Nord: faute de médecins, des retraités renfilent la blouse

A Avesnes-sur-Helpe (Nord), quatre généralistes retraités ont repris du service face à la désertification médicale de la région. (AFP)
A Avesnes-sur-Helpe (Nord), quatre généralistes retraités ont repris du service face à la désertification médicale de la région. (AFP)
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Publié le Vendredi 08 juillet 2022

Nord: faute de médecins, des retraités renfilent la blouse

  • Depuis mi-mai, cinq médecins - quatre retraités et une trentenaire - assurent chacun une après-midi de consultation du lundi au vendredi, rémunérés par l'hôpital
  • Une manière pour eux de continuer à aider des patients sans solution, mais aussi d'échapper à la forme de repli que peut représenter la retraite

AVESNES-SUR-HELPE: Ils veulent éviter que certains "lâchent l'affaire", comme ce patient diabétique qui n'avait "pas consulté depuis cinq ans": à Avesnes-sur-Helpe (Nord), quatre généralistes retraités ont repris du service face à la désertification médicale de la région.

Dans le cabinet aux murs bleu vif, logé au centre hospitalier de cette petite commune rurale, Evelyne Debeaumont, 70 ans, a rendez-vous avec le Dr Didier Fontaneau, qui a presque le même âge.

Voilà deux années que la septuagénaire et son mari de 75 ans n'ont plus de médecin traitant. Leur dernier est parti en retraite sans trouver de successeur. Alors ces consultations avec des retraités, "c'est parfait comme solution", dit-elle, espérant toutefois voir un jour "de nouveaux médecins sur le secteur".

Depuis mi-mai, cinq médecins - quatre retraités et une trentenaire - assurent chacun une après-midi de consultation du lundi au vendredi, rémunérés par l'hôpital.

Une manière pour eux de continuer à aider des patients sans solution, mais aussi d'échapper à la forme de repli que peut représenter la retraite.

Ce dispositif s'inscrit dans la dynamique enclenchée par la campagne de vaccination contre le Covid-19, qui a mobilisé, déjà, des médecins à la retraite.

"L'objectif n'est pas de redevenir des médecins traitants, des référents, mais de répondre à la maman dont le gamin chauffe et qui passe la matinée au téléphone pour trouver un rendez-vous", explique Serge Gunst, le directeur de l'hôpital.

Patientèle sans recours 

Au-delà du "dépannage" des patients, la consultation vise aussi à soulager les généralistes du secteur et éviter une embolie des urgences de Maubeuge, "éternellement saturées", poursuit-il.

Dans cette zone rurale, le nombre de médecins ne cesse de décroître et ceux qui prennent leur retraite laissent souvent leur patientèle sans recours.

"On estime à 20% le nombre de personnes sur le territoire qui n'a plus de médecin traitant", explique Nicolas Dosen, président du conseil de surveillance de l'hôpital et de la communauté de communes du Coeur de l'Avesnois (environ 30.000 habitants).

"Dans le secteur, le ratio est de 0,7 médecin pour 1 000 patients, ce qui est ingérable si les médecins ne commencent pas à 7H00 pour finir à 22H00", complète Serge Gunst.

La lutte contre cette désertification médicale constitue une "urgence" pour le nouveau ministre de la Santé, François Braun, dans un système de santé français qu'il juge "à bout de souffle".

Retraité depuis 6 ans de son activité de généraliste libéral, le Dr Christian Castel, 72 ans, fait partie de ceux qui ont choisi de poursuivre leur activité: non seulement il assure une après-midi de consultation, mais il travaille aussi à mi-temps en médecine interne à l'hôpital.

Solution d'urgence 

"Un généraliste voit généralement 30 patients par jour, mais dans le coin, certains montent à 60", raconte le praticien, l'air juvénile sous ses cheveux gris.

Chez les patients qui ne parviennent pas à se faire suivre régulièrement, certains finissent par "lâcher l'affaire", tandis que "des complications s'ajoutent à bas bruit", s'alarme-t-il.

Il se rappelle notamment d'"un monsieur diabétique qui n'avait pas consulté de médecin depuis cinq ans".

Avec une quinzaine de patients en moyenne par après-midi, de tous âges, la consultation constitue une rustine bienvenue. Mais cette solution d'urgence risque de se pérenniser.

"On s'était dit au départ que cette consultation servirait à résoudre des problèmes ponctuels et on s'aperçoit qu'on doit prendre en charge des patients sur le moyen terme, qui ne vont pas trouver de médecin traitant et qu'on ne va pas relâcher dans la nature", explique le Dr Castel.

L'étape suivante pourrait voir la mise en place d'une maison de santé pluriprofessionnelle, une solution vantée par les pouvoirs publics.

"Salarier la médecine de ville, c'est l'avenir pour les jeunes médecins, qui ne veulent pas forcément s'installer", veut croire M. Dosen.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.