3 000 «étrangers délinquants» expulsés en deux ans, selon Gérald Darmanin

Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lors d'une visite à la préfecture du Rhône, à Lyon, dans le centre-est de la France, le 30 juillet 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lors d'une visite à la préfecture du Rhône, à Lyon, dans le centre-est de la France, le 30 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

3 000 «étrangers délinquants» expulsés en deux ans, selon Gérald Darmanin

  • «À la demande du Président de la République, depuis deux ans, on a expulsé 3 000 étrangers délinquants», a-t-il dit lors d'un point de presse à la préfecture du Rhône
  • « C'est une augmentation sans précédent (...) et on doit continuer à le faire», a ajouté le locataire de la place Beauvau

LYON: Quelque 3 000 "étrangers délinquants" ont été expulsés en deux ans du territoire national, a déclaré samedi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en visite à Lyon.

"À la demande du Président de la République, depuis deux ans, on a expulsé 3 000 étrangers délinquants", a-t-il dit lors d'un point de presse à la préfecture du Rhône, sans préciser les nationalités ni les faits reprochés.

"C'est une augmentation sans précédent (...) et on doit continuer à le faire", a ajouté le locataire de la place Beauvau, en visite dans la capitale des Gaules pour inaugurer un centre de rétention administrative (CRA) ouvert depuis janvier et annoncer l'ouverture d'un second centre pour début 2023, ce qui portera le nombre de places disponibles dans l'agglomération à 280.

Le ministre a également évoqué son souhait de procéder à la rentrée à des "changements législatifs" à propos des procédures d'expulsion.

"À partir de janvier, quand un policier va interpeller un étranger en situation irrégulière, il pourra le mettre au CRA pendant trois mois pour trouver le moyen de l'expulser dans son pays", a-t-il indiqué.

Samedi après-midi, M. Darmanin a échangé avec des riverains de la Guillotière, un quartier populaire du centre de Lyon. Il a aussi rencontré les trois policiers qui avaient été agressés dans ce quartier le 20 juillet au soir, alors qu'ils tentaient d'interpeller une personne suspectée de vol, au milieu d'une foule qui les a violemment pris à partie.

Vendredi soir, un policier de la Bac a été percuté et traîné par un homme en scooter refusant d'obtempérer. Le suspect, qui était alcoolisé, a été interpellé et placé en garde à vue. Le policier a quatre jours d'interruption temporaire de travail.

Lors de sa visite, le ministre a multiplié les critiques sur la politique du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, notamment en matière de sécurité.

Ce dernier, qui s'est déplacé à la Guillotière vendredi, a fait savoir qu'il n'assisterait pas au déplacement ministériel: "ce n'est pas de ministre dont nous avons besoin mais de plus d'effectif", a-t-il twitté vendredi en demandant 300 policiers nationaux nets en plus.

M. Darmanin, qui propose de rencontrer le maire en septembre, a martelé qu'il "y a eu plus de 100 policiers" supplémentaires à Lyon "depuis que je suis ministre", une "nouvelle CRS à demeure" ainsi que "200 policiers de la PAF" (police aux frontières) qui arriveront en janvier 2023.


L'avocat Salah Hamouri doit «pouvoir mener une vie normale à Jérusalem», selon Paris

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  • L'avocat, âgé de 37 ans, «doit pouvoir mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et son épouse et ses enfants doivent pouvoir s'y rendre pour le retrouver»
  • M. Hamouri avait été condamné en mars à trois mois de détention administrative, une mesure controversée permettant à Israël d'incarcérer des suspects sans accusation formelle

PARIS: Paris a estimé jeudi que l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, détenu sans accusation formelle en Israël depuis mars dernier et qui doit être expulsé en France, devait "pouvoir mener une vie normale à Jérusalem".

L'avocat, âgé de 37 ans, "doit pouvoir mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et son épouse et ses enfants doivent pouvoir s'y rendre pour le retrouver", a considéré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

"La France suit la situation (...) de très près et au plus haut niveau", a-t-il ajouté, rappelant que le président Emmanuel Macron avait abordé son cas lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid. Les services du ministère "sont en contact étroit avec sa famille et ses avocats".

M. Hamouri avait été condamné en mars à trois mois de détention administrative, une mesure controversée permettant à Israël d'incarcérer des suspects sans accusation formelle.

Sa détention avait été prolongée une première fois en juin, puis à nouveau en septembre, par la justice militaire israélienne, qui le considère comme un membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Mais le Franco-Palestinien nie appartenir à cette organisation marxiste, considérée comme "terroriste" par l'Etat hébreu et l'Union européenne.

Ses avocats "ont été notifiés à l'oral qu'il serait expulsé dimanche. C'est désespérant, ahurissant", avait déclaré mercredi à l'AFP son épouse, Elsa Lefort.

"Salah est expulsé de chez lui, ce qui nous rend tristes. On voulait vivre ensemble à Jérusalem, avec nos enfants, là où Salah est né. Vivre ensemble, c'est quelque chose qu'on n'a pas eu depuis qu'ils sont nés", avait-elle ajouté.

Né à Jérusalem-Est, la partie de la Ville sainte annexée et occupée par l'Etat hébreu, Salah Hamouri ne dispose pas de la nationalité israélienne mais d'un simple permis de résidence, révoqué l'an dernier par les autorités israéliennes.

M. Hamouri avait été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 pour participation à la tentative d'assassinat d'Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d'Israël et fondateur du parti ultra- orthodoxe Shass.

Il avait été libéré en 2011, peu avant le terme de sa peine, dans le cadre d'un échange de prisonniers ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit.


Paris «déplore» la convocation de son ambassadeur en Iran

La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères. (AFP)
La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères. (AFP)
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  • Lors de cette réunion, l'Iran a élevé une «vive protestation contre les accusations sans fondement» des autorités françaises et a condamné «les interventions inacceptables de ce pays»
  • L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité lundi une résolution en «soutien au peuple iranien»

PARIS: La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères, réitérant "sa condamnation la plus ferme de la répression en cours et les atteintes multiples aux libertés fondamentales en Iran".

"Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères déplore la convocation de l'ambassadeur de France à Téhéran par les autorités iraniennes, le 30 novembre, en réaction à l'adoption par l'Assemblée nationale, le 28 novembre, d'une résolution +apportant le soutien de l'Assemblée nationale au mouvement pour la liberté en Iran+", indique le Quai d'Orsay dans un communiqué.

L'agence Irna avait fait part de cette convocation mercredi soir.

Lors de cette réunion, l'Iran a élevé une "vive protestation contre les accusations sans fondement" des autorités françaises et a condamné "les interventions inacceptables de ce pays", avait alors indiqué l'agence officielle.

L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité lundi une résolution en "soutien au peuple iranien".

Le texte "condamne avec la plus grande fermeté la répression brutale et généralisée" à l'égard "des manifestants non violents", "dénonce l'usage de la torture" et "affirme son soutien au peuple iranien dans son aspiration à la démocratie et au respect de ses droits et libertés fondamentales".

En outre, il "demande la libération immédiate" des sept ressortissants français "détenus arbitrairement" dans ce pays.

Durant la séance, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a fustigé le "recours massif du régime iranien à la détention arbitraire, à la censure, à la violence".

"Face aux aspirations légitimes des femmes et des hommes iraniens, c'est la répression qui s'abat", a-t-elle dit.

Jeudi, le Quai d'Orsay "réaffirme que les aspirations des manifestantes et des manifestants à plus de liberté et au respect de leurs droits sont légitimes et doivent être entendues".

La répression des manifestations déclenchées en Iran par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs a fait au moins 448 morts, avait indiqué mardi un groupe de défense des droits humains.

Ce bilan ne comprend que les citoyens tués dans la répression et non les membres des forces de sécurité.

Sur les 448 personnes dont le décès a été confirmé, 60 étaient âgés de moins de 18 ans dont neuf filles, et 29 femmes, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège.


Mondial: les Bleus battus mais reposés, couac aux enseignements limités

L'entraîneur français Didier Deschamps fait des gestes depuis la ligne de touche lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la Tunisie et la France au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 30 novembre 2022. (Photo de FRANCK FIFE / AFP)
L'entraîneur français Didier Deschamps fait des gestes depuis la ligne de touche lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la Tunisie et la France au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 30 novembre 2022. (Photo de FRANCK FIFE / AFP)
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  • Avant d'affronter la Pologne, dimanche (16h00) en huitième de finale, l'équipe de France a cassé la dynamique de victoires qui la portait jusqu'alors au Mondial
  • Une fois n'est pas coutume, le sélectionneur a mis de côté son obsession de résultat pour privilégier d'autres objectifs

DOHA: Décevante, parfois inquiétante, la prestation des Bleus face à la Tunisie (défaite 1-0) a surtout permis aux cadres de souffler et aux remplaçants de "gratter" du temps de jeu, une stratégie assumée par Didier Deschamps qui peut néanmoins observer des carences dans son effectif.

Avant d'affronter la Pologne, dimanche (16h00) en huitième de finale, l'équipe de France a cassé la dynamique de victoires qui la portait jusqu'alors au Mondial. Une fois n'est pas coutume, le sélectionneur a mis de côté son obsession de résultat pour privilégier d'autres objectifs.

Besoin de souffler et baptême de l'air

Les titulaires ont laissé "beaucoup d'énergie" contre l'Australie (4-1) et le Danemark (2-1), il fallait en "ménager" certains en raison de "petits bobos" ou d'une menace de suspension (Jules Koundé), s'est justifié Deschamps.

Ses multiples changements ont débouché sur une composition d'équipe assez baroque, avec presque la moitié des remplaçants habituels utilisés à contre-emploi.

Derrière, le défenseur central Axel Disasi a joué à droite et le milieu défensif Eduardo Camavinga, à gauche. Au milieu, Mattéo Guendouzi a été excentré sur le flanc gauche et, devant, l'ailier Kinsley Coman était positionné comme deuxième attaquant.

"J'ai bien conscience que le manque de repères nuit à l'expression collective, néanmoins, à tous, ça leur permet de toucher du doigt les exigences du très haut niveau", a tenté de positiver le sélectionneur.

Plusieurs de ses "coiffeurs" ont connu leur baptême de l'air, en Coupe du monde voire en sélection (Disasi). "Le coach a fait gratter quelques minutes à tout le monde" et "c'est vraiment important" pour la suite, a reconnu le quasi-néophyte Randal Kolo Muani. "On ne peut pas lancer quelqu'un en demi-finale, comme ça, +allez joue 15 ou 20 minutes+, il ne sera pas prêt, clairement", selon l'attaquant de Francfort.