Tebboune évoque une adhésion de l'Algérie aux Brics

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune (Photo, AFP).
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 août 2022

Tebboune évoque une adhésion de l'Algérie aux Brics

  • «Les constituent une force économique et politique»
  • Le président Tebboune a participé fin juin par visioconférence au sommet des Brics

ALGER: Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a évoqué dimanche soir la possibilité que l'Algérie adhère aux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

"Les Brics nous intéressent car ils permettent de s'éloigner de l'attraction des deux pôles" a déclaré M. Tebboune, dans un entretien télévisé.

"Ils constituent une force économique et politique", a-t-i ajouté.

Il a en outre souligné qu'il ne fallait pas "devancer les évènements" mais qu'il y aurait "de bonnes nouvelles".

"Il faut des conditions économiques" pour intégrer les Brics et l'Algérie remplie une bonne partie de ces critères , a-t-il fait valoir.

Le président algérien appelle le pouvoir malien à aller vers des élections

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé dimanche soir les militaires au pouvoir au Mali à retourner à la légalité "dans les meilleurs délais".

"Je demande aux dirigeants actuels du Mali de retourner à la légalité dans les meilleurs délais. De donner la parole au peuple et d'aller vers des élections", a lancé le chef de l'Etat algérien dans un entretien télévisé à la presse locale.

"Tant que l'accord d'Alger ne sera pas appliqué, les problèmes au Mali persisteront", a estimé le président algérien.

L'Algérie, qui partage avec son voisin du sud quelque 1.400 km de frontières, a pris une part active à l'accord de paix signé en 2015 avec la rébellion indépendantiste pour mettre fin à la guerre au Mali, mais son application reste aléatoire.

Le président Tebboune a participé fin juin par visioconférence au sommet des Brics.

Il avait mis en avant "l'approche de l'Algérie concernant l'impérative instauration d'un nouvel ordre économique où régneront parité et équité entre pays", selon un compte rendu de l'agence officielle APS.

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Sondage: l’accès à l’eau, l’enjeu environnemental le plus urgent pour les Arabes

Le Baromètre arabe est un réseau de recherche qui recueille des opinions et donne un aperçu des attitudes sociales, politiques et économiques des citoyens de la région. (Shutterstock).
Le Baromètre arabe est un réseau de recherche qui recueille des opinions et donne un aperçu des attitudes sociales, politiques et économiques des citoyens de la région. (Shutterstock).
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  • Pour son dernier rapport, le Baromètre arabe a interrogé vingt-six mille citoyens entre octobre 2021 et juillet 2022 dans douze pays qui représentent près de 80 % du monde arabe
  • Malgré les grandes inquiétudes concernant le changement climatique et l’environnement, l’étude révèle que de nombreux habitants de la région considèrent que d’autres problèmes sont plus urgents et prioritaires

WASHINGTON: Les Arabes estiment que la menace que le changement climatique fait peser sur les ressources en eau est le principal problème environnemental auquel sont confrontés la région et ses habitants.

C’est l’une des principales conclusions publiées jeudi dans le dernier rapport du Baromètre arabe sur les attitudes de douze pays arabes à l’égard de l’environnement.

Le Baromètre arabe est un réseau de recherche qui recueille des opinions et donne un aperçu des attitudes sociales, politiques et économiques des citoyens de la région.

Son dernier sondage sur l’environnement révèle que la majorité des personnes interrogées étaient préoccupées par la disponibilité de l’eau potable, la pollution des sources d’eau et la qualité de l’air au sein de leurs communautés.

La Tunisie compte le plus grand nombre de personnes qui considèrent la disponibilité et la qualité de l’eau comme le plus grand défi environnemental auquel leur pays fait face (60 %), suivie de l’Algérie (50 %), puis de l’Irak, de la Palestine et de la Libye (47 %).

Ces résultats font partie de la septième série de sondages menés par le Baromètre arabe, qui recueille les opinions des habitants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord depuis 2006. Il s’agit de la plus grande enquête publique disponible sur les opinions et les attitudes des citoyens à travers la région.

Pour son dernier rapport, le Baromètre arabe a interrogé vingt-six mille citoyens entre octobre 2021 et juillet 2022 dans douze pays qui représentent environ 80 % du monde arabe: l’Algérie, la Tunisie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, la Jordanie, le Liban, la Palestine, l’Irak, l’Égypte, le Soudan et le Koweït. Outre l’environnement, d’autres parties de l’enquête portaient sur des questions politiques, sociales et économiques.

Les problèmes liés à la gestion des déchets se classent au deuxième rang des problèmes environnementaux qui préoccupent le plus les habitants de la région. Le recyclage constitue une activité importante de protection de l’environnement dans de nombreux pays et l’enquête révèle que de nombreuses personnes dans la région recyclent déjà leurs déchets, mais qu’elles le font principalement pour des avantages «économiques» ou «pratiques», plutôt que pour protéger l’environnement.

Le niveau d’instruction a une influence sur l’opinion des gens lorsqu’il est question d’enjeux environnementaux tels que le changement climatique, la qualité de l’air, la pollution et les déchets. En effet, les plus instruits expriment une plus grande inquiétude à leur sujet.

De plus, les problèmes liés aux changements climatiques préoccupent davantage les personnes vivant en milieu rural que celles vivant en milieu urbain.

Outre la question de la disponibilité et de la qualité de l’eau, d’autres attitudes envers l’environnement ont également changé.

Une précédente enquête, menée en octobre 2020, a révélé que moins de 7 % des citoyens des pays arabes pensent que la réduction de la pollution devrait être la priorité absolue des dépenses publiques au cours de l’année à venir. Dans une étude menée au printemps 2021, moins de 9 % ont déclaré que l’aide étrangère devrait être utilisée pour répondre aux préoccupations environnementales.

Dans le dernier sondage, moins de 5 % des personnes interrogées dans la majorité des pays arabes ont déclaré que l’aide étrangère accordée à leurs pays devrait être utilisée pour lutter contre le changement climatique et les défis environnementaux. En Égypte, en Jordanie et en Palestine, le chiffre n’a atteint que 1 %.

Pourtant, l’étude a également révélé que les citoyens de la région se reprochent de ne pas être suffisamment proactifs sur les questions environnementales et ils accusent leurs gouvernements de ne pas prendre de mesures pour lutter correctement contre le changement climatique et les défis environnementaux au sein de leurs communautés.

Ils ont exprimé un fort soutien dans la perspective que leurs gouvernements prennent les mesures adéquates en vue de s’attaquer aux problèmes environnementaux. Mais, malgré les grandes inquiétudes concernant le changement climatique et l’environnement, l’étude révèle que la plupart des habitants de la région considèrent que d’autres problèmes sont plus urgents et prioritaires.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


En Egypte, les mangroves renaissent malgré le tourisme de masse

Des bateaux de plaisance sont aperçus au loin près d'une forêt de mangroves sur le site d'un projet de reboisement de mangroves parrainé par l'État dans la région de Hamata au sud de Marsa Alam, le long de la côte sud de la mer Rouge en Égypte, le 16 septembre 2022 (Photo, AFP).
Des bateaux de plaisance sont aperçus au loin près d'une forêt de mangroves sur le site d'un projet de reboisement de mangroves parrainé par l'État dans la région de Hamata au sud de Marsa Alam, le long de la côte sud de la mer Rouge en Égypte, le 16 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Sous les racines tentaculaires de palétuviers désormais âgés de quelques mois, petits poissons et larves de crustacés prospèrent
  • «C'est tout un écosystème: en plantant une mangrove, on ramène une vie marine, des crustacés et des oiseaux», explique Sayed Khalifa, professeur d'agriculture

HAMATA: Sur une rive ensoleillée de la mer Rouge, des milliers de mangroves s'épanouissent: l'Egypte tente de sauver ces petits écosystèmes pour préserver sa biodiversité et de faire face au changement climatique.

Sous les racines tentaculaires de palétuviers désormais âgés de quelques mois, petits poissons et larves de crustacés prospèrent.

"C'est tout un écosystème: en plantant une mangrove, on ramène une vie marine, des crustacés et des oiseaux", explique Sayed Khalifa, professeur d'agriculture.

Depuis 2017, il dirige ce projet de reforestation à Hamata, dans le sud, qui couvre six zones de mangrove sur les deux rives égyptiennes de la mer Rouge: sur le continent africain et dans la péninsule du Sinaï.

«Au-delà des limites»

Les palétuviers, arbres ultra-résilients, vont chaque jour "bien au-delà de leurs limites", assure le programme de l'ONU pour l'Environnement (UNEP).

Ils absorbent cinq fois plus de carbone que les forêts terrestres, filtrent la pollution de l'eau, protègent des températures extrêmes et forment une barrière naturelle contre la montée des eaux.

Et tout ça, alors que leur protection coûte mille fois moins cher au kilomètre que de construire des murs contre les vagues, selon l'UNEP.

Malgré ces avantages compétitifs, entre les années 1980 et 1990, au moins 35% des mangroves du globe ont disparu. Et jusqu'à 80% dans certaines régions de l'océan Indien où les palétuviers ont toujours été une barrière naturelle aux tsunamis meurtriers.

C'est que, explique Niko Howai, doctorant à l'Université britannique de Reading, les dirigeants ne se rendaient pas compte à l'époque "de l'importance des mangroves" et ont préféré "les opportunités de revenus" qu'offrait alors la construction à tout-va d'infrastructures touristiques côtières.

Le tourisme, poumon économique

"Le tourisme de masse et les complexes hôteliers qui provoquent de la pollution, les bateaux et le forage d'hydrocarbures" ont eu raison de nombreuses mangroves en Egypte, affirme Kamal Chaltout, professeur de botanique à l'Université de Tanta, dans le nord du pays.

Actuellement, Le Caire consacre chaque année plus de 50 000 euros à la reforestation des mangroves. Mais tout cela "ne mènera à rien" si le tourisme et ses dégâts ne sont pas contrôlés, prévient M. Chaltout.

Aujourd'hui, les mangroves couvrent près de 500 hectares en Egypte, une portion minime des mangroves de l'océan Indien. Impossible toutefois de savoir combien d'hectares ont disparu en tout.

Une seule chose est sûre: en 2018, une équipe de chercheurs, dont M. Chaltout, rapportait que des mangroves recensées "dans les années 1950 et 1960" avaient été entièrement éradiquées --notamment dans la région d'Hurghada, station balnéaire prisée des plongeurs du monde entier.

Pour ces chercheurs, l'étendue des dégâts "dépasse probablement de loin des années de programmes de reforestation".

Car le palétuvier, explique M. Khalifa, est comme l'olivier: s'il peut survivre plus d'un siècle, il lui faut "20 à 30 ans, et surtout une protection totale, pour atteindre convenablement sa taille adulte".

«Robuste et sensible à la fois»

Malgré tout, il continue à croire à son projet de reforestation à Hamata et veut l'étendre "le plus au sud possible", dit-il, les pieds dans l'eau et le doigt pointé vers une marina pour yachts, six kilomètres plus au sud.

Sur la mer Rouge – qui draine 65% des revenus du secteur touristique, vital en Egypte – ses plants de palétuviers devront zigzaguer entre ports de plaisance, hôtels et complexes touristiques.

"Ce n'est pas impossible mais ce sera plus compliqué", prévient M. Howai, car "les palétuviers sont robustes, mais aussi sensibles, surtout quand ils sont jeunes".

Pour M. Khalifa, "il faut replanter, étendre les mangroves et impliquer les acteurs du tourisme". Par exemple, dit-il, chaque hôtel pourrait planter des palétuviers dans sa zone.

"On pourrait imaginer des avantages fiscaux" pour les inciter à agir, préconise-t-il.

"Ils peuvent faire des profits, mais ils doivent aussi jouer un rôle dans la protection de la nature."


Algérie: L'anglais en primaire au pas de course

Depuis des décennies, milieux conservateurs et laïcs se livrent une bataille acharnée autour de la place du français dans l'enseignement en Algérie (Photo, AFP).
Depuis des décennies, milieux conservateurs et laïcs se livrent une bataille acharnée autour de la place du français dans l'enseignement en Algérie (Photo, AFP).
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  • Les enfants, qui ont repris le chemin de l'école le 21 septembre, démarrent désormais l'apprentissage de l'anglais dès la 3ème année de primaire
  • En moins de deux mois, 5 000 enseignants contractuels ont été recrutés et ont reçu une formation express

ALGER: L'Algérie, où le français reste très ancré soixante ans après la fin de la colonisation, vient d'introduire l'anglais à l'école primaire, une démarche saluée par les détracteurs de l'emprise de la langue de Molière, mais décriée par d'autres pour sa mise en oeuvre précipitée.

En Algérie, la question linguistique fait régulièrement l'objet de débats. Si le statut officiel de l'arabe fait consensus, la place du tamazight (berbère), devenu langue officielle en 2016, et du français, langue de l'enseignement scientifique et des affaires, héritée de l'ancienne puissance coloniale, soulève des polémiques sans fin.

Les enfants, qui ont repris le chemin de l'école le 21 septembre, démarrent désormais l'apprentissage de l'anglais dès la 3ème année de primaire, comme c'est déjà le cas pour le français, alors que jusqu'à présent ils ne le commençaient qu'au collège.

"Cette décision constitue une évolution, mais il aurait fallu bien préparer son introduction dans l'enseignement", réagit auprès de l'AFP Farouk Lazizi, père de deux élèves d'une école primaire à Alger.

C'est le président Abdelmadjid Tebboune qui a pris cette décision en Conseil des ministres le 19 juin. "Le français est un butin de guerre mais l'anglais est la langue internationale", a-t-il expliqué fin juillet.

Pendant l'été, le ministère de l'Éducation s'est engagé dans une course contre la montre pour mettre en oeuvre les instructions présidentielles.

En moins de deux mois, 5 000 enseignants contractuels ont été recrutés et ont reçu une formation express. Un manuel scolaire a été élaboré et distribué aux écoles en un temps record.

Précipitation

"Quand on se précipite sans réunir les conditions nécessaires, il y a lieu de s'interroger sur la réussite de cette mise en oeuvre", regrette Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, un important syndicat du secteur.

Le linguiste Abderzak Dourari déplore le recours à des traducteurs pour combler le manque de professeurs.

"Faire appel à eux n'est pas le meilleur moyen d'enseigner la langue puisque le traducteur n'est pas formé pour enseigner", remarque-t-il avant d'ajouter: "si on n'a pas suffisamment d'enseignants compétents, il vaut mieux ne pas se lancer tout de suite".

Quelque 60 000 personnes ont postulé pour rejoindre le corps enseignant. Le ministère a exigé qu'elles produisent une licence en anglais ou en traduction.

"Enseigner quatre langues (arabe, berbère, français et anglais) dès le primaire va créer une confusion dans l'esprit" des enfants, estime le pédagogue et ex-enseignant d'anglais Ahmed Tessa.

En revanche, ceux qui souhaitent la fin de l'enseignement en français sont comblés.

"Nous nous félicitons de cette décision qui a tardé à venir", se réjouit Sadek Dziri, président de l'Unpef, un autre syndicat influent, arguant que "l'anglais est la langue des sciences et de la technologie".

Professeur d'anglais dans un collège algérois, Abdelahamid Abed salue lui aussi la décision de M. Tebboune, estimant que le "français a fait son temps".

"Il faut suivre le développement technologique. Il ne faut pas voir cette question sous l'angle de la rivalité entre le français et l'anglais mais d'un point de vue pragmatique", estime-t-il.

L'Algérie va pouvoir "renoncer au français qui est la langue du colonisateur et dont l'enseignement n'a pas donné de bons résultats", ajoute un parent d'élève.

«Pris au dépourvu»

Depuis des décennies, milieux conservateurs et laïcs se livrent une bataille acharnée autour de la place du français dans l'enseignement en Algérie.

L'introduction de l'anglais en primaire a relancé le débat, certains y voyant une volonté des autorités de remplacer le français par la langue de Shakespeare.

"Le président de la République a été clair. Il l'a qualifié de 'butin de guerre'. Ce qui signifie que l'Algérie bénéficie de cette langue dans sa vie institutionnelle et socio-économique", rétorque M. Tessa.

"Les cercles hostiles au français ont été pris au dépourvu par cette affirmation. Ils croyaient que le français allait être supprimé du primaire. Ils rêvent de le voir disparaître", analyse-t-il.

Pour le linguiste Dourari, "il serait vain et très difficile de substituer une langue à une autre dans le cas de l'Algérie", en raison du contexte "culturel, linguistique, historique mais aussi géographique".

"Nous avons plus de 8 millions d'Algériens qui vivent en France, des familles mixtes qui viennent, qui repartent. L'essentiel des contacts touristiques se font d'abord avec la France et pas avec l'Angleterre", a-t-il souligné.