Pakistan: chaos et horreur pour les touristes ayant vu leur hôtel s'effondrer

Une vue générale montre des maisons détruites par des crues soudaines près des rives de la rivière Swat après de fortes pluies dans la région de Madyan de la vallée de Swat, province de Khyber Pakhtunkhwa, le 31 août 2022. (AFP)
Une vue générale montre des maisons détruites par des crues soudaines près des rives de la rivière Swat après de fortes pluies dans la région de Madyan de la vallée de Swat, province de Khyber Pakhtunkhwa, le 31 août 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Pakistan: chaos et horreur pour les touristes ayant vu leur hôtel s'effondrer

  • Le Pakistan est confronté aux «pires inondations de (son) histoire», selon le Premier ministre, Shehbaz Sharif
  • Elles ont submergé un tiers du pays, fait plus de 1 100 morts depuis le début de la mousson en juin et affecté plus de 33 millions de personnes

MINGORA: Il était minuit quand Yasmin Akram et sa famille ont reçu l'ordre de quitter immédiatement leur hôtel perché au-dessus des eaux azurées de la rivière Swat, dans les montagnes du nord-ouest du Pakistan. Quelques heures après, l'établissement était emporté par le cours d'eau en crue.

Les siens avaient quitté la chaleur estivale de Lahore pour le climat plus frais de cette région aux paysages verdoyants, appelée la "Suisse du Pakistan", quand ils ont été pris dans l'une des pires tragédies de l'histoire de leur pays.

Dans le noir, ils se sont précipités hors de l'hôtel Honeymoon où ils séjournaient, situé dans la vallée de Kalam. Quelques heures plus tard, à l'abri sur les flancs d'une montagne, ils l'ont vu s'effondrer et disparaître dans les eaux torrentielles de la rivière.

Le Pakistan est confronté aux "pires inondations de (son) histoire", selon le Premier ministre, Shehbaz Sharif. Elles ont submergé un tiers du pays, fait plus de 1 100 morts depuis le début de la mousson en juin et affecté plus de 33 millions de personnes.

"C'était le chaos, tout le monde se ruait pour sauver sa vie", a raconté Yasmin, 53 ans, mardi à l'AFP, après avoir été évacuée à Mingora, la plus grande ville du district de Swat.

"On a entendu de grands boums et ensuite j'ai vu l'hôtel submergé par l'eau. Le bruit de l'eau était tellement fort. C'était comme si quelque chose avait explosé".

Dans la panique générale, elle a eu la tristesse de voir une mère lâcher son jeune fils, incapable de le retenir.

"L'enfant criait, mais sa voix était étouffée par le flot d'eau. Sa mère essayait de le sauver, mais elle ne pouvait pas", s'est remémorée Yasmin, étreinte par l'émotion.

Le garçon compte parmi les 21 victimes recensées jusqu'ici dans la région en raison des inondations, la plupart tuées dans l'effondrement de leurs maisons.

Le récit de cette nuit terrible du 25 août n'a commencé à circuler qu'après que les clients de l'hôtel et autres touristes ont été évacués en hélicoptère, devenu le seul moyen d'accès aux vallées reculées de la région.

Les touristes surpris 

Tout au long de la rivière Swat, on peut voir les restes de ponts détruits, de routes coupées et d'hôtels encore cramponnés à ses berges.

L'eau a depuis commencé à baisser, mais il faudra sans doute plusieurs jours avant que des liaisons terrestres avec les grandes villes alentour puissent être rétablies.

Junaid Khan, un haut responsable administratif du district de Swat, a indiqué à l'AFP que près de 200 000 personnes restaient ainsi coupées du reste du pays.

Environ 600 touristes ont été évacués, principalement par les hélicoptères de l'armée, la priorité allant aux malades, aux femmes et aux enfants.

Des milliers de cartons d'aide alimentaire ont déjà été délivrés, certains jetés depuis les hélicoptères quand l'afflux de personnes au sol se précipitant pour obtenir de l'aide empêchait ceux-ci d'atterrir.

Pendant plusieurs jours, avant d'être évacués, Yasmin, son mari, qui a une maladie des reins, et leur fille de 12 ans ont été recueillis par des habitants dans différentes maisons, plus à l'écart de la rivière en crue.

Leurs deux fils adultes sont restés sur place, ne pouvant immédiatement être évacués.

Même si les touristes savaient que les précipitations de la mousson peuvent être dangereuses dans les montagnes, ils ont été surpris par l'intensité des flots.

"C'est comme si j'avais une seconde vie", a apprécié Yasmin après avoir été déposée sur un aérodrome, en sécurité.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.