Cholet: Deux morts lors d'un feu d'artifice, enquête pour homicide involontaire

Un garçon de sept ans et sa soeur de 24 ans ont été tués (Photo, AFP).
Un garçon de sept ans et sa soeur de 24 ans ont été tués (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 juillet 2022

Cholet: Deux morts lors d'un feu d'artifice, enquête pour homicide involontaire

  • Un garçon de sept ans et sa soeur de 24 ans, venus avec leur famille ont été tués
  • L'enquête, confiée à la Sûreté départementale , a débuté dès vendredi matin

RENNES: Une enquête pour homicide involontaire a débuté vendredi pour tenter d'expliquer comment deux personnes, dont un enfant de sept ans, ont trouvé la mort jeudi soir à Cholet (Maine-et-Loire) suite à un "incident de tir" lors du feu d'artifice du 14 juillet.

Un garçon de sept ans et sa soeur de 24 ans, venus avec leur famille, ont été tués lorsque plusieurs projectiles sont tombés au milieu d'un groupe de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, peu après 23h00, dans des circonstances qui restent à éclaircir.

Un proche de la jeune femme, grièvement brûlé, a été transporté dans une unité spécialisée de l'hôpital de Tours. Ses jours ne sont plus en danger, selon le procureur de la République d'Angers Eric Bouillard.

Six autres spectateurs, dont les parents des deux victimes, ont été plus légèrement touchés.

"Nous étions une centaine de personnes à 50 mètres du pas de tir", se souvient Sandy Beauvois, 25 ans, cariste à Cholet.

"Un dispositif de mise à feu s’est peut-être couché au sol car nous avons vu un départ de feu sur le pas de tir, 10 secondes plus tard une fusée est venue exploser au milieu de la foule", raconte-t-il à l'AFP.

Des pans d'herbe prennent feu, des gens crient, un début de panique gagne une partie de l'assistance proche du pas de tir. Les secours ont prodigué les premiers soins aux victimes sur place, alors que le feu d'artifice, automatisé, se poursuivait jusqu'à son terme.

Kenny, 30 ans, se souvient que l'accident a commencé par "une explosion sur le stade" où était tiré le spectacle pyrotechnique.

"On a commencé un peu à paniquer en se disant +ce n'est pas normal+, et dans les secondes qui ont suivi, il y a le deuxième missile, enfin l'autre fusée, qui est partie dans notre direction et qui a explosé au milieu d'un groupe de personnes", a raconté le jeune homme, qui n'a pas souhaité donner son nom.

Dysfonctionnement lors du tir 

L'enquête, confiée à la Sûreté départementale du Maine-et-Loire et au commissariat de Cholet, a débuté dès vendredi matin, avec notamment l'audition des artificiers sur place et des organisateurs.

Elle cherchera à savoir si "oui ou non toutes les mesures de sécurité et notamment sur la proximité du public avec le pas de tir ont été respectées, est-ce que les normes ont été respectées, est-ce que les règles de l’art ont été respectées", a expliqué le procureur Eric Bouillard à la presse.

Plusieurs dizaines de personnes avaient assisté au feu d'artifice en se plaçant juste derrière les grillages autour du stade, à l'opposé de la place principale où se massait le gros des spectateurs, selon plusieurs témoignages.

La société bretonne HTP, à laquelle la municipalité confie le feu d'artifice de Cholet depuis de nombreuses années, a estimé vendredi que la zone de l'accident était en théorie "interdite au public".

"Un dysfonctionnement a eu lieu lors du tir, entraînant la projection des produits contenus dans les tubes en direction d'une zone interdite au public, à l'opposé de la zone spectateurs", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a pour sa part affirmé que le dispositif de sécurité avait été fait dans les règles.

"Nous avons mis en place un périmètre effectivement, enfin, les organisateurs avec la société d’artificiers. A ma connaissance, il n’a pas été remis en cause par qui que ce soit", a-t-il déclaré à l'AFP.

"La société du feu d’artifice, qui connaît quand même les conditions dans lesquelles ça se passe, n’a pas considéré qu’il y avait des difficultés liées à des mesures de sécurité qui n’auraient pas été prises", a-t-il ajouté.

L'accident, révélé par le quotidien Courrier de l'Ouest, a été filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux. L'exploitation de ces vidéos sera utile aux enquêteurs pour comprendre ce qui s'est passé, selon le procureur.


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

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Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.