Birmanie: le chef de la junte se dit prêt à des négociations avec Suu Kyi après son procès

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi (Photo, AFP).
L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 19 août 2022

Birmanie: le chef de la junte se dit prêt à des négociations avec Suu Kyi après son procès

  • Aung San Suu Kyi, 77 ans, prix Nobel de la paix en 1991, a été arrêtée lors du coup d'État militaire du 1er février 2021 qui a renversé son gouvernement
  • Déjà condamnée à un total de onze ans de prison, elle a été condamnée lundi à six années de prison supplémentaires pour des charges de corruption

RANGOUN: Le chef de la junte birmane s'est déclaré vendredi prêt à des négociations avec l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, à l'issue de son procès, pour trouver une solution à la crise déclenchée par le coup d'État militaire de l'an dernier.

"Une fois les procédures contre elle terminées conformément à la loi, nous allons envisager (des négociations) en fonction de sa réponse", a déclaré Min Aung Hlaing dans un communiqué.

Aung San Suu Kyi, 77 ans, prix Nobel de la paix en 1991, a été arrêtée lors du coup d'État militaire du 1er février 2021 qui a renversé son gouvernement et mis fin à une brève période de démocratie en Birmanie.

Elle a été depuis condamnée à un total de 17 ans de prison pour une multitude de charges et risque des décennies de prison supplémentaires si elle est reconnue coupable d'autres infractions dans le cadre d'un procès à huis clos devant un tribunal militaire.

Déjà condamnée à un total de onze ans de prison, elle a été condamnée lundi à six années de prison supplémentaires pour des charges de corruption.

Les journalistes n'ont pas pu assister aux procédures, ses avocats n'ont pas pu s'exprimer devant la presse et la junte n'a fourni aucune indication sur la date de la fin de ses procès.

En juillet, un porte-parole de la junte avait déclaré à l'AFP qu'il n'était pas "impossible" que le régime militaire engage un dialogue avec Suu Kyi. "Nous ne pouvons pas dire que (des négociations avec Suu Kyi) sont impossibles", avait déclaré Zaw Min Tun.

Cette semaine, l'envoyée spéciale de l'Onu Noeleen Heyzer a effectué son premier voyage en Birmanie depuis sa nomination en octobre 2021 et a rencontré Min Aung Hlaing et d'autres responsables de la junte.

Elle a appelé à la fin de toute violence et à la libération de tous les prisonniers politiques, et demandé à pouvoir rencontrer Aung San Suu Kyi, qui est à l'isolement dans une prison de la capitale.

Mais elle n'a pas pu la rencontrer et les organisations de défense des droits de l'Homme ont estimé qu'il y avait peu de chances que sa visite persuade les militaires d'engager un dialogue avec les opposants.

Suu Kyi demeure une figure respectée pour sa courageuse opposition à une précédente dictature militaire, même si sa réputation internationale a pâti depuis qu'elle a gouverné le pays dans le cadre d'un partage du pouvoir avec les généraux après la victoire de son parti la Ligue nationale pour la Démocratie aux élections de 2015.

Les opposants actuellement engagés dans des affrontements avec les forces de la junte estiment que leur mouvement devrait aller plus loin que celui mené par Suu Kyi il y a des décennies.

Les dissidents actuels proclament que leur objectif est de déraciner d'une manière permanente l'emprise des militaires sur la vie politique du pays.

Les efforts diplomatiques entrepris par les dix pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) dont la Birmanie est membre n'ont pas réussi jusqu'à présent à mettre fin au conflit.

En 2021, l'Asean avait approuvé un "consensus en cinq points" appelant à une cessation de la violence et à un dialogue constructif, mais la junte l'a largement ignoré.

Plus de 2.200 personnes ont été tuées et plus de 15.000 arrêtées dans la répression exercée par les militaires à l'encontre des dissidents depuis le coup d'Etat, selon une organisation locale de surveillance des droits humains.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.