la présidence libanaise a affirmé jeudi à l'AFP qu'Israël avait refusé d'identifier de nouvelles zones dans le sud du Liban pour un retrait de son armée, avant la "vérification" du contrôle effectif par l'armée libanaise des deux premiers secteurs.

Cette déclaration survient à l'issue d'une septième session de négociations entre le Liban et Israël à Rome sous parrainage américain.

Un porte-parole du département d'Etat américain a en revanche parlé de pourparlers "positifs", disant à l'AFP que les deux parties étaient "désormais beaucoup plus près de faire avancer et étendre le processus de zone pilote".

Un responsable israélien a affirmé de son côté à l'AFP que l'extension de ce processus n'était "pas automatique" et dépendrait des résultats constatés par Israël.

"Il est encore trop tôt pour évaluer son efficacité. Par conséquent, à ce stade, rien ne laisse présager une extension dans l'immédiat", a déclaré cette source.

Un accord-cadre, signé fin juin entre le Liban et Israël et conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" du sud du Liban évacuées par Israël, sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

En vertu de cet accord, l'armée libanaise a entamé le 21 juillet son déploiement à Zawtar Al-Gharbiya, village dont l'armée israélienne contrôlait les abords, l'une des deux premières "zones pilotes" convenues, et renforcé sa présence dans la seconde.

"Le Liban tient à passer à de nouvelles zones, tandis que la partie israélienne insiste pour vérifier (la mise en oeuvre des) deux premières zones avant de passer à l'étape suivante", a déclaré la source de la présidence.

Le déploiement de l'armée libanaise dans deux "zones pilotes" est le premier test de l'accord visant à interdire d'une part toute présence militaire de groupes non gouvernementaux dans le sud, et à obtenir de l'autre le retrait effectif d'Israël des zones qu'il occupe.

Parallèlement aux discussions de ces derniers jours en Italie, l'armée israélienne a mené des frappes dans le sud du Liban, disant viser des infrastructures du Hezbollah, en représailles à la mort de deux de ses soldats.

Les délégations libanaise et israélienne ont discuté à Rome d'une liste de pays qui pourraient superviser la mise en oeuvre de l'accord. Une entente a été trouvée selon la même source libanaise, qui a ajouté qu'une nouvelle date avait été proposée pour la poursuite des pourparlers, début septembre.

Le Hezbollah, qui a entraîné le 2 mars le Liban dans une nouvelle guerre avec Israël à la suite de l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes.


Le prince héritier saoudien et le président français évoquent la situation régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
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RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont discuté de la situation au Moyen-Orient lors d’un entretien téléphonique, a rapporté tôt vendredi l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Selon la SPA, Emmanuel Macron a appelé le prince héritier. Les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements dans la région ainsi que les efforts déployés pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales, tout en garantissant la sécurité et la liberté de la navigation maritime.

Ils ont également abordé les relations bilatérales, les domaines de coopération entre les deux pays et les moyens de les développer davantage. Enfin, ils ont échangé sur plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com