Le pape François prépare l'avenir en créant vingt cardinaux

L'assistant du pape Sandro Mariotti et le préfet de la Maison pontificale, Monseigneur Leonardo Sapienza, aident le pape François à s'asseoir sur son fauteuil roulant alors qu'il part à la fin de l'audience générale hebdomadaire le 17 août 2022 au Vatican (Photo, AFP).
L'assistant du pape Sandro Mariotti et le préfet de la Maison pontificale, Monseigneur Leonardo Sapienza, aident le pape François à s'asseoir sur son fauteuil roulant alors qu'il part à la fin de l'audience générale hebdomadaire le 17 août 2022 au Vatican (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Le pape François prépare l'avenir en créant vingt cardinaux

  • Ce consistoire, le huitième du pontificat de François depuis son élection en 2013, intervient sur fond de spéculations sur une possible renonciation du pape de 85 ans
  • Fait rare, la cérémonie sera suivie d'une réunion de deux jours avec tous les cardinaux du monde entier

CITE DU VATICAN: Le pape François, qui a laissé la "porte ouverte" à une renonciation en raison de sa santé déclinante, va créer samedi 20 nouveaux cardinaux de tous les continents, une étape clé dans la préparation de sa succession.

Ce consistoire, le huitième du pontificat de François depuis son élection en 2013, intervient sur fond de spéculations sur une possible renonciation du pape de 85 ans, contraint depuis plusieurs mois de se déplacer en fauteuil roulant en raison de douleurs au genou.

Fait rare, la cérémonie sera suivie d'une réunion de deux jours avec tous les cardinaux du monde entier, que le pontife argentin a tenu à réunir pour évoquer la nouvelle "Constitution" du Vatican, entrée en vigueur en juin.

Samedi à 16H00 (14H00 GMT), le pape créera 20 nouveaux cardinaux lors d'une cérémonie à la basilique Saint-Pierre de Rome, parmi lesquels 16 - ceux qui sont âgés de moins de 80 ans - pourront participer à l'élection de son successeur.

La nomination de ces hauts prélats est scrutée par les observateurs qui y voient une indication sur la possible ligne du futur chef spirituel de l'Eglise catholique et de ses 1,3 milliard de fidèles.

A l'issue de ce consistoire, le premier depuis novembre 2020, le pape François aura ainsi choisi près de 90 cardinaux sur le total actuel de 132 électeurs, soit environ 68%. Une tendance pouvant peser sur la majorité des deux tiers nécessaire pour élire un nouveau pape, même si ce choix est toujours imprévisible.

«Internationalisation»

"On a toujours l'impression qu'il va y avoir une continuité, mais en réalité l'Histoire dit exactement l'inverse", tempère auprès de l'AFP le vaticaniste Bernard Lecomte, rappelant le "mouvement de balancier automatique" entre les papes à la tendance "progressiste" et ceux plus "conservateurs" tout au long du XXe siècle.

Sensible aux "périphéries", aux communautés minoritaires et à l'évangélisation sur le terrain, le jésuite argentin a cette fois choisi deux Africains et cinq Asiatiques parmi lesquels deux Indiens, confirmant la montée en puissance de ce continent.

Ce consistoire "confirme l'internationalisation du gouvernement de l'Eglise, que Jean Paul II avait initiée en son temps", explique M. Lecomte, auteur de "Ces chrétiens qui ont changé le monde". Il est également "représentatif de l'Eglise d'aujourd'hui, avec une large place à l'hémisphère sud", où vivent 80% des catholiques.

Parmi les nominations notables figure celle de l'Américain Robert McElroy, évêque de San Diego en Californie considéré comme progressiste pour ses positions sur les catholiques homosexuels et le droit à l'avortement.

Plus inattendu, le choix du missionnaire italien Giorgio Marengo, exerçant en Mongolie, qui deviendra à 48 ans le plus jeune cardinal du monde.

A leurs côtés figurent Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, qui devient le cinquième Français du collège cardinalice. Mais aussi le Nigérian Peter Okpaleke, le Brésilien Leonardo Ulrich Steiner ou encore Virgilio Do Carmo Da Silva, archevêque de Dili (Timor Oriental).

Trois futurs cardinaux occupent déjà des fonctions dans la Curie, le "gouvernement" du Vatican: le Britannique Arthur Roche, le Coréen Lazzaro You Heung-sik, et l'Espagnol Fernando Vérgez Alzaga.

Série de réformes

Initialement nommé, le Belge Lucas Van Looy, évêque émérite de Gand âgé de 80 ans, a renoncé à ce titre en raison des critiques sur sa gestion de cas de pédocriminalité dans le clergé.

Comme de coutume, les futurs cardinaux s'agenouilleront devant le pape pour recevoir leur barrette pourpre, une couleur rappelant le sang du Christ versé sur la croix. La cérémonie sera suivie de la traditionnelle "visite de courtoisie" au Vatican, qui permet au public de saluer les nouveaux cardinaux.

François a récemment accéléré ses réformes de la Curie et de ses finances pour y introduire davantage de transparence.

Les spéculations sur sa santé ont été relancées par son déplacement prévu dimanche dans la ville italienne de l'Aquila où se trouve la tombe de Célestin V, premier pape démissionnaire au XIIIe siècle.

S'il a balayé la possibilité d'une démission immédiate, Jorge Bergoglio a toujours laissé "ouverte" la possibilité de suivre la voie de son prédécesseur Benoit XVI à moyen ou long terme, si ses forces ne lui permettaient plus d'exercer ses fonctions.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.