Ukraine: La reprise des exportations de céréales saluée unanimement

Signé le 22 juillet à Istanbul, l'accord qui permet la reprise des exportations ukrainiennes vise à atténuer une crise alimentaire mondiale qui a vu les prix monter en flèche (Photo, AFP).
Signé le 22 juillet à Istanbul, l'accord qui permet la reprise des exportations ukrainiennes vise à atténuer une crise alimentaire mondiale qui a vu les prix monter en flèche (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 02 août 2022

Ukraine: La reprise des exportations de céréales saluée unanimement

  • Selon le ministre ukrainien de l'Infrastructure Oleksandre Koubrakov, le bateau est chargé de 26 000 tonnes de maïs
  • Des céréales sont déjà parties d'Ukraine depuis le début de la guerre, mais depuis le port de Berdyansk, en zone occupée par les Russes

KIEV:  Face à la crise alimentaire mondiale, l'Ukraine a repris lundi ses exportations de céréales pour la première fois depuis l'invasion russe, avec le départ, salué unanimement, d'un premier bateau du port d'Odessa, même si Kiev a jugé qu'il était "trop tôt" pour se réjouir.

Dans la soirée, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de nouvelles armes à l'Ukraine, notamment des munitions pour les stratégiques lance-roquettes multiples Himars.

Le cargo "Razoni a quitté le port d'Odessa (sud de l'Ukraine, sur la mer Noire) à destination du port de Tripoli au Liban. Il est attendu le 2 août à Istanbul", en Turquie, où il sera inspecté, a annoncé lundi matin le ministère turc de la Défense.

Selon les autorités ukrainiennes, le bateau est chargé de 26 000 tonnes de maïs. Des céréales sont déjà parties d'Ukraine depuis l'invasion russe le 24 février, mais depuis Berdyansk (sud-est), sur la mer d'Azov, zone occupée par les Russes.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a "chaleureusement" salué le départ du navire, exprimant l'espoir que la reprise des exportations ukrainiennes, permise par un accord international, "apportera la stabilité et l'aide indispensables à la sécurité alimentaire mondiale".

La ministre britannique Affaires étrangères Liz Truss a de son côté martelé qu'"il ne peut y avoir de nouveau bombardement du port d'Odessa", en référence à une frappe russe sur le port ukrainien le 23 juillet qui avait soulevé l'inquiétude sur la mise en oeuvre de l'accord.

«Efforts européens»

Au cours d'un entretien avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron l'a assuré de la poursuite des "efforts européens" pour aider Kiev à exporter ses céréales.

Selon le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, 16 autres bateaux chargés de céréales "attendent leur tour" pour quitter Odessa, qui concentrait avant la guerre 60% de l'activité portuaire du pays.

Mais lundi soir, M. Zelensky a jugé qu'"il est trop tôt pour en tirer des conclusions et faire des prévisions", dans son allocution quotidienne. "Attendons de voir comment l'accord fonctionnera et si la sécurité sera vraiment garantie", même si "c'est un premier signal positif que nous arriverons à stopper la crise alimentaire mondiale".

L'accord signé le 22 juillet à Istanbul entre la Russie et l'Ukraine, via une médiation de la Turquie et sous l'égide des Nations unies, permet la reprise des exportations ukrainiennes, bloquées depuis l'invasion russe, sous supervision internationale.

L'accord prévoit notamment l'instauration de couloirs sécurisés afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands et l'exportation de 20 à 25 millions de tonnes de céréales.

De leur côté, l'UE et l'Otan ont salué le départ du bateau de céréales ukrainiennes et réclamé la "mise en oeuvre totale" de l'accord.

Moscou a également jugé l'événement "très positif". "Espérons que les accords seront appliqués par toutes les parties et que les mécanismes fonctionneront efficacement", a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un accord similaire signé simultanément garantit à Moscou l'exportation de ses produits agricoles et engrais, malgré les sanctions occidentales.

Les deux accords doivent permettre d'atténuer la crise alimentaire mondiale qui a vu les prix monter en flèche dans certains des pays les plus pauvres en raison du blocage des ports ukrainiens.

Bombardements

Sur le terrain, les frappes russes se sont poursuivies sur les villes ukrainiennes, notamment Mykolaïv (sud), où un des plus importants entrepreneurs agricoles du pays, Oleksiï Vadatoursky, 74 ans, a été tué avec son épouse dimanche. Volodymyr Zelensky a rendu hommage à un "héros de l'Ukraine".

La ville a été massivement bombardée à nouveau lundi, selon le gouverneur de la région Vitali Kim, qui a signalé trois tués. M. Kim a ajouté sur son compte Telegram que "la ville est en train d'être détruite. Mais la chance est qu'il y a peu de morts, peu de blessés".

Mykolaïv est proche du front dans le sud de l'Ukraine, où les forces de Kiev mènent une contre-offensive.

Dans la région voisine de Kherson, une ville prise par les Russes le 3 mars, l'Ukraine a dit avoir repris 46 localités occupées.

Les journalistes de l'AFP ont également constaté un bombardement russe intense de la ville de Bakhmout (est). Trois civils ont été tués dimanche dans la région de Donetsk, dont deux à Bakhmout, et 16 autres blessés, ont indiqué lundi les autorités locales.

L'armée russe a assuré avoir détruit deux systèmes américains d'artillerie de précision Himars lors d'une frappe sur une usine à Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine, deux dépôts de munitions à Siversk et Kalenyky, dans la région de Donetsk, et un dépôt de carburant près de Nikopol (sud-est).

L'artillerie est décisive dans le conflit en Ukraine. Particulièrement gourmandes en projectiles de toutes sortes, les armées ukrainienne et russe se livrent à une guerre d'attrition des munitions, dont les stocks sont cruciaux.

Les Etats-Unis, principal soutien de l'Ukraine, ont annoncé lundi l'envoi de nouvelles armes à Kiev pour 550 millions de dollars, portant ainsi leur assistance militaire à plus de huit milliards au total. Cette aide comprendra des munitions pour les lance-roquettes Himars et 75.000 obus de 155 mm.

De son côté, la Russie a interdit lundi l'entrée sur son territoire à 39 personnalités britanniques supplémentaires, notamment au chef de l'opposition travailliste Keir Starmer et à l'ancien Premier ministre David Cameron, en réponse aux sanctions prises contre l'offensive en Ukraine.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Short Url
  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Short Url
  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Short Url
  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".