«Pas de bonne surprise» pour les soldes, moins réussies qu'en 2021

L'Alliance du commerce, qui rassemble des professionnels des grands magasins, de l'habillement et de la chaussure, avait alerté début juillet sur le «très mauvais démarrage» des soldes. (AFP).
L'Alliance du commerce, qui rassemble des professionnels des grands magasins, de l'habillement et de la chaussure, avait alerté début juillet sur le «très mauvais démarrage» des soldes. (AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

«Pas de bonne surprise» pour les soldes, moins réussies qu'en 2021

  • L'Alliance du commerce, qui rassemble des professionnels des grands magasins, de l'habillement et de la chaussure, avait alerté début juillet sur le «très mauvais démarrage» des soldes
  • On note à présent une «légère amélioration» des ventes lors de la troisième semaine de soldes

PARIS : Inquiétudes sur le pouvoir d'achat et désintérêt structurel ont pénalisé les soldes d'été en 2021, indiquent les professionnels dans un premier bilan lundi, certains réclamant une réforme tandis que d'autres restent attachés à ce moment de consommation.

"Comme il y a des réductions toute l'année, on attend moins les soldes" : à l'image de Mélanie, 32 ans, social media manager dans une banque, qui a quand même poussé les portes de quelques boutiques avant de partir en vacances, les clients semblent s'être lassés des soldes.

La période reste bien sûr un temps fort de la consommation en France : "Les périodes de soldes génèrent des ventes supérieures aux périodes de non soldes", explique à l'AFP Sophie Brenot, présidente de la Fédération des détaillants Maroquinerie. Mais elle perd d'année en année de l'intérêt aux yeux des acheteurs.

Francilienne, Mélanie "déteste faire les boutiques" et n'y va que "quand elle a un objectif précis, besoin d'une robe par exemple". Même si après avoir écumé Promod, H&M ou Pull&Bear, elle avait "tout acheté sauf une robe". Seule condition, explique-t-elle : que les vêtements "soient vraiment bien soldés".

«Très mauvais démarrage»

La recherche des bonnes affaires est d'autant plus importante cette année que le sujet du pouvoir d'achat s'est imposé comme la préoccupation première des Français, dans un contexte d'inflation inédit depuis plus de 30 ans.

"On pouvait se demander s'il y allait avoir un effet d'aubaine avec une quête de prix bas, mais ça ne s'est pas produit", note toutefois le directeur de l'observatoire économique de l'Institut Français de la Mode (IFM), Gildas Minvielle.

"Il n'y a pas eu de bonne surprise", poursuit-il, "quand on a un marché qui n'est pas dynamique, les soldes ne font pas exception". L'IFM a interrogé les professionnels sur les quinze premiers jours de la période de soldes, qui donnent généralement le "la", et le bilan est une baisse moyenne des ventes de 4,5% par rapport à l'année précédente.

L'Alliance du commerce, qui rassemble des professionnels des grands magasins, de l'habillement et de la chaussure et qui avait alerté début juillet sur le "très mauvais démarrage" des soldes, a de son côté noté, via le panel d'une quarantaine d'enseignes représentatives du marché de l'habillement qu'il réalise avec Retail Int, une "légère amélioration" des ventes lors de la troisième semaine de soldes.

Comparant de son côté à la période pré-Covid, en 2019, son directeur général Yohann Petiot évoque auprès de l'AFP des ventes en recul de 13%. "La situation s'est un peu améliorée mais reste largement décevante", précise-t-il, avec une fréquentation en nette baisse dans les magasins.

Touristes de retour

La reprise du trafic aérien et du tourisme a toutefois fait quelques heureux : les grands magasins, "qui ont retrouvé une meilleure dynamique avec la reprise des voyages", note Gildas Minvielle.

Et le secteur de la bagagerie, "qui en compensation des années Covid a vraiment explosé", note Sophie Brenot. "On vend même des bagages qui ne sont pas en soldes car les gens veulent s'équiper".

Les ventes dans les stations balnéaires et zones littorales restent également très dynamiques, selon les acteurs interrogés.

Si les mauvaises performances de la période trouvent en partie leur explication dans "les difficultés de pouvoir d'achat" pour une partie des Français, avec un secteur "très fragile et très touché par les changements d'environnement économique" selon Gildas Minvielle, certains estiment que les soldes sont aujourd'hui largement obsolètes.

En juin, le trésorier de la Fédération nationale de l'habillement (FNH) Stéphane Rodier appelait à une "réflexion globale" pour faire émerger des "solutions viables qui ne nous fassent pas consommer pour consommer", jugeant le modèle des soldes "pas du tout écologique".

Un point de vue que tous ne partagent pas. Les soldes "ne sont plus ce qu'ils étaient mais ont le mérite d'exister et sont réglementés, je crains que si on ne les retire, ça pourrait un peu encourager le n'importe quoi...", estime ainsi Sophie Brenot, de la Fédération des détaillants Maroquinerie.


Tension autour des discussions sur l'avenir de la Corse, Darmanin reporte sa visite

Tension autour des discussions sur l'avenir de la Corse, Darmanin reporte sa visite
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  • Gérald Darmanin devait rencontrer jeudi et vendredi des élus et représentants de la société civile corse
  • Il devait évoquer la question des déchets et de l'énergie, en présence du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires Christophe Béchu

BASTIA: "Les conditions d'un débat serein" ne sont "pas réunies": Gérald Darmanin a reporté mardi son déplacement en Corse, dans le cadre du cycle de concertation sur l'avenir de l'île, après des tensions sur le refus d'aménager la peine d'un membre du +commando Erignac+.

"Afin de préserver la qualité des échanges tenus jusqu'à présent et recréer les conditions de la poursuite sereine du processus de dialogue engagé entre la Corse et l'Etat, le ministre a décidé de reporter son déplacement de quelques semaines", a annoncé dans un communiqué le ministère de l'Intérieur, selon qui "les conditions d'un débat serein avec les maires" n'étaient "pas réunies".

Un avis partagé par le président de l'exécutif corse, l'autonomiste Gilles Simeoni, pour qui "ce report est une bonne chose". "Après l'émotion et l'incompréhension suscitées par la décision de justice qui a maintenu en détention Pierre Alessandri, les conditions n'étaient pas réunies pour un dialogue serein", a estimé l'élu auprès de l'AFP, évoquant un "trouble à l'ordre public en Corse".

"Je vais proposer à la délégation des élus corses qui discutent avec Paris de se réunir dans la semaine, pour voir comment nous pouvons dépasser la situation de blocage", a-t-il ajouté, en réaffirmant cependant que la solution politique corse passait "aussi par la libération (...) dans le respect de la séparation des pouvoirs" des deux derniers membres du +commando Erignac+ encore incarcérés.

"Il s'agit d'un report qui ne remet pas en cause le principe des discussions qui doivent se poursuivre dans de bonnes conditions", a réagi de son côté le député et ex-maire d'Ajaccio, Laurent Marcangeli (Horizons).

Gérald Darmanin devait rencontrer jeudi et vendredi des élus et représentants de la société civile corse, dans le cadre d'une réunion intermédiaire au cycle de concertation prévu sur une année à Paris. Il devait évoquer la question des déchets et de l'énergie, en présence du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires Christophe Béchu.

Mais ce processus s'est donc enrayé avec le rejet par la cour d'appel de Paris fin septembre d'une énième demande de semi-liberté de Pierre Alessandri, 64 ans, condamné à la perpétuité en 2003 pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac et libérable depuis 2017.

«Poursuivre le dialogue»

Les élus de l'Assemblée de Corse avaient aussitôt fait part de leur "indignation". Le lendemain, une association de défense des prisonniers avait appelé les élus à suspendre les discussions avec le gouvernement, ce qu'avait annoncé faire le parti indépendantiste Core in Fronte, minoritaire à l'Assemblée de Corse.

Le parti autonomiste Femu a Corsica de Gilles Simeoni avait néanmoins réaffirmé "sa détermination" à poursuivre le dialogue avec le gouvernement, tout en dénonçant "la logique de vengeance" qui aurait motivé, selon lui, cette décision de justice.

Celle-ci fait "peser un risque majeur sur le processus" de discussion, avait insisté le parti majoritaire.

Des élus d'opposition de droite corse du parti "Un soffiu novu" avaient également appelé samedi à poursuivre le dialogue avec le gouvernement, estimant que la décision de justice ne devait en rien être une excuse pour une rupture.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'était engagé en mars à discuter de l'avenir de l'île, jusqu'à une potentielle autonomie, avait mis sur pied en juillet un comité stratégique, quatre mois après l'agression mortelle en prison du militant indépendantiste corse Yvan Colonna, autre membre du commando Erignac condamné à perpétuité, qui avait suscité de violentes manifestations dans l'île.

Ce cycle de concertation doit s'étaler sur un an, à raison d'une réunion toutes les six semaines à Paris. Après une première réunion mi-septembre sur le "modèle économique et social" de la Corse, la deuxième, vers la fin octobre, devrait porter sur  "la spéculation financière, l’urbanisme et le logement" et la troisième, prévue "avant la fin 2022", sur "la langue et la culture corses".


Julien Bayou nie les accusations contre lui et attaque Rousseau

Cette photo d'archive prise le 22 juin 2022 montre Julien Bayou arrivant pour une rencontre avec le président français après les élections législatives, à l'Elysée à Paris. Ludovic MARIN / AFP
Cette photo d'archive prise le 22 juin 2022 montre Julien Bayou arrivant pour une rencontre avec le président français après les élections législatives, à l'Elysée à Paris. Ludovic MARIN / AFP
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  • Offensif, le député de Paris assure qu'il reprendra dès mardi sa place sur le banc de l'Assemblée nationale, auprès de son groupe, dont il a été mis en retrait de la présidence
  • Lundi, ni lui ni Adrien Quatennens, député de La France insoumise visé par une enquête pour violences contre son épouse, n'ont siégé lors de la rentrée parlementaire

PARIS: Julien Bayou est passé mardi à l'attaque contre son accusatrice et collègue députée Sandrine Rousseau, qui "est allée trop loin" et confond "féminisme et maccarthysme", après deux semaines de silence et sa démission de la tête d'EELV.

"Il n’y a pas d’affaire Bayou. Il n’y a pas d'accusation. Il n'y a pas de fait sous-tendant les anathèmes que j'ai pu entendre", dit-il dans un entretien au Monde à propos des accusations de violence psychologique contre son ancienne compagne lancées par Sandrine Rousseau sur le plateau de France 5 le 19 septembre.

"Elle est allée trop loin. Et tout le monde le mesure", affirme-t-il. "Il ne faut pas confondre féminisme et maccarthysme". Le maccarthysme, "c'est dire: +j’ai des listes d'hommes+, c’est porter des accusations que vous ne pouvez contredire car il n’y a pas d'enquête", complète-t- il, rappelant avoir demandé à quatre reprises à être entendu par la cellule interne à EELV qui s'était auto-saisie, il y a plusieurs mois, après un mail de son ancienne compagne.

Interrogé sur la révélation, dans un article de Libération, qu'il faisait l'objet d'une "mise sous surveillance" par un groupe de militantes féministes, il assure avoir "hésité à déposer une main courante" en 2019. "J'ai dû demander à une femme militante de cesser d'enquêter sur moi et surtout de colporter rumeurs et accusations sans preuves", précise-t-il.

«Règlement de comptes»
"J'y vois une instrumentalisation en vue d'un règlement de comptes", résume-t-il.

Offensif, le député de Paris assure qu'il reprendra dès mardi sa place sur le banc de l'Assemblée nationale, auprès de son groupe, dont il a été mis en retrait de la présidence. "Je suis investi d’un mandat, je compte bien le mener", prévient-il, à deux jours des journées parlementaires d'EELV prévues jeudi et vendredi à Strasbourg.

Lundi, ni lui ni Adrien Quatennens, député de La France insoumise visé par une enquête pour violences contre son épouse, n'ont siégé lors de la rentrée parlementaire.


Terminus en vue pour le ticket de métro parisien

Une photo d'illustration prise le 26 septembre 2022 à Paris montre des tickets de métro parisiens des années 1973 à 1992 collectés par le collectionneur français Grégoire Thonnat. (JOËL SAGET / AFP)
Une photo d'illustration prise le 26 septembre 2022 à Paris montre des tickets de métro parisiens des années 1973 à 1992 collectés par le collectionneur français Grégoire Thonnat. (JOËL SAGET / AFP)
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  • L'opérateur a commencé depuis plusieurs années à réduire le nombre de stations dans lesquelles il est possible d'acheter un carnet et de nombreux tourniquets ne lisent plus les tickets en carton.
  • Cette dématérialisation avec l'utilisation de smartphones au tourniquet, dans les prochaines semaines pour Android et en 2023 pour les appareils Apple, s'engage à Paris vingt ans après le retrait des jetons en métal du métro de New York

PARIS: Depuis le temps que son oblitération était annoncée, il avait fini par paraître impérissable. Après plus de 120 ans de service, le ticket de métro parisien cartonné va pourtant s'éteindre, au grand dam des amoureux de la capitale.

Au-delà de sa fonction première, le ticket de métro aura servi à tout, de marque-page, de pense-bête, de cale...

"C'est un morceau de notre quotidien, il parle à tout le monde", explique à l'AFP Grégoire Thonnat, collectionneur de tickets et auteur d'une "Petite histoire du Ticket de métro parisien", avec lui "c'est un pan de notre vie qui disparaît".

"Le ticket de métro, c'est une des composantes de l'imagerie parisienne", insiste-t-il.

Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'établissement public qui gère le système de transports de la région parisienne, visait initialement la suppression du carnet de dix tickets à la mi-2020 puis du ticket unique en 2021, au profit d'alternatives numériques.

Mais il a dû repousser ces échéances à 2022 pour cause de pandémie de coronavirus, puis de nouveau en raison de la pénurie de puces électroniques provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine. "On était pressés, mais cette crise des cartes à puce nous a un peu ralentis", reconnaît le directeur général d'IDFM, Laurent Probst.

550 millions par an

L'opérateur a commencé depuis plusieurs années à réduire le nombre de stations dans lesquelles il est possible d'acheter un carnet et de nombreux tourniquets ne lisent plus les tickets en carton.

Résultat : la proportion de tickets en carton dans les déplacements urbains a chuté de plus des deux tiers il y a un an à moins de la moitié, même s'il s'en vend encore quelque 550 millions par an.

"Les habitudes sont en train de se prendre", se félicite Laurent Probst, assurant que les carnets auront complètement disparu courant 2023. Ile-de-France Mobilités fait notamment valoir que sur un carnet, 1 ticket sur 10 en moyenne n'est pas utilisé car perdu, abîmé ou oublié.

Mais les billets à l'unité devraient continuer à circuler au moins jusqu'en 2024.

Cette dématérialisation avec l'utilisation de smartphones au tourniquet, dans les prochaines semaines pour Android et en 2023 pour les appareils Apple, s'engage à Paris vingt ans après le retrait des jetons en métal du métro de New York et plus d'une dizaine d'années après celle du métro londonien.

Mais certains apprécient que la capitale française ait pris son temps.

"J'aime la texture, la propreté du ticket quand il est neuf, et à quel point on peut le détruire et l'avoir encore", raconte Sarah Sturman, une artiste italo-américaine installée à Paris qui utilise des tickets de métro dans ses collages.

"Je continuerai à collectionner les tickets de métro jusqu'à ce qu'ils aient disparu et alors ils seront encore plus précieux", ajoute-t-elle.

Attachement «irrationnel»

Le ticket de métro occupe une place particulière dans la culture populaire française de l'après-Deuxième Guerre mondiale.

Ainsi, dans le film "le Salaire de la peur" (1953), Yves Montand offre à Charles Vanel en gage d'amitié, son porte-bonheur, un ticket de métro parisien, et la chanson de Serge Gainsbourg "Le poinçonneur des Lilas" (1959) rend hommage à une profession obscure, condamnée à l'obsolescence par l'arrivée des tourniquets automatiques une décennie plus tard.

"Sa durée de vie est très courte, une heure, une heure 30, mais on s'y attache, voilà, c'est irrationnel", observe Grégoire Thonnat.

De nombreux visiteurs se disent en revanche impatients de pouvoir se passer des complications des billetteries du métro parisien.

"Je n'aime pas les tickets en papier, je veux avoir tout sur mon téléphone", déclare Javier Romani, un touriste espagnol.

Stefania Grigoriadou, une touriste grecque, préfère elle aussi réserver en ligne, mais compte bien garder le ticket acheté pour se rendre au parc Disneyland Paris, près de la capitale.

"C'est bien de l'avoir comme souvenir", dit-elle à l'AFP. "Peut-être que nous ne reviendrons pas à Paris, de cette façon nous aurons quelque chose à montrer à nos enfants plus tard".