Course à Downing Street: Face-à-face, Liz Truss et Rishi Sunak s'opposent sur les taxes

Rishi Sunak a affirmé que «non», Boris Johnson ne ferait pas partie de son gouvernement tandis que Liz Truss a d'abord tourné autour du pot (Photo, AFP).
Rishi Sunak a affirmé que «non», Boris Johnson ne ferait pas partie de son gouvernement tandis que Liz Truss a d'abord tourné autour du pot (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 26 juillet 2022

Course à Downing Street: Face-à-face, Liz Truss et Rishi Sunak s'opposent sur les taxes

  • La cheffe de la diplomatie Liz Truss et l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak sont les deux finalistes pour succéder à Boris Johnson
  • Truss, 46 ans, est en avance dans les sondages auprès de ce corps électoral très réduit

LONDRES: Les deux candidats pour succéder au Premier ministre britannique Boris Johnson se sont retrouvés face-à-face lundi soir pour un premier duel à la télévision, s'opposant frontalement sur la question des taxes et de la crise du coût de la vie.

La cheffe de la diplomatie Liz Truss et l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak sont les deux finalistes pour succéder à M. Johnson, qui a démissionné le 7 juillet après une série de scandales et de mensonges. Ils seront départagés par les quelque 200.000 membres du Parti conservateur avant une annonce des résultats début septembre.

Mme Truss, 46 ans, est en avance dans les sondages auprès de ce corps électoral très réduit, très masculin et âgé, mais son rival, réputé meilleur débatteur et orateur, a tenté de rattraper son retard lors du premier duel organisé sur la BBC, coup d'envoi de la campagne éclair qui va rythmer le mois d'août.

Et le ton est rapidement monté à Stoke-on-Trent, ville du centre de l'Angleterre où était organisé le duel. Les deux candidats se sont opposés frontalement sur la façon dont ils comptent faire face à la crise du coût de la vie qui étrangle les ménages britanniques, avec une inflation à 9,4% sur un an en juin.

Liz Truss a promis de baisser drastiquement les impôts, une stratégie "irresponsable" et de court terme s'apparentant à un "shot de sucre" selon M. Sunak, qui veut d'abord maîtriser l'inflation avant d'alléger les taxes.

Mais selon Liz Truss, une telle politique mènerait le pays "à la récession". "L'augmentation des taxes empêche la croissance", a-t-elle affirmé alors que son ancien collègue au gouvernement a augmenté les impôts "au taux le plus haut depuis 70 ans" quand il était aux Finances.

Campagne intense

La campagne s'accélère désormais pour les deux candidats. Dès la semaine prochaine, les membres du parti conservateur doivent recevoir leur bulletin de vote et auront jusqu'au 2 septembre pour se prononcer, par correspondance ou en ligne, avant que le résultat soit connu le 5 septembre.

Concernant le futur ex-Premier ministre, Rishi Sunak a affirmé que "non", Boris Johnson ne ferait pas partie de son gouvernement tandis que Liz Truss a d'abord tourné autour du pot, assurant finalement qu'il n'aurait pas sa place au gouvernement mais pourrait "jouer un rôle".

Après une heure de débat parfois animé, les deux candidats ont affirmé qu'ils seraient prêts à travailler ensemble au gouvernement.

L'ancien banquier de 42 ans s'est lancé ces derniers jours dans une série de promesses sur des thèmes chers à la droite du parti, comme l'immigration, pour tenter de rallier à sa cause la base des Tories qui penche pour l'instant plutôt vers sa rivale, selon les sondages.

Considéré comme plus modéré et cultivant une image très lisse, Rishi Sunak a parfois monopolisé la parole, débitant à un rythme effréné ses idées devant le regard souvent las de Liz Truss et malgré les tentatives de la présentatrice de l'interrompre.

Le prochain chef du gouvernement - le quatrième depuis le référendum du Brexit en 2016 - devra aussi gérer les répercussions de la sortie de l'Union européenne et la guerre en Ukraine, un front sur lequel les deux candidats sont apparus unis.

Se refusant aux attaques personnelles et répétant à l'envi le respect qu'ils avaient l'un envers l'autre, Liz Truss et Rishi Sunak sont revenus sur la polémique qui a animé les réseaux sociaux lundi, quand la ministre de la Culture Nadine Dorries - soutien de Liz Truss - a critiqué Rishi Sunak sur ses chaussures Prada et son costume coûteux contrastant avec les boucles d'oreilles à 4,50 livres portées par la cheffe de la diplomatie.

Liz Truss a balayé le sujet, estimant qu'elle n'avait aucun problème avec la façon dont s'habillait son rival et saluant même le "sens de l'élégance" de M. Sunak, qui a lui affirmé qu'il préférait juger les gens sur leur "personnalité" et non sur leurs vêtements.

L'ancien ministre des Finances est régulièrement critiqué en raison de sa fortune, alors qu'il est accusé de ne pas en avoir fait assez pour soulager les ménages étranglés par la crise.

Les deux candidats conservateurs se retrouvent dès mardi pour un nouveau duel, cette fois sur la chaîne TalkTV. Ils s'opposeront dans les jours et semaines qui viennent dans une série de duels devant les caméras ou face à des électeurs.


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est "terminé"

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.