L’Égyptien Mohammed Tarek, qui prête sa voix à deux films Warner Bros, a «le vent en poupe»

La star égyptienne des réseaux sociaux Mohammed Tarek est dentiste de profession. (Photo fournie)
La star égyptienne des réseaux sociaux Mohammed Tarek est dentiste de profession. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 12 août 2022

L’Égyptien Mohammed Tarek, qui prête sa voix à deux films Warner Bros, a «le vent en poupe»

  • Tarek a toujours rêvé de faire du doublage
  • Il ne se contente pas des réseaux sociaux et du métier de dentiste. Le passage à la profession d’acteur est un changement qu’il prend au sérieux

DUBAÏ: Les créateurs de contenus mènent une vie bien étrange. Prenez la star égyptienne des réseaux sociaux Mohammed Tarek, par exemple. Il est dentiste de profession – il a obtenu son diplôme cette année après six années d’études intensives en Égypte –, mais, pendant son temps libre, il réalise des vidéos comiques, parlant directement à son téléphone, le plus souvent. Il incarne plusieurs personnages en changeant sa voix et, de sa chambre, propose des parodies, assemblant les idées qui lui viennent à l’esprit lorsqu’il se réveille le matin avant d’aller au travail. Si tout le monde le décrit comme une personne humble et normale qui aime passer son temps avec ses amis et sa famille, vous auriez du mal à croire cela si vous le croisiez dans un centre commercial. Là, entouré de ses fans, il devient une superstar.

«Je me souviens encore de la première fois où on m’a interpellé, en 2016», raconte Tarek à Arab News. «Je me promenais avec ma sœur dans le centre commercial lorsqu’une fille s’est approchée de moi. Elle m’a lancé: “Salut! J’adore tes vidéos!” Je lui ai demandé: “Quoi? Tu regardes vraiment mes vidéos?” Et elle m’a répondu: “Oui, j’adorerais prendre une photo avec toi.” J’étais abasourdi. Je lui ai répondu: “Non, c’est moi qui veux prendre une photo avec toi!”»

Se faire arrêter par des inconnus est devenu une habitude pour Mohammed Tarek. (Fourni)
Se faire arrêter par des inconnus est devenu une habitude pour Mohammed Tarek. (Fourni)

Depuis, se faire arrêter par des inconnus est devenu une habitude pour Mohammed Tarek, qui a conquis des légions de fans dans la région, cumulant 4,3 millions d’abonnés sur TikTok, 2,3 sur Instagram et plus d’un demi-million sur YouTube. Il a même attiré l’attention des plus grands studios de cinéma du monde: il prêtera prochainement sa voix à Aquaman dans la version doublée en arabe – et réanimée pour que les bouches des personnages soient synchronisées avec l’arabe parlé – du film d’animation à succès de Warner Bros Krypto et les Super-Animaux. Dans la version anglaise, c’est l’humoriste néo-zélandais Jermaine Clement qui prête sa voix au personnage. Le jeune artiste égyptien ne s’attendait pas du tout à décrocher ce rôle.

«Ce n’est pas la chose la plus étrange qui me soit arrivée, mais c’est assez improbable», se rappelle-t-il. «L’appel que j’ai reçu au cours duquel on m’a proposé le rôle était fou. J’étais assis à l'université en train de travailler et quelqu’un m’a appelé. C’était un numéro inconnu. J’ai répondu et ils m’ont demandé: “Tu veux être Aquaman?” J’ai dit: “Oui, ça me va!”»

Mohammed Tarek prête sa voix à Aquaman (le deuxième personnage à partir de la gauche) dans la version arabe de Krypto et les Super-Animaux. (Photo fournie)
Mohammed Tarek prête sa voix à Aquaman (le deuxième personnage à partir de la gauche) dans la version arabe de Krypto et les Super-Animaux. (Photo fournie)

Tarek a toujours rêvé de faire du doublage. Il a créé des dizaines de personnages qui se moquent des différents archétypes de la culture égyptienne.

«J’ai toujours été fan de doublage. En grandissant, je trouvais impressionnant que les gens puissent faire passer tant d’émotions avec leur seule voix. L’animation est là, bien sûr, pour exprimer quelque chose, mais la voix est l’élément principal. C’est la voix que l’on retient. J’ai grandi en regardant des dessins animés et des films doublés en arabe, alors le fait de pouvoir entrer dans ce monde me permet de boucler la boucle; j’aime ce travail autant que je le pensais», confie Tarek.

Comme pour la plupart des humoristes, au début, le premier public de Tarek était sa famille. Il utilisait son talent pour leur remonter le moral dans les moments difficiles.

«Je suis le benjamin, j’ai deux sœurs aînées. Je me souviens que, un jour, ma sœur est rentrée de l’école en pleurs. Elle était vraiment dévastée. Mon père a essayé de la calmer, mais en vain. Je me suis dit: “Je dois arranger ça.” Alors, je me suis approché d’elle et j’ai croisé mes yeux. Je lui ai lancé: “Hé, regarde-moi!” Elle a éclaté de rire. C’est à ce moment-là que j’ai su ce que je voulais faire dans la vie», confie Tarek.

L’humoriste est né en Arabie saoudite et il s’est installé en Égypte au début de son adolescence. Là-bas, il a utilisé la comédie pour se rapprocher de ses nouveaux camarades de classe, qui étaient très différents de ceux qu’il avait connus et qui, au départ, le harcelaient. Son plan a fonctionné et il a même réussi à conquérir ses professeurs.

Après six ans d’études, Mohammed Tarek a récemment obtenu son diplôme de l’université MSA en Égypte. (Photo fournie)
Après six ans d’études, Mohammed Tarek a récemment obtenu son diplôme de l’université MSA en Égypte. (Photo fournie)

«J’écrivais des chansons sur mes professeurs en prenant les mélodies de chansons populaires et en réécrivant les paroles pour les adapter à chacun d’eux. Cela faisait rire non seulement les élèves, mais aussi les professeurs. Je montais sur l’estrade; ils s’asseyaient devant moi et adoraient ce que je faisais. Mes chansons parodiques étaient devenues un rituel annuel dans notre école», raconte-t-il.

Tarek s’est lancé dans la création de contenus aux débuts de l’ère YouTube et sur la plate-forme de vidéos courtes Vine, qui n’existe plus aujourd’hui. Mais il ne s’attendait pas vraiment à trouver un public au-delà de sa propre maison. «Chacune de mes vidéos avait été vue cinq fois: quatre d’entre elles avaient été visionnées par moi-même, et la dernière par ma mère», se rappelle-t-il en riant.

 

Cependant, en 2016, Mohammed Tarek a réalisé deux parodies dont l’esprit était similaire à celles qu’il avait l’habitude d’écrire sur ses professeurs, reprenant des chansons populaires d’Adele et de Hozier, avec de nouvelles paroles qui épousaient le point de vue de l’un de ses personnages égyptiens. Il trouvait ce qu’il faisait plutôt banal jusqu’à ce que le nombre de vues commence à grimper.

«Je me suis réveillé un jour en me demandant: “Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi est-ce que j’ai cent mille vues?” Cette question est ensuite devenue: “Pourquoi est-ce que j’ai cinq millions de vues? Qu’est-ce qui se passe?” C’est à ce moment-là que les gens ont vraiment commencé à réagir à mes vidéos», explique Tarek.

Alors que sa notoriété grandissait, il a refusé d’abandonner ses projets et de se lancer à part entière dans la création de contenus. Il a donc décidé de poursuivre ses études et de faire des vidéos durant son temps libre. C’est un choix qu’il ne regrette pas, même aujourd’hui qu’il exerce enfin le métier de dentiste. Pour autant, jongler entre son travail et ses vidéos est plus épuisant qu’il ne le reconnaît habituellement auprès des gens.

 

«J’ai beaucoup de camarades qui travaillent dans le domaine des réseaux sociaux et ils sont épuisés par tout ce qu’ils font. J’ai également beaucoup d’amis dentistes, et tous sont éreintés. Aucun d’entre eux ne peut vraiment comprendre ce que je vis. Je suis fatigué d’être un créateur de contenus et je suis fatigué d’être un dentiste tous les jours. Qui fait cela? Chaque fois que je me sens faible, cela me frappe. Mais, pour l’instant, je vais bien», dit-il en souriant. «En ce moment, j’ai le vent en poupe.»

Et Mohammed Tarek ne se contente pas des réseaux sociaux et du métier de dentiste. Le passage à la profession d’acteur avec Krypto et les Super-Animaux est un changement qu’il prend au sérieux et qu’il a l’intention de poursuivre avec beaucoup d’application.

«En ce moment, j’essaie. J’ai commencé à suivre des ateliers de théâtre, ce qui est un grand pas pour moi, car je n’aurais jamais pris cette décision à l’époque. Personne ne l’imagine, mais, en réalité, je suis une personne très timide. J’étais le garçon timide et naïf assis dans un coin parce que je ne voulais pas avoir affaire aux gens. Une partie de moi ne se comprend pas en ce moment, mais cela ne veut pas dire que je vais m’arrêter», indique Tarek.

«J’ignore où je serai dans cinq ans. Je vais continuer à avancer, tout simplement. Si on me propose une audition, j’irai. Je vais saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi. Il faut travailler, vous voyez ce que je veux dire? Je le crois vraiment», déclare-t-il. «Et je sais que cela me mènera là où je suis censé être.»

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.