Polluante mais populaire: comment l'ultra fast fashion a séduit les jeunes

L'anglaise Boohoo, la marque hongkongaise Emmiol ou encore la très en vogue enseigne chinoise SheIn se présentent sur le même modèle. (AFP).
L'anglaise Boohoo, la marque hongkongaise Emmiol ou encore la très en vogue enseigne chinoise SheIn se présentent sur le même modèle. (AFP).
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Publié le Vendredi 29 juillet 2022

Polluante mais populaire: comment l'ultra fast fashion a séduit les jeunes

  • C'est l'«ultra fast fashion»: un nombre d'articles gigantesque et de nouvelles références tous les jours, de nouvelles collections en un temps record, plus rapidement encore que les géants de la fast fashion comme H&M ou Zara
  • Au risque de démultiplier des pratiques peu écologiques déjà pointées par les détracteurs de la fast fashion

LONDRES : T-shirts à 5 euros, robes à 8 euros, maillots de bain pour moins de 10 euros: les marques d'ultra fast fashion repoussent les limites des petits prix en produisant toujours plus, avec en cœur de cible les 25 ans et moins.

L'anglaise Boohoo, la marque hongkongaise Emmiol ou encore la très en vogue enseigne chinoise SheIn se présentent sur le même modèle: des sociétés de vente de vêtements 100% en ligne pratiquant des prix défiant toute concurrence, souvent encore assortis de promotions.

C'est l'"ultra fast fashion": un nombre d'articles gigantesque et de nouvelles références tous les jours, de nouvelles collections en un temps record, plus rapidement encore que les géants de la fast fashion comme H&M ou Zara.

Au risque de démultiplier des pratiques peu écologiques déjà pointées par les détracteurs de la fast fashion.

"Bon nombre de ces vêtements bon marché finissent (...) dans d'immenses décharges, brûlés sur des feux ouverts, le long des lits de rivière et rejetés dans la mer", dans des pays comme le Kenya et la Tanzanie, dénonçait l'ONG Greenpeace en avril.

Pourtant, malgré l'opacité d'un secteur qui reste extrêmement discret sur ses résultats, le succès est incontestable.

SheIn a ainsi vu ses ventes bondir de 60% en 2021, propulsant son chiffre d'affaires à 16 milliards de dollars, selon Bloomberg, talonnant H&M qui enregistrait la même année un chiffre d'affaires de 199 milliards de couronnes suédoises (19 milliards d'euros).

Micro-influence

Lola, 18 ans, commande deux à trois fois par mois sur SheIn, pour un panier moyen d'environ 70 euros et une dizaine d'articles. Pour la jeune nancéienne, cette enseigne très populaire dans son entourage permet de suivre la tendance "sans dépenser une somme astronomique".

Les prix faibles sont au cœur du succès de ces entreprises chez les jeunes, dont le pouvoir d'achat limité conduit à "chercher la quantité plutôt que la qualité", souligne Valérie Guillard, professeur des universités à Paris-Dauphine.

Il y a aussi l'attrait d'un produit jamais porté, qui "a été fait pour vous", tandis que la seconde main, elle aussi bon marché, s'adresse davantage à un public "engagé", selon l'experte. Généralement "à prix égal, on préfère le neuf".

Pour rester incontournable chez les jeunes, la marque est omniprésente sur les réseaux sociaux. Le format des hauls - vidéos où des consommateurs déballent des colis et essayent les vêtements face caméra - a particulièrement participé à sa popularité sur TikTok, réseau plébiscité par les adolescents et jeunes adultes.

Margot, 25 ans, affirme ne pas choisir de regarder ce type de vidéos, mais elles apparaissent en quantité dans le contenu qui lui est proposé. "Cela m'a forcément donné envie au moins une fois", admet-elle.

C'est l'un des ingrédients du succès. Pour bénéficier d'une vaste exposition à moindre prix, les enseignes s'appuient sur la "micro-influence": des partenariats avec des personnes suivies sur les réseaux sociaux par un petit nombre d'abonnés, mais qui bénéficient d'une proximité et d'une confiance plus forte de leur communauté.

Coût environnemental

Mais le revers des prix bas, ce sont ces scandales sociaux ou environnementaux dont les marques se seraient bien passées, et qui douchent l'enthousiasme de certains clients.

L'ONG suisse Public Eye a ainsi constaté, dans une enquête publiée en novembre, que des employés d'usines en Chine sous-traitées par SheIn travaillaient jusqu'à 75 heures par semaine, rythme illégal dans le pays.

La mode éphémère, troisième secteur le plus consommateur d'eau, serait aussi responsable chaque année de 2% des émissions globales de gaz à effet de serre, autant que le transport aérien international et le trafic maritime réunis, selon l'Agence de la transition écologique (Ademe).

L'égérie du mouvement des jeunes pour le climat, Greta Thunberg, s'en est alarmée, dénonçant l'an dernier sur Instagram un secteur qui "contribue énormément à l'urgence climatique et écologique".

Charlotte, 14 ans, a choisi d'arrêter les commandes SheIn et Emmiol. "Sur le moment, j’étais heureuse d'avoir de nouveaux vêtements mais ensuite, je culpabilisais", explique-t-elle.

L'adolescente admet être encore tentée. Mais désormais, "quand je vois de jolies choses sur SheIn, je les cherche sur Vinted", un site de vente de vêtements de seconde main, affirme-t-elle.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.