Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
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Publié le Vendredi 26 août 2022

Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

  • Netanyahou rejoint la liste grandissante de politiciens israéliens fustigeant les puissances occidentales au sujet du nouvel accord nucléaire avec l’Iran
  • Selon lui, le «régime terroriste le plus dangereux» est récompensé par des armes de destruction massive et «de l’argent pour poursuivre son agression»

DUBAÏ: Benjamin Netanyahou, l’ancien Premier ministre israélien, a tiré la sonnette d’alarme quant à la possibilité qu’un Iran doté de l’arme nucléaire poursuive son agression contre Israël, les États du Golfe et «tous les autres en toute impunité» si le nouvel accord nucléaire proposé se concrétise.

Il a qualifié de «très très dangereuse» l’idée que l’Iran dispose d’un parapluie nucléaire, sans compter la possibilité que les Iraniens «puissent effectivement utiliser des armes nucléaires pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale».

L’avertissement de Netanyahou a été lancé lors d’une interview avec Al Arabiya TV mercredi, alors que des informations indiquent que les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord visant à rétablir l’accord de 2015 après près de dix-sept mois de négociations indirectes à Vienne.

«Eh bien, je crains qu’il semble que ce soit un accord conclu. Et c’est un très, très mauvais accord», a déclaré Netanyahou à Al Arabiya. «Mauvais pour Israël, mauvais pour les États du Golfe, mauvais pour le Moyen-Orient, mauvais pour le monde. Parce que l’Iran obtient une autoroute pavée d’or vers un arsenal nucléaire et qu’ils ne cachent pas leurs tentatives pour nous détruire. Pour conquérir le Moyen-Orient.»

«Je pense que c’est un développement grave. C’est une grave erreur. L’Iran obtient fondamentalement la capacité d’avoir 3 500 centrifugeuses avancées, 10 fois à 20 fois plus avancées que les quelques milliers qu’ils ont aujourd’hui. Et ils peuvent commencer à les développer dans les deux ans.»

Des responsables américains ont exprimé leur optimisme concernant les derniers efforts déployés dans le but de relancer le Plan d’action global conjoint (JCPOA), que les États-Unis ont quitté en 2018 sous le président de l’époque Donald Trump, et que l’Iran viole de plus en plus depuis 2019.

Au dernier décompte public de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran disposait d’un stock d’environ 3 800 kg d’uranium enrichi. Plus inquiétant encore pour les experts en non-prolifération, l’Iran enrichit l’uranium jusqu’à 60% de pureté – un niveau qu’il n’avait pas atteint auparavant. Une courte étape technique seulement le sépare du niveau de pureté militaire de 90%.

L’Union européenne a déclaré le 16 août 2022 qu’elle étudiait la réponse de l’Iran à un projet d’accord «final» visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 (Photo, AFP/Image satellite @2021 Maxar Technologies).

Selon les médias américains, l’administration Biden a relayé sa réponse aux commentaires de l’Iran sur le projet de proposition de restauration de l’accord, plus d’une semaine après que l’Iran a envoyé sa réponse à ce que le haut diplomate de l’UE, Josep Borrell, a appelé «un texte final».

«Ils obtiendront des centaines de milliards de dollars à la fin de l’accord en moins d’une décennie pour leur terreur et leur agression», a déclaré Netanyahou, ajoutant que «le régime terroriste le plus dangereux sur Terre» se voit «récompensé, à la fois en armes de mort massive et en sommes d’argent énormes, pour poursuivre son agression».

Il a poursuivi: «Il n’y a pas de véritables inspections. Ils n’ont pas à arrêter le programme de missiles. Ils n’ont pas besoin de montrer qu’ils neutralisent le programme d’armement. En d’autres termes, ils obtiennent tout. On ne leur demande pas de changer leur comportement, leur parrainage du terrorisme au Moyen-Orient, dans le monde entier. On leur demande de ne rien faire, et ils ont tout en retour. C’est un mauvais accord.»

Netanyahou figure parmi de nombreux responsables gouvernementaux israéliens anciens et actuels qui ont critiqué l’accord nucléaire naissant. Mercredi, Yair Lapid, le Premier ministre israélien, a appelé le président américain, Joe Biden, à annuler l’accord, indiquant: «Les pays de l’Occident tracent une ligne rouge, les Iraniens l’ignorent et la ligne rouge se déplace.»

Il a précisé que l’accord proposé «ne correspond pas aux normes fixées par Biden lui-même: Empêcher l’Iran de devenir un état nucléaire» tout en prévenant que les fonds gelés que l’Iran recevrait dans le cadre de l’accord relancé – dont la somme est estimée à plus de 100 milliards d’euros – permettraient au régime de Téhéran de financer des activités encore plus malignes au Moyen-Orient.

Naftali Bennet, un autre ancien Premier ministre, a exhorté l’administration de Biden à ne pas signer l’accord, «même maintenant, à la dernière minute». Il a affirmé que l’accord, s’il était adopté, enverrait «environ un quart de trillion d’euros dans la poche de l’administration terroriste iranienne et de ses mandataires régionaux».

Le secrétaire général adjoint du Service européen d’action extérieure (SEAE), Enrique Mora (au centre), et le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani (Photo, AFP).

Dans son interview avec Al Arabiya, Netanyahou a fait allusion à l’opération clandestine des services de renseignement israéliens qui a vu une quantité énorme de dossiers nucléaires sortir en douce d’un entrepôt secret de Téhéran début 2018, un incident confirmé par Hassan Rouhani durant les derniers jours de sa présidence en Iran en 2021.

«Lorsque nous avons apporté ces archives atomiques secrètes de l’Iran en Israël, nous avons découvert qu’il y a deux décennies, en 2003, il y a presque vingt ans, l’Iran travaillait déjà à avoir cinq armes nucléaires. Du genre de celles qui ont détruit Hiroshima. Cinq. C’est ce qu’ils essayaient de faire il y a vingt ans», a-t-il déclaré.

Balayant la fatwa orale émise par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, en octobre 2003, interdisant la production et l’utilisation de toute forme d’arme de destruction massive, Netanyahou a ajouté: «Ils peuvent émettre 100 fatwas. Ce ne sont que des mensonges. Ils mentent comme des arracheurs de dents là-bas.»

«Ils veulent et se préparent à développer des armes nucléaires. Et les États-Unis, dans leur cœur et peut-être même dans leur tête, savent qu’ils ne sont pas en train d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Leur objectif est de contenir l’Iran une fois qu’il aura l’arme nucléaire.»

Mais un pays aussi important que les États-Unis, peut-il commettre une si grosse erreur? «Malheureusement, c’est arrivé dans le passé», a déclaré Netanyahou.

«Il a fallu beaucoup de temps pour les faire sortir de cet accord dangereux. Dans un moment de franchise, le président Obama a déclaré lors d’une interview à la télévision américaine qu’en 2027, avec l’accord qu’il avait signé, l’Iran serait proche du temps T pour sortir deux bombes nucléaires.

«C’est dans cinq ans. Ils leur donnent aujourd’hui les moyens de le faire. Cela n’a tout simplement aucun sens. Si l’on pense que cela ne se produira pas parce que l’Iran a signé un papier, je vous dirai deux choses. Tout d’abord, ils mentent, ils trichent. Mais même s’ils ne mentent pas, même s’ils respectent l’accord, cet accord est très dangereux parce qu’il leur dit, allez-y.»

Les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour dernièrement (Photo, AFP).

S’en prenant à l’administration Biden pour être «revenue à un accord encore plus dangereux», il a annoncé: «c’est peut-être une question d’argent. Ils pensent peut-être qu’il y a un gain à court terme. Mais de permettre à ce régime dangereux de disposer de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) – sur lesquels l’Iran travaille et qui sont équipés d’ogives nucléaires pouvant atteindre n’importe quelle ville américaine – est le comble de la folie.

«Ce n’est pas seulement mauvais pour nos pays, c’est mauvais pour l’Amérique.»

Depuis la prise de fonction du président Biden en janvier 2021, et l’ordre de la reprise des négociations avec l’Iran en avril, les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour.

Soulignant l’écart entre leurs positions lors de l’interview, Netanyahou a déclaré: «Même si les États-Unis sont un allié indispensable, notre allié le plus important, ils commettent une erreur. Ils ne nous lient pas. Nous n’allons pas soumettre notre avenir et notre existence à une politique erronée.»

Faisant référence à la décision de l’administration Trump de se retirer du JCPOA et d’autres actions, Netanyahou a déclaré: «Lorsque nous avons exercé la pression politique qui a finalement abouti à des sanctions américaines paralysantes, nous avons vu une réduction de la quantité d’argent, des fonds qui allaient aux mandataires de l’Iran, comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique.»

«Nous avons assisté à une énorme crise financière. Ils n’avaient pas l’argent pour acheter les armes, pour payer leurs militants, etc. Ce qu’ils ont maintenant, c’est une autoroute pavée d’or. Ils vont recevoir des centaines de milliards d’euros en peu de temps, et cela va les aider à financer leurs différents mandataires.»

Netanyahou a pointé du doigt les attaques des Houthis, soutenus par l’Iran, contre des installations civiles en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

«Qui paie les Houthis? L’Iran. Qu’auront-ils maintenant? Ils auront plus d’argent pour les payer, tout comme ils auront de l’argent pour payer leurs autres mandataires», a-t-il déclaré. «Donc, il n’y a aucun sens à cela. Il n’y a aucune logique là-dedans. C’est contre la paix. C’est contre la sécurité. C’est contre notre avenir.»

Développant la nature de ce qu’il considère comme la menace iranienne, il a déclaré: «Vous distinguer entre les capacités de l’Iran à créer la terreur et les capacités nucléaires. Il s’agit de deux choses différentes. La chose la plus dangereuse de loin – même si les organisations terroristes, leurs mandataires sont dangereux – est que l’Iran développe un arsenal d’armes nucléaires et les moyens de les livrer à diverses cibles, y compris nos pays.»

Se tournant vers l’avenir, Netanyahou a déclaré qu’il y avait «une bonne chance» qu’il redevienne le prochain Premier ministre d’Israël. «Je reviendrai à la politique de blocage actif du programme d’armes nucléaires de l’Iran», a-t-il déclaré.

«Partout où je vais, je parlerai et dirai que c’est quelque chose qu’Israël fait certainement pour lui-même, mais c’est aussi quelque chose que nous faisons pour toute l’humanité, pour toutes les nations éprises de paix dans le monde, parce que vous avez un régime radical d’ayatollahs qui nous menace tous, c’est quelque chose qu’aucun de nous ne peut permettre.

«Cela doit être arrêté et je ferai tout ce qui est nécessaire. Je ne peux pas divulguer ce que nous pourrions faire, et ce que nous ferions, lorsque le besoin se fera sentir. Et malheureusement, le besoin approche.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
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  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.


Cinq morts dans l'effondrement d'un immeuble au Liban 

Le président libanais Joseph Aoun a demandé la mobilisation de tous les services d'urgence pour fournir notamment "un abri aux résidents de l'immeuble ainsi qu'à ceux des bâtiments voisins qui ont été évacués", a indiqué son bureau dans un communiqué. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a demandé la mobilisation de tous les services d'urgence pour fournir notamment "un abri aux résidents de l'immeuble ainsi qu'à ceux des bâtiments voisins qui ont été évacués", a indiqué son bureau dans un communiqué. (AFP)
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  • Le bâtiment, ancien, se trouvait dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh, où les forces de sécurité ont évacué les immeubles voisins par précaution, a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI)
  • "Huit personnes ont été secourues jusqu'à présent", a-t-elle ajouté, précisant que cinq autres, dont un enfant et une femme âgée, étaient mortes

BEYROUTH: Au moins cinq personnes ont été tuées dimanche dans l'effondrement d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les secouristes sont à la recherche de survivants de cet incident, le deuxième du genre en quelques semaines, a rapporté l'agence officielle ANI.

Le bâtiment, ancien, se trouvait dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh, où les forces de sécurité ont évacué les immeubles voisins par précaution, a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI).

"Huit personnes ont été secourues jusqu'à présent", a-t-elle ajouté, précisant que cinq autres, dont un enfant et une femme âgée, étaient mortes.

Le chef de la Défense civile, Imad Khreish, a indiqué à la presse locale que le bâtiment comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements.

Le président libanais Joseph Aoun a demandé la mobilisation de tous les services d'urgence pour fournir notamment "un abri aux résidents de l'immeuble ainsi qu'à ceux des bâtiments voisins qui ont été évacués", a indiqué son bureau dans un communiqué.

Fin janvier, un autre immeuble de Tripoli s'était effondré, causant des morts.

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risques à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.

Elle précisait que la crise économique persistante privait "les habitants des moyens de financer des réparations ou un autre logement" et exhortait les autorités à "évaluer d'urgence la sécurité des bâtiments dans tout le pays".