Ukraine: Pyongyang reconnait les régions séparatistes comme des Etats

Déclaration d'un porte parole des territoires séparatistes prorusse de Donetsk (Photo, AFP).
Déclaration d'un porte parole des territoires séparatistes prorusse de Donetsk (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 14 juillet 2022

Ukraine: Pyongyang reconnait les régions séparatistes comme des Etats

  • La Corée du Nord est le troisième pays, avec la Russie et son alliée la Syrie, à reconnaitre ces deux territoires comme étant des Etats indépendants
  • La Russie a justifié son offensive militaire contre l'Ukraine lancée le 24 février par la nécessité de défendre ces entités séparatistes

SEOUL: La Corée du Nord a officiellement reconnu les deux régions séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine comme étant des pays indépendants, a rapporté jeudi matin un média d'Etat nord-coréen.

Cette reconnaissance intervient après l'envoi mercredi par le gouvernement de Pyongyang de courriers adressés aux auto-proclamées République populaire de Donetsk et République populaire de Lougansk, a précisé l'agence de presse officielle KCNA.

Dans ces missives, le régime nord-coréen dit avoir "décidé de reconnaitre l'indépendance" de ces deux régions et "a exprimé la volonté de développer les relations étatiques avec des pays dans l'idée d'indépendance, de paix et d'amitié", a poursuivi KCNA.

La Corée du Nord est le troisième pays, avec la Russie et son alliée la Syrie, à reconnaitre ces deux territoires comme étant des Etats indépendants.

La Russie a justifié son offensive militaire contre l'Ukraine lancée le 24 février par la nécessité de défendre ces entités séparatistes.

Moscou est largement considéré, malgré ses dénégations, comme l'instigateur de ces mouvements séparatistes en 2014, dans la foulée de son annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Les deux territoires séparatistes avaient affirmé mercredi avoir été reconnus en tant qu'Etats par la Corée du Nord, qui n'avait pas fait d'annonce immédiatement.

Les représentations diplomatiques des séparatistes de Donetsk et de Lougansk à Moscou avaient chacune diffusé sur Telegram une photo de leurs représentants respectifs, recevant ce qui était présenté comme une lettre de reconnaissance des mains de l'ambassadeur nord-coréen Sin Hong Chol.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé mercredi dans un communiqué la décision de la Corée du Nord de reconnaître ces territoires qualifiés par Kiev de "temporairement occupés par la Russie".

"En conséquence (...), l'Ukraine annonce qu'elle coupe toutes les relations avec la République démocratique populaire de Corée", nom officiel du Nord de la péninsule, a précisé le ministère.


Des artistes iraniens appellent au boycott des organisations artistiques liées au régime de Téhéran

Shirin Neshat fait partie des artistes iraniens qui ont utilisé leur art comme une forme de protestation contre le régime. (Photo d'archives AFP)
Shirin Neshat fait partie des artistes iraniens qui ont utilisé leur art comme une forme de protestation contre le régime. (Photo d'archives AFP)
Short Url
  • Une déclaration, signée par 6 000 créateurs appelle à soutenir les étudiants en art poursuivis en raison de leurs protestations
  • Les signataires dénoncent «une répression de l’État de plus en plus sauvage, violente et meurtrière»

LONDRES: Un groupe de créateurs iraniens a publié une déclaration à l’adresse de la communauté internationale, lui demandant de cesser de travailler avec des groupes culturels et des institutions ayant des liens avec le régime de Téhéran.

La déclaration, signée par plus de 6 000 artistes, universitaires, écrivains et réalisateurs, basés en Iran et à l'étranger, a été publiée à la suite de l'arrestation en masse et de l'incarcération d'étudiants dans tout le pays, pour leur rôle dans les manifestations antirégime, à la suite de la mort en septembre de la jeune femme kurde âgée de 22 ans, Mahsa Amini, aux mains de la police des mœurs.

La déclaration appelle la communauté internationale à «boycotter les institutions gouvernementales de l'État islamique d'Iran et leurs affiliations secrètes, et à les empêcher d'être présentes sur toute scène artistique, culturelle et éducationnelle», face à la politique de répression «de plus en plus sauvage, violente et meurtrière de l'État» qui a provoqué au moins 300 morts ainsi que la mise en détention de près de 14 000 personnes.

L'un des signataires, le conservateur Vali Mahlouji, basé à Londres, a également appelé à une action directe des protestataires contre les organisations artistiques qui reçoivent de l'argent de l'Iran.

«Nous savons que certaines galeries privées iraniennes sont connectées aux systèmes monétaires de l'État iranien, notamment le Conseil des gardiens de la révolution islamique. Il faut les boycotter», a affirmé Mahlouji.

Depuis le début des manifestations, les manifestants ont recouru à l’art pour exprimer leur colère contre le régime, notamment avec l’utilisation de colorants rouges versés dans les fontaines et de nœuds rouges accrochés aux arbres.

«C'est une société qui dit: nous sommes terrorisés», a soutenu Mahlouji. «Il y a une importante réaction de défi: les gens s'attachent, de l'encre rouge est jetée sur des photos du fondateur de la République islamique, de même que de la peinture rouge sur des bâtiments. Les gens vont même jusqu’à uriner à l'extérieur des galeries d'art qui sont restées ouvertes alors que les artistes avaient exigé qu'elles ferment.»

L'artiste canadienne Jinoos Taghizadeh a déclaré au Guardian que certaines galeries d'art «avaient servi pour blanchir l'argent du gouvernement» et avaient «essayé de dépolitiser les artistes (iraniens)».

Elle a ajouté que les étudiants en art en Iran qui défiaient le régime «étaient constamment menacés par la police et les organismes de sécurité universitaires», mais «qu’ils avaient été très courageux et créatifs malgré la répression, les arrestations et enlèvements», et que «leur musique et leurs chansons de protestations, leurs publications sur les réseaux sociaux ont à la fois encouragé les manifestants et porté la voix de la protestation dans d'autres villes et à l’étranger». 

L'art a également été utilisé comme une forme de protestation contre le régime à l'étranger: en octobre, un groupe appelé le «Collectif d'artistes anonymes pour l'Iran» a monté une exposition de 12 bannières rouges avec des images d'Amini et le slogan «Femme, vie, liberté» au musée Guggenheim à New York.

À Piccadilly Circus, à Londres, l'artiste iranienne en exil, Shirin Neshat, a présenté une pièce de protestation numérique portant le même slogan, la montrant également à Pendry West Hollywood, à Los Angeles.

 «Nous ne sommes pas seulement un groupe d'artistes opprimés essayant de faire en sorte que la culture occidentale ait de la compassion pour nous», a expliqué Neshat. «Nous leur enseignons qu'il est temps de se réveiller et de comprendre que la culture joue un rôle important dans le tissu politique de notre monde.»

«Nous voyons ces jeunes armés d’un immense courage face à la tyrannie. Vous vous interrogez vraiment sur votre propre état d'esprit en tant qu'Iranienne qui n'a jamais pu vivre sans peur pendant tant d'années. Il est réellement encourageant d'avoir ces jeunes qui disent ne plus avoir peur.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pakistan: les talibans locaux mettent fin à leur cessez-le-feu

Cette photo aérienne prise le 25 octobre 2022 montre une vue générale de Mingora, dans le district de Swat de Khyber Pakhtunkhwa (Photo, AFP).
Cette photo aérienne prise le 25 octobre 2022 montre une vue générale de Mingora, dans le district de Swat de Khyber Pakhtunkhwa (Photo, AFP).
Short Url
  • Depuis vendredi, l'armée a intensifié sa présence dans la même zone pour en déloger les combattants du TTP, allant jusqu'à bombarder leurs caches avec des hélicoptères de combat
  • Le TTP a été créé par des djihadistes pakistanais alliés à Al-Qaïda, qui avaient combattu aux côtés des talibans en Afghanistan dans les années 1990

ISLAMABAD : Les talibans pakistanais ont annoncé lundi la fin du cessez-le-feu qu'ils avaient déclaré en juin, qui n'était que très partiellement respecté, et ordonné à leurs combattants de mener des attaques dans tout le Pakistan.

Le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe distinct des talibans afghans mais mû par une même idéologie, a tué en moins d'une décennie, après sa naissance en 2007, des dizaines de milliers de civils pakistanais et de membres des forces de sécurité.

Affaibli à partir de 2014 par d'intenses opérations de l'armée pakistanaise, il est revenu en force depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, avec le retrait des forces américaines après deux décennies de guerre.

Le TTP a justifié la fin du cessez-le-feu, qui avait été prolongé indéfiniment en juin pour faciliter des négociations de paix avec des représentants de l'Etat pakistanais, par le non respect de cette trêve de la part d'Islamabad.

"Nous (...) avons fait montre d'une grande patience, pour que le processus de paix ne soit pas saboté", a indiqué le TTP dans un communiqué.

"Mais l'armée et les services de renseignements n'arrêtent pas leurs attaques, donc maintenant des attaques de représailles vont commencer dans tout le pays", a-t-il ajouté.

Les pourparlers de paix ont commencé en mai dans la capitale afghane, Kaboul, sous la médiation des talibans afghans, mais n'ont pas connu de progrès substantiels depuis.

Le cessez-le-feu lui-même n'a jamais été vraiment respecté, ni par le TTP qui a multiplié les attaques ciblées, dirigées non plus contre les civils comme dans le passé mais essentiellement contre les forces de sécurité, ni par l'armée pakistanaise qui a continué à pourchasser ses combattants.

A la mi-novembre, six policiers ont ainsi été tués dans une embuscade dans le village de Shahab Khel (nord-ouest), à une centaine de kilomètres de la frontière avec l'Afghanistan.

Tensions croissantes

Depuis vendredi, l'armée a intensifié sa présence dans la même zone pour en déloger les combattants du TTP, allant jusqu'à bombarder leurs caches avec des hélicoptères de combat.

Le TTP a été créé par des djihadistes pakistanais alliés à Al-Qaïda, qui avaient combattu aux côtés des talibans en Afghanistan dans les années 1990, avant de s'opposer au soutien apporté par Islamabad aux Américains après l'invasion de ce pays en 2001.

Il a été au faîte de son pouvoir entre 2007 et 2009, quand il contrôlait la vallée de Swat, à peine 140 km au nord d'Islamabad, y imposant une version ultra-radicale de la loi islamique.

Le groupe est notamment responsable de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, quand environ 150 personnes, essentiellement des élèves, avaient été massacrées en décembre 2014 dans une école militaire de Peshawar.

Amoindri par les tirs de drones américains, les divisions internes et les ralliements au groupe djihadiste Etat islamique, il a finalement été chassé des zones tribales du nord-ouest du Pakistan vers l'Afghanistan lors d'une vaste opération lancée par l'armée en 2014.

Il a commencé à se redresser à l'été 2020 en ralliant à lui des factions dissidentes. Mais sa fortune a véritablement changé avec l'arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul.

Ses attaques ont ainsi augmenté de 50% depuis août 2021 et ont fait 433 morts, selon l'Institut pakistanais PIPS. Le TTP a aussi systématisé le recours à l'extorsion d'hommes d'affaires ou de politiciens pour se financer, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

La zone frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan est une source de tensions croissantes depuis un an. Le Pakistan reproche aux talibans afghans de laisser le TTP planifier à partir de leur sol ses attaques, ce que ceux-ci n'ont cessé de nier.

"Il est important d'engager de sérieuses négociations avec les talibans afghans sur cette question et de leur faire prendre conscience de la gravité du problème", a déclaré à l'AFP l'analyste pakistanais Saad Khan, après l'annonce du TTP.


La légende du foot iranien Ali Daei se dit victime de «menaces»

La légende du football iranien Ali Daei (Photo, Twitter).
La légende du football iranien Ali Daei (Photo, Twitter).
Short Url
  • Joueur de renommée internationale, Ali Daei était le meilleur buteur de l'histoire du football international masculin jusqu'en septembre 2021 lorsque le Portugais Cristiano Ronaldo s'est emparé du titre
  • Il est également l'un des premiers footballeurs iraniens à avoir joué en Europe

PARIS: La légende du football iranien Ali Daei a affirmé lundi avoir été visé par des menaces après avoir soutenu le mouvement de contestation en Iran.

"Ces derniers mois j'ai reçu de nombreuses menaces me visant moi et ma famille de la part de diverses organisations, médias et personnes", a déclaré l'ex-sportif de 52 ans dans un message posté sur Instagram.

"On m'a enseigné l'honneur, le patriotisme et la liberté... Que voulez-vous obtenir avec de telles menaces?", demande-t-il dans son message.

Joueur de renommée internationale, Ali Daei était le meilleur buteur de l'histoire du football international masculin jusqu'en septembre 2021 lorsque le Portugais Cristiano Ronaldo s'est emparé du titre. Il est également l'un des premiers footballeurs iraniens à avoir joué en Europe.

Son message a été posté à la veille du choc entre l'Iran et les Etats-Unis, deux équipes qui espèrent se qualifier pour les 8e de finale. Ali Daei avait participé à la victoire historique 2 à 1 des Iraniens face aux Américains au Mondial 1998.

Plusieurs sportifs iraniens ainsi que des acteurs et cinéastes soutiennent le mouvement de contestation déclenché en Iran par la mort en détention de l'Iranienne Mahsa Amini le 16 septembre. Ils demandent aux autorités d'écouter les revendications des manifestants.

Dans son message, Ali Daei réclame la "libération inconditionnelle" des personnes interpellées.

Début novembre, il a déclaré avoir décidé de ne pas se rendre au Qatar pour le Mondial même s'il y a été invité par les organisateurs, expliquant vouloir être "avec (ses) compatriotes et exprimer (son) soutien à tous ceux qui ont perdu des proches" dans la répression.

En octobre, Ali Daei avait annoncé que les autorités iraniennes lui avaient brièvement confisqué son passeport à son retour d'un voyage à l'étranger.