Dans la chaleur et les fumées, 16 000 personnes évacuées à cause des feux en Gironde

Des pompiers montent la garde dans une pinède alors que la fumée s'élève du feu de forêt à La Teste-de-Buch, au Pyla sur Mer, devant la dune du Pilat, le 18 juillet 2022.  (AFP)
Des pompiers montent la garde dans une pinède alors que la fumée s'élève du feu de forêt à La Teste-de-Buch, au Pyla sur Mer, devant la dune du Pilat, le 18 juillet 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Dans la chaleur et les fumées, 16 000 personnes évacuées à cause des feux en Gironde

  • Le camping de la Dune - Les Flots Bleus, rendu célèbre par les films Camping - a été touché, selon son gérant
  • Au zoo du Bassin d'Arcachon à La Teste, une évacuation des animaux a commencé lundi

LA TESTE-DE-BUCH, FRANCE: On prépare les affaires et on s'en va!" : dans un quartier de La Teste-de-Buch, les coffres débordent de sacs et de valises. Quelque 16.000 personnes ont été évacuées lundi en Gironde, sous une chaleur caniculaire, pour fuir la fumée des deux incendies qui ont ravagé plus de 15.000 hectares de forêts depuis mardi.

"On le sentait venir depuis hier (dimanche)", explique à l'AFP un couple de retraités avant de se replier pour la commune voisine d'Arcachon.

Par des températures caniculaires, avec 41,2 °C relevé à Arcachon, des vents tournants et sous un ciel devenu gris-jaune, quelque 8.000 personnes ont dû quitter les Miquelots et le Pyla-sur-Mer, des quartiers de La Teste-de-Buch, commune de 28.000 habitants très étendue et très boisée où 5.000 hectares sont partis en fumée.

Dans l'autre secteur sinistré, à Landiras dans le sud de la Gironde, environ 8.000 personnes également ont dû laisser leur foyer derrière eux lundi, dans six communes. Le feu y a déjà dévoré 10.500 hectares de forêt.

"Nous avons évacué lundi autant de gens que lors des six jours précédents", pour un total de 32.000 évacuations préventives à cause de ces feux "qui se répandent", a déclaré la préfète de Gironde Fabienne Buccio.

Les cinq campings desquels 6.000 vacanciers avaient été évacués dans la nuit de mercredi, au pied de la dune du Pilat, "ont brûlé à 90%", a-t-elle ajouté.

Le camping de la Dune - Les Flots Bleus, rendu célèbre par les films Camping - a été touché, selon son gérant.

Dans ce secteur de la plus haute d'Europe, un journaliste de l'AFP a entendu de nombreuses explosions, dues à la combustion des bonbonnes de gaz restées dans les campings désertés.

Aux Miquelots, Patricia Monteil est "en panique". "Je vais chez ma fille (dans un autre quartier de La Teste) mais si ça crame là-bas aussi, je ne sais pas quoi faire", glisse cette quadragénaire en empilant dans sa voiture le plus de choses possibles, surtout des vêtements.

Des cendres commencent à voleter dans les airs. Au loin, les sirènes de pompiers retentissent, dans une odeur de brûlé prégnante.

Anaïs, elle parcourt le quartier à la recherche des cinq chats de ses parents mais n'en a trouvé qu'un: "Je pense qu'on va être obligés de les laisser ici".

Zoo évacué 

Jean-Claude et Marie-France Estampe, des septuagénaires, racontent avoir "emporté le strict minimum" pour se réfugier chez des amis à Gujan-Mestras, commune toute proche. Le maire de la ville, Patrick Davet, a lui-même dû évacuer sa maison.

"L'évacuation doit permettre aux pompiers de se concentrer sur l'attaque de l'incendie", a expliqué à l'AFP le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse, porte-parole des pompiers, qui a assuré que "La Teste n’est pas menacée et qu'il n'y a aucun risque pour la population".

Au zoo du Bassin d'Arcachon à La Teste, une évacuation des animaux a commencé lundi, a constaté une journaliste de l'AFP. Pour l'Association française des parcs zoologiques, "c'est une opération unique en son genre" qui doit permettre de replier des animaux, notamment ceux sensibles aux fumées comme les primates, vers Pessac, près de Bordeaux.

A l'hippodrome de la ville, on envisage d'évacuer 370 chevaux vers Bordeaux ou Pau, selon Céline Bobacher, une responsable, qui décrit "un ciel gris, un brouillard très épais, comme un temps de guerre".

Face à des brasiers "hors norme" et dans une chaleur infernale (42,4°C enregistrés à Cazaux, un village de La Teste évacué vendredi), quelque 1.700 sapeurs-pompiers sont mobilisés en Gironde.

"On a vu des phénomènes que les forestiers n'ont jamais vu avant. Le feu explose littéralement, lié à la chaleur et au potentiel calorifique présent. Les troncs de pins de 40 ans éclatent", décrit le directeur départemental du Sdis 33, Marc Vermeulen.

Avec un nouveau changement d'orientation du vent attendu dans la nuit et "des rafales à 80 km/h", les conditions sont "extrêmement défavorables", selon les pompiers.

En fin de journée,  les moyens aériens présents en Gironde ont dû être redéployés dans les Landes où un autre incendie a pris.

"Priorité au feu naissant, c'est la règle", a expliqué la préfète. "Mais on ne se laisse pas abattre , le feu ne fait pas ce qu'il veut, nous le contrarions. Nous construisons des pare-feux, des fossés".


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.

 


Moyen-Orient : la France «s'étonne» des reproches de Trump sur l'interdiction de survol de son territoire

La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
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  • "Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux.
  • "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française

PARIS: La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire".

"Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux. "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française.

"Nous nous étonnons de ce tweet" de Donald Trump, a-t-elle encore affirmé.

Paris n'avait pas annoncé officiellement ou publiquement d'interdiction de survol de son territoire pour les appareils américains impliqués dans le conflit, comme l'a en revanche fait l'Espagne.

La France avait autorisé les Etats-Unis à poser des avions ravitailleurs sur sa base méridionale d'Istres début mars après avoir obtenu la garantie qu'ils ne participaient aux opérations menées en Iran.

"La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël, chargés d'équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPERATIVE en ce qui concerne le +boucher iranien+ qui a été éliminé avec succès", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

 


Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond

Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient

TOKYO: Emmanuel Macron doit entamer mardi une visite au Japon qui vise a renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil ou l'innovation technologique et spatiale, mais qui est aussi percutée par la guerre au Moyen-Orient.

Le président français est attendu à 17H30 locales (08H30 GMT) à Tokyo, avant une soirée dédiée à la culture populaire nippone et une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos.

Les échanges économiques et politiques auront lieu mercredi tandis que le couple présidentiel déjeunera avec l'Empereur Naruhito et l'Impératrice jeudi.

S'il s'agit de son quatrième déplacement dans l'archipel, c'est la première fois qu'Emmanuel Macron s'y rend pour une visite pleinement consacrée aux relations avec le Japon. Et ce sera mercredi son "premier entretien à part entière" avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, après un échange en marge du G20 à l'automne, relève un responsable de la diplomatie japonaise.

Ce responsable a évoqué, parmi les attentes, "la poursuite des communications en vue d'un apaisement rapide de la situation en Iran".

"La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges", a confirmé la présidence française avant le voyage. Les deux dirigeants discuteront de la "façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes", a-t-elle ajouté, insistant sur une possible coopération autour d'une initiative française pour rallier une coalition de "volontaires" sur le sujet du détroit d'Ormuz.

Le conflit déclenché il y a un mois par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et la riposte de Téhéran, ont provoqué le blocage de facto de cet étroit passage maritime dans le Golfe par lequel transite, en temps normal, une grande part des importations de pétrole du Japon mais aussi de la Corée du Sud, où Emmanuel Macron doit se rendre ensuite jeudi et vendredi.

- "Attractivité" -

Ces deux pays asiatiques ont signé avec une vingtaine d'autres, dont la France, une déclaration d'Etats se disant "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit, mais quand les armes se seront tues.

Le G7, présidé cette année par la France qui organisera un sommet en juin, et dont est également membre le Japon, multiplie aussi les messages communs, dont une déclaration lundi pour se dire déterminé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie face à la flambée des cours du brut.

Emmanuel Macron, qui a longtemps mis en avant sa capacité à discuter avec son homologue américain Donald Trump avec lequel les relations semblent toutefois s'être tendues dernièrement, pourra échanger à cet égard avec Sanae Takaichi.

La dirigeante japonaise, devenue en octobre la première femme à la tête de l'archipel, s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices et n'a pas ménagé ses efforts pour afficher ses affinités avec le milliardaire républicain.

Au-delà de la crise géopolitique, le président français compte sur cette visite pour mettre l'accent sur "l'attractivité de la France", selon son entourage. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, il doit rencontrer mercredi, en marge d'un forum économique, les dirigeants de Softbank, champion des investissements dans l'intelligence artificielle, de Iwatani, l'entreprise japonaise qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester, ou encore du fabricant d'équipements pour la recherche Horiba.

Les deux pays entendent aussi signer une feuille de route en matière de nucléaire civil au Japon, dans la lignée d'une coopération déjà bien établie. Et renforcer les partenariats dans le domaine spatial, la recherche et les "technologies de rupture".

En présence de plusieurs ministres français, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot, un volet consacré à la sécurité est aussi prévu.

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en plein pic de floraison des emblématiques cerisiers du Japon, moment fort de l'année. Mais l'instant espéré de "hanami", ou observation des fleurs, pourrait être gâché par la pluie attendue trois jours durant dans la capitale japonaise.