Un ancien interprète afghan séparé de son fils en raison de retards dans la délivrance de visas au Royaume-Uni

Les forces britanniques en Afghanistan embauchent des locaux comme interprètes, et bon nombre d’entre eux ont été réinstallés au Royaume-Uni dans le cadre du Programme d’aide à la réinstallation des Afghans. (Photo, AFP)
Les forces britanniques en Afghanistan embauchent des locaux comme interprètes, et bon nombre d’entre eux ont été réinstallés au Royaume-Uni dans le cadre du Programme d’aide à la réinstallation des Afghans. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 22 juillet 2022

Un ancien interprète afghan séparé de son fils en raison de retards dans la délivrance de visas au Royaume-Uni

  • Sajid Naeemi n’a pas vu son fils de deux ans depuis plus de six mois
  • Les fonctionnaires du ministère peinent à traiter des milliers de demandes d’asile depuis la chute de Kaboul aux mains des talibans l’année dernière

LONDRES: Un ancien interprète afghan et son épouse, qui habitent en Grande-Bretagne, sont séparés de leur fils en bas âge depuis plus de six mois en raison de problèmes de visa, rapporte le quotidien The Times.

Sajid Naeemi, 29 ans, affirme à The Times que la situation est dévastatrice pour lui, ajoutant que sa femme Mena «pleure tous les jours» depuis qu’ils ont laissé leur fils en Afghanistan à cause de retards dans la délivrance de visas.

En janvier, le ministère britannique de la Défense a demandé des copies du passeport et du certificat de naissance de l’enfant afin d’entamer une procédure de réunification, mais le couple n’a toujours rien obtenu en raison du nombre croissant de dossiers à traiter par les fonctionnaires.

«Je suis dévasté, confie M. Naeemi à The Times. J’ai l’impression d’avoir été trahi par le ministère de la Défense et par le gouvernement dans son ensemble. Mon épouse ressent la même chose. Elle pleure toujours lorsqu’elle voit notre fils au téléphone. Elle me demande tous les jours de la renvoyer en Afghanistan.»

Les fonctionnaires du ministère peinent à traiter des milliers de demandes d’asile depuis la chute de Kaboul aux mains des talibans l’année dernière.

Les règles déterminant qui peut quitter l’Afghanistan pour s’installer se sont progressivement assouplies ces dernières années, les membres de la famille se voyant offrir la possibilité de rejoindre les interprètes.

Cependant, de nombreuses personnes ayant travaillé avec les troupes britanniques ont du mal à obtenir les autorisations nécessaires et la permission de s’installer au Royaume-Uni, même si les restrictions sont assouplies.

Sajid Naeemi a eu plus de chance que la plupart des interprètes puisqu’il s’est installé en Grande-Bretagne en 2016, avant la chute de Kaboul, dans le cadre d’un programme de réinstallation mis en place par le gouvernement. Il a passé deux ans sur la ligne de front dans la province de Helmand, servant aux côtés des troupes britanniques.

Il a déménagé avec sa dernière femme, avec qui il a divorcé après s’être installé dans le nord-ouest de l’Angleterre, et a épousé sa femme actuelle, Mena, en 2019 lors d’une visite dans son pays d’origine.

M. Naeemi, qui a trouvé du travail avec Amazon, a déposé une demande pour que Mena le rejoigne en Grande-Bretagne. Il précise avoir dépensé 1400 livres sterling (1 livre sterling = 1,17 euro) pour un service de visa accéléré.

Il était annoncé que le traitement de la demande prendrait six semaines, mais leur fils est né pendant qu’ils attendaient. M. Naeemi a été informé que s’il relançait la demande pour le nouveau membre de la famille, celle-ci serait rejetée en raison des fonds limités que lui procure son travail.

La vie de l’interprète est devenue encore plus difficile lorsque les talibans ont pris le pouvoir à l’automne dernier.

Mena, 25 ans, a tenté d’embarquer sur un vol à destination de la Grande-Bretagne mais a été refusée car elle ne possédait pas tous les documents requis.

Son frère, Halimjan, a été abattu alors qu’il se rendait au travail. Sa famille pense qu’il s’agit d’une vengeance en raison du soutien qu’ils apportent en tant qu’interprètes.

M. Naeemi a alors demandé au ministère de faire venir sa femme, son fils et les cinq enfants de Halimjan en Grande-Bretagne.

En octobre dernier, Mena s’est vu accorder un visa de courte durée par le Bureau de l’intérieur britannique. Elle l’a accepté, craignant de ne jamais pouvoir retrouver son mari en Grande-Bretagne si elle attendait un meilleur accord.

Cette année, M. Naeemi a répondu à une demande de documentation du ministère concernant son fils et les cinq enfants de Halimjan, qui ont été adoptés par l’interprète avec la bénédiction de leur mère.

Il a présenté la documentation officielle complète mais n’a pas reçu de réponse. Il a donc envoyé des demandes pour être informé de l’évolution de la situation.

«Ils ne m’ont pas envoyé une seule lettre pendant tout ce temps. Maintenant, j’ai peur qu’ils ne pensent plus qu’à la crise ukrainienne et qu’ils s’intéressent de moins en moins à nous», dit-il à The Times.

«Nous ne pouvons pas commenter les détails de cas individuels, mais veuillez nous excuser pour tout retard dû au fait que nous travaillons sur des cas complexes, qui comprennent souvent des demandes en double ou inadmissibles. Nous investissons dans un nouveau système de traitement des dossiers, qui permettra un traitement plus rapide et une meilleure communication avec les demandeurs, et nous consacrons davantage de ressources au traitement des demandes», déclare le ministère.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".