«Pas inquiets»: sur une plage face à Taïwan, des Chinois insouciants

Les gens se rassemblent sur la plage de Xiamen, à travers les îles Kinmen de Taïwan, le 3 août 2022. (Photo, AFP)
Les gens se rassemblent sur la plage de Xiamen, à travers les îles Kinmen de Taïwan, le 3 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 03 août 2022

«Pas inquiets»: sur une plage face à Taïwan, des Chinois insouciants

Les gens se rassemblent sur la plage de Xiamen, à travers les îles Kinmen de Taïwan, le 3 août 2022. (Photo, AFP)
  • «Un conflit? Non, je ne m'en fais pas», déclare M. Huang, jeune employé du secteur informatique qui fait une balade durant sa pause déjeuner
  • En dépit des avertissements de Pékin, la présidente de la Chambre des représentants est arrivée mardi soir à Taïwan. Plus haute responsable américaine à visiter l'île en 25 ans, elle en est repartie moins de 24 heures plus tard

XIAMEN: Touristes qui prennent des selfies, joggeurs: dans la ville côtière chinoise de Xiamen (est), tout près d'une île contrôlée par les autorités taïwanaises, l'insouciance prédomine malgré la crise déclenchée par la visite de Nancy Pelosi. 

En dépit des avertissements de Pékin, la présidente de la Chambre des représentants est arrivée mardi soir à Taïwan. Plus haute responsable américaine à visiter l'île en 25 ans, elle en est repartie moins de 24 heures plus tard. 

Une provocation pour la Chine, car les Etats-Unis ne sont pas censés avoir de relations officielles avec le territoire insulaire de 23 millions d'habitants, qu'elle considère comme l'une de ses provinces à réunifier avec le reste du pays. 

En représailles, Pékin a annoncé des exercices militaires d'envergure tout près de ses côtes. 

Sur la plage bordée de palmiers de Xiamen, côté ouest du détroit de 200 km de large qui sépare l'île de la Chine continentale, l'heure n'est pas à l'inquiétude malgré les nuages dans le ciel. 

« Un conflit? Non, je ne m'en fais pas », déclare M. Huang, jeune employé du secteur informatique qui fait une balade durant sa pause déjeuner. 

« Nous, les habitants du Fujian, on est habitués aux tensions dans le détroit de Taïwan. On vit avec ça depuis des décennies », explique-t-il en référence aux tensions récurrentes entre les deux rives depuis les années 1950. 

La province du Fujian, dans l'est de la Chine, est située juste en face de Taïwan, avec laquelle elle partage une culture similaire et un dialecte chinois commun. 

Tente et jumelles 

« Quelque chose peut se passer à n'importe quel moment. Mais la probabilité est faible, donc on n'est pas inquiets », note M. Huang. « Mais la visite de Pelosi, forcément, ça rompt un peu l'équilibre qu'il y avait. » 

Malgré l'actualité, des jeunes mariés tout sourire se prennent en photo, des gens promènent leurs chiens et des enfants batifolent sur le sable. 

« Je pense et j'espère qu'il n'y aura pas de guerre », déclare Zheng Dahai, trentenaire venu avec son fils monter une tente sur la plage et manger un bout. 

« Un conflit aurait des répercussions sur nous, notre vie, il y aurait peut-être même des blessés. » 

Derrière lui, à six kilomètres au large, se trouve l'île de Kinmen, peuplée d'un peu plus de 100 000 habitants. 

Bizarrerie de l'histoire: les forces communistes n'ont jamais réussi à la conquérir pendant et après la guerre civile chinoise. Elle est ainsi restée sous le contrôle de la République de Chine - le régime qui gouverne aujourd'hui Taïwan. 

Si la situation est stable, c'est ici l'un des rares endroits où les forces militaires du continent et de l'île se font face à une si courte distance. 

De quoi attirer les curieux: côté Xiamen, un homme observe Kinmen avec ses jumelles « pour regarder les installations militaires, les agriculteurs et la vie des gens là-bas », explique-t-il près d'un ancien bunker, témoin des bombardements passés. 

« Tôt ou tard »  

« Je n'ai pas envie d'une guerre. On doit vivre en paix et se respecter mutuellement », déclare un retraité venu nager comme tous les jours, été comme hiver. 

« Par contre, si tu ne me respectes pas, si tu viens me brimer, alors là c'est une autre histoire. Que l'autre soit fort ou pas, même moi, un vieil homme, je me battrai! » 

Plus loin, deux touristes se prennent en selfie devant un monument emblématique de Xiamen: huit immenses caractères chinois géants rouges, de plusieurs mètres de haut, qui forment une phrase adressée aux autorités taïwanaises en face. 

« Un pays, deux systèmes: réunifions la Chine », indique le slogan, en référence au compromis politique ayant permis la réintégration de Hong Kong (1997) et Macao (1999). 

A côté, une sculpture en forme de poignée de main met en scène ce rapprochement espéré. 

« Taïwan est une partie inséparable de la Chine », déclare M. Hu, un quadragénaire en débardeur jaune venu courir sur le front de mer. 

« Tôt ou tard, l'île fera son retour » au sein de la mère patrie, assure-t-il, tranquille, avant de poursuivre ses étirements. 


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
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  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.