Des itinéraires mythiques des Alpes font les frais de la canicule

La fonte des glaciers et le dégel du permafrost, des phénomènes qui selon les scientifiques sont dus au changement climatique, ont rendu des itinéraires trop dangereux, avec notamment des chutes de pierres répétées. (Photo, AP)
La fonte des glaciers et le dégel du permafrost, des phénomènes qui selon les scientifiques sont dus au changement climatique, ont rendu des itinéraires trop dangereux, avec notamment des chutes de pierres répétées. (Photo, AP)
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Publié le Lundi 01 août 2022

Des itinéraires mythiques des Alpes font les frais de la canicule

  • Chaque été, randonneurs et touristes se jettent habituellement avec ferveur sur les sentiers alpins dans l'espoir d'atteindre certains des plus beaux sommets d'Europe
  • L'accès aux glaciers qui ont fondu à un rythme accéléré cette année comporte également des risques

GENÈVE: Des itinéraires de montagne parmi les plus mythiques des Alpes sont devenus impraticables cet été, la canicule et la fonte des glaciers les ayant rendus trop dangereux. 

Chaque été, randonneurs et touristes se jettent habituellement avec ferveur sur les sentiers alpins dans l'espoir d'atteindre certains des plus beaux sommets d'Europe. 

Mais la fonte des glaciers et le dégel du permafrost, des phénomènes qui selon les scientifiques sont dus au changement climatique, ont rendu des itinéraires trop dangereux, avec notamment des chutes de pierres répétées. 

« Actuellement dans les Alpes, il y a des mises en garde pour environ une dizaine de sommets, dont les sommets emblématiques comme le Mont Cervin et le Mont Blanc », a déclaré le secrétaire général de l'Association suisse des guides de montagne, Pierre Mathey. 

« Normalement c'est des fermetures que l'on voit plutôt au mois d'août. Et là elles ont eu lieu fin juin, début juillet », a-t-il dit. 

« Report »  

Les guides qui acheminent habituellement chaque année des milliers de passionnés vers les plus hauts sommets d'Europe ont décidé de ne plus emprunter certains itinéraires pour l'ascension du Mont Blanc. 

Une décision « pas facile à prendre » mais nécessaire face aux « conditions particulièrement délicates de ces dernières semaines dues à la hausse significative des températures », ont expliqué les guides alpins italiens sur leur page Facebook cette semaine. 

En Suisse aussi, les guides ont renoncé à l'ascension de la célèbre Jungfrau. Ils ont également déconseillé de suivre les itinéraires situés sur les versants italien et suisse du Cervin, montagne helvétique emblématique. 

Ces mesures sont un coup dur après deux saisons difficiles marquées par la pandémie de Covid-19, a expliqué le président de l'association des guides de la vallée d'Aoste en Italie, Ezio Marlier. 

« Ce n'est pas simple après deux saisons presque totalement vides de prendre la décision d'arrêter le travail », a-t-il dit. 

Mais il déplore que de trop nombreuses personnes annulent leur séjour alors que certains itinéraires restent praticables. »On a la possibilité de faire plein d'autres choses, mais normalement les gens qui veulent le Mont Blanc, ils veulent le Mont Blanc ». 

Glaciers dangereux 

L'accès aux glaciers qui ont fondu à un rythme accéléré cette année comporte également des risques. 

« Les glaciers sont actuellement dans l'état qu'ils connaissent habituellement à la fin de l'été, voire plus tard », a expliqué Andreas Linsbauer, glaciologue à l'université de Zurich: « il est certain que nous allons battre un record ». 

Selon cet expert, cet été « vraiment extrême » pour les glaciers est dû à une combinaison de facteurs. Les chutes de neige exceptionnellement faibles l'hiver dernier ont amenuisé le manteau neigeux protégeant les glaciers de la chaleur. Et le sable venu du Sahara plus tôt dans l'année a assombri la neige, ce qui la fait fondre plus rapidement. 

Les vagues de chaleur successives qui ont frappé l'Europe depuis mai ont enfin accéléré la fonte des glaciers, les rendant instables. 

Comme en Italie, où un énorme bloc du glacier de la Marmolada s'est effondré en juillet, une tragédie ayant fait onze morts. 

Le glacier avait été fragilisé par le réchauffement climatique ainsi que par des températures record enregistrées cette année en Italie, 10°C au sommet de la Marmolada la veille de la catastrophe. Les fortes chaleurs ont accéléré sa fonte et l'eau s'est accumulée sous la calotte glaciaire, la rendant instable. 

« Un danger supplémentaire »  

Pour Mylène Jacquemart, spécialiste des glaciers à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, l'effondrement de l'énorme bloc du glacier de la Marmolada comporte encore des inconnues. « Mais de façon générale, plus les eaux fondent et plus la situation se complique et devient dangereuse », a-t-elle dit. 

Pierre Mathey a souligné lui aussi que « ces poches d'eau, dans des périodes de grand beau temps avec des températures très chaudes, sont un danger supplémentaire, parce que ça n'est pas visible ». 

Mais il reste confiant, estimant que les guides trouveront des itinéraires alternatifs: « La résilience est vraiment l'ADN du guide de montagne... et l'adaptabilité ». 

« C'est la montagne qui décide. Pas l'humain », a-t-il dit. 


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.