Météo: la vague de chaleur va continuer en France, avec un pic caniculaire en fin de semaine

La tour Eiffel depuis le Parc de Saint Cloud,  le 6 août 2022. (Photo, AFP)
La tour Eiffel depuis le Parc de Saint Cloud, le 6 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 07 août 2022

Météo: la vague de chaleur va continuer en France, avec un pic caniculaire en fin de semaine

La tour Eiffel depuis le Parc de Saint Cloud,  le 6 août 2022. (Photo, AFP)
  • «Il ne s'agit pas d'une quatrième canicule, c'est la même, qui a commencé le 31 juillet, qui continue», même si dans certaines régions du nord on avait depuis quelques jours un air plus respirable, a souligné la prévisionniste
  • Dimanche en début d'après-midi, les endroits les plus chauds sont situés dans l'Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard et l'Hérault

PARIS: La vague de chaleur qui touche la France va continuer la semaine prochaine, accompagnée d'orages pluvieux dans les massifs montagneux et en Corse, avec un pic caniculaire attendu vendredi dans la plus grande partie du pays, a indiqué Météo France dimanche. 

Ce dimanche et lundi, seuls deux départements, le Gard et le Vaucluse, sont concernés par une alerte orange en matière de canicule qui prend en compte les effets de la chaleur sur la santé humaine, notamment lorsque les nuits ne fraîchissent pas, a indiqué Christelle Robert, prévisionniste à Météo France. 

« Le nombre de départements en vigilance orange devrait augmenter au fil de la semaine » a-t-elle dit. 

Côté températures, « ça va chauffer partout, on s'oriente vers un nouveau pic de chaleur qui touchera quasiment toute la France en fin de semaine en commençant par le sud du pays » a-t-elle précisé, les seules régions restant sous 30 degrés en milieu de semaine étant situées le long de la Manche. 

« Il ne s'agit pas d'une quatrième canicule, c'est la même, qui a commencé le 31 juillet, qui continue », même si dans certaines régions du nord on avait depuis quelques jours un air plus respirable, a souligné la prévisionniste. 

Dimanche en début d'après-midi, les endroits les plus chauds sont situés dans l'Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard et l'Hérault. Des orages bienvenus touchaient dimanche la Corse, les Pyrénées et les Alpes. 

Lundi, les températures vont encore progresser dans le sud-ouest et la basse vallée du Rhône, autour de 35 à 38 degrés en moyenne. Et progressivement cette hausse du mercure se propagera vers le nord jusqu'à la Loire mardi, puis la Bourgogne, l'Ile-de-France et le centre-est jeudi. 

Malgré les orages qui se développent ici et là, la sécheresse historique se poursuit. Depuis le 17 juillet, l'indice d'humidité des sols est tombé au-dessous de celui enregistré lors des sécheresses historiques de 1976 et de 2003, a rappelé Mme Robert. 

La végétation sèche sur pied constituant un combustible facile, le risque d'incendie augmente. Ainsi dimanche plus de 300 hectares ont brûlé dans le Finistère et le Morbihan. « Le vent de nord-est aide à la propagation » a souligné Mme Robert. 

Depuis le 1er juin, Paris a connu 8 nuits où la température a été supérieure ou égale à 20 degrés contre une seule l'été dernier, 11 en 2020 (pour tout l'été), et 16 aussi bien en 2003 qu'en 1976. 

Nîmes a déjà connu 40 nuits à ce seuil depuis le 1er juin, contre 30 en 2021, 41 en 2019, 52 en 2003 et 8 en 1976. 


Mélenchon défend «l'émulation» plutôt que la «compétition» à la Nupes

Jean-Luc Melenchon prend la parole lors d'une conférence de presse à Paris, avant le second tour des élections législatives françaises (Photo, AFP).
Jean-Luc Melenchon prend la parole lors d'une conférence de presse à Paris, avant le second tour des élections législatives françaises (Photo, AFP).
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  • Jean-Luc Mélenchon rappelle qu'en matière d«objectifs communs», «nous avons le texte du programme partagé sur le sujet»
  • Quant à la composition de la liste, «une discussion y suffira si le but n’est pas de brutaliser le cousin», ajoute-t-il

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a défendu mardi sur son blog "l'émulation" plutôt que "la compétition" au sein de la Nupes, jugeant qu'une accession de Marine Tondelier à la tête des Verts ne serait pas un désaveu pour l'alliance de gauche, pour laquelle il souhaite une liste commune aux européennes.

Après le premier tour samedi du Congrès d'EELV, qui a placé Marine Tondelier en bonne voie pour devenir la prochaine cheffe du parti, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon explique ne pas partager "l’analyse de ceux pour qui le congrès d'EELV serait un désaveu de la Nupes, comme l’a déclaré Yannick Jadot".

"J’ai compris le contraire", précise le tribun insoumis. "Si l’on met de côté le résultat du vote sur sa propre motion, assez décevant après sa campagne présidentielle, tout le reste des votes sur les motions de ce congrès valident au contraire, chacun à sa façon, la nouvelle stratégie commune", estime-t-il.

Alors que certains courants d'EELV manifestent une volonté de se démarquer de la Nupes, il affirme qu'"il est juste que chacun veuille être autonome et souverain dans ses décisions. Il est normal que chacun mette en œuvre jusqu’au bout ce à quoi il croit. Autrement dit: la Nupes n’est pas le plus petit commun dénominateur auquel chacun serait contraint".

Il propose "à toute la Nupes", "l'émulation plutôt que la compétition. L'émulation est ce qui poussera à conquérir des consciences nouvelles, des sympathies, des adhésions, des partages".

"Dans ce contexte, la question de la liste commune aux élections européennes doit venir en ordre logique. Quelle priorité? La compétition avec ses partenaires ou celle contre l'alliance macroniste?", argumente-t-il.

Marine Tondelier défend une liste écologiste autonome aux européennes.

Jean-Luc Mélenchon rappelle qu'en matière d"'objectifs communs", "nous avons le texte du programme partagé sur le sujet. C’est déjà beaucoup. Et cela prouvera que ce n’est pas un leurre tactique électoral de dernière minute".

Quant à la composition de la liste, "une discussion y suffira si le but n’est pas de brutaliser le cousin", ajoute-t-il.


Amende pour avoir refusé l'entrée de son restaurant à une femme voilée

Palais de justice de Bayonne (Pays basque).(Photo, AFP)
Palais de justice de Bayonne (Pays basque).(Photo, AFP)
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  • Reconnue coupable de «discrimination fondée sur la religion», cette femme avait exigé d'une cliente, accompagnée de son fils le jour de la Fête des mères, qu'elle enlève son voile pour entrer dans son restaurant
  • Elle devra aussi verser 1 300 euros au titre du préjudice moral subi par la cliente et son fils

BAYONNE: Une restauratrice d'Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) a été condamnée à 600 euros d'amende, mardi par le tribunal de Bayonne, pour avoir refusé l'entrée de son restaurant à une femme voilée au printemps dernier. 

Reconnue coupable de "discrimination fondée sur la religion", cette femme de 64 ans, née en Espagne mais de nationalité française, avait exigé d'une cliente, accompagnée de son fils le jour de la Fête des mères, qu'elle enlève son voile pour entrer dans son restaurant. 

Le parquet de Bayonne, jugeant les propos qu'elle avait alors tenus "infamants", avait requis 600 euros d'amende à l'audience du 15 novembre. 

La sexagénaire devra aussi verser 1 300 euros au titre du préjudice moral subi par la cliente et son fils, et effectuer un stage de citoyenneté "en vue de l'apprentissage des valeurs de la République", a précisé le tribunal. 

"On veut donc apprendre à ma cliente à être française. Quand on a un mélange entre culture et religion, ça donne ce genre de décision", a réagi son avocat, Jacques Tournaire, qui n'exclut pas de faire appel. 

"Je me suis sentie très humiliée, elle m'a énormément blessée, maintenant j'ai toujours cette crainte quand je vais dans un restaurant", avait témoigné lors du procès la cliente refoulée. "On s'est senti comme des sous-citoyens", avait abondé son fils à la barre. 

Me Tournaire avait plaidé la relaxe pour sa cliente, arguant d'une "acceptation de l'entrée au restaurant sous condition", à savoir que la cliente retire son voile, et non pas d'un "refus pur et simple" qui aurait été opposé par la restauratrice. 


Alexis Kohler soupçonné d'avoir «participé» à des décisions sur l'armateur MSC, lié à sa famille

Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler et le président français Emmanuel Macron arrivent pour assister à la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée à Paris, le 31 août 2022. (Photo, AFP)
Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler et le président français Emmanuel Macron arrivent pour assister à la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée à Paris, le 31 août 2022. (Photo, AFP)
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  • Devant les magistrats, le secrétaire général de l'Elysée indique d’emblée n’avoir «jamais considéré être en situation de conflit d’intérêts»
  • Il explique n’avoir participé à aucune décision concernant ce client phare de STX ; avoir averti de ses liens familiaux et demandé à quitter son mandat d'administrateur de STX, ce que sa hiérarchie aurait refusé

PARIS: Le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, bras droit d'Emmanuel Macron mis en examen pour "prise illégale d’intérêt" fin septembre, l’a été pour sa "participation" en tant que haut fonctionnaire entre 2009 et 2016 à des décisions relatives à l’armateur italo-suisse MSC dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte. 

Mediapart a révélé en mai 2018 ce possible conflit d'intérêt. 

Après un an d’enquête au PNF classée sans suite, l'association Anticor a obtenu en juin 2020 la désignation de juges d’instruction. 

Dans cette enquête riche de plus de cinquante auditions et dix perquisitions, M. Kohler a été interrogé les 22 et 23 septembre, selon des éléments de son interrogatoire dont l'AFP a eu connaissance mardi. 

Les juges Virginie Tilmont et Nicolas Aubertin lui reprochent d’avoir "participé" de 2009 à 2012, comme administrateur, à cinq délibérations des instances de STX France (aujourd’hui Chantiers de l'Atlantique) et trois du Grand Port Maritime du Havre (GPMH), liés à MSC. 

Orientations stratégiques 

Puis entre 2012 et 2016 à Bercy, sous Pierre Moscovici puis Emmanuel Macron, d’avoir notamment "persisté (…) à émettre des avis ou donner des orientations stratégiques ayant trait" à des dossiers impliquant MSC. 

Une potentielle infraction, car la mère d’Alexis Kohler est cousine de Rafaëla Aponte, épouse du fondateur Gianluigi Aponte. Un lien familial "simple" mais au "5e degré", "éloigné", pour l'intéressé. 

M. Kohler reconnaît aussi une "amitié sincère" entre son épouse et Rafaela Aponte, avec des séjours annuels de Sylvie Kohler ou de leurs enfants de 2009 à 2013 mais aussi en 2019, sur des yachts MSC, souvent avec des membres du clan Aponte. 

Pour les juges, cet "intérêt moral" peut "compromettre l’impartialité, l’indépendance ou l'objectivité" d’Alexis Kohler. 

Devant les magistrats, le secrétaire général de l'Elysée indique d’emblée n’avoir "jamais considéré être en situation de conflit d’intérêts". 

Mais paradoxalement, il martèle avoir tout fait, "dès novembre 2008", pour se trouver loin du dossier MSC. 

Il explique n’avoir participé à aucune décision concernant ce client phare de STX ; avoir averti de ses liens familiaux et demandé à quitter son mandat d'administrateur de STX, ce que sa hiérarchie aurait refusé ; avoir exprimé la position de l'Etat plutôt que la sienne en conseil d'administration. 

En face, les magistrats lui rappellent la "jurisprudence constante" et "très large" concernant la prise illégale d’intérêts. "Ca va très très loin", expliquait récemment un magistrat financier à l’AFP. 

"La participation, serait-elle exclusive de tout vote, à une délibération sur une affaire dans laquelle on a un intérêt" peut suffire, notent les juges. 

Archives 

"Rétrospectivement, il est vrai qu’il aurait été plus simple que je ne sois pas nommé administrateur pour éviter tout risque", concède Alexis Kohler. 

Les magistrats mettent ensuite en doute le déport "informel" du dossier MSC vanté par Alexis Kohler pour sa période au cabinet de Pierre Moscovici (2012-2014) puis via "une lettre" avec Emmanuel Macron (2014-2016). 

Il n'a pas été retrouvé d'"écrit ou note de l’Agence des participations de l’Etat, du Trésor ou du ministère faisant état du lien familial avec la famille Aponte" ou organisant cette mise à l’écart du dossier MSC entre 2010 et 2016. 

"Je ne suis pas responsable de (leurs) archives", répond deux fois Alexis Kohler. 

Les juges s’étonnent aussi d’au moins 28 mails passant par sa boîte entre 2013 et 2016 concernant MSC, mais aussi de l'ignorance de trois ex-responsables du Trésor, rattaché à Bercy, de ces liens familiaux ou du déport. 

Le secrétaire général de l’Elysée argue d'un rôle de "chef de gare" organisant l’agenda du ministre sans "intervention sur le fond". 

Autre fait troublant, M. Kohler devient directeur financier de la branche croisières de MSC entre octobre 2016 et la présidentielle 2017 gagnée par Emmanuel Macron. 

Or "ni la Commission de déontologie de la fonction publique en 2016", qui validera ce pantouflage après un premier refus en 2014, "ni la Haute autorité pour la transparence de la vie publique n’ont eu connaissance de la nature exacte de ses liens" avec la famille Aponte, assènent les magistrats. 

Pour Alexis Kohler, c'était pourtant connu jusque dans les "entreprises concernées". 

En 2019, il aura de nouveau le "projet" de retourner chez MSC. 

« Intégrité » 

A l’issue de quinze heures d’interrogatoire, Alexis Kohler concède un seul "débat sur le degré de formalisme poursuivi tout au long de (sa) carrière" pour avertir de son déport des dossiers MSC. 

"Choqué et indigné" que son "intégrité" soit "mise en cause", il conteste tout "avantage tiré" de cette situation. 

Virginie Tilmont et Nicolas Aubertin le mettent en examen pour "prise illégale d’intérêt", passible de cinq ans de prison et 500.000 euros d’amende. 

Si les juges l’ont aussi interrogé sur son influence dans différents dossiers concernant MSC, Alexis Kohler est témoin assisté pour "trafic d’influence passif". 

A ce stade, il n'y a pas "d’indices graves ou concordants" quant à une "prise en charge" par MSC "de séjours familiaux" et du poste de directeur financier contre l’utilisation par M. Kohler de "son influence" en faveur de l'armateur. 

Après la mise en examen, Me Eric Dezeuze a indiqué que son client "contestait (...) tout délit" et entendait "démontrer son innocence". 

Emmanuel Macron a lui jugé "tout à fait légitime" son maintien à l’Elysée. 

Sollicités par l’AFP, son avocat n'a pas souhaité réagir et l'Elysée a affirmé "ne pas pouvoir commenter une enquête en cours". 

"On peut se féliciter que la justice avance et fasse son travail, même s'il est dommage que cela prenne autant de temps", a répondu le conseil d'Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron.