Lavrov et Blinken s'entretiennent pour la première fois depuis la guerre en Ukraine

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken. (AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken. (AFP)
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

Lavrov et Blinken s'entretiennent pour la première fois depuis la guerre en Ukraine

  • Il s'agit du premier entretien entre les deux hommes depuis le début de la guerre en Ukraine
  • Le chef de la diplomatie américaine avait annoncé mercredi qu'il prévoyait de contacter son homologue russe afin de discuter d'une offre des Etats-Unis pour libérer la basketteuse Brittney Griner et l'ex-soldat Paul Whelan

WASHINGTON : Les chefs de la diplomatie des Etats-Unis et de la Russie se sont entretenus vendredi pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, le secrétaire d'Etat Antony Blinken décrivant une discussion "franche" notamment au sujet d'Américains détenus par Moscou.

M. Blinken avait annoncé mercredi qu'il prévoyait de contacter son homologue russe Sergueï Lavrov afin de discuter d'une offre des Etats-Unis pour libérer la basketteuse Brittney Griner et l'ex-soldat Paul Whelan.

Il pourrait s'agir d'un échange contre Viktor Bout, un trafiquant d'armes russe emprisonné aux Etats-Unis.

"Nous avons eu une discussion franche et directe", a déclaré le secrétaire d'Etat américain au cours d'une conférence de presse. "J'ai appelé le Kremlin à accepter l'offre conséquente que nous leur avons faite" concernant Paul Whelan et Brittney Griner.

M. Blinken n'a pas souhaité décrire la réaction de M. Lavrov à cette proposition.

"Je ne peux pas vous dire si je pense que les choses sont plus ou moins probables", a-t-il dit. "Mais il était important qu'il l'entende directement."

Brittney Griner, star internationale de basket, est détenue depuis février en Russie. Elle a été arrêtée en possession d'un liquide de vapoteuse à base de cannabis.

Prison bombardée en Ukraine : «un crime de guerre russe délibéré», selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié de "crime de guerre russe délibéré" le bombardement vendredi d'une prison de l'est de son pays qui a fait, selon lui, "plus de 50 morts".

"J'ai reçu aujourd'hui des informations sur l'attaque des occupants contre Olenivka (où se trouve la prison, ndlr), dans la région de Donetsk. C'est un crime de guerre russe délibéré, un meurtre de masse délibéré de prisonniers de guerre ukrainiens. Plus de 50 morts...", a-t-il dit dans son message quotidien.

Paul Whelan, ancien responsable de la sécurité d'une entreprise de pièces automobiles, emprisonné depuis 2018, continue de clamer son innocence après avoir été condamné à 16 ans de détention en Russie pour espionnage.

«Diplomatie discrète»

De son côté, la diplomatie russe a indiqué que les deux ministres avaient "échangé leurs avis sur le problème des relations bilatérales qui ont besoin fortement d'être normalisées".

"En ce qui concerne un éventuel échange de prisonniers russes et américains, la partie russe a insisté pour qu'on revienne au régime d'un dialogue professionnel, libre des spéculations médiatiques, dans le cadre d'une +diplomatie discrète+", a-t-elle dit dans un communiqué.

M. Lavrov a également dénoncé la poursuite de la livraison "d'armes américaines et par l'Otan aux forces armées ukrainiennes et aux bataillons nationalistes, qui sont utilisées largement contre la population civile, en prolongeant l'agonie du régime de Kiev, en faisant durer le conflit et en multipliant les victimes", selon la diplomatie russe.

M. Blinken a précisé avoir prévenu M. Lavrov que le monde ne reconnaîtrait "jamais" l'annexion de territoires ukrainiens par la Russie.

"Il était très important que les Russes entendent directement de notre part que cela ne sera pas accepté -– et non seulement cela ne sera pas accepté, mais cela entraînera des coûts supplémentaires importants imposés à la Russie", a-t-il déclaré.

Le responsable américain a aussi dit que la Russie préparait des "référendums truqués" pour tenter de "démontrer faussement" que les personnes vivant dans ces territoires ukrainiens "cherchent à faire partie de la Russie".

M. Blinken a également exhorté son homologue russe à faire en sorte que Moscou honore son engagement dans le cadre de l'accord, négocié avec l'aide de la Turquie, sur les céréales ukrainiennes bloquées dans des ports d'Ukraine.

La dernière conversation téléphonique entre les deux hommes remontait au 15 février, quand M. Blinken avait mis la Russie en garde contre une invasion de l'Ukraine. Leur dernière rencontre en personne date du 21 janvier, lorsque les deux hommes s'étaient retrouvés à Genève.

M. Blinken a soigneusement évité M. Lavrov, un diplomate chevronné connu pour son esprit vif et mordant, lors de la dernière réunion du G20 début juillet à Bali.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".