La Grèce, touchée par une vague de chaleur, combat des feux de forêts

Une personne court alors qu'un feu de forêt s'approche des maisons de la station balnéaire de Vatera, dans l'est de l'île de Lesbos, le 23 juillet 2022. Les résidents ont été évacués alors que le feu de forêt menaçait les propriétés. (AFP)
Une personne court alors qu'un feu de forêt s'approche des maisons de la station balnéaire de Vatera, dans l'est de l'île de Lesbos, le 23 juillet 2022. Les résidents ont été évacués alors que le feu de forêt menaçait les propriétés. (AFP)
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Publié le Dimanche 24 juillet 2022

La Grèce, touchée par une vague de chaleur, combat des feux de forêts

  • La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes est une conséquence directe du réchauffement climatique selon les scientifiques
  • L'année dernière, une précédente vague de chaleur et des feux de forêt avaient détruit 103 000 hectares et causé la mort de trois personnes en Grèce

ATHÈNES: La Grèce lutte dimanche contre trois importants incendies de forêts dans le nord, le sud et l'est obligeant à évacuer touristes et habitants, et craint de nouveaux sinistres en raison de la vague de chaleur qui s'est abattue sur le pays.

Sur l'île de Lesbos, près des côtes turques, quelque 200 personnes ont été évacuées dimanche midi du village de Vryssa, où le feu se trouve à environ 500 mètres des habitations, a déclaré le maire adjoint de l'ouest de Lesbos, Andreas Aksis à la radio Skai.

Des femmes âgées ont emporté quelques effets personnels dans des sacs plastique en montant dans les premiers bus pour quitter Vryssa, tandis que d'épais nuages de fumée recouvraient les premières maisons du village.

En début d'après-midi, le village de Stavros a également été évacué.

L'incendie, qui s'est déclaré samedi, avait déjà provoqué l'évacuation de centaines de touristes et d'habitants de la station balnéaire de Vatera, et continue de faire rage selon les pompiers.

Dimanche matin, des dizaines de pompiers étaient à pied d'oeuvre pour contrer les flammes, avec quatre avions bombardiers d'eau et deux hélicoptères.

Au moins quatre habitations ont été détruites, selon la chaîne publique ERT, tandis que plusieurs magasins, hôtels et bars de plage du village ont été endommagés.

Depuis samedi, la Grèce est touchée par une vague de chaleur prévue pour durer dix jours et des températures de 42°C sont attendues dans certaines régions, faisant craindre d'autres incendies.

Feu exceptionnellement difficile 

Dans le nord du pays, plus de 300 pompiers, assistés par des volontaires, continuent de lutter pour le quatrième jour consécutif contre un violent incendie dans le Parc national Dadia, le plus grand site Natura 2000 de Grèce, connu pour sa colonie de vautours.

Le feu, exceptionnellement difficile, selon le porte-parole des pompiers Yiannis Artopoios, a forcé les autorités à évacuer le village de Dadia samedi soir. Il a déjà détruit près de 500 hectares de forêt.

Le feu a atteint l'observatoire des rapaces et se rapprochait des bâtiments d'une unité de gestion de la zone protégée.

"La chose la plus importante pour nous est la sécurité des villageois et toutes les forces seront déployées sur place", a assuré le gouverneur d'Evros, Dimitris Petrovits, à l'agence de presse Athens News Agency.

Le soin apporté aux animaux blessés est une priorité absolue pour les autorités, a-t-il ajouté.

A l'ouest de la péninsule du Péloponnèse, dans l'Elide, un feu qui a démarré samedi après-midi près de Krestina a entraîné l'évacuation des villages de Krestina, Makrissia et Skilountia.

Un camps de vacances pour enfants a également été évacué à Frixa, a précisé Vassilis Giannopoulos, vice-gouverneur de l'Elide, à Athens News Agency.

Plus de 70 pompiers sont déployés sur la zone pour éteindre l'incendie, au moyen de 24 véhicules, deux avions bombardiers et un hélicoptère.

Plus au sud, sur l'île de Crète, un incendie s'est déclaré près de Festos et brûlait à l'intérieur d'un ravin.

Mercredi, un feu de forêt dans des montagnes près d'Athènes avait endommagé des habitations et forcé plusieurs centaines de personnes à partir, à quelques kilomètres du village côtier de Mati, théâtre en 2018 de la pire catastrophe provoquée par un feu de forêt en Grèce, qui avait fait 102 morts.

La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes est une conséquence directe du réchauffement climatique selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

L'année dernière, une précédente vague de chaleur et des feux de forêt avaient détruit 103 000 hectares et causé la mort de trois personnes en Grèce.


Poutine reçoit le président syrien Assad à Moscou, avec Erdogan en toile de fond

Sur cette photo de famille diffusée par l'agence d'État russe Sputnik le 25 juillet 2024, le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du président syrien Bachar al-Assad lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 24 juillet 2024. (AFP)
Sur cette photo de famille diffusée par l'agence d'État russe Sputnik le 25 juillet 2024, le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du président syrien Bachar al-Assad lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 24 juillet 2024. (AFP)
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  • Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi soir à Moscou son homologue Bachar al-Assad, selon des images diffusées jeudi à la télévision russe, alors que Moscou pourrait jouer un rôle de médiateur entre la Syrie et la Turquie
  • La Russie est un allié crucial pour la Syrie, sauvant le régime de M. Assad par son intervention militaire en 2015 en pleine guerre civile

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi soir à Moscou son homologue Bachar al-Assad, selon des images diffusées jeudi à la télévision russe, alors que Moscou pourrait jouer un rôle de médiateur entre la Syrie et la Turquie.

Le dirigeant russe a évoqué "l'escalade" de la situation au Proche-Orient comme sujet de discussion ainsi que leurs relations économiques bilatérales.

La Russie est un allié crucial pour la Syrie, sauvant le régime de M. Assad par son intervention militaire en 2015 en pleine guerre civile.

La rencontre entre les deux hommes, leur première depuis mars 2023, intervient alors qu'au début du mois, en marge d'un sommet au Kazakhstan, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait évoqué une rencontre à trois pour lancer une normalisation des relations turco-syriennes.

M. Poutine est un allié clé de M. Assad et entretient des relations complexes mais pragmatiques avec M. Erdogan même si dans de nombreux dossiers, comme la Syrie, ils soutiennent des camps adverses.

"Je suis très intéressé par votre opinion sur l'évolution de la situation dans l'ensemble de la région. Malheureusement, elle a tendance à l'escalade, nous le constatons. Cela concerne directement la Syrie", a dit M. Poutine semblant faire référence à la guerre à Gaza et aux tensions au Liban, avec le conflit entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l'Iran, un autre allié de la Syrie.

"Au regard des événements dans le monde entier et en Eurasie, notre réunion d'aujourd'hui semble être très importante (...) pour discuter des perspectives et des scénarios possibles", a dit M. Assad selon une traduction en russe de ses propos en arabe.

- Main tendue turque -

Aucun des deux dirigeants n'a fait référence à la situation en Syrie, ni à la récente main tendue du président turc qui a dit pouvoir inviter "à tout moment" M. Assad.

Interrogé par un média russe sur une possible rencontre tripartite Assad-Erdogan-Poutine, le porte-parole du Kremlin a botté en touche: "la situation dans la région a été discutée dans un large contexte", a dit, selon l'agence Interfax, Dmitri Peskov.

Le président syrien a dit ne pas être opposé à rencontrer son homologue turc mais a fixé des conditions sur le contenu relevant que "le soutien au terrorisme et le retrait du territoire syrien" des troupes turques constituaient "l'essence du problème".

Depuis 2022, Damas exige que la Turquie retire ses forces, qui contrôlent deux zones frontalière au nord du pays et exercent une influence dans le nord-ouest, sous contrôle des jihadistes, en préalable à toute rencontre et normalisation des relations.

Par ailleurs, la Turquie accueille encore quelque 3,2 millions de réfugiés syriens, mais le sentiment anti-syrien exerce une pression accrue sur M. Erdogan pour leur renvoi en Syrie.

Mi-juillet, le président turc a annoncé la fin imminente de l'opération "griffe-verrou" des forces armées turques dans le nord de l'Irak et de la Syrie.

Damas et Ankara ont rompu toutes relations officielles en 2011, après le début du conflit syrien qui dure depuis plus de 13 ans et a morcelé le pays.


"Sauver la démocratie", laisser la place à plus jeune: Biden explique son retrait

Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation au sujet de sa décision de ne pas se représenter, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 juillet 2024. (AFP)
Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation au sujet de sa décision de ne pas se représenter, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 juillet 2024. (AFP)
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  • Le président américain Joe Biden a expliqué mercredi soir à ses compatriotes, dans une allocution télévisée empreinte de gravité, avoir pris la décision choc de renoncer à briguer un second mandat pour "sauver la démocratie"
  • La vice-présidente Kamala Harris, 59 ans, qui est depuis son retrait quasiment assurée d'être la candidate des démocrates, "est expérimentée, elle est forte, elle est compétente", a dit M. Biden

WASHINGTON: Le président américain Joe Biden a expliqué mercredi soir à ses compatriotes, dans une allocution télévisée empreinte de gravité, avoir pris la décision choc de renoncer à briguer un second mandat pour "sauver la démocratie" et laisser la place à des "voix plus jeunes".

L'octogénaire a fini par céder dimanche à des semaines de pressions et d'inquiétudes sur son âge et son acuité mentale, provoquant un coup de tonnerre dans la campagne pour la présidentielle de novembre.

"Cela fut l'honneur de ma vie d'être votre président, mais la défense de la démocratie, qui est en jeu, est je pense plus importante que n'importe quel titre", a-t-il déclaré dans cette adresse solennelle à la nation depuis le Bureau ovale.

"Ces dernières semaines, il m'est apparu clairement que je devais unir mon parti", a-t-il déclaré, ajoutant que le "temps" était venu "d'avoir de nouvelles voix (...), des voix plus jeunes".

La vice-présidente Kamala Harris, 59 ans, qui est depuis son retrait quasiment assurée d'être la candidate des démocrates, "est expérimentée, elle est forte, elle est compétente", a dit M. Biden.

"Elle a été une partenaire incroyable pour moi, une dirigeante pour notre pays. Maintenant, c'est à vous, le peuple américain, de choisir", a-t-il poursuivi.

Si M. Biden a indirectement évoqué son propre âge en parlant de la nécessité de laisser la place à plus jeune, il ne s'est pas réellement étendu sur le sujet.

La question était dans tous les esprits depuis sa performance désastreuse face à Donald Trump lors de leur débat fin juin, qui a suscité une crise chez les démocrates et provoqué une avalanche d'appels à ce qu'il laisse la place à une personne plus jeune.

- "Exécution" -

C'est par le biais d'une simple lettre publiée sur X que Joe Biden a annoncé son retrait de la compétition.

Juste après l'intervention mercredi soir de son ex-adversaire, Donald Trump a donné son avis sur le discours: "à peine compréhensible, et tellement mauvais!".

Peu auparavant, lors d'un meeting de campagne en Caroline du Nord, il s'était moqué du renoncement du démocrate.

"Biden ne sait même pas qu'il est en vie", a-t-il dit, méprisant, à ses partisans lors de ce premier événement depuis que le démocrate a jeté l'éponge.

Mais c'est à Kamala Harris, sa nouvelle rivale, qu'il affrontera probablement en novembre, qu'il a réservé ses coups.

L'ancienne procureure et sénatrice est une "cinglée de la gauche radicale" qui "va détruire notre pays", a lancé le milliardaire de 78 ans.

"Elle veut des avortements au huitième et au neuvième mois de la grossesse, jusqu'à la naissance et même après la naissance, l'exécution de bébés", a-t-il faussement assuré.

Le candidat de la droite multiplie les événements de campagne et doit s'adresser cette semaine à une association de jeunes ultra-conservateurs en Floride avant de s'envoler vers le Minnesota.

- "Avenir" contre "passé" -

Donald Trump a savouré durant quelques jours le spectacle d'un Parti républicain en parfait ordre de marche derrière sa troisième candidature à la Maison Blanche.

Mais avec l'irruption de Kamala Harris dans l'arène, l'ancien président est obligé de revoir des pans entiers de sa stratégie électorale, qui était jusqu'ici largement axée sur le fait de se camper en leader énergique face à un Joe Biden en déclin.

Les rares sondages publiés depuis l'entrée de la vice-présidente dans la course sont mitigés, plaçant les deux candidats au coude-à-coude.

La candidature de Mme Harris suscite un enthousiasme renouvelé pour une élection qui n'emballait jusqu'ici pas grand-monde.

L'organisation indépendante Vote.org, qui aide les électeurs à s'inscrire sur les listes, a, dans les deux jours qui ont suivi le retrait de Joe Biden, enregistré 38.500 nouveaux inscrits, la plupart âgés de moins de 35 ans.

Soit le plus grand nombre d'inscriptions depuis le début de la campagne, battant même le record enregistré lorsque la chanteuse Taylor Swift avait incité ses fans à se rendre sur ce site pour trouver leur bureau de vote.

"Je crois que nous sommes confrontés à un choix entre deux visions différentes pour notre nation, l'une tournée vers l'avenir, l'autre vers le passé", a clamé Kamala Harris lors d'un déplacement à Indianapolis.


Des milliers de manifestants anti-Netanyahu près du Congrès américain avant son discours

Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
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  • "Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doct
  • Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza.

WASHINGTON : Des milliers de manifestants se sont rassemblés mercredi autour du Congrès américain à Washington pour protester contre le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et pour demander un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dévastée par plus de neuf mois de guerre.

Vers 17H30 GMT, de légers heurts ont éclaté entre les manifestants portant des drapeaux palestiniens et la police, qui a utilisé du gaz au poivre contre la foule pour la repousser alors qu'elle s'approchait du Capitole, dans le centre de la capitale des Etats-Unis, a constaté un journaliste de l'AFP.

Auparavant, avec des slogans comme "Palestine libre", elle criait sa colère contre la venue du dirigeant israélien, contre lequel le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé un mandat d'arrêt pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

"Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doctors Against Genocide (Médecins contre le génocide, en français).

"Nous sommes horrifiés par la destruction du système de santé à Gaza", a-t-il dit, alors que le territoire palestinien est assiégé et bombardé sans relâche par l'armée israélienne depuis l'attaque sans précédant du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza. Il s'efforcera de faire pression sur les Etats-Unis dans un contexte relativement tendu entre les deux pays. Les Etats-Unis restent le premier allié et principal soutien militaire d'Israël.

"L'hypocrisie des hommes politiques a complètement dépassé les limites", a dit à l'AFP Mo, un manifestant de 58 ans qui n'a pas souhaité donner son nom complet. Pour lui, le soutien américain à Israël est "la question numéro un" pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

"Recherche la paix et poursuis-la", peut-on lire sur une pancarte, reprenant une citation de la Bible.

Des manifestants montrent Benjamin Netanyahu sur une affiche de criminel recherché quand d'autres demandent sur leurs pancartes: "Arrêtez ce criminel de guerre".

Le Premier ministre israélien doit s'entretenir jeudi avec le président américain Joe Biden. Il doit aussi rencontrer sa vice-présidente et désormais candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris ainsi que le candidat républicain Donald Trump.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une campagne aérienne puis terrestre contre le territoire pauvre et surpeuplé, qui a provoqué une catastrophe humanitaire et fait jusque-là 39.145 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.