Le président israélien Herzog en visite en Allemagne

Des portraits de certains des athlètes israéliens assassinés (Photo, AFP).
Des portraits de certains des athlètes israéliens assassinés (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 septembre 2022

Le président israélien Herzog en visite en Allemagne

  • Je pars ce matin pour une visite d'Etat en Allemagne à l'invitation du président allemand Frank-Walter Steinmeier», a déclaré M. Herzog avant son départ
  • Les autorités allemandes se sont engagées à verser 28 millions d'euros aux familles des victimes de la prise d’otages des JO de Munich, une mesure aussitôt saluée par le président israélien qui a exprimé sa «gratitude»

JÉRUSALEM : Le président israélien Isaac Herzog s'est envolé dimanche pour l'Allemagne où il doit participer aux commémorations de la sanglante prise d'otages par un commando palestinien lors des Jeux olympiques de Munich en 1972, au cours de laquelle onze athlètes israéliens avaient été tués, a indiqué son bureau.

«Je pars ce matin pour une visite d'Etat en Allemagne à l'invitation du président allemand Frank-Walter Steinmeier», a déclaré M. Herzog avant son départ, selon un communiqué.

«La partie principale de ma visite sera la cérémonie marquant le 50e anniversaire du terrible massacre des 11 athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972», a ajouté le président israélien.

Les familles des victimes avaient annoncé mi-août boycotter les cérémonies en raison d'un conflit autour des compensations financières, qu'elles jugeaient trop faibles.

Mais un accord a été annoncé mercredi avec les autorités allemandes qui s'engagent à verser 28 millions d'euros, une mesure aussitôt saluée par le président israélien qui a exprimé sa «gratitude».

Le 5 septembre 1972, huit membres de l'organisation palestinienne «Septembre noir» avaient pénétré dans un appartement de la délégation israélienne au village olympique, tuant deux athlètes israéliens et prenant neuf autres membres de la délégation en otage, dans l'espoir de les échanger contre 232 prisonniers palestiniens.

L'intervention des services de sécurité allemands s'était achevée par la mort de tous les otages, un dénouement sanglant dont les autorités ouest-allemandes ont été tenues en partie responsables. Cinq agresseurs palestiniens avaient été abattus et trois autres arrêtés

Durant sa visite de trois jours en Allemagne, Isaac Herzog rencontrera le chancelier Olaf Scholz, prononcera un discours devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand et se rendra sur le site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen, dont son père l'ancien président Haïm Herzog, avait été l'un des libérateurs, alors qu'il était soldat britannique.

L'Allemagne commémore les cinquante ans de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich
Par Arab News en français avec agences -
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En Photos: Il y a 50 ans, les JO de Munich
Par Arab News en français -

Poutine reconnaît un conflit «long» en Ukraine, relativise le recours à l'arme nucléaire

Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
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  • Après plusieurs menaces d'y recourir ayant émané de responsables russes ces derniers mois, il a souligné que ces armes étaient «un moyen de défense»
  • Vladimir Poutine est par ailleurs revenu sur la mobilisation de 300.000 réservistes, des civils donc, notant que seule la moitié d'entre eux était dans l'immédiat déployés en Ukraine

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a reconnu mercredi que le conflit en Ukraine était "long" et a relativisé le risque d'un recours à l'arme nucléaire.

"Nous ne sommes pas devenus fous, nous savons ce que sont les armes nucléaires", a déclaré M. Poutine, s'exprimant en visio-conférence devant son Conseil des droits de l'homme, une organisation entièrement soumise au Kremlin.

Après plusieurs menaces d'y recourir ayant émané de responsables russes ces derniers mois, il a souligné que ces armes étaient "un moyen de défense", qu'elles étaient destinées à une "frappe en représailles".

Autrement dit, "si on nous frappe, on frappe en réponse", a martelé le chef de l'Etat russe.

Néanmoins, "la menace d'une guerre nucléaire grandit", au regard de la confrontation Russie-Occidentaux autour de l'Ukraine, a-t-il relevé, imputant cette situation aux Américains et aux Européens.

"Tout discours à la légère sur les armes nucléaires est absolument irresponsable", a commenté quelques heures plus tard le porte-parole du département d'Etat américain Ned Price.

Pour le chancelier allemand Olaf Scholz, la communauté internationale "a tracé une ligne rouge" à la Russie et a permis de faire diminuer le risque d'un recours à l'arme nucléaire par Moscou en Ukraine.

"Une chose a changé pour le moment: la Russie a cessé de menacer d'utiliser des armes nucléaires", a affirmé le chancelier dans un entretien au groupe de médias allemands Funke et au quotidien régional français Ouest-France à paraître jeudi.

«Un long processus»

Vladimir Poutine a, à cette occasion, une nouvelle fois justifié l'offensive qu'il a déclenchée il y a plus de neuf mois.

Même si, "bien sûr, c'est un long processus", a-t-il reconnu.

L'"opération militaire spéciale" lancée le 24 février était censée se solder par une victoire russe éclair mais les militaires ukrainiens ont forcé la Russie à renoncer au printemps à Kiev, puis à l'automne à se retirer de plusieurs autres régions.

Répondant à l'un de ses interlocuteurs mercredi, le président russe a toutefois jugé que "l'apparition de nouveaux territoires" était un "résultat significatif pour la Russie".

"La mer d'Azov est devenue une mer intérieure, c'est une chose sérieuse", a-t-il proclamé, évoquant cette zone maritime qui borde une partie du sud-ouest de la Russie et le sud-est de l'Ukraine dont Moscou contrôle désormais tout le rivage.

En outre, M. Poutine a revendiqué en septembre l'annexion de quatre régions ukrainiennes bien que le contrôle russe n'y soit que partiel et les combats quotidiens.

En novembre, les troupes russes ont dû battre en retraite de Kherson, la capitale de la région méridionale éponyme que la Russie considère comme sienne. Un repli humiliant qui a suivi celui en septembre du nord-est de l'Ukraine.

Le Kremlin avait toujours nié que son offensive contre l'Ukraine était destinée à conquérir de nouveaux territoires, affirmant vouloir défendre les populations russophones et mettre fin à l'alliance entre Kiev et les Occidentaux, jugée menaçante par la Russie.

«Chaque mètre compte»

Vladimir Poutine est par ailleurs revenu sur la mobilisation de 300.000 réservistes, des civils donc, notant que seule la moitié d'entre eux était dans l'immédiat déployés en Ukraine.

L'annonce de cette mobilisation avait provoqué un exode de Russes vers l'étranger et a mis en exergue les graves problèmes d'équipement de l'armée.

Sur le front, les bombardements se sont poursuivis mercredi avec notamment dix personnes tuées, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans une frappe russe sur la ville de Kourakhové, près de Donetsk, dans l'Est, où se concentre actuellement l'essentiel des combats.

"Aujourd'hui, l'armée russe a effectué une frappe à Kourakhové, une frappe très brutale, absolument calculée. Ayant ciblé précisément (...) des gens ordinaires. (...) La liste des morts compte dix personnes et beaucoup de blessés", a déclaré M. Zelensky mercredi soir.

Dans cette région, "c'est une confrontation très dure, chaque mètre compte", a-t-il souligné.

"Les occupants concentrent leurs principaux efforts (...) dans les directions (des villes) de Bakhmout (dont les forces russes tentent depuis des mois de s'emparer, NDLR) et d'Avdiivka", également dans l'Est, a signalé dans la soirée l'état-major de l'armée ukrainienne.

Des missiles et des drones ont visé des bâtiments civils à Korosten, dans les environs de Jitomyr (centre-ouest), ainsi que des localités de la région de Zaporijjia (sud), a-t-il poursuivi.

Et si, a affirmé M. Zelensky, "nous avons déjà réussi à libérer de l'occupation 1.888 localités", "presque autant de villes et de villages ukrainiens restent sous occupation" russe.

La faune d'Ukraine a aussi payé un lourd tribut avec la mort de milliers de dauphins en mer Noire ces derniers mois, un "écocide" dénoncé mercredi par M. Zelensky.

Selon lui, les Ukrainiens "recueillent les preuves de ces crimes et ont l'intention d'en tenir la Russie pour responsable".

Mercredi, le magazine américain Time a désigné M. Zelensky personnalité de l'année 2022.

"Pour avoir prouvé que le courage peut être aussi contagieux que la peur, pour avoir incité les gens et les nations à s'unir pour défendre la liberté, pour avoir rappelé au monde la fragilité de la démocratie --et de la paix--, Volodymyr Zelensky et l'esprit de l'Ukraine sont la personnalité de l'année 2022 du Time, a écrit son rédacteur en chef Edward Felsenthal.


Les négociations sur un accord mondial sur les pandémies débuteront en février 2023

Le siège de l’OMS, à Genève (Photo, AFP).
Le siège de l’OMS, à Genève (Photo, AFP).
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  • L'annonce intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l'apparition de la Covid-19 en Chine
  • Le processus pour trouver un accord de lutte contre la pandémie a été lancé fin 2021 à l'unanimité des membres de l'OMS

GENEVE: Les négociations sur un projet d'accord mondial pour mieux combattre la prochaine pandémie débuteront fin février 2023, a annoncé mercredi l'OMS.

Les 194 Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé, réunis à Genève depuis trois jours, ont convenu "d'élaborer le premier projet d'un accord juridiquement contraignant conçu pour protéger le monde contre de futures pandémies", souligne un communiqué.

"Ce 'projet préliminaire conceptuel' de l'accord sur la pandémie, ancré dans la Constitution de l'OMS, sera discuté par les Etats membres" le 27 février 2023, précise l'Organisation.

L'annonce intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l'apparition de la Covid-19 en Chine, avant qu'il ne se répande dans le monde entier provoquant la pire pandémie depuis un siècle.

Elle a fait des millions de morts, coûté des milliers de milliards de dollars et mis à nu les inégalités d'accès aux soins et aux médicaments. Et elle continue de sévir.

Le bureau de l'organe intergouvernemental de négociation, qui est composé d'un délégué de chacune des six régions de l'OMS, sera chargé d'élaborer le texte ou "brouillon zéro" qui servira de base aux négociations des Etats membres.

Le processus pour trouver un accord de lutte contre la pandémie a été lancé fin 2021 à l'unanimité des membres de l'OMS.

Le projet est d'adopter un texte contraignant juridiquement au printemps 2024.

"La décision de nous confier la tâche d'élaborer un avant-projet d'accord sur la pandémie représente une étape majeure sur la voie d'un monde plus sûr", a affirmé Roland Driece, l'un des membres du Bureau de l'organe international de négociation.

Sa collègue Precious Matsoso a indiqué pour sa part que "les représentants du gouvernement ont souligné que tout futur accord sur la pandémie devrait tenir compte de l'équité, renforcer la préparation, assurer la solidarité, promouvoir une approche pansociétale et pangouvernementale, et respecter la souveraineté des pays."

"Il y a beaucoup de choses qui doivent changer avant que nous ne le validions. C'est la même chose pour beaucoup d'Etats membres - probablement la plupart", a déclaré aux journalistes la négociatrice en chef américaine, Pamela Hamamoto, en référence au "brouillon zéro".

Peter Sands, qui dirige le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme juge pour sa part que "l'existence d'un beau traité (...) n'aura qu'un impact partiel sur l'efficacité de notre réponse".


RDC: Quatre morts dans des affrontements intercommunautaires en Ituri

Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la RDC (Photo, AFP).
Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la RDC (Photo, AFP).
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  • Ces affrontements à l'arme à feu ont opposé durant deux jours en début de semaine des jeunes Bira à des Hema dans la chefferie de Baboa-Bokowe
  • Souvent secouée par des conflits intercommunautaires, la région aurifère d'Ituri a renoué avec les violences depuis 2017 avec l’avènement de la milice Codeco

BUNIA: Quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre des membres de deux communautés dans un conflit autour d'une mine d'or artisanale dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont indiqué mercredi des sources locales.

Ces affrontements à l'arme à feu ont opposé durant deux jours en début de semaine des jeunes Bira à des Hema dans la chefferie (ensemble de villages) de Baboa-Bokowe, à 10 km de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Selon Jonas Zorabo Lemi, responsable de cette chefferie, on a enregistré quatre morts, deux blessés et un important déplacement de population vers des zones plus sécurisées.

Le puits au centre du conflit était utilisé comme latrines dans la parcelle d'un membre de la communauté Bira avant d'être transformé en une sorte de carrière artisanale. Les filons d'or se prolongeant en grande partie dans la parcelle d'un Hema, ce dernier, soutenu par des membres de sa communauté, tentait de refuser l'accès aux jeunes Bira.

Cette situation a créé une "tension entre la jeunesse Bira et la jeunesse Hema", a expliqué M. Zorabo Lemi.

Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri, a confirmé dans un communiqué qu'un "conflit foncier autour d'un gisement aurifère dans une parcelle" avait provoqué des morts.

Le gouverneur de province, le lieutenant général Johnny Luboya, a "condamné" cet incident qui a causé "une panique généralisée à travers tous les villages environnants". "Les fauteurs de troubles et porteurs d'armes illégaux se verront poursuivis par la justice", a-t-il prévenu.

Souvent secouée par des conflits intercommunautaires, la région aurifère d'Ituri a renoué avec les violences depuis 2017 avec l’avènement de la milice Codeco, qui prétend défendre les intérêts de la communauté Lendu contre les Hema et contre les forces de sécurité.

Des groupes armés actifs dans cette région et d'autres provinces de l'est de la RDC ont pris part à Nairobi aux pourparlers avec le gouvernement de Kinshasa qui se sont achevés mardi. Une prochaine session de discussions est prévue en janvier.