Les gares routières françaises, fardeau des «  cars Macron »

Sur les 324 aménagements d’accueil référencés par l'Autorité de régulation des transports (ART), 126 sont considérés comme des gares routières, mais pour la plupart, les prestations sont insuffisantes. (AFP).
Sur les 324 aménagements d’accueil référencés par l'Autorité de régulation des transports (ART), 126 sont considérés comme des gares routières, mais pour la plupart, les prestations sont insuffisantes. (AFP).
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Publié le Vendredi 12 août 2022

Les gares routières françaises, fardeau des «  cars Macron »

  • Dans l'obscurité du terminus de Bercy, faute de places, plusieurs dizaines de personnes attendent sur leurs valises, inhalant un air vicié par les gaz d'échappements
  • Les infrastructures ne se sont pas améliorées depuis l'ouverture à la concurrence du marché de transport en cars par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie

PARIS: "On est traités comme des animaux. L'accès est mauvais, les toilettes sont dégueulasses, l'air est irrespirable": en cette semaine de départs en vacances, Emma, mère de famille habituée des trajets en car, ne mâche pas ses mots pour décrire l'état de la gare routière de Paris-Bercy.

En ce jour de début août, elle n'est d'ailleurs pas la seule à fustiger cette gare austère du douzième arrondissement de Paris par laquelle transitent 12.000 voyageurs par jour l'été, pour des liaisons assurées par les opérateurs Blablacar et Flixbus à prix cassés, à destination des grandes villes européennes.

Dans l'obscurité du terminus de Bercy, faute de places, plusieurs dizaines de personnes attendent sur leurs valises, inhalant un air vicié par les gaz d'échappements, sans véritable point de restauration, dans un endroit sale.

Mais cette gare ne fait pas figure de cas isolé.

La France accuse un lourd retard dans le développement de ses gares routières selon des experts, par rapport à certains voisins européens comme l'Espagne, la Grande-Bretagne ou la Suède qui ont plus souvent des toilettes, un point d'information ou une vraie salle d'attente.

Sur les 324 aménagements d’accueil référencés par l'Autorité de régulation des transports (ART), 126 sont considérés comme des gares routières, mais pour la plupart, les prestations sont insuffisantes, voire inexistantes, se limitant parfois au simple arrêt de bus au bord d'une route.

« Pas à la hauteur »

Les infrastructures ne se sont pas améliorées depuis l'ouverture à la concurrence du marché de transport en cars par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. "En 2015, le service est déjà meilleur à bord que dans la gare. Rien n'a changé", dit Arnaud Aymé, consultant chez Sia Partners.

Un accueil défaillant regretté par les opérateurs eux-mêmes comme un frein à leur activité, alors que la plupart des aménagements sont gérés sans cahier des charges par des acteurs variés, des collectivités aux gestionnaires privés.

"L'infrastructure offerte par les stations de bus en France n'est toujours pas à la hauteur de la qualité de service attendue par les voyageurs et des standards européens", déplore Blablacar, ajoutant que "les coûts de passage et de stationnement sont parfois élevés par rapport à la qualité de l'accueil fourni".

La Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut) axe son réquisitoire sur la notion d'intermodalité, terme signifiant l'utilisation successive de plusieurs modes de transports comme le train et le car.

"On fait rarement un trajet avec un unique mode de transport. On demande que ces gares soient situées à proximité immédiate des gares ferroviaires, des arrêts de transports urbains, des stations de taxis, pour faciliter l'usager", réclame Michel Quidort, vice-président de la Fnaut.

Mais pour l'heure, de plus en plus de terminaux de cars sont déplacés à plusieurs kilomètres des centres-villes et un quart des aires urbaines n'ont toujours pas de véritables aménagements.

« Décision politique »

"Les gares routières se situent de plus en plus en périphérie. C'est souvent une décision politique de certaines municipalités pour limiter les nuisances", confirme M. Aymé.

La mairie de Paris, à défaut de tenir la promesse d'une nouvelle gare en 2024, pilote une concertation sur le long terme.

"On mène une réflexion plus globale, avec la métropole et le Grand Paris, pour repenser la localisation des gares dans la capitale", expose David Belliard, adjoint chargé des transports, qui reconnaît le besoin d'améliorer l'accueil à la gare routière de Bercy en attendant son possible déménagement.

Il est vrai que les transporteurs préfèrent parfois les arrêts en périphéries des grandes villes. "Eloigner la gare routière de l'hyper-centre nous permet d'éviter les risques d'embouteillages et d'avoir une meilleure fiabilité sur nos temps de trajets", déclare Charles Billiard, porte-parole de Flixbus France.

Pour autant, quelques rares villes donnent satisfaction.

A Grenoble, le département de l'Isère a rénové en 2017 la gare routière, offrant aux voyageurs un hall d'attente fermé, à proximité immédiate de la gare ferroviaire.

"On sent un regain de certaines villes pour le car", dit M. Billiard. Flixbus travaille avec la mairie de Bordeaux pour réorganiser ses aménagements.

La demande des voyageurs, en tout cas, est là: cet été, Blablacar et Flixbus dépasseront leurs nombres de passagers de 2019.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.