Mali, Burkina, Guinée: l'Afrique de l'Ouest se penche sur les sanctions

La 61e session ordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
La 61e session ordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 03 juillet 2022

Mali, Burkina, Guinée: l'Afrique de l'Ouest se penche sur les sanctions

  • Les chefs d'Etat ouest-africains doivent se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières
  • Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente djihadiste, et la Guinée ne sont pour l'heure que suspendus des organes de la Cédéao

ACCRA: Levée, maintien ou durcissement des sanctions? Les dirigeants ouest-africains se réunissent dimanche à Accra pour réexaminer leur plan d'action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Lors du dernier sommet le 4 juin, aucune décision n'avait été prise. "Nous avons décidé de réexaminer le sujet pendant ce sommet ordinaire", a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo à l'ouverture de la session en présence des dirigeants de la plupart des 15 pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), mais sans représentant officiel des trois principaux concernés.

"La Cédéao reste engagée à accompagner ces nations soeurs à revenir à un ordre constitutionnel et démocratique normal. Nous allons entendre les médiateurs sur les derniers développements dans ces pays pour prendre les décisions appropriées", a-t-il dit, avant le début des travaux à huis clos.

Les chefs d'Etat ouest-africains doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente djihadiste, et la Guinée ne sont pour l'heure que suspendus des organes de la Cédéao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

Depuis deux ans, l'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels: putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou.

La Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays.

«Progrès»

La décision sur la levée de l'embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, épuisé par dix ans de conflit, et où les négociations entre la junte et la Cédéao durent depuis des mois.

Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n'a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l'AFP que "le Mali a fait d'énormes progrès".

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023.

Il vient compléter l'adoption le 17 juin d'une nouvelle loi électorale et la mise en place d'une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d'une candidature d'un militaire à une élection présidentielle.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions.

La junte avait suscité l'ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d'"impensable" par le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine.

"La Cédéao va devoir prendre des mesures", avait-il dit.

Dialogues 

Le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

Le message de la Guinée est de rassurer "les frères de la Cédéao", sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d'engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d'un médiateur ouest-africain.

Au Burkina Faso, la Cédéao a nommé un médiateur, l'ex-président nigérien Mahamadou Issoufou, malgré son "inquiétude" devant les 36 mois prévus pour la transition. "Nous sommes sur la voie du compromis" avec ce pays, a dit à l'AFP un diplomate de la sous-région.

En visite samedi à Ouagadougou, M. Issoufou a salué "l'ouverture au dialogue" des militaires et dit avoir "échangé sur le chronogramme de la transition" présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d'élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l'ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l'agenda présenté par la junte comme une "manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d'une transition inclusive et réussie", regrettant "l'absence de concertations en amont".


Attaque au couteau à Bruxelles: 3 blessés, dont l'un grièvement

Le personnel d'urgence arrive à l'extérieur d'une station de métro près du siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 30 janvier 2023. (AP)
Le personnel d'urgence arrive à l'extérieur d'une station de métro près du siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 30 janvier 2023. (AP)
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  • Après avoir fait initialement état d'un seul blessé, la police fédérale a indiqué que trois personnes au total avaient été blessées lors de l'attaque
  • Une femme incitait les passagers qui entraient dans la station à rebrousser chemin, faisant état de la présence à l'intérieur d'une personne armée d'un couteau

BRUXELLES: Trois personnes ont été blessées, dont une grièvement, dans une attaque au couteau lundi en fin d'après-midi à Bruxelles, dans une station de métro, selon un nouveau bilan de la police belge, qui a interpellé l'assaillant.

"Attaque au couteau dans la station Schuman: la collaboration avec les différents services de police (...) a permis l'arrestation rapide de l'auteur", a tweeté le maire de Bruxelles Philippe Close.

Après avoir fait initialement état d'un seul blessé, la police fédérale a indiqué que trois personnes au total avaient été blessées lors de l'attaque, dont l'une se trouvant "dans un état critique".

La police ne s'est pas exprimée sur les motivations de l'assaillant. Le parquet fédéral a indiqué n'avoir pas été saisi "à ce stade".

Selon une source proche du dossier, la personne interpellée "était déjà connue pour des antécédents psychiatriques".

L'attaque est survenue autour de 18H00 dans la station de métro Schuman, située à quelques dizaines de mètres des sièges de la Commission européenne et du Conseil européen.

Selon un journaliste présent sur les lieux, plusieurs policiers en civil accourraient alors vers un quai de la station.

Au même moment, une femme incitait les passagers qui entraient dans la station à rebrousser chemin, faisant état de la présence à l'intérieur d'une personne armée d'un couteau.

Le trafic restait interrompu en début de soirée sur une partie des deux lignes de métro passant par la station Schuman, la police poursuivant son enquête sur place, selon l'opérateur des transports bruxellois (Stib).


L'Allemagne sceptique sur l'intérêt de laisser des soldats au Mali jusqu'en 2024

Des soldats allemands lors d'une patrouille sur la route de Gao à Gossi au Mali, le 2 août 2018. (Dossier, AFP)
Des soldats allemands lors d'une patrouille sur la route de Gao à Gossi au Mali, le 2 août 2018. (Dossier, AFP)
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  • La Minusma, dit être entravée dans sa mission par les restriction imposées par la junte qui a pris le pouvoir en 2020
  • Auparavant, M. Pistorius a l'intention de se rendre au Mali «pour se rendre compte de la situation»

BERLIN: Le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a estimé lundi que le maintien des forces de son pays "au Mali jusqu'en mai 2024 n'avait aucun sens dans les conditions actuelles" car les troupes ne peuvent y remplir leur mission.

Entré en fonction il y a douze jours, M. Pistorius a manifesté son scepticisme sur la capacité des troupes allemandes à assurer leur engagement dans le cadre de la mission de l'Onu (Minusma) au Mali, pays en proie depuis 2012 à une grave crise multidimensionnelle.

La Minusma, créée en 2013 pour aider à stabiliser un Etat menacé d'effondrement sous la poussée djihadiste et protéger les civils, dit être entravée dans sa mission par les restriction imposées par la junte qui a pris le pouvoir en 2020.

"Si nos soldats ne peuvent pas quitter leur camp ou simplement se déplacer dans un périmètre réduit, car les drones sont interdits de survol, alors ils ne remplissent pas leur mission", a affirmé M. Pistorius dans les colonnes du journal allemand Süddeutsche Zeitung.

"Cette mission est alors un gaspillage de temps et d'argent, avant tout pour les soldats, qui, loin de leur familles et de leurs amis, vont au casse pipe", a-t-il ajouté.

"La dernière fois que des drones ont volé, c'était avant Noël", a-t-il précisé.

Une décision sur la durée du mandat devrait tomber en mai. Auparavant, M. Pistorius a l'intention de se rendre au Mali "pour se rendre compte (lui-même) de la situation".

Lors d'un voyage à Bamako à la mi-décembre, la prédécesseure de M. Pistorius, Christine Lambrecht, s'inquiétait déjà de la situation pour les quelque 1 100 soldats allemands déployés dans ce pays.

Elle avait affirmé que le maintien des forces de son pays au Mali jusqu'en mai 2024 était conditionné à leur capacité à remplir leur mission et à la tenue d'élections en février 2024, un engagement pris par les colonels pour laisser la place à des civils.

Le Mali a été le théâtre en 2021 d'un second coup d'Etat en deux ans qui a raffermi la mainmise des militaires, lesquels se sont éloignés des Occidentaux pour se rapprocher notamment de la Russie.


Grèce: un avion de chasse s'abîme en mer, un mort et un disparu

Un avion F-4 Phantom de l'armée de l'air hellénique à l'aéroport militaire d'Andravida, dans le sud de la Grèce, le 18 avril 2021 (Photo, AFP).
Un avion F-4 Phantom de l'armée de l'air hellénique à l'aéroport militaire d'Andravida, dans le sud de la Grèce, le 18 avril 2021 (Photo, AFP).
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  • Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s'est dit «consterné» et a exprimé «ses sincères condoléances» à la famille du lieutenant Marios-Michail Touroutsikas
  • Les F-4 Phantom de fabrication américaine comptent parmi les plus anciens appareils de l'armée de l'air grecque

ATHENES: Un pilote de l'armée de l'air grecque a été tué lundi et un autre est porté disparu après que leur avion de chasse F-4 Phantom s'est abîmé en mer Ionienne (ouest), selon l'état-major de l'armée de l'air grecque.

"Un avion biplace F-4 Phantom s'est écrasé lors d'un vol d'entraînement de l'armée de l'air à 25 milles nautiques au sud de l'aéroport militaire d'Andravida", dans l'ouest de la Grèce, "causant la mort du copilote", a indiqué dans un communiqué l'état major de l'armée de l'air.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s'est dit "consterné" et a exprimé "ses sincères condoléances" à la famille du lieutenant Marios-Michail Touroutsikas, 29 ans.

Des hélicoptères de sauvetage et des patrouilleurs des garde-côtes ont été envoyés à la recherche des pilotes, et le corps du copilote a été découvert six heures après la chute de l'appareil, selon une source à l'état-major.

Les recherches se poursuivaient lundi après-midi pour retrouver le pilote.

Les F-4 Phantom de fabrication américaine comptent parmi les plus anciens appareils de l'armée de l'air grecque.

La Grèce a acquis ses premiers Phantom en 1974 et les a modernisés pour la dernière fois il y a une vingtaine d'années.