L'Iran intensifie sa production de drones

L’Iran fournit désormais ses drones à des groupes de combattants au Moyen-Orient (Photo fournie).
L’Iran fournit désormais ses drones à des groupes de combattants au Moyen-Orient (Photo fournie).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

L'Iran intensifie sa production de drones

  • La fin de l'embargo de l’ONU sur les armes pousse Téhéran à se positionner sur la scène mondiale pour vendre son matériel militaire
  • Des drones sont livrés à des groupes militants du Moyen-Orient et des «pays amis»

LONDRES: L'Iran a intensifié la production de drones à capacité militaire, fournissant cette technologie à des groupes de combattants au Moyen-Orient, ainsi qu'à des pays comme le Venezuela et le Soudan, ont averti les États-Unis.

Le New York Times (NYT) citant des médias iraniens, s’est servi d’images satellites et des témoignages d’experts américains de la défense pour prouver que Téhéran tentait d'accroître son influence sur le marché des drones.

La semaine dernière, les médias officiels iraniens ont cité le chef de l'armée, le général de brigade Kioumars Heydari, qui a déclaré que Téhéran était «prêt à exporter des armes et du matériel militaire vers des pays amis», et que ses drones étaient déjà «opérationnels dans des pays lointains et au-delà de nos frontières».

Seth Frantzman, expert en drones et analyste en matière de défense, a affirmé au NYT que «l'Iran devient de plus en plus un acteur mondial en termes d'exportation de drones. Le fait que de nouveaux drones, tels que le Mohajer-6 (de fabrication iranienne, d'une portée de 200 km environ), se trouvent maintenant dans des lieux comme la Corne de l'Afrique, montre que les pays intéressés les considèrent comme des éléments pouvant changer la donne.»

Le programme de drones de l'Iran préoccupe de plus en plus ses adversaires régionaux. Malgré les sanctions, Téhéran a été en mesure de produire une gamme d’appareils pour les opérations de surveillance et de combat. Israël cible et sabote désormais des installations de production de drones iraniens.

Cependant, l'Iran est toujours à la traîne par rapport à la Turquie dans la production de drones, le Bayraktar TB2 d'Ankara s'étant révélé crucial sur les champs de bataille ces dernières années, de l'Azerbaïdjan à l'Éthiopie.

En août 2020, l’embargo de l'ONU sur l'achat et la vente d'armes par l'Iran est arrivé à son terme, donnant la possibilité au pays de devenir un acteur important de la vente de drones.

Le 21 juillet, le département américain de la Défense a mis cette menace au centre des discussions, lors d'une récente conférence sur la sécurité régionale au Qatar.

Depuis la levée de l'embargo, des drones iraniens ont été repérés sur divers scènes militaires, notamment la guerre civile en Éthiopie, où un Mohajer-6 armé de missiles air-sol a été filmé derrière le Premier ministre Abiy Ahmed lors de la visite d'une base militaire.

En février, la vente de tels drones au Venezuela a été confirmée par le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, se référant à des images du président Nicolas Maduro se tenant à côté d'un drone en 2020.

Le ministère vénézuélien de la Défense a confirmé par la suite que son pays avait acheté un modèle plus ancien, le Mohajer-2, depuis 2007, lorsque l'embargo sur les armes de l'ONU avait été mis en place.

L'Iran a également fourni des drones au Soudan, bien que Khartoum soit également soumis à un embargo sur les armes.

«La République islamique a depuis longtemps atteint un niveau de production en série dans la fabrication de divers drones, notamment des drones de surveillance militaire et des drones suicides, et dispose désormais d'un stock très important», a affirmé l'analyste militaire iranien Hossein Dalirian au NYT.

Téhéran a pu établir un réseau de clients parmi les pays et les groupes qui le représentent, notamment au Yémen et au Liban, hors de la sphère d'influence de l'Occident.

Cette politique comprend la délocalisation de la production vers d'autres pays, dont le Venezuela et le Tadjikistan.

Le général Mohammad Bagheri, commandant en chef des forces armées iraniennes, s'est rendu au Tadjikistan en mai pour inaugurer une usine de fabrication de drones Ababil-2 – la première usine de drones iraniens à l'étranger.

Les drones de Téhéran ont été largement utilisés dans des attaques contre l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Yémen et Israël, ainsi que contre une base américaine en Syrie en octobre de l'année dernière.

Farzin Nadimi, analyste militaire et chercheur associé au Washington Institute, a déclaré au NYT: «Ils (l'Iran) ont créé cette capacité de production de drones, et il n'est donc pas surprenant que d'autres pays soient intéressés par l'obtention de telles technologies. Les drones iraniens doivent être pris au sérieux en tant qu'armes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.