Moscou dénonce le «battage public» américain sur le cas de la basketteuse emprisonnée en Russie

Un signe pour Brittney Griner lors d'un match entre le Portland Thorns FC et Angel City FC au Banc of California Stadium le 1er juillet 2022 à Los Angeles, Californie. (AFP)
Un signe pour Brittney Griner lors d'un match entre le Portland Thorns FC et Angel City FC au Banc of California Stadium le 1er juillet 2022 à Los Angeles, Californie. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Moscou dénonce le «battage public» américain sur le cas de la basketteuse emprisonnée en Russie

  • La diplomatie russe a dénoncé jeudi le «battage public» des dirigeants américains sur le cas de la basketteuse Brittney Griner, jugée et détenue en Russie pour trafic de drogue
  • La Maison Blanche avait assuré que faire libérer Brittney Griner, emprisonnée en Russie depuis février était une «priorité» pour le président américain

MOSCOU: La diplomatie russe a dénoncé jeudi le "battage public" des dirigeants américains sur le cas de la basketteuse Brittney Griner, jugée et détenue en Russie pour trafic de drogue, un dossier dont Joe Biden a fait une "priorité".

"Le battage public qu'affectionnent tant les politiciens contemporains ne peut, dans ce cas concret, être que gênant. Non seulement cela détourne l'attention de l'affaire, mais cela la parasite", a jugé, selon les agences de presse russes, le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

"Ce qui peut aider (...) c'est la prise en considération par la partie américaine de signaux qu'ils reçoivent de Russie", a-t-il encore lâché.

La veille, la Maison Blanche avait assuré que faire libérer Brittney Griner, emprisonnée en Russie depuis février était une "priorité" pour le président américain, qui a lu une lettre poignante de la sportive et s'est entretenue avec son épouse.

Avant cela, sur fond de dégradation continue des relations russo-américaines, en particulier avec l'offensive russe contre l'Ukraine, les plus hautes autorités à Washington ont déclaré que la Russie détenait "injustement" la star de 2m03.

Terrifiée 

La mise en garde russe intervient le jour de la deuxième audience du procès de Mme Griner, qui risque jusqu'à 10 ans de prison. Elle est jugée au tribunal de Khimki, en banlieue de Moscou.

La joueuse des Phoenix Mercury a été arrêtée en février à son arrivée à l'aéroport moscovite de Cheremetievo en possession, selon l'accusation, de vapoteuses et d'un liquide à base de cannabis.

Brittney Griner se rendait en Russie pour y jouer pendant l'intersaison américaine, une pratique courante pour les basketteuses de WNBA qui gagnent souvent bien mieux leur vie à l'étranger que chez elles.

Selon le vice-ministre russe, il faut attendre l'épilogue de ce procès, alors que d'aucuns parient déjà sur un éventuel échange de prisonniers entre les Etats-Unis et la Russie.

"Il est clair que toutes les procédures judiciaires ne sont pas terminées chez nous. Tant que ce n'est pas fait, on ne peut pas parler de la suite", a jugé le diplomate.

Au regard de la jurisprudence russe dans des affaires similaires, cette femme de 31 ans peut s'attendre à une sentence lourde, à purger dans une colonie pénitentiaire russe.

Détenue dans une prison russe, la basketteuse a écrit une lettre à Joe Biden déposée symboliquement à la Maison Blanche lundi, le jour de la fête de l'indépendance des Etats-Unis, implorant le président de ne pas l'"oublier".

"Je sais très bien que vous devez faire face à beaucoup de choses, mais s'il vous plaît, ne nous oubliez pas, moi et les autres détenus américains", a lancé Brittney Griner de sa cellule, se disant "terrifiée à l'idée d'être ici pour toujours".

Echanges de prisonniers 

Mercredi, Joe Biden a appelé Cherelle Griner, la femme de la basketteuse, pour "la rassurer sur le fait qu'il s'efforce d'obtenir la libération de Brittney aussi vite que possible", selon la Maison Blanche.

Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu par le passé.

En avril, l'ex-Marine américain Trevor Reed, condamné à neuf ans de prison en Russie pour des violences qu'il niait, a été échangé contre un pilote russe, Konstantin Iarochenko, incarcéré aux Etats-Unis depuis 2010 pour trafic de drogue en lien avec les FARC en Colombie.

D'autres échanges de ce type feraient l'objet de pourparlers.

Parmi les noms les plus évoqués, ceux de Paul Whelan, un Américain condamné à 16 ans de prison pour espionnage et qui clame son innocence, et du célèbre trafiquant d'armes russe Viktor Bout, arrêté en Thaïlande en 2008 et qui purge une peine de 25 ans de prison aux Etats-Unis.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.