Google va supprimer les données sur les visites aux plannings familiaux

Le logo de Google (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

Google va supprimer les données sur les visites aux plannings familiaux

  • Les technologies de Google risquent donc de devenir «des outils pour les extrémistes»
  • Parmi les établissements sensibles concernés par la décision de vendredi, les centres d'hébergement en cas de violence domestique

SAN FRANCISCO: Après des semaines de silence sur ce sujet, Google a annoncé vendredi que les données de localisation des utilisateurs seraient automatiquement supprimées en cas de visite d'une clinique spécialisée dans les avortements.

"Si nos systèmes identifient qu'une personne s'est rendue dans un établissement (sensible), nous supprimerons ces entrées de l'historique de localisation peu après leur visite", a déclaré Jen Fitzpatrick, une vice-présidente du groupe californien, dans un communiqué.

Cette décision intervient une semaine après que la Cour suprême des Etats-Unis ait révoqué le droit fédéral à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Des élus démocrates et associations de défense des droits humains craignent que les informations personnelles de femmes qui ont avorté ou d'individus qui les auraient aidées ne soient retenues contre eux par les procureurs d'États conservateurs ayant interdit l'IVG.

Ils appellent donc depuis des semaines les grandes plateformes technologiques à ne plus conserver autant de données personnelles, des recherches en ligne sur l'avortement aux déplacements sur les applications comme Google Maps.

Mais Google, Meta (Facebook, Instagram) et Apple sont restés très silencieux jusqu'à présent.

Jen Fitzpatrick rappelle que l'historique de localisation est désactivé par défaut et que les utilisateurs peuvent contrôler ce qui est conservé ou non.

En ce qui concerne les requêtes des autorités, elle assure aussi que Google a l'habitude de les "repousser quand elles sont trop extensives".

"Nous prenons en compte les attentes en termes de confidentialité et de sécurité des personnes qui utilisent nos produits et nous les prévenons quand nous accédons à des demandes du gouvernement, à moins que des vies soient en jeu", ajoute-t-elle.

Parmi les établissements sensibles concernés par la décision de vendredi, Google inclut les centres d'hébergement en cas de violence domestique, les cliniques spécialisées dans la perte de poids ou encore les centres de désintoxication.

Certaines lois adoptées avant même l'arrêt de la Cour suprême, comme au Texas en septembre, encouragent de simples citoyens à lancer des poursuites contre des femmes soupçonnées d'avoir avorté ou des personnes les ayant aidées - même un chauffeur Uber qui les aurait emmenées à la clinique, par exemple.

Les technologies de Google risquent donc de devenir "des outils pour les extrémistes qui veulent réprimer les personnes en quête de soins de santé liés à la reproduction", ont écrit 42 élus américains dans une lettre ouverte, adressée fin mai au dirigeant de Google Sundar Pichai.

"Car Google conserve des informations sur l'emplacement géographique de centaines de millions d'utilisateurs de smartphones, qu'il partage régulièrement avec des agences gouvernementales", ont-ils détaillé.


Ukraine: Macron appelle au retrait des forces russes de la centrale de Zaporijjia

Emmanuel Macron a fait part de "sa préoccupation quant à la menace que font peser la présence, les actions des forces armées russes et le contexte de guerre avec les conflits en cours sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, et a appelé au retrait de ces forces". (AFP)
Emmanuel Macron a fait part de "sa préoccupation quant à la menace que font peser la présence, les actions des forces armées russes et le contexte de guerre avec les conflits en cours sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, et a appelé au retrait de ces forces". (AFP)
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  • La centrale, la plus grande d'Europe, a été prise début mars par les troupes russes au début de leur invasion de l'Ukraine lancée le 24 février
  • Emmanuel Macron a «marqué son soutien» à la proposition du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, d'envoyer une mission sur place «dans les meilleurs délais» pour inspecter le site

PARIS : Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi au retrait des forces russes de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, en soulignant les "risques" que leur présence fait peser sur la sécurité du site.

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, il a fait part de "sa préoccupation quant à la menace que font peser la présence, les actions des forces armées russes et le contexte de guerre avec les conflits en cours sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, et a appelé au retrait de ces forces", a indiqué l'Elysée.

La centrale, la plus grande d'Europe, a été prise début mars par les troupes russes au début de leur invasion de l'Ukraine lancée le 24 février.

Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s'accusent mutuellement, ont visé le site, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant la semaine dernière une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Emmanuel Macron a également "marqué son soutien" à la proposition du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, d'envoyer une mission sur place "dans les meilleurs délais" pour inspecter le site.

Les deux chefs d'Etat ont "échangé sur les modalités d'une telle mission", a précisé la présidence française.

La Russie a accusé les services de l'ONU d'avoir empêché la mission de l'AIEA. L'Ukraine s'y est de son côté opposée en considérant que cela légitimerait l'occupation russe du site aux yeux de la communauté internationale.

Les présidents français et ukrainien ont par ailleurs salué le départ mardi d'un premier navire humanitaire affrété par les Nations unies et chargé de blé d'Ukraine vers l'Afrique "où les besoins sont particulièrement urgents".

Les céréales produites en Ukraine sont restées bloquées pendant des mois en raison du conflit. Les exportations ont repris le 1er août via la mer Noire suite à un accord entre Russes et Ukrainiens, après une médiation de la Turquie et sous l'égide de l'ONU.

Emmanuel Macron a en outre réitéré le soutien de la France aux efforts européens pour exporter le grain ukrainien par voies routière et fluviale.

Cette initiative européenne a permis d'exporter 2,8 millions de tonnes en juillet et "le rythme continue de s'accélérer", s'est félicité l'Elysée.


Israël appelé à libérer un avocat franco-palestinien des droits de l’homme

L’avocat en droits humains franco-palestinien, Salah Hamouri, a été arrêté le 7 mars dans son domicile à Jérusalem-Est sur la base de preuves secrètes, selon Human Rights Watch. (Photo, AFP)
L’avocat en droits humains franco-palestinien, Salah Hamouri, a été arrêté le 7 mars dans son domicile à Jérusalem-Est sur la base de preuves secrètes, selon Human Rights Watch. (Photo, AFP)
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  • «À travers Salah Hamouri, les autorités israéliennes intensifient leur attaque totale contre la société civile palestinienne», dénonce Human Rights Watch
  • «La situation de M. Hamouri incarne la lutte des défenseurs palestiniens des droits de l’homme contre l’apartheid et la persécution infligés par Israël», écrit l’ONG

LONDRES: L’ONG Human Rights Watch (HRW) a demandé à Israël de libérer l’avocat en droits humains franco-palestinien, Salah Hamouri, âgé de 37 ans, et de rétablir son statut de résident dans sa ville natale, Jérusalem.

M. Hamouri a été arrêté le 7 mars dans son domicile à Jérusalem-Est sur la base de preuves secrètes, et aucune accusation n’a été portée contre lui depuis lors, selon HRW. Son statut de résident a été révoqué le 17 octobre 2021 pour «rupture d’allégeance» à Israël et pour son association présumée avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Il a été accusé de mener des «activités hostiles, dangereuses et graves contre l’État d’Israël».

HRW rappelle qu’en vertu du droit international, il est interdit aux pays occupants de contraindre les peuples occupés à leur prêter serment d’allégeance. M. Hamouri a travaillé pour Addameer, un groupe palestinien de défense des droits des prisonniers qui a été interdit en Israël en 2021 moins d’une semaine avant son arrestation et qualifié de «terroriste» par les autorités.

L’avocat risque aujourd’hui une éventuelle expulsion vers la France. Le directeur de recherches sur Israël et la Palestine à HRW, Omar Shakir, explique que «les autorités israéliennes détiennent Salah Hamouri depuis des mois sans procès ou chefs d’accusation, ont interdit le groupe de défense des droits de l’homme pour lequel il travaille et ont révoqué son statut juridique à Jérusalem».

«La situation de M. Hamouri incarne la lutte des défenseurs palestiniens des droits de l’homme contre l’apartheid et la persécution infligés par Israël», ajoute le chercheur.

L’armée israélienne a d’abord détenu M. Hamouri pendant trois mois, à partir du 10 mars, sur la base d’informations secrètes à propos de son implication présumée dans le FPLP. Sa détention a été prolongée le 6 juin et elle doit expirer le 5 septembre, mais l’ordre de détention peut être renouvelé.

M. Hamouri a fait appel de son emprisonnement mais le recours a été rejeté par une cour d’appel militaire le 4 août. Aucune preuve n’a jamais été présentée contre lui, et son incarcération constitue une violation de son droit à la liberté d’association, précise HRW.

En décembre 2021, l’assurance maladie de M. Hamouri a été résiliée sous prétexte qu’il avait quitté le pays et qu’il ne pouvait plus prouver sa résidence à Jérusalem-Est. En juillet, l’avocat a écrit au président français, Emmanuel Macron, pour l’informer de sa situation, ce qui lui a valu d’être désigné «détenu de haute sécurité» et transféré hors des Territoires occupés vers la prison de Hadarim, en Israël – une autre violation du droit international.

Selon Addameer, il était menotté, fréquemment fouillé et placé dans une cage de détention pendant son transit à la prison de Ramleh, en Israël. Ses parents racontent qu’après son arrestation, des téléphones et un ordinateur portables ont été confisqués à M. Hamouri. En novembre, Amnesty International a confirmé les informations fournies par des groupes de défense des droits humains selon lesquelles son téléphone, ainsi que ceux d’autres militants palestiniens des droits humains, avaient été piratés à l’aide du logiciel Pegasus de la société israélienne NSO Group.

Le groupe israélien de défense des droits HaMoked, qui représente M. Hamouri, a indiqué que la contestation de la décision d’expulsion sera entendue en février 2023. En 2016, Israël a expulsé son épouse, Elsa Lefort, de nationalité française, lui interdisant de retourner dans le pays pendant dix ans pour des raisons de sécurité. Cela l’a séparée de son mari et de ses enfants, et l’a empêchée de rendre visite à M. Hamouri en détention.

Il a déjà été emprisonné entre 2005 et 2011, dont trois ans de détention provisoire, par un tribunal militaire dans le cadre d’un complot visant à assassiner l’ancien grand rabbin d’Israël – une affaire qui, selon l’ancien ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, manquait de preuves et qui, selon HRW, ne respectait pas les normes de justice acceptables. M. Hamouri a également été détenu par Israël d’août 2017 à septembre 2018.

La veille de son arrestation au début de l’année, il avait déclaré dans le magazine Jacobin: «Ces actions n’ont qu’un seul but: me forcer à quitter la Palestine.» En avril, il a déposé une plainte pénale en France contre NSO Group, et un mois plus tard auprès de la Cour pénale internationale contre le gouvernement israélien.

Selon HaMoked, Israël maintenait 671 Palestiniens en détention administrative au début du mois d’août.

HRW a appelé Israël à mettre fin à cette pratique – affirmant qu’elle dépassait de loin toute disposition relative à la détention par les forces d’occupation prévue par le droit international – et à cesser sa campagne contre M. Hamouri.

«À travers Salah Hamouri, les autorités israéliennes intensifient leur attaque totale contre la société civile palestinienne et cherchent à créer un dangereux précédent qui leur permettrait d’expulser les Palestiniens plus rapidement. Les autorités françaises doivent exercer une pression sur Israël pour qu’il cesse de harceler M. Hamouri», écrit l’organisation.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bangladesh: des Rohingyas plaident pour leur sécurité auprès de Bachelet

La Haute-commissaire des droits humains de l'ONU, Michelle Bachelet, visite un camp de réfugiés rohingyas à Ukhia le 16 août 2022 (Photo, AFP).
La Haute-commissaire des droits humains de l'ONU, Michelle Bachelet, visite un camp de réfugiés rohingyas à Ukhia le 16 août 2022 (Photo, AFP).
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  • Deux dirigeants de la communauté rohingya ont récemment été abattus dans un de ces camps où la sécurité est un problème récurrent
  • Des dizaines de meurtres, d'enlèvements et de rafles policières visant les réseaux de trafic de drogue se sont déroulés dans les camps

KUTUPALONG: La Haute-commissaire des droits humains de l'ONU, Michelle Bachelet, s'est rendue mardi dans des camps de Rohingyas dans le sud du Bangladesh, où des réfugiés ont plaidé pour leur sécurité après une série de meurtres et la hausse de la criminalité.

Selon les autorités, Mme Bachelet a passé plusieurs heures dans le dédale des camps de Rohingyas dans le district de Cox's Bazar, et rencontré des dirigeants de cette communauté, dans le cadre de sa visite de quatre jours dans ce pays d'Asie du Sud.

Environ 750 000 Rohingyas ont fui les exactions de l'armée en Birmanie et cherché asile en 2017 au Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà plus de 100 000 réfugiés, victimes de précédentes violences.

Deux dirigeants de la communauté rohingya ont récemment été abattus dans un de ces camps où la sécurité est un problème récurrent.

Mme Bachelet "voulait s'informer sur des meurtres commis dans les camps. Nous en avons discuté", a raconté à l'AFP par téléphone, Maulvi Zafar, un imam de 30 ans.

"Nous avons parlé du renforcement de la sécurité des camps. Nous avons exigé la sécurité", a-t-il ajouté.

Des dizaines de meurtres, d'enlèvements et de rafles policières visant les réseaux de trafic de drogue se sont déroulés dans les camps.

En septembre dernier, Mohib Ullah, un chef rohingya et militant pacifiste, avait été assassiné. Une manifestation de quelque 100 000 réfugiés, qu'il avait organisée pour marquer les deux ans de leur exode, avait fait sa renommée.

La police n'a pas nommé de suspects, mais des sources rohingyas ont déclaré à l'AFP que l'insurrection de l'Arakan Rohingya Solidarity Army (ARSA), qui opère à la fois dans l'État de Rakhine (ouest de la Birmanie) et dans les camps du Bangladesh, était à l'origine des meurtres de ces dirigeants.

En juin, la police a inculpé 29 Rohingyas, dont plusieurs cadres de l'ARSA, pour le meurtre de Mohib Ullah.

Le commissaire aux réfugiés du Bangladesh, Shah Rezwan Hayat, a déclaré à l'AFP que Mme Bachelet s'était enquise de certains incidents survenus dans les camps, et qu'il avait assuré que "toutes sortes de mesures avaient été prises par le gouvernement" pour améliorer la sécurité.

Il a ajouté que la Haute-commissaire avait également abordé le sujet de l'éducation et des moyens de subsistance des Rohingyas qui n'ont pas le droit de travailler. Il a assuré dans ce cadre que le gouvernement allait progressivement développer la scolarisation de tous les enfants réfugiés dans les camps.

Michelle Bachelet doit s'adresser à la presse mercredi, à Dacca, la capitale. L'ancienne présidente du Chili, âgée de 70 ans, doit quitter ses fonctions à l'ONU à la fin du mois.