Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accordé une interview à Al-Arabiya (Capture d'écran).
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Publié le Vendredi 26 août 2022

Netanyahou: Avec un parapluie nucléaire, l’Iran «poursuivra son agression en toute impunité»

  • Netanyahou rejoint la liste grandissante de politiciens israéliens fustigeant les puissances occidentales au sujet du nouvel accord nucléaire avec l’Iran
  • Selon lui, le «régime terroriste le plus dangereux» est récompensé par des armes de destruction massive et «de l’argent pour poursuivre son agression»

DUBAÏ: Benjamin Netanyahou, l’ancien Premier ministre israélien, a tiré la sonnette d’alarme quant à la possibilité qu’un Iran doté de l’arme nucléaire poursuive son agression contre Israël, les États du Golfe et «tous les autres en toute impunité» si le nouvel accord nucléaire proposé se concrétise.

Il a qualifié de «très très dangereuse» l’idée que l’Iran dispose d’un parapluie nucléaire, sans compter la possibilité que les Iraniens «puissent effectivement utiliser des armes nucléaires pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale».

L’avertissement de Netanyahou a été lancé lors d’une interview avec Al Arabiya TV mercredi, alors que des informations indiquent que les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord visant à rétablir l’accord de 2015 après près de dix-sept mois de négociations indirectes à Vienne.

«Eh bien, je crains qu’il semble que ce soit un accord conclu. Et c’est un très, très mauvais accord», a déclaré Netanyahou à Al Arabiya. «Mauvais pour Israël, mauvais pour les États du Golfe, mauvais pour le Moyen-Orient, mauvais pour le monde. Parce que l’Iran obtient une autoroute pavée d’or vers un arsenal nucléaire et qu’ils ne cachent pas leurs tentatives pour nous détruire. Pour conquérir le Moyen-Orient.»

«Je pense que c’est un développement grave. C’est une grave erreur. L’Iran obtient fondamentalement la capacité d’avoir 3 500 centrifugeuses avancées, 10 fois à 20 fois plus avancées que les quelques milliers qu’ils ont aujourd’hui. Et ils peuvent commencer à les développer dans les deux ans.»

Des responsables américains ont exprimé leur optimisme concernant les derniers efforts déployés dans le but de relancer le Plan d’action global conjoint (JCPOA), que les États-Unis ont quitté en 2018 sous le président de l’époque Donald Trump, et que l’Iran viole de plus en plus depuis 2019.

Au dernier décompte public de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran disposait d’un stock d’environ 3 800 kg d’uranium enrichi. Plus inquiétant encore pour les experts en non-prolifération, l’Iran enrichit l’uranium jusqu’à 60% de pureté – un niveau qu’il n’avait pas atteint auparavant. Une courte étape technique seulement le sépare du niveau de pureté militaire de 90%.

L’Union européenne a déclaré le 16 août 2022 qu’elle étudiait la réponse de l’Iran à un projet d’accord «final» visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 (Photo, AFP/Image satellite @2021 Maxar Technologies).

Selon les médias américains, l’administration Biden a relayé sa réponse aux commentaires de l’Iran sur le projet de proposition de restauration de l’accord, plus d’une semaine après que l’Iran a envoyé sa réponse à ce que le haut diplomate de l’UE, Josep Borrell, a appelé «un texte final».

«Ils obtiendront des centaines de milliards de dollars à la fin de l’accord en moins d’une décennie pour leur terreur et leur agression», a déclaré Netanyahou, ajoutant que «le régime terroriste le plus dangereux sur Terre» se voit «récompensé, à la fois en armes de mort massive et en sommes d’argent énormes, pour poursuivre son agression».

Il a poursuivi: «Il n’y a pas de véritables inspections. Ils n’ont pas à arrêter le programme de missiles. Ils n’ont pas besoin de montrer qu’ils neutralisent le programme d’armement. En d’autres termes, ils obtiennent tout. On ne leur demande pas de changer leur comportement, leur parrainage du terrorisme au Moyen-Orient, dans le monde entier. On leur demande de ne rien faire, et ils ont tout en retour. C’est un mauvais accord.»

Netanyahou figure parmi de nombreux responsables gouvernementaux israéliens anciens et actuels qui ont critiqué l’accord nucléaire naissant. Mercredi, Yair Lapid, le Premier ministre israélien, a appelé le président américain, Joe Biden, à annuler l’accord, indiquant: «Les pays de l’Occident tracent une ligne rouge, les Iraniens l’ignorent et la ligne rouge se déplace.»

Il a précisé que l’accord proposé «ne correspond pas aux normes fixées par Biden lui-même: Empêcher l’Iran de devenir un état nucléaire» tout en prévenant que les fonds gelés que l’Iran recevrait dans le cadre de l’accord relancé – dont la somme est estimée à plus de 100 milliards d’euros – permettraient au régime de Téhéran de financer des activités encore plus malignes au Moyen-Orient.

Naftali Bennet, un autre ancien Premier ministre, a exhorté l’administration de Biden à ne pas signer l’accord, «même maintenant, à la dernière minute». Il a affirmé que l’accord, s’il était adopté, enverrait «environ un quart de trillion d’euros dans la poche de l’administration terroriste iranienne et de ses mandataires régionaux».

Le secrétaire général adjoint du Service européen d’action extérieure (SEAE), Enrique Mora (au centre), et le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani (Photo, AFP).

Dans son interview avec Al Arabiya, Netanyahou a fait allusion à l’opération clandestine des services de renseignement israéliens qui a vu une quantité énorme de dossiers nucléaires sortir en douce d’un entrepôt secret de Téhéran début 2018, un incident confirmé par Hassan Rouhani durant les derniers jours de sa présidence en Iran en 2021.

«Lorsque nous avons apporté ces archives atomiques secrètes de l’Iran en Israël, nous avons découvert qu’il y a deux décennies, en 2003, il y a presque vingt ans, l’Iran travaillait déjà à avoir cinq armes nucléaires. Du genre de celles qui ont détruit Hiroshima. Cinq. C’est ce qu’ils essayaient de faire il y a vingt ans», a-t-il déclaré.

Balayant la fatwa orale émise par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, en octobre 2003, interdisant la production et l’utilisation de toute forme d’arme de destruction massive, Netanyahou a ajouté: «Ils peuvent émettre 100 fatwas. Ce ne sont que des mensonges. Ils mentent comme des arracheurs de dents là-bas.»

«Ils veulent et se préparent à développer des armes nucléaires. Et les États-Unis, dans leur cœur et peut-être même dans leur tête, savent qu’ils ne sont pas en train d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Leur objectif est de contenir l’Iran une fois qu’il aura l’arme nucléaire.»

Mais un pays aussi important que les États-Unis, peut-il commettre une si grosse erreur? «Malheureusement, c’est arrivé dans le passé», a déclaré Netanyahou.

«Il a fallu beaucoup de temps pour les faire sortir de cet accord dangereux. Dans un moment de franchise, le président Obama a déclaré lors d’une interview à la télévision américaine qu’en 2027, avec l’accord qu’il avait signé, l’Iran serait proche du temps T pour sortir deux bombes nucléaires.

«C’est dans cinq ans. Ils leur donnent aujourd’hui les moyens de le faire. Cela n’a tout simplement aucun sens. Si l’on pense que cela ne se produira pas parce que l’Iran a signé un papier, je vous dirai deux choses. Tout d’abord, ils mentent, ils trichent. Mais même s’ils ne mentent pas, même s’ils respectent l’accord, cet accord est très dangereux parce qu’il leur dit, allez-y.»

Les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour dernièrement (Photo, AFP).

S’en prenant à l’administration Biden pour être «revenue à un accord encore plus dangereux», il a annoncé: «c’est peut-être une question d’argent. Ils pensent peut-être qu’il y a un gain à court terme. Mais de permettre à ce régime dangereux de disposer de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) – sur lesquels l’Iran travaille et qui sont équipés d’ogives nucléaires pouvant atteindre n’importe quelle ville américaine – est le comble de la folie.

«Ce n’est pas seulement mauvais pour nos pays, c’est mauvais pour l’Amérique.»

Depuis la prise de fonction du président Biden en janvier 2021, et l’ordre de la reprise des négociations avec l’Iran en avril, les divergences entre les États-Unis et Israël sont apparues au grand jour.

Soulignant l’écart entre leurs positions lors de l’interview, Netanyahou a déclaré: «Même si les États-Unis sont un allié indispensable, notre allié le plus important, ils commettent une erreur. Ils ne nous lient pas. Nous n’allons pas soumettre notre avenir et notre existence à une politique erronée.»

Faisant référence à la décision de l’administration Trump de se retirer du JCPOA et d’autres actions, Netanyahou a déclaré: «Lorsque nous avons exercé la pression politique qui a finalement abouti à des sanctions américaines paralysantes, nous avons vu une réduction de la quantité d’argent, des fonds qui allaient aux mandataires de l’Iran, comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique.»

«Nous avons assisté à une énorme crise financière. Ils n’avaient pas l’argent pour acheter les armes, pour payer leurs militants, etc. Ce qu’ils ont maintenant, c’est une autoroute pavée d’or. Ils vont recevoir des centaines de milliards d’euros en peu de temps, et cela va les aider à financer leurs différents mandataires.»

Netanyahou a pointé du doigt les attaques des Houthis, soutenus par l’Iran, contre des installations civiles en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

«Qui paie les Houthis? L’Iran. Qu’auront-ils maintenant? Ils auront plus d’argent pour les payer, tout comme ils auront de l’argent pour payer leurs autres mandataires», a-t-il déclaré. «Donc, il n’y a aucun sens à cela. Il n’y a aucune logique là-dedans. C’est contre la paix. C’est contre la sécurité. C’est contre notre avenir.»

Développant la nature de ce qu’il considère comme la menace iranienne, il a déclaré: «Vous distinguer entre les capacités de l’Iran à créer la terreur et les capacités nucléaires. Il s’agit de deux choses différentes. La chose la plus dangereuse de loin – même si les organisations terroristes, leurs mandataires sont dangereux – est que l’Iran développe un arsenal d’armes nucléaires et les moyens de les livrer à diverses cibles, y compris nos pays.»

Se tournant vers l’avenir, Netanyahou a déclaré qu’il y avait «une bonne chance» qu’il redevienne le prochain Premier ministre d’Israël. «Je reviendrai à la politique de blocage actif du programme d’armes nucléaires de l’Iran», a-t-il déclaré.

«Partout où je vais, je parlerai et dirai que c’est quelque chose qu’Israël fait certainement pour lui-même, mais c’est aussi quelque chose que nous faisons pour toute l’humanité, pour toutes les nations éprises de paix dans le monde, parce que vous avez un régime radical d’ayatollahs qui nous menace tous, c’est quelque chose qu’aucun de nous ne peut permettre.

«Cela doit être arrêté et je ferai tout ce qui est nécessaire. Je ne peux pas divulguer ce que nous pourrions faire, et ce que nous ferions, lorsque le besoin se fera sentir. Et malheureusement, le besoin approche.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Kurde Nizar Amedi élu président de l'Irak, Al-Maliki pressenti pour Premier ministre

Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid
  • Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan

BAGDAD: Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient.

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.

Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid.

Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan.

M. Amedi a été ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 dans le gouvernement du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani.

Il a également été conseiller des anciens présidents de la République, Jalal Talabani, Fouad Massoum et Barham Saleh.

Après les élections législatives de novembre, la date de l'élection du président avait été fixée à janvier mais avait été reportée deux fois en raison de désaccords politiques, reculant d'autant la nomination d'un Premier ministre.

Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki.

Déjà deux fois consécutives à ce poste (entre 2006 et 2014), M. Maliki avait reçu en janvier l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.

Ce probable retour au pouvoir de M. Maliki avait suscité de vives inquiétudes à Washington.

M. Maliki avait dans un premier temps bénéficié du soutien américain après l'invasion de 2003 et la chute de Saddam Hussein, mais s'était brouillé avec Washington après s'être rapproché de l'Iran.

L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-même ennemis.

Les Etats-Unis et l'Iran ont entamé samedi à Islamabad des négociations pour tenter d'obtenir une trêve durable après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient.

L'Irak a été happé par le conflit, des groupes pro-iraniens attaquant des intérêts américains dans le pays et ces mêmes groupes étant l'objet de frappes imputées aux Etats-Unis et à Israël.


Le Liban dit œuvrer pour un retrait israélien total, nouvel incident visant les Casques bleus 

Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne. (AFP)
Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne. (AFP)
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  • Au moins six personnes sont mortes dimanche dans de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays, a précisé le ministère de la Santé, dont un secouriste de la Croix-Rouge libanaise
  • L'organisation a indiqué que son équipe avait été "directement visée par un drone israélien" alors qu'elle menait une mission humanitaire et que le logo de la Croix-Rouge était visible

BEYROUTH: Le Premier ministre du Liban, Nawaf Salam, a assuré dimanche œuvrer pour un retrait israélien total du territoire, alors que son homologue israélien Benjamin Netanyahu venait d'annoncer la poursuite de la guerre à ses troupes dans le sud du Liban.

Au moins six personnes sont mortes dimanche dans de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays, a précisé le ministère de la Santé, dont un secouriste de la Croix-Rouge libanaise.

L'organisation a indiqué que son équipe avait été "directement visée par un drone israélien" alors qu'elle menait une mission humanitaire et que le logo de la Croix-Rouge était visible.

Le secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Jagan Chapagain, s'est dit "consterné et attristé" par la mort d'un deuxième volontaire de la Croix-Rouge libanaise en quelques semaines.

Le ministère a lui dénoncé "une nouvelle violation du droit international humanitaire", précisant qu'un secouriste avait été également blessé dans la frappe, à Beit Yahoun.

Le ministère "engagera des poursuites judiciaires au niveau international afin de garantir que les responsables de ces crimes répondent de leurs actes", a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Israël accuse régulièrement le Hezbollah d'utiliser des ambulances à des fins militaires, sans fournir de preuves à ces accusations.

Au total, plus de 80 secouristes et personnels de santé ont été tués dans des frappes israéliennes depuis le début de la guerre, selon les autorités.

"Nous allons œuvrer pour arrêter cette guerre et obtenir le retrait israélien de l'ensemble de notre territoire", a déclaré Nawaf Salam dans un discours télévisé aux Libanais, à la veille de la commémoration du début de la guerre civile (1975-1990).

"Nous continuons nos efforts (...) en négociant pour arrêter la guerre", a-t-il ajouté.

Mardi, des responsables libanais, israéliens et américains doivent se rencontrer à Washington pour des pourparlers directs, une initiative rejetée par la formation pro-iranienne Hezbollah.

Lors d'une visite dans le sud du Liban, sa première depuis le début de la guerre le 2 mars contre le Hezbollah, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré: "la guerre continue, y compris dans la zone de sécurité au Liban".

"Nous avons contrecarré la menace d'une invasion à partir du Liban grâce à cette zone de sécurité", a-t-il ajouté, après avoir fait état la veille de la création "d'une zone tampon de sécurité de huit à dix kilomètres" à l'intérieur du territoire libanais pour protéger Israël des attaques du Hezbollah.

Nouvel incident visant les Casques bleus 

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé pour sa part un nouvel incident visant les Casques bleus.

Des soldats israéliens ont percuté dimanche "à deux reprises" des véhicules des Casques bleus avec un char Merkava, causant "des dégâts significatifs" à l'un des véhicules, a annoncé dans un communiqué la force de l'ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, date de la première invasion israélienne.

Israël, qui a annoncé que la fragile trêve au Moyen-Orient ne s'appliquait pas au Liban, a continué à bombarder le pays.

Une trentaine de localités du sud et quelques unes dans la Békaa (est), ont été visées dimanche, a affirmé l'Agence nationale d'information (Ani).

Une frappe israélienne sur le village de Qana (sud) a tué au moins cinq personnes et en a blessé 25 autres, a indiqué le ministère de la Santé.

Un photographe de l'AFP y a vu d'importantes destructions et une pelleteuse qui dégageait des gravats, pendant que des secouristes évacuaient un corps des décombres.

"Notre centre de secours a été touché et a été complètement détruit, avec tout ce qu'il contenait, notamment des lits et des équipements médicaux", a raconté à Bazouriyeh (sud) Hassan Berro, un secouriste de l'association Risala affiliée au mouvement Amal, parti allié du Hezbollah.

Un correspondant de l'AFP y a vu des vitres brisées et des lits médicalisés recouverts de débris dans le bâtiment endommagé.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'utiliser le complexe hospitalier de cette ville "à des fins militaires".

Les frappes israéliennes au Liban ont tué 2.055 personnes et en ont blessé plus de 6.500 autres depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël, a indiqué dimanche le ministère de la Santé.


Léon XIV est arrivé en Algérie pour une visite historique, la première d'un pape dans le pays 

La basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger. (AFP)
La basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger. (AFP)
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  • Première étape d'une grande tournée dans quatre pays d'Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours "pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman "
  • Le pape américain est arrivé peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) à l'aéroport d'Alger et doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-1962)

ALGER: Léon XIV est arrivé lundi matin en Algérie pour une visite de deux jours hautement symbolique, la première d'un pape dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint Augustin, a constaté l'AFP à bord de l'avion papal.

Le pape américain est arrivé peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) à l'aéroport d'Alger et doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

Une visite historique 

Le pape Léon XIV est parti lundi matin pour un voyage historique en Algérie, marquant le début d'une tournée de onze jours en Afrique, premier voyage international de son pontificat mais qui risque d'être éclipsé par les critiques du président américain Donald Trump.

Son avion a décollé peu après 07H00 GMT de l'aéroport romain de Fiumicino.

Première étape d'une grande tournée dans quatre pays d'Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours "pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ", a déclaré à l'AFP l'archevêque d'Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.

Ce déplacement revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain: il marchera dans les pas de Saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle dont l'héritage spirituel irrigue son pontificat.

Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient, la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape dans ce pays de 47 millions d'habitants, où l'islam sunnite est religion d'Etat.

Sa récente allocution antiguerre lui a valu dimanche soir une diatribe de Donald Trump: "Je ne suis pas un grand fan du pape Léon (...), c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité", a déclaré le président américain à la presse. Puis d'ajouter sur son réseau Truth Social: "Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des Etats-Unis" - même si celui-ci n'avait nommé personne dans son discours.

Première grande tournée 

Attendu à 10H00 (09H00 GMT) à Alger, Léon XIV sera accueilli avec les honneurs. Il rendra d'abord hommage, devant le monument des martyrs, aux victimes de la guerre d'indépendance contre la France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale.

Dans la foulée, il sera reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique.

L'après-midi, il visitera la Grande Mosquée, complexe monumental au plus haut minaret du monde (267 m), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d'Alger.

Au cours d'une célébration à dimension interreligieuse mêlant chrétiens et musulmans, le chef des 1,4 milliard de catholiques y lancera un appel à la fraternité dans le pays où les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population.

Ce déplacement ouvre la première grande tournée internationale du pape de 70 ans, qui le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale (13-23 avril), un marathon de 18.000 km à l'agenda très dense.

Fleurs et travaux 

Pour cette visite historique, Alger a sorti ses plus beaux atours, et l'ambiance des grands jours règne dans la capitale algérienne.

Les murs de certaines façades ont été rafraîchis, des routes refaites à neuf, des espaces verts agrémentés de plantes et de grands pots de fleurs déposés sur une partie du parcours.

Dans certains quartiers, comme celui de Bab El Oued, les travaux se sont poursuivis pendant la nuit, créant parfois des embouteillages à des heures tardives.

Des barrières ont été posées le long du parcours qu'empruntera le souverain pontife. Aucun bain de foule n'est cependant prévu dans la capitale et la fameuse papamobile, ce véhicule blanc emblématique, restera à l'aéroport, selon le site d'information Casbah Tribune.

Lundi, Léon XIV se recueillera aussi en privé dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l'islam.

Mais aucun déplacement n'est prévu au monastère de Tibhirine, dont les moines furent enlevés et assassinés en 1996, un épisode encore entouré de zones d'ombre.

Dans un pèlerinage à la dimension plus personnelle, le pape se rendra mardi à Annaba (est), près de la frontière tunisienne, l'antique Hippone dont Saint Augustin (354-430) fut l'évêque.

Dans son premier discours en tant que pape, depuis le balcon de la basilique Saint‑Pierre, Léon XIV s'était présenté comme "un fils de Saint Augustin" en référence à l'ordre qui porte son nom.

Avant son élection à la tête de l'Eglise catholique en mai 2025, Robert Francis Prevost s'était rendu deux fois en Algérie, en tant que responsable de cet ordre, fondé au XIIIe siècle sur des préceptes de vie commune et de partage.