Entre les bombes à Mykolaïv, le théâtre revit dans un abri souterrain

Des actrices se produisent au théâtre dramatique de Mikolayiv pour la première fois depuis le début de la guerre, à Mikolayiv, le 25 août 2022.  (Photo : Dimitar DILKOFF / AFP)
Des actrices se produisent au théâtre dramatique de Mikolayiv pour la première fois depuis le début de la guerre, à Mikolayiv, le 25 août 2022. (Photo : Dimitar DILKOFF / AFP)
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Publié le Vendredi 26 août 2022

Entre les bombes à Mykolaïv, le théâtre revit dans un abri souterrain

  • Le directeur artistique Artiom Svytsoun, 41 ans, est au four et au moulin ; c'est lui qui a œuvré pour que rouvre le théâtre
  • Grâce à un fonds d'aide européen, l’équipe a eu deux mois pour transformer un abri, situé quatre mètres sous le sol, en une petite salle de 35 places

MIKOLAYIV, Ukraine : C'est l'agitation des jours de première au théâtre d'art dramatique de Mykolaïv, en Ukraine: on y a rejoué jeudi pour la première fois depuis le début de la guerre, dans un abri sous-terrain, pour échapper aux bombes qui touchent la ville quotidiennement.

Accueillant les spectateurs, faisant visiter les locaux et s'assurant des derniers détails techniques, le directeur artistique Artiom Svytsoun, 41 ans, est au four et au moulin. C'est lui qui a œuvré pour que rouvre le théâtre.

Grâce à un fonds d'aide européen, son équipe a eu deux mois pour transformer un abri, situé quatre mètres sous le sol, en une petite salle de 35 places aux murs blancs irréguliers recouverts d'une fresque rappelant le théâtre antique.

«Nous avons besoin de ce lieu pour combattre nous aussi sur le front culturel», raconte-t-il sur la minuscule scène, capable d'accueillir seulement une poignée d'acteurs et un décor minimaliste.

«C'est une forme de 'thérapie par l'art' pour les gens qui sont restés à Mykolaïv et ont besoin d'attention».

Port stratégique du sud de l'Ukraine, Mykolaïv, une ville qui comptait 500.000 habitants avant l'invasion russe lancée le 24 février, porte les cicatrices des bombardements qui la frappent presque quotidiennement depuis six mois.

A 300 mètres de l'élégant bâtiment néo-classique qui abrite le théâtre, se dresse la carcasse de béton tordu de l'administration régionale, foudroyée le 29 mars par un missile qui a tué 37 personnes.

Selon la mairie, Mykolaïv n'a connu que 25 jours de calme depuis le 24 février, ce qui a fait dire au président Volodymyr Zelensky qu'elle est avec Kharkiv (nord) et les cités du Donbass (est) «la plus bombardée d'Ukraine» alors que la ligne de front s'étend à une vingtaine de kilomètres seulement.

Les destructions ne touchent pas que des cibles militaires: trois universités ont été récemment touchées par des bombardements et, selon les autorités régionales, 123 institutions culturelles ont été détruites dans la région depuis que les combats ont commencé.

- «Etre un soutien» -

L'ancien théâtre dramatique russe de Mykolaïv --son nom officiel jusqu'à la guerre-- s'appelle désormais le théâtre d'art dramatique de Mykolaïv.

Dans la minuscule loge aux murs recouverts de photos d'acteurs soviétiques, ukrainiens et holywoodiens, l'actrice Kateryna Tchernolitchenko, 43 ans, reçoit les dernières touches de maquillage dans la bonne humeur.

«Je suis très heureuse de retrouver notre scène, notre maison, et je pense qu'il est important que l'art puisse être un soutien pour les gens», lance l'actrice, qui s'est comme les autres portée volontaire pour cette première.

Sa collègue Marina Vassyleva, qui s'apprête à enfiler une robe de mariée, complète avec emphase: «Les acteurs, dans ces circonstances, sont les médecins de l'âme humaine».

«Je vois ma mission et le sens de ma vie en ce moment. On a besoin de moi ici, à Mykolaïv», poursuit-elle.

Depuis le début de la guerre, trois acteurs ont rejoint l'armée et 20% de la troupe s'est réfugié ailleurs en Ukraine ou à l'étranger, une proportion finalement modeste dans une ville qui s'est vidée de plus de la moitié de sa population, selon les chiffres de la mairie.

La troupe joue habituellement dans une salle de 450 places et les pièces ont été adaptées pour la «scène dans l'abri», comme elle est appelée. Mais en dépit de la guerre, il n'est pas question de jouer uniquement des oeuvres patriotiques.

Après un lever de rideau rendant hommage à l'Ukraine, la première de la nouvelle saison, tirée d'un auteur national contemporain, est une pièce absurde traitant des «réalisations de nos désirs», explique Artiom Svytsoun.

Dès la semaine prochaine, le théâtre d'art dramatique de Mykolaïv continuera avec deux séances par jour, du jeudi au dimanche, au plus grand bonheur d'Olga Kroutchok.

«J'espère revenir tous les week-ends. Le théâtre apporte des émotions aux gens en ces temps de guerre, et cela nous rend la vie plus facile», glisse cette spectatrice de 55 ans.

Oleksandre Skotnikov, un autre spectateur de 42 ans, abonde: «Quand nous sommes sous les bombes, comme maintenant, le théâtre donne un grand sourire et inspire les gens à continuer à vivre».


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.