Rentrée sociale: les syndicats préparent la bataille, avec des stratégies divergentes

Des manifestants tenant des drapeaux du syndicat CGT participent à une manifestation de soutien aux membres du personnel hospitalier français qui manifestent devant le ministère de la Santé à Paris le 7 juin 2022. (AFP)
Des manifestants tenant des drapeaux du syndicat CGT participent à une manifestation de soutien aux membres du personnel hospitalier français qui manifestent devant le ministère de la Santé à Paris le 7 juin 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 03 septembre 2022

Rentrée sociale: les syndicats préparent la bataille, avec des stratégies divergentes

  • Le secrétaire général de la CFDT a estimé dans Le Monde qu'il était «important que les organisations de salariés échangent entre elles, au-delà de leurs différences sur le plan de la stratégie»
  • Un des sujets à l'ordre du jour sera le Conseil national de la refondation, que l'exécutif lancera jeudi à Marcoussis (Essonne)

PARIS: Inflation, crise énergétique, inquiétudes sur les retraites et l'assurance chômage: les motifs de colère sociales abondent en cette rentrée, poussant les principaux syndicats à tous se retrouver lundi, avant l'organisation le 29 septembre d'une journée de grève et de manifestation à l'appel d'une partie d'entre eux.

Les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) ainsi que Solidaires, la FSU, l'Unsa et les organisations de jeunesse se retrouveront au siège de la CFDT en fin de journée. Deux précédentes intersyndicales de ce type ont eu le lieu le 11 juillet au siège de FO et le 27 juin au siège de la CGT.

Un format inédit depuis 2017, selon Céline Verzeletti, dirigeante confédérale de la CGT, qui souligne les enjeux particuliers de cette rentrée, marquée par l'inflation, la crise énergétique, la "crise démocratique", des services publics en difficulté: "vu la situation qui est gravissime, (...) on ne prend pas cette rentrée comme les autres", dit-elle.

Mi-juillet, l'intersyndicale a publié un texte commun faisant des salaires le "sujet prioritaire", alors que cette question alimente une forte conflictualité dans les entreprises depuis le début de l'année. "Cela n'était pas arrivé depuis 10 ans. Quand tous les syndicats écrivent, je pense que ça vaut le coup de se déboucher les oreilles", a souligné fin août sur BFMTV le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Interrogé sur le rendez-vous de lundi, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a estimé dans Le Monde qu'il était "important que les organisations de salariés échangent entre elles, au-delà de leurs différences sur le plan de la stratégie".

La CGT dans la rue, sans la CFDT

Un des sujets à l'ordre du jour sera le Conseil national de la refondation, que l'exécutif lancera jeudi à Marcoussis (Essonne). Si la CFDT entend participer à cette initiative qui répond à son souhait d'un dialogue plus nourri entre les partenaires sociaux et le gouvernement, ce ne sera a priori pas le cas de la CGT.

"On ne veut pas participer à une mascarade de dialogue ou d'échange", explique Mme Verzeletti. Le bureau confédéral de la CGT proposera mercredi à la commission exécutive de la centrale de boycotter la réunion.

Les deux principaux syndicats français ne se retrouveront pas non plus dans la rue le 29 septembre, la CFDT n'entendant pas participer à cette journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à laquelle appellent la CGT, Solidaires et la FSU.

"Qui va faire croire que c'est parce que vous allez manifester tous ensemble à Paris que cela va régler la question (des salaires, NDLR) ? C'est entreprise par entreprise, branche professionnelle par branche professionnelle qu'il faut agir", a déclaré vendredi sur franceinfo Laurent Berger.

L'Unsa, qui avait joint ses forces à celles de la CGT lors des manifestations du 17 mars et du 1er-Mai, ne sera cette fois pas de la partie, selon son secrétaire général Laurent Escure. FO réserve pour l'instant sa réponse.

Une marche de toute la gauche mi-octobre ? 

La CGT se retrouve aussi relativement isolée, avec Solidaire et la FSU, sur sa participation à un front commun des forces "progressistes" unissant les partis de gauche, les syndicats et des associations comme Attac ou Oxfam.

Signataires d'un communiqué commun le 28 août, ces organisations manifesteront ensemble le 29 septembre, et envisagent une initiative commune un samedi en octobre.

Le 27 août sur TF1, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a donné "rendez-vous à tout le monde à la mi-octobre" pour une "marche qui va nous permettre d'entrer en confrontation" avec la politique d'Emmanuel Macron.

Annonce prématurée selon les syndicats, qui sont d'abord attachés à la réussite du 29 septembre, et ne veulent pas donner l'impression d'être dans la roue des politiques.

Un nouveau rendez-vous de ces organisations est prévu le 12 septembre.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.