Une énorme «bulle» de gaz sous terre pour préparer l'hiver

A Saint-Illiers-la-Ville, l'un des quatorze sites de stockage de Storengy, filiale du groupe Engie et premier opérateur de stockage souterrain de gaz naturel en Europe, qui détient les trois quarts du marché dans l'hexagone. (AFP)
A Saint-Illiers-la-Ville, l'un des quatorze sites de stockage de Storengy, filiale du groupe Engie et premier opérateur de stockage souterrain de gaz naturel en Europe, qui détient les trois quarts du marché dans l'hexagone. (AFP)
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Une énorme «bulle» de gaz sous terre pour préparer l'hiver

  • L'essentiel est invisible: une énorme «bulle» de gaz conservée dans une nappe aquifère, une couche perméable de sous-sol imbibée d'eau, située entre 330 et 460 mètres, sur une étendue de 2 à 3 kilomètres
  • «A Saint-Illiers, on est sur 1,5 milliard de mètres cubes, ce qui équivaut à 600 000 piscines olympiques», détaille Jérôme Courteille, le directeur du site

SAINT-ILLIERS-LA-VILLE: L'équivalent de 600 000 piscines olympiques de gaz naturel sous terre: sur un site à l'ouest de Paris, d'énormes réserves se remplissent pour aider la France à passer un hiver un petit peu plus serein, même en cas de tarissement des livraisons russes.

A Saint-Illiers-la-Ville (Yvelines), à 70 kilomètres de la capitale, l'un des 14 sites de l'entreprise Storengy assure une mission peu spectaculaire mais cruciale: garder du gaz naturel en réserve pour alimenter l'Ile-de-France et la Normandie pendant l'hiver.

En surface, peu d'activité visible et rien qui ne trahit vraiment la nature sensible du site, qui n’emploie qu'une quarantaine de personnes dans un coin de campagne.

L'essentiel est invisible: une énorme "bulle" de gaz conservée dans une nappe aquifère, une couche perméable de sous-sol imbibée d'eau, située entre 330 et 460 mètres, sur une étendue de 2 à 3 kilomètres.

"A Saint-Illiers, on est sur 1,5 milliard de mètres cubes, ce qui équivaut à 600 000 piscines olympiques", détaille Jérôme Courteille, le directeur du site. La moitié de ce volume est véritablement utile, une partie du gaz devant rester en permanence pour assurer la pérennité de la structure.

Le gaz arrive par tuyaux puis est distribué vers des puits pour être envoyé sous terre, si besoin avec l'aide d'un compresseur. L'hiver, en période de soutirage, il fait le chemin inverse après avoir été débarrassé de son eau résiduelle et réodorisé par sécurité.

Du gaz «chez nous»

"Cet été nous avions la pression sur le fait de respecter nos plannings de telle sorte que nos installations soient prêtes", reconnaît Jérôme Courteille.

Ce site datant de 1965 s'ajoute aux autres détenus par Storengy (une filiale d'Engie, principal fournisseur de gaz du pays) à travers la France, ainsi qu'à ceux de Teréga, concentrés dans le Sud-Ouest.

Au total, 130 térawattheures de gaz sont stockés en France. Soit "25% de la consommation annuelle française", souligne Pierre Chambon, directeur général de Storengy France.

Ces réserves sont conservées pour le compte des fournisseurs de gaz (Engie, TotalEnergies, EDF, Eni etc.) et ne constituent en rien des "réserves stratégiques", comme il en existe pour le pétrole. Leur fonction était d'ailleurs d'abord commerciale: elles permettaient d'acheter du gaz à bon marché l'été pour le revendre l'hiver.

Mais c'est leur rôle dans la sécurité d’approvisionnement du pays qui les met sous les projecteurs. "Si jamais il y a un hiver très froid ou un problème géopolitique - on en a un bel exemple en ce moment -, on a quand même une partie du gaz qui est chez nous", résume Pierre Chambon.

Une utilité soulignée par les autorités depuis l'invasion de l'Ukraine et le tarissement des flux de gaz russe. La France vise un remplissage "proche de 100%" pour début novembre.

Pas de miracle

Une cible désormais proche: la France, qui a diversifié ses approvisionnements et importe massivement du gaz naturel liquéfié (GNL), a dépassé les 91%. Le pays, bon élève en Europe, avait déjà presque fait le plein ces dernières années. L'Union européenne est quasiment à 80% aujourd'hui.

Une nouvelle réduction des livraisons du géant russe Gazprom ne change pas la donne pour l'instant. Pierre Chambon observe "des injections qui continuent à être tout à fait en ligne avec nos prévisions et vont nous permettre de pouvoir arriver à l'entrée de l'hiver avec un taux de remplissage qui sera optimal".

Les stockages fournissent lors de journées froides plus de 50% du gaz en France mais ne feront toutefois pas de miracle. Leur remplissage ne signifie pas que la France aurait "suffisamment de gaz pour passer l'hiver si les Russes le coupaient et si on en consommait beaucoup", a prévenu le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.

"Le stockage ne fait pas tout", admet volontiers Pierre Chambon. "Une des incertitudes à lever maintenant, c'est le rythme de soutirage des stockages pendant l'hiver, qui va dépendre à la fois des températures et de l'approvisionnement" de la France via le GNL et les gazoducs.

"On est relativement sereins avec un hiver normal. En cas d'hiver froid, les choses peuvent être plus compliquées, d'où l'importance de pouvoir jouer également sur les consommations et la sobriété", juge-t-il.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.