Taïwan va augmenter ses dépenses militaires à un niveau record

Cette photo d'archive prise le 6 janvier 2022 montre des soldats taïwanais prenant part à un exercice sur une base militaire à Kaohsiung. (AFP)
Cette photo d'archive prise le 6 janvier 2022 montre des soldats taïwanais prenant part à un exercice sur une base militaire à Kaohsiung. (AFP)
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Taïwan va augmenter ses dépenses militaires à un niveau record

  • Taipei a proposé un nouveau budget militaire de 415,1 milliards de dollars de Taïwan (13,7 milliards d'euros) pour l'an prochain, soit une hausse de 13% par rapport à l'année dernière
  • «Afin de protéger la sécurité nationale, le budget global de la défense pour l'année prochaine atteindra 586,3 milliards de dollars Tw, un niveau record», a déclaré un porte-parole, citant le premier ministre Su Tseng-chang

TAIPEI : Taïwan a annoncé jeudi prévoir une hausse de son budget militaire, qui va atteindre un niveau sans précédent, dans un contexte de vives tensions avec la Chine qui a effectué ce mois-ci des manoeuvres militaires sans précédent au large des côtes de l'île.

Taipei a proposé un nouveau budget militaire de 415,1 milliards de dollars de Taïwan (13,7 milliards d'euros) pour l'an prochain, soit une hausse de 13% par rapport à l'année dernière. Cette somme record doit être approuvée par le Parlement.

Un budget spécial sera également affecté notamment à l'acquisition d'avions de chasse, a précisé l'organe en charge des budgets, dans un communiqué.

"Afin de protéger la sécurité nationale, le budget global de la défense pour l'année prochaine atteindra 586,3 milliards de dollars Tw, un niveau record", a déclaré un porte-parole, citant le premier ministre Su Tseng-chang.

Les manoeuvres militaires de grande ampleur engagées ce mois-ci par la Chine - à la suite de la visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi à Taipei - ont accentué les tensions dans le détroit de Taïwan à leur plus haut niveau depuis des années, renforçant les craintes que Pékin n'emploie la force pour prendre le contrôle de l'île qu'il considère comme sienne.

Les bruits de bottes de Pékin se sont intensifiés sous la gouverne du président Xi Jinping, et l'invasion de l'Ukraine par la Russie a prouvé que les menaces verbales émanant d'une puissance autoritaire voisine pouvaient devenir concrètes.

Taipei reste largement en infériorité numérique vis-à-vis de Pékin, avec 88.000 forces terrestres contre un million pour la Chine, selon les estimations du Pentagone.

Le territoire a modernisé sa flotte vieillissante de chasseurs ces dernières années, sur fond de craintes croissantes d'une action militaire de la Chine et de la pression constante exercée via des incursions chinoises plus fréquentes dans sa zone d'identification de défense aérienne (Adiz).

L'année dernière, Taïwan a enregistré environ 950 incursions d'avions de guerre chinois dans sa zone de défense aérienne, selon une base de données compilée par l'AFP, soit plus du double des quelque 380 en 2020.


Les négociations sur un accord mondial sur les pandémies débuteront en février 2023

Le siège de l’OMS, à Genève (Photo, AFP).
Le siège de l’OMS, à Genève (Photo, AFP).
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  • L'annonce intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l'apparition de la Covid-19 en Chine
  • Le processus pour trouver un accord de lutte contre la pandémie a été lancé fin 2021 à l'unanimité des membres de l'OMS

GENEVE: Les négociations sur un projet d'accord mondial pour mieux combattre la prochaine pandémie débuteront fin février 2023, a annoncé mercredi l'OMS.

Les 194 Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé, réunis à Genève depuis trois jours, ont convenu "d'élaborer le premier projet d'un accord juridiquement contraignant conçu pour protéger le monde contre de futures pandémies", souligne un communiqué.

"Ce 'projet préliminaire conceptuel' de l'accord sur la pandémie, ancré dans la Constitution de l'OMS, sera discuté par les Etats membres" le 27 février 2023, précise l'Organisation.

L'annonce intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l'apparition de la Covid-19 en Chine, avant qu'il ne se répande dans le monde entier provoquant la pire pandémie depuis un siècle.

Elle a fait des millions de morts, coûté des milliers de milliards de dollars et mis à nu les inégalités d'accès aux soins et aux médicaments. Et elle continue de sévir.

Le bureau de l'organe intergouvernemental de négociation, qui est composé d'un délégué de chacune des six régions de l'OMS, sera chargé d'élaborer le texte ou "brouillon zéro" qui servira de base aux négociations des Etats membres.

Le processus pour trouver un accord de lutte contre la pandémie a été lancé fin 2021 à l'unanimité des membres de l'OMS.

Le projet est d'adopter un texte contraignant juridiquement au printemps 2024.

"La décision de nous confier la tâche d'élaborer un avant-projet d'accord sur la pandémie représente une étape majeure sur la voie d'un monde plus sûr", a affirmé Roland Driece, l'un des membres du Bureau de l'organe international de négociation.

Sa collègue Precious Matsoso a indiqué pour sa part que "les représentants du gouvernement ont souligné que tout futur accord sur la pandémie devrait tenir compte de l'équité, renforcer la préparation, assurer la solidarité, promouvoir une approche pansociétale et pangouvernementale, et respecter la souveraineté des pays."

"Il y a beaucoup de choses qui doivent changer avant que nous ne le validions. C'est la même chose pour beaucoup d'Etats membres - probablement la plupart", a déclaré aux journalistes la négociatrice en chef américaine, Pamela Hamamoto, en référence au "brouillon zéro".

Peter Sands, qui dirige le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme juge pour sa part que "l'existence d'un beau traité (...) n'aura qu'un impact partiel sur l'efficacité de notre réponse".


RDC: Quatre morts dans des affrontements intercommunautaires en Ituri

Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la RDC (Photo, AFP).
Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la RDC (Photo, AFP).
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  • Ces affrontements à l'arme à feu ont opposé durant deux jours en début de semaine des jeunes Bira à des Hema dans la chefferie de Baboa-Bokowe
  • Souvent secouée par des conflits intercommunautaires, la région aurifère d'Ituri a renoué avec les violences depuis 2017 avec l’avènement de la milice Codeco

BUNIA: Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont indiqué mercredi des sources locales.

Ces affrontements à l'arme à feu ont opposé durant deux jours en début de semaine des jeunes Bira à des Hema dans la chefferie (ensemble de villages) de Baboa-Bokowe, à 10 km de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Selon Jonas Zorabo Lemi, responsable de cette chefferie, on a enregistré quatre morts, deux blessés et un important déplacement de population vers des zones plus sécurisées.

Le puits au centre du conflit était utilisé comme latrines dans la parcelle d'un membre de la communauté Bira avant d'être transformé en une sorte de carrière artisanale. Les filons d'or se prolongeant en grande partie dans la parcelle d'un Hema, ce dernier, soutenu par des membres de sa communauté, tentait de refuser l'accès aux jeunes Bira.

Cette situation a créé une "tension entre la jeunesse Bira et la jeunesse Hema", a expliqué M. Zorabo Lemi.

Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri, a confirmé dans un communiqué qu'un "conflit foncier autour d'un gisement aurifère dans une parcelle" avait provoqué des morts.

Le gouverneur de province, le lieutenant général Johnny Luboya, a "condamné" cet incident qui a causé "une panique généralisée à travers tous les villages environnants". "Les fauteurs de troubles et porteurs d'armes illégaux se verront poursuivis par la justice", a-t-il prévenu.

Souvent secouée par des conflits intercommunautaires, la région aurifère d'Ituri a renoué avec les violences depuis 2017 avec l’avènement de la milice Codeco, qui prétend défendre les intérêts de la communauté Lendu contre les Hema et contre les forces de sécurité.

Des groupes armés actifs dans cette région et d'autres provinces de l'est de la RDC ont pris part à Nairobi aux pourparlers avec le gouvernement de Kinshasa qui se sont achevés mardi. Une prochaine session de discussions est prévue en janvier.


L'Allemagne démantèle un réseau armé qui voulait fondre sur le Bundestag

L'Allemagne démantèle un réseau armé qui voulait fondre sur le Bundestag
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  • Au petit matin, 25 personnes ont été arrêtées lors d'un vaste coup de filet dans tout le pays
  • Selon les médias, il s’agit de la plus importante opération policière de ce type jamais réalisée en Allemagne

BERLIN: Un prince, d'anciens soldats d'élite, une ressortissante russe et une ex-députée d'extrême droite : tel est le sulfureux casting d'un groupuscule complotiste, prêt à renverser les institutions démocratiques allemandes, dont les plans ont été déjoués mercredi.

Cette cellule nourrie à l'idéologie des "Reichsbürger" (Citoyens du Reich, ndlr), une mouvance extrémiste qui a pris de l'ampleur avec les restrictions sanitaires, s'était construite avec une organisation quasi gouvernementale, en vue d'un coup d'Etat.

"Elle s'était dotée d'un conseil avec des personnes déjà désignées pour certains portefeuilles ministériels (...) et d'un bras militaire avec une nouvelle armée allemande", a décrit le procureur antiterroriste Peter Frank, au cours d'un point presse à Karlsruhe (ouest).

Plus tard, il a précisé à la chaîne ARD que les préparatifs du groupe étaient "à un stade avancé", bien qu'aucune date n'ait été fixée. "Nous sommes sûrs qu'ils seraient passés à l'action", a-t-il ajouté.

Fondé "au plus tard fin 2021", le groupuscule avait "pour objectif de venir à bout de l'ordre étatique existant en Allemagne", un projet ne pouvant être réalisé "que par l'utilisation de moyens militaires et de la violence contre les représentants de l'Etat".

Au petit matin, 25 personnes ont été arrêtées lors d'un vaste coup de filet dans tout le pays, une interpellation a eu lieu en Autriche et une autre en Italie. L'enquête vise au total 52 personnes.

La justice les soupçonne d'"avoir fait des préparatifs concrets pour pénétrer violemment dans le Bundestag allemand", la chambre des députés à Berlin, "avec un petit groupe armé", selon un communiqué du parquet. Un scénario qui rappelle l'assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump aux Etats-Unis.

«Profondément inquiet»

Quelque 3.000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés et plus de 130 perquisitions ont été effectuées dans ce que les médias ont décrit comme la plus importante opération policière de ce type jamais réalisée en Allemagne.

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit "profondément inquiet" face à ce complot, estimant qu'un "nouveau niveau" avait été atteint.

Sont cités par la justice en tant que meneurs présumés : "Henri XIII P. R." et "Rüdiger v. P.".

Le premier, identifié par la presse allemande comme étant le Prince Reuss, descendant d'une lignée de souverains de l'Etat régional de Thuringe (est), est un entrepreneur septuagénaire.

Arrêté à Francfort, il possédait également un château près de Bad Lobenstein, dans le centre de l'Allemagne, qui a été perquisitionné.

Le second est, selon les médias, un ex-lieutenant colonel de la Bundeswehr, commandant d'un bataillon de parachutistes dans les années 1990 et fondateur d'un commando d'Unité des forces spéciales (KSK).

D'autres militaires sont impliqués dans le complot, dont un qui a encore des fonctions, membre du KSK, a précisé un porte-parole du ministère de la Défense, Arne Collatz.

Autre protagoniste, la Russe "Vitalia B.", identifiée par la presse allemande comme étant la compagne de Henri XIII, a, selon les procureurs, servi d'intermédiaire pour tenter de prendre contact avec les autorités russes en vue d'un éventuel soutien.

Le Kremlin a pour sa part fermement démenti mercredi toute "ingérence russe" dans ce dossier.

Juge à Berlin

Les autorités ont également interpellé une magistrate, Birgit Malsack-Winkemann, une ancienne députée du parti d'extrême droite AFD qui a siégé au Bundestag entre 2017 et 2021.

Sans la nommer directement, le procureur Peter Frank a dit qu'"une ancienne députée du Bundestag était pressentie pour le portefeuille de la Justice" dans le gouvernement des complotistes.

Une procédure a été engagée pour la démettre de ses fonctions de juge à Berlin.

Après leur coup d'Etat, les conspirateurs avaient imaginé placer le Prince Reuss à la tête de leur exécutif.

Au moins quatre réunions ont eu lieu au cours de l'été afin d'étendre le réseau, selon le parquet, les effort de recrutement ayant en particulier visé les policiers et les militaires.

La branche militaire de la cellule criminelle était chargée d'acheter des armes et d'organiser des entraînements.

Les autorités allemandes ont classé ces dernières années la violence d'extrême droite au premier rang des menaces à l'ordre public, avant le risque jihadiste.

Au printemps, elles avaient démantelé un autre groupuscule d'extrême droite, soupçonné d'avoir projeté des attentats et l'enlèvement du ministre de la Santé, à l'origine des mesures de restriction anti-Covid.

Sur les quelque 20.000 militants estimés de la mouvance des Reichsbürger en Allemagne, une frange s'est radicalisée, intégrant notamment des négationnistes et envisageant le recours à l'action violente.