Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
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Publié le Vendredi 26 août 2022

Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

  • Netanyahou rejoint la liste grandissante de politiciens israéliens fustigeant les puissances occidentales au sujet du nouvel accord nucléaire avec l’Iran
  • Selon lui, le «régime terroriste le plus dangereux» est récompensé par des armes de destruction massive et «de l’argent pour poursuivre son agression»

DUBAÏ: Benjamin Netanyahou, l’ancien Premier ministre israélien, a tiré la sonnette d’alarme quant à la possibilité qu’un Iran doté de l’arme nucléaire poursuive son agression contre Israël, les États du Golfe et «tous les autres en toute impunité» si le nouvel accord nucléaire proposé se concrétise.

Il a qualifié de «très très dangereuse» l’idée que l’Iran dispose d’un parapluie nucléaire, sans compter la possibilité que les Iraniens «puissent effectivement utiliser des armes nucléaires pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale».

L’avertissement de Netanyahou a été lancé lors d’une interview avec Al Arabiya TV mercredi, alors que des informations indiquent que les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord visant à rétablir l’accord de 2015 après près de dix-sept mois de négociations indirectes à Vienne.

«Eh bien, je crains qu’il semble que ce soit un accord conclu. Et c’est un très, très mauvais accord», a déclaré Netanyahou à Al Arabiya. «Mauvais pour Israël, mauvais pour les États du Golfe, mauvais pour le Moyen-Orient, mauvais pour le monde. Parce que l’Iran obtient une autoroute pavée d’or vers un arsenal nucléaire et qu’ils ne cachent pas leurs tentatives pour nous détruire. Pour conquérir le Moyen-Orient.»

«Je pense que c’est un développement grave. C’est une grave erreur. L’Iran obtient fondamentalement la capacité d’avoir 3 500 centrifugeuses avancées, 10 fois à 20 fois plus avancées que les quelques milliers qu’ils ont aujourd’hui. Et ils peuvent commencer à les développer dans les deux ans.»

Des responsables américains ont exprimé leur optimisme concernant les derniers efforts déployés dans le but de relancer le Plan d’action global conjoint (JCPOA), que les États-Unis ont quitté en 2018 sous le président de l’époque Donald Trump, et que l’Iran viole de plus en plus depuis 2019.

Au dernier décompte public de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran disposait d’un stock d’environ 3 800 kg d’uranium enrichi. Plus inquiétant encore pour les experts en non-prolifération, l’Iran enrichit l’uranium jusqu’à 60% de pureté – un niveau qu’il n’avait pas atteint auparavant. Une courte étape technique seulement le sépare du niveau de pureté militaire de 90%.

L’Union européenne a déclaré le 16 août 2022 qu’elle étudiait la réponse de l’Iran à un projet d’accord «final» visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 (Photo, AFP/Image satellite @2021 Maxar Technologies).

Selon les médias américains, l’administration Biden a relayé sa réponse aux commentaires de l’Iran sur le projet de proposition de restauration de l’accord, plus d’une semaine après que l’Iran a envoyé sa réponse à ce que le haut diplomate de l’UE, Josep Borrell, a appelé «un texte final».

«Ils obtiendront des centaines de milliards de dollars à la fin de l’accord en moins d’une décennie pour leur terreur et leur agression», a déclaré Netanyahou, ajoutant que «le régime terroriste le plus dangereux sur Terre» se voit «récompensé, à la fois en armes de mort massive et en sommes d’argent énormes, pour poursuivre son agression».

Il a poursuivi: «Il n’y a pas de véritables inspections. Ils n’ont pas à arrêter le programme de missiles. Ils n’ont pas besoin de montrer qu’ils neutralisent le programme d’armement. En d’autres termes, ils obtiennent tout. On ne leur demande pas de changer leur comportement, leur parrainage du terrorisme au Moyen-Orient, dans le monde entier. On leur demande de ne rien faire, et ils ont tout en retour. C’est un mauvais accord.»

Netanyahou figure parmi de nombreux responsables gouvernementaux israéliens anciens et actuels qui ont critiqué l’accord nucléaire naissant. Mercredi, Yair Lapid, le Premier ministre israélien, a appelé le président américain, Joe Biden, à annuler l’accord, indiquant: «Les pays de l’Occident tracent une ligne rouge, les Iraniens l’ignorent et la ligne rouge se déplace.»

Il a précisé que l’accord proposé «ne correspond pas aux normes fixées par Biden lui-même: Empêcher l’Iran de devenir un état nucléaire» tout en prévenant que les fonds gelés que l’Iran recevrait dans le cadre de l’accord relancé – dont la somme est estimée à plus de 100 milliards d’euros – permettraient au régime de Téhéran de financer des activités encore plus malignes au Moyen-Orient.

Naftali Bennet, un autre ancien Premier ministre, a exhorté l’administration de Biden à ne pas signer l’accord, «même maintenant, à la dernière minute». Il a affirmé que l’accord, s’il était adopté, enverrait «environ un quart de trillion d’euros dans la poche de l’administration terroriste iranienne et de ses mandataires régionaux».

Le secrétaire général adjoint du Service européen d’action extérieure (SEAE), Enrique Mora (au centre), et le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani (Photo, AFP).

Dans son interview avec Al Arabiya, Netanyahou a fait allusion à l’opération clandestine des services de renseignement israéliens qui a vu une quantité énorme de dossiers nucléaires sortir en douce d’un entrepôt secret de Téhéran début 2018, un incident confirmé par Hassan Rouhani durant les derniers jours de sa présidence en Iran en 2021.

«Lorsque nous avons apporté ces archives atomiques secrètes de l’Iran en Israël, nous avons découvert qu’il y a deux décennies, en 2003, il y a presque vingt ans, l’Iran travaillait déjà à avoir cinq armes nucléaires. Du genre de celles qui ont détruit Hiroshima. Cinq. C’est ce qu’ils essayaient de faire il y a vingt ans», a-t-il déclaré.

Balayant la fatwa orale émise par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, en octobre 2003, interdisant la production et l’utilisation de toute forme d’arme de destruction massive, Netanyahou a ajouté: «Ils peuvent émettre 100 fatwas. Ce ne sont que des mensonges. Ils mentent comme des arracheurs de dents là-bas.»

«Ils veulent et se préparent à développer des armes nucléaires. Et les États-Unis, dans leur cœur et peut-être même dans leur tête, savent qu’ils ne sont pas en train d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Leur objectif est de contenir l’Iran une fois qu’il aura l’arme nucléaire.»

Mais un pays aussi important que les États-Unis, peut-il commettre une si grosse erreur? «Malheureusement, c’est arrivé dans le passé», a déclaré Netanyahou.

«Il a fallu beaucoup de temps pour les faire sortir de cet accord dangereux. Dans un moment de franchise, le président Obama a déclaré lors d’une interview à la télévision américaine qu’en 2027, avec l’accord qu’il avait signé, l’Iran serait proche du temps T pour sortir deux bombes nucléaires.

«C’est dans cinq ans. Ils leur donnent aujourd’hui les moyens de le faire. Cela n’a tout simplement aucun sens. Si l’on pense que cela ne se produira pas parce que l’Iran a signé un papier, je vous dirai deux choses. Tout d’abord, ils mentent, ils trichent. Mais même s’ils ne mentent pas, même s’ils respectent l’accord, cet accord est très dangereux parce qu’il leur dit, allez-y.»

Les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour dernièrement (Photo, AFP).

S’en prenant à l’administration Biden pour être «revenue à un accord encore plus dangereux», il a annoncé: «c’est peut-être une question d’argent. Ils pensent peut-être qu’il y a un gain à court terme. Mais de permettre à ce régime dangereux de disposer de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) – sur lesquels l’Iran travaille et qui sont équipés d’ogives nucléaires pouvant atteindre n’importe quelle ville américaine – est le comble de la folie.

«Ce n’est pas seulement mauvais pour nos pays, c’est mauvais pour l’Amérique.»

Depuis la prise de fonction du président Biden en janvier 2021, et l’ordre de la reprise des négociations avec l’Iran en avril, les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour.

Soulignant l’écart entre leurs positions lors de l’interview, Netanyahou a déclaré: «Même si les États-Unis sont un allié indispensable, notre allié le plus important, ils commettent une erreur. Ils ne nous lient pas. Nous n’allons pas soumettre notre avenir et notre existence à une politique erronée.»

Faisant référence à la décision de l’administration Trump de se retirer du JCPOA et d’autres actions, Netanyahou a déclaré: «Lorsque nous avons exercé la pression politique qui a finalement abouti à des sanctions américaines paralysantes, nous avons vu une réduction de la quantité d’argent, des fonds qui allaient aux mandataires de l’Iran, comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique.»

«Nous avons assisté à une énorme crise financière. Ils n’avaient pas l’argent pour acheter les armes, pour payer leurs militants, etc. Ce qu’ils ont maintenant, c’est une autoroute pavée d’or. Ils vont recevoir des centaines de milliards d’euros en peu de temps, et cela va les aider à financer leurs différents mandataires.»

Netanyahou a pointé du doigt les attaques des Houthis, soutenus par l’Iran, contre des installations civiles en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

«Qui paie les Houthis? L’Iran. Qu’auront-ils maintenant? Ils auront plus d’argent pour les payer, tout comme ils auront de l’argent pour payer leurs autres mandataires», a-t-il déclaré. «Donc, il n’y a aucun sens à cela. Il n’y a aucune logique là-dedans. C’est contre la paix. C’est contre la sécurité. C’est contre notre avenir.»

Développant la nature de ce qu’il considère comme la menace iranienne, il a déclaré: «Vous distinguer entre les capacités de l’Iran à créer la terreur et les capacités nucléaires. Il s’agit de deux choses différentes. La chose la plus dangereuse de loin – même si les organisations terroristes, leurs mandataires sont dangereux – est que l’Iran développe un arsenal d’armes nucléaires et les moyens de les livrer à diverses cibles, y compris nos pays.»

Se tournant vers l’avenir, Netanyahou a déclaré qu’il y avait «une bonne chance» qu’il redevienne le prochain Premier ministre d’Israël. «Je reviendrai à la politique de blocage actif du programme d’armes nucléaires de l’Iran», a-t-il déclaré.

«Partout où je vais, je parlerai et dirai que c’est quelque chose qu’Israël fait certainement pour lui-même, mais c’est aussi quelque chose que nous faisons pour toute l’humanité, pour toutes les nations éprises de paix dans le monde, parce que vous avez un régime radical d’ayatollahs qui nous menace tous, c’est quelque chose qu’aucun de nous ne peut permettre.

«Cela doit être arrêté et je ferai tout ce qui est nécessaire. Je ne peux pas divulguer ce que nous pourrions faire, et ce que nous ferions, lorsque le besoin se fera sentir. Et malheureusement, le besoin approche.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.