Deux ministres français au Niger, nouveau partenaire-clé de Paris au Sahel

Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères (Photo, AFP).
Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

Deux ministres français au Niger, nouveau partenaire-clé de Paris au Sahel

  • Paris et Niamey ont signé vendredi un prêt de 50 millions d'euros pour le renforcement du réseau électrique nigérien
  • Poussée hors du Mali par la junte au pouvoir depuis 2020 l'armée française se sera totalement retirée du pays

NIAMEY: Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées ont affirmé vendredi à Niamey leur volonté d'approfondir le partenariat-clé de Paris avec le Niger sur les plans économique et militaire, à l'heure où la France cherche à redéfinir son offre stratégique en Afrique.

"Nous sommes là pour marquer l'engagement de la France aux côtés des autorités nigériennes", dans l'aide au développement et la lutte contre le terrorisme, a assuré la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna.

"Nous sommes ici de façon a répondre le mieux possible aux besoins que vous exprimez", a-t-elle insisté, lors d'une conférence de presse avec le ministre français des Armées Sébastien Lecornu et leurs homologues Hassoumi Massoudou et Alkassoum Indatou, à l'issue d'une entrevue avec le président Mohamed Bazoum.

Poussée hors du Mali par la junte au pouvoir depuis 2020, qui a fait appel aux services du sulfureux groupe paramilitaire russe Wagner, l'armée française se sera totalement retirée du pays à la fin de l'été, après neuf ans de lutte antijihadiste.

La France poursuit néanmoins sa coopération avec le Niger voisin, devenu le partenaire central de Paris au Sahel. Plus d'un millier de militaires français et des capacités aériennes y seront maintenues pour fournir un appui feu et du renseignement aux armées nigériennes dans le cadre d'un "partenariat de combat" visant à sécuriser la zone frontalière avec le Mali.

Paris et Niamey ont par ailleurs signé vendredi un prêt de 50 millions d'euros pour le renforcement du réseau électrique nigérien et un don de 20 millions d'euros au profit du Niger, qui figure parmi les pays prioritaires de l'aide au développement française (143 millions d'euros en 2021).

Ces dix dernières années, l'Agence française de développement (AFD) a multiplié par dix ses engagements au Niger.

La France va également augmenter de 66% son aide alimentaire au profit du Niger en 2022, à 8 millions d'euros, "à un moment difficile pour la sécurité alimentaire mondiale" en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé Mme Colonna.

"Si nous ne gagnons pas la guerre du développement, nous perdrons à terme la guerre contre le terrorisme", a commenté son homologue nigérien, M. Massoudou.

Nouvelle philosophie

Le partenariat entre Paris et Niamey sur le plan sécuritaire a également fait l'objet d'échanges sur les besoins de l'état-major nigérien.

Au Sahel, la philosophie des interventions militaires françaises a évolué: plus question pour les soldats d'agir seuls, mais seulement en deuxième ligne, en appui des forces locales et en fonction de leurs demandes. Une manière de réduire la visibilité de leur action, qui agit comme un irritant dans les sociétés africaines, tout en restant présents dans cette zone d'influence historique.

Outre la menace jihadiste, "il y a une nouveauté qui nous tient à coeur, c'est de nous intéresser davantage à (...) la guerre de désinformation, aux menaces cyber qui sont tout aussi importantes", a également affirmé M. Lecornu, alors que les Russes mènent en Afrique de l'Ouest une stratégie agressive d'influence à coup de campagnes anti-françaises massives sur les réseaux sociaux.

Les deux ministres français sont attendus dans l'après-midi sur la base militaire nigérienne de Ouallam, au nord de Niamey. C'est de là que sont pilotées les opérations conjointes d'environ 300 soldats français et des forces armées nigériennes (FAN) à proximité de la frontière malienne, face aux jihadistes liés à Al-Qaïda ou au groupe Etat islamique.

Les Nigériens viennent de consentir à ce que ces militaires français soient co-localisés sur leur base de Ouallam.

Les ministres français visiteront également le village de Simiri près de Ouallam, où la France finance notamment un projet de lutte contre la malnutrition infantile.

A l'issue de son déplacement au Niger, Sébastien Lecornu se rendra samedi en Côte d'Ivoire pour y rencontrer le président Alassane Ouatarra et rendre visite aux Forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI).

Ces visites interviennent alors que le président Emmanuel Macron souhaite redessiner la stratégie de l'ancienne puissance coloniale en Afrique, afin d'éviter un déclassement stratégique à l'heure d'une compétition accrue sur la scène internationale.

"J'ai demandé aux ministres et au chef d’état-major des armées de repenser d'ici à l'automne l'ensemble de nos dispositifs sur le continent africain", a-t-il déclaré mercredi.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".