Sud de l'Ukraine: «  Rockstar », l'attente et la contre-offensive

"Cette guerre, c'est une guerre de morale et d'opinion publique. Il faut se comporter avec respect envers eux. Nous on va partir, et eux resteront". (AFP).
"Cette guerre, c'est une guerre de morale et d'opinion publique. Il faut se comporter avec respect envers eux. Nous on va partir, et eux resteront". (AFP).
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Sud de l'Ukraine: «  Rockstar », l'attente et la contre-offensive

  • Difficile de croire, en voyant l'allure grunge qui lui a valu ce surnom, que Gideon Rinehardt a servi quatre ans dans la Garde nationale américaine
  • Sa baraque, à la sortie d'un village toujours peuplé, regorge de matériel, d'armes allant du fusil d'assaut tchèque au lance-missile anti-char, et de munitions russes ou américaines

MYKOLAIV: "Rockstar" traine sa carcasse dégingandée à la recherche de cigarettes dans le village du sud de l'Ukraine où il est basé, à une quinzaine de kilomètres de la ligne de front où l'armée ukrainienne affirme avoir lancé une contre-offensive.

Difficile de croire, en voyant l'allure grunge qui lui a valu ce surnom, que Gideon Rinehardt a servi quatre ans dans la Garde nationale américaine.

C'est pourtant, sûrement, cette expérience qui lui a permis de rejoindre l'unité des "forces très spéciales" où le garçon de 26 ans, au sens de la formule aiguisé, sert sous commandement ukrainien, avec deux Américains, un Français, un Britannique et un Finlandais.

Il raconte avec détachement "l'histoire marrante" qui l'a mené dans cet escadron, depuis son centre de recrutement de la région de Lviv (ouest), en juillet.

"Je suis pas en super forme mais j'étais le meilleur là-bas. Ils me disent: tu veux rejoindre l'infanterie régulière ou les 'badass' ("durs" en français)? Je ne suis pas un SOF (les forces spéciales), mettez-moi dans l'armée régulière. Et ils m'envoient ici quand même".

Sa baraque, à la sortie d'un village toujours peuplé, regorge de matériel, d'armes allant du fusil d'assaut tchèque au lance-missile anti-char, et de munitions russes ou américaines.

S'il est seul ce jour-là, à attendre que la journée passe en écoutant le groupe de métal Def Leppard, c'est d'ailleurs parce que son groupe est parti se réapprovisionner à Mykolaïv, la grande ville ukrainienne la plus proche.

Alors que des volontaires ayant rejoint la Légion internationale pour la Défense de l'Ukraine (LIDU) constituée à l'appel du président Volodymyr Zelensky se sont plaints d'être mal équipés, "Rockstar" jure que "les Ukrainiens nous traitent très bien".

« Pas l'Irak ou l'Afghanistan »

Gideon vient de Caroline du Sud et n'a pas l'air de regretter sa vie passée. Je faisais des "activités de jardinage", évacue-t-il.

Il redevient sérieux, voire profond quand il évoque sa guerre dans son unité.

"C'est beaucoup de déplacements dans les tranchées, dans les zones que nous pensons que les Russes vont prendre. Il y a quelques missions d'embuscade (...) On les voit passer en voiture et on les allume".

"Il y a eu quelques fois où ils nous ont tiré dessus, on a tiré en retour. Je ne sais pas si j'ai tué quelqu'un là-bas. J'essaie de ne pas y penser".

Selon lui, beaucoup d'étrangers n'étaient pas prêts et sont surpris par l'intensité des combats.

"Rien ne te prépare à cette guerre. Certains font genre, 'j'ai servi en Irak ou en Afghanistan', mais ça n'a rien à voir. C'est une guerre de tranchées, du type de la Première Guerre mondiale, et certains soldats russes sont horriblement bons, leurs snipers par exemple".

« Peur des éléments »

Lundi, l'Ukraine a annoncé avoir lancé une contre-offensive sur l'ensemble du front Sud pour reprendre le contrôle de la ville de Kherson et sa région.

Dans une ville proche du front, on croise les soldats qui montent au front, comme cet équipage d'un blindé dont le moteur a surchauffé, en attente de réparation

Et ceux de retour de première ligne, se reposant comme ils peuvent à l'ombre des arbres. Blason ukrainien tatoué sur le bras, le soldat Victor, originaire de l'ouest de l'Ukraine, dit sa hâte de retrouver Zalizny Port, station balnéaire aujourd'hui sous contrôle russe où il a été en poste.

"On les a bien enfoncés hier", sourit-il. Son commandant, qui ne donne que son prénom, Oleksandr, temporise. La reconquête de Kherson sera "un processus long et difficile", dit ce vétéran de l'Afghanistan.

"Rockstar" approuve aussi l'offensive: "Je suis heureux qu'ils l'aient lancé. Je pense que nous devons prendre des initiatives, c'est la meilleure option pour le moment".

Venu combattre parce que les images des atrocités de guerre en Ukraine qu'il voyait dans les bulletins télévisées étaient "dégoûtantes", il se donne deux mois pour décider s'il restera plus longtemps, selon qu'il reçoive ou non l'équipement d'hiver demandé.

Sans parler un mot d'ukrainien, il assure, en attendant, mettre un point d'honneur à entretenir de bonnes relations avec les habitants du village où il est basé.

"Cette guerre, c'est une guerre de morale et d'opinion publique. Il faut se comporter avec respect envers eux. Nous on va partir, et eux resteront".


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.