La France envisage d'extraire de la Seine un béluga pour le sauver

Étant donné la complexité de mouvoir un animal de cette dimension, pesant environ 800 kg, malade et décharné, la sous-préfète n'a pas été en mesure d'indiquer "quand, où et comment" cette délicate opération pourrait intervenir (AFP)
Étant donné la complexité de mouvoir un animal de cette dimension, pesant environ 800 kg, malade et décharné, la sous-préfète n'a pas été en mesure d'indiquer "quand, où et comment" cette délicate opération pourrait intervenir (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 08 août 2022

La France envisage d'extraire de la Seine un béluga pour le sauver

  • La préfecture de l'Eure (ouest de Paris) a précisé à l'AFP que le transport pouvait se faire par péniche, voie terrestre ou hélicoptère
  • Un séjour prolongé dans l'eau de l'écluse, chaude et stagnante par rapport à son milieu aquatique habituel, est préjudiciable pour son état de santé

RENNES: La France envisage d'extraire un béluga de la Seine et le transporter vers la mer pour tenter de le sauver, ont annoncé lundi les autorités.

"Il nous a semblé possible de réfléchir peut-être à un transport vers la mer. Dans l'intérêt de ce béluga ça peut se tenter, nous y travaillons ardemment", a déclaré la sous-préfète Isabelle Dorliat-Pouzet.

"On est tous très contents de travailler sur cette option", a ajouté la représentante de l'Etat, tout en reconnaissant que "personne ne peut promettre qu'elle va réussir".

Étant donné la complexité de mouvoir un animal de cette dimension, pesant environ 800 kg, malade et décharné, la sous-préfète n'a pas été en mesure d'indiquer "quand, où et comment" cette délicate opération pourrait intervenir.

En outre, la Manche n'est pas toute proche: l'écluse de Saint-Pierre-La-Garenne, où le cétacé est entré de lui-même vendredi à 70 km au nord-ouest de Paris, se trouve à environ à 130 km de l'embouchure de la mer.

La préfecture de l'Eure (ouest de Paris) a précisé à l'AFP que le transport pouvait se faire par péniche, voie terrestre ou hélicoptère.

Le béluga repéré mardi dans la Seine, un fleuve du nord de la France, était dans un état stationnaire lundi, a-t-on appris auprès de l'ONG de défense des océans Sea Sheperd.

"Le béluga ne s'alimente (a priori) toujours pas mais il continue de se montrer curieux. Vers 4 h du matin il s'est frotté pendant 30 minutes sur les parois de l'écluse et s'est débarrassé des tâches qui étaient apparues sur son dos. Les antibiotiques ont également pu aider", a indiqué Sea Shepherd sur Twitter.

Le Marineland d'Antibes (sud), plus grand zoo marin d'Europe, a dépêché sur place une équipe où figure "un vétérinaire spécialiste des mammifères marins" et qui était attendue en début de soirée.

Le cétacé de quatre mètres de long, habitué des eaux froides et dont la présence dans ce fleuve est exceptionnelle, se trouve toujours dans une écluse à 70 kilomètres au nord-ouest de Paris.

Plusieurs tentatives pour nourrir l'animal, "très amaigri" selon la préfecture locale, ont été faites ces derniers jours mais sans succès pour le moment, amenuisant de jour en jour ses chances de survie.

De plus, un séjour prolongé dans l'eau de l'écluse, chaude et stagnante par rapport à son milieu aquatique habituel, est préjudiciable pour son état de santé.

En mai, c'est une orque qui s'était retrouvée en difficulté dans la Seine. Les opérations pour tenter de sauver le cétacé ont échoué et l'animal est finalement mort de faim.

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, le béluga a une distribution arctique et subarctique.

Bien que la population la plus connue se trouve dans l'estuaire du Saint-Laurent (Québec), "la plus proche de nos côtes se trouve au Svalbard", un archipel situé au nord de la Norvège, à 3.000 kilomètres de la Seine.

Selon la même source, il s’agit du second béluga connu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948.

En 1966, un autre individu avait remonté le Rhin, dans l'est, jusqu'en Allemagne et en 2018, un béluga avait été observé dans l'estuaire de la Tamise en Angleterre.


Le Lido réinventé rouvre à Paris avec un...«Cabaret»

Cette photographie prise le 30 novembre 2022 montre Sam Buttery (C à l'étage) et d'autres interprètes sur scène lors de la répétition générale du spectacle musical «Cabaret» au cabaret du Lido, rebaptisé «Lido2Paris» à Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
Cette photographie prise le 30 novembre 2022 montre Sam Buttery (C à l'étage) et d'autres interprètes sur scène lors de la répétition générale du spectacle musical «Cabaret» au cabaret du Lido, rebaptisé «Lido2Paris» à Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
Short Url
  • Déficitaire depuis des années, la salle panoramique n'a pas beaucoup changé mais elle fermera en février pour des travaux de rénovation de plusieurs mois
  • Pour le nouveau président et directeur artistique, où il a été l'artisan du renouveau de la comédie musicale, a assuré vouloir en faire «à nouveau un lieu de spectacle pour les Parisiens»

PARIS: Exit les plumes et les strass: le mythique cabaret du Lido, rebaptisé Lido2Paris après avoir mis un terme à ses revues, a rouvert jeudi avec la célèbre comédie musicale "Cabaret", qui vient par moments faire comme un clin d'oeil à la gloire passée du lieu.

Déficitaire depuis des années, rachetée en décembre 2021 par le géant français de l'hôtellerie Accor au groupe de restauration collective Sodexo, la salle panoramique n'a pas beaucoup changé mais elle fermera en février pour des travaux de rénovation de plusieurs mois.

En attendant, elle espère attirer un nouveau public avec une production de "Cabaret", créée à Broadway en 1966 avant d'inspirer le célèbre film avec Liza Minnelli, et donnée pour la première fois dans sa langue originale à Paris, en anglais.

L'intrigue est située à Berlin dans les années 30, en pleine montée du nazisme, et suit un jeune écrivain américain qui tombe amoureux d'une meneuse de revue au Kit Kat Klub.

Du "théâtre musical" politique --des chansons qui se terminent par le salut nazi, un personnage juif malmené, des chemises brunes qui dansent, des images de dictateurs et autocrates qui défilent sur un écran géant-- mais dont les tableaux dansés et chantés au Kit Kat Klub ne sont pas sans rappeler l'univers de l'ancien Lido.

"La page numéro deux (du Lido) s'ouvre", a affirmé Jean-Luc Choplin, nouveau président et directeur artistique.

Cet ancien directeur du Théâtre du Châtelet, où il a été l'artisan du renouveau de la comédie musicale, a assuré vouloir en faire "à nouveau un lieu de spectacle pour les Parisiens".

"Les Parisiens ne venaient plus au Lido donc il s'agissait de se réconcilier avec ce public parisien et français", a-t-il ajouté, en référence au fait que l'ancien cabaret, avec ses "Bluebell girls", des danseuses vêtues de plumes, attirait surtout des touristes.

Pour lui, le choix de "Cabaret" s'imposait: "il fallait une œuvre forte. (...) C'est Berlin des années 30, une ville aux 300 cabarets, la capitale culturelle de l'Europe qui va s'écrouler sous la montée du nazisme... Ca interroge sur notre époque".

A la générale, mercredi, Astrid Fily, spectatrice de 48 ans, semblait conquise.

Le Lido, "c'était les filles court vêtues avec les plumes (...) et, ça, c'est pas trop mon truc", dit-elle. "En revanche, j'aime bien le théâtre et surtout les comédies musicales. Et c'est rare d'en voir à Paris en version originale".


Grève SNCF: avec 4 TGV sur 10, les voyageurs face à la grève des contrôleurs

Les voyageurs sont confrontés ce week-end à la grève des contrôleurs SNCF, qui réclament une meilleure reconnaissance de leur statut, avec 60% des TGV et Intercités annulés par l'entreprise. (AFP)
Les voyageurs sont confrontés ce week-end à la grève des contrôleurs SNCF, qui réclament une meilleure reconnaissance de leur statut, avec 60% des TGV et Intercités annulés par l'entreprise. (AFP)
Short Url
  • Les presque 10 000 chefs de bord de la SNCF, dont près de 3 000 travaillent sur les TGV et Intercités, ont une fonction essentielle en matière de sécurité de la circulation et des voyageurs
  • Les contrôleurs ont cessé le travail pendant tout le week-end, avec une «reprise progressive» envisagée lundi, pour réclamer une meilleure reconnaissance de leur statut

PARIS: Les voyageurs sont confrontés ce week-end à la grève des contrôleurs SNCF, qui réclament une meilleure reconnaissance de leur statut, avec 60% des TGV et Intercités annulés par l'entreprise, dont la direction a annoncé de nouvelles rencontres la semaine prochaine avec les syndicats.

Samedi, environ 4 TGV et Intercités sur 10 circulent et les passagers ont été prévenus depuis plusieurs jours des annulations, a précisé la SNCF à l'AFP.

Les contrôleurs --officiellement appelés chefs de bord-- ont cessé le travail pendant tout le week-end, avec une "reprise progressive" envisagée lundi, pour réclamer une meilleure reconnaissance de leur statut.

"La direction n'a pas véritablement vu la colère qu'il y avait chez les contrôleurs et là, ce week-end, elle en prend la mesure", a déclaré samedi matin Fabien Villedieu, délégué syndical Sud-Rail, sur RMC.

Au-delà des questions de rémunération, il y a selon lui une question "d'amélioration des conditions de travail" et de "considération" avec des contrôleurs qui se "sentent maltraités" et qui sont "au front dans les trains".

Selon lui, la grève est suivie à environ 80%, un chiffre aussi évoqué par Nicolas Limon, un des six membres fondateurs du collectif (CNA) lancé en septembre sur Facebook en dehors de tout cadre syndical et qui compte aujourd'hui près de 3.000 membres.

Les presque 10.000 chefs de bord de la SNCF, dont près de 3.000 travaillent sur les TGV et Intercités, ont une fonction essentielle en matière de sécurité de la circulation et des voyageurs.

Sans eux, les trains ne peuvent pas circuler.

«Réouverture des négociations»

Vendredi soir, la direction a déclaré à l'AFP que "de nouvelles rencontres" étaient "prévues la semaine prochaine, dans le cadre du dialogue engagé depuis des semaines avec les organisations syndicales au sujet des chefs de bord".

De leur côté, les syndicats SUD Rail et CFDT ont évoqué une "réouverture des négociations", annonçant une "table ronde spécifique le jeudi 8 décembre", dans un communiqué.

"Cela ne change rien à la grève du week-end", a toutefois précisé à l'AFP Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD Rail.

Les syndicats (Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail, CFDT-Cheminots et FO-Cheminots) ont tous apporté leur appui au mouvement, à l'exception de la CGT-Cheminots.

"C'est une grève qu'on n'a pas vu arriver, ni nous ni les syndicats", a reconnu jeudi le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, lors d'une conférence organisée par le magazine Challenges.

Le collectif de contrôleurs avait été reçu à deux reprises par la direction, mais sans avancées concrètes, avant de mettre sa menace de grève à exécution.

Après ce week-end de "prise de température", Fabien Villedieu de Sud-Rail espère des propositions concrètes lors des négociations la semaine prochaine, disant "croire au dialogue social" surtout à l'approche des fêtes.

Les syndicats, en soutien du collectif, ont déposé un préavis de grève pour les week-ends de Noël et du Nouvel An afin de mettre la pression sur la SNCF qui a, selon le syndicaliste, des "marges de manoeuvre" pour faire des propositions.

Cette mobilisation survient aussi avant le début des négociations annuelles obligatoires, qui doivent s'engager mercredi au niveau du groupe SNCF. La CGT, SUD-Rail et CFDT ont appelé à une "grève unitaire" ce jour-là.


Energies renouvelables: coup d'envoi lundi à l'Assemblée, un oeil vers la gauche

Il faut en moyenne en France 5 ans de procédures pour construire un parc solaire, 7 ans pour un parc éolien et 10 ans pour un parc éolien en mer (photo, AFP)
Il faut en moyenne en France 5 ans de procédures pour construire un parc solaire, 7 ans pour un parc éolien et 10 ans pour un parc éolien en mer (photo, AFP)
Short Url
  • En pleine crise énergétique, sur fond de craintes de coupures de courant en janvier, un projet de loi vise à rattraper le grand retard de la France en matière d'énergies renouvelables
  • L'examen en commission s'est passé sans heurt mais avec un revers pour le gouvernement: la suppression d'un article clé visant à limiter certains recours juridiques contre les projets d'énergies renouvelables

PARIS : Après le Sénat, l'Assemblée s'empare lundi du projet de loi pour accélérer l'installation d'éoliennes et de panneaux solaires en France. Face aux «lignes rouges» des députés LR, les macronistes recherchent un «compromis» avec la gauche.

«Le vote du Sénat (qui a approuvé le texte) est de bon augure mais il n'y a aucun vote acquis. Et c'est la première fois depuis le début du quinquennat qu'on se tourne vers la partie gauche de l'Assemblée pour un texte. Ça comprend son lot d'incertitudes», estime le rapporteur Renaissance Pierre Cazeneuve auprès de l'AFP.

En pleine crise énergétique, sur fond de craintes de coupures de courant en janvier, ce projet de loi vise à rattraper le grand retard de la France en matière d'énergies renouvelables (EnR).

Le solaire et l'éolien ne représentent que 19,3% de la consommation finale brute d'énergie, déjà en deçà de l'objectif fixé en 2020 de 23%, et la France reste encore trop dépendante des énergies fossiles importées.

La marche est donc haute pour répondre à l'ambition avancée par Emmanuel Macron d'ici à 2050: la multiplication par dix de la capacité de production d'énergie solaire afin de dépasser les 100 gigawatts (GW) et le déploiement de 50 parcs éoliens en mer pour atteindre 40 GW.

- «Instrumentalisé» -

Défendu par la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, le texte de loi entend lever les «verrous administratifs et de procédures pour diviser par deux le délai de déploiement des projets», décrit-elle.

Sans majorité absolue à l'Assemblée, le gouvernement cherche des alliés pour ce projet de loi, avant un autre texte sur le nucléaire dans les mois qui viennent.

Malgré le large soutien du Sénat à majorité de droite, les macronistes se préparent à une opposition des députés LR, sur une ligne plus ferme que leurs collègues de la chambre haute.

Au Palais Bourbon, les élus LR aimeraient réintroduire des mesures auxquelles le Sénat a en partie renoncé: un droit de veto des maires sur les nouveaux projets, ainsi que l'interdiction des éoliennes en mer à moins de 40 kilomètres des côtes.

Autant de «lignes rouges» sur lesquelles le camp présidentiel n'a pas l'intention de céder.

Le RN veut lui aussi contester le texte, par opposition aux éoliennes, des «énergies intermittentes qui nous rendent dépendants de la météo en plus d'être dépendants d'autres pays», accuse le député Pierre Meurin.

La critique des éoliennes était un leitmotiv de la campagne présidentielle à l'extrême droite et dans une partie de la droite.

«C'est un sujet très instrumentalisé politiquement», estime Pierre Cazeneuve.

«Il y a eu un effet de saturation dans certains départements et un développement un peu anarchique (...). La Somme c'est plus de 10% des éoliennes en France. C'est justement pour ça qu'on fait de la planification», assure le député Renaissance.

A l'Assemblée, le camp présidentiel se tourne donc vers la gauche et le groupe indépendant Liot pour tenter d'obtenir un vote favorable.

- «Insuffisant» -

Les socialistes ont déjà fait part de leur regard «plutôt bienveillant» et les écologistes ne devraient pas voter contre, même s'ils entretiennent le suspense.

A ce stade, le projet de loi «est encore largement insuffisant», affirment les Verts qui demandent «d'accélérer l'équipement des parkings, des toitures, des résidences» en panneaux solaires.

Les insoumis déplorent eux d'être «loin du texte de planification écologique et d’écologie populaire dont le pays a besoin».

L'examen en commission s'est passé sans heurt mais avec un revers pour le gouvernement: la suppression d'un article clé visant à limiter certains recours juridiques contre les projets d'énergies renouvelables. L'exécutif a bien l'intention de réintroduire cet article 4.

Des députés écolos, LR ou RN y voient une menace pour la «biodiversité», ce que conteste le camp présidentiel, qui affirme vouloir éviter des «contentieux qui n'aboutissent pas».

Souvent technique, ce projet de loi aborde une batterie de sujets dont l'agrivoltaïsme, c'est-à-dire l'installation de panneaux solaires sur des terres agricoles, avec un équilibre à trouver entre souverainetés énergétique et alimentaire.

Deux semaines de débat sont prévues avec un temps législatif programmé de 30 heures.

Côté ONG, WWF appelle à «dépasser les postures partisanes» pour «trouver un accord», et Greenpeace plaide pour «renforcer le texte de loi».