Le Commonwealth, en deuil, rend hommage à la reine Elizabeth II

Phil Thurston, directeur du Rand Club, rend hommage à la reine Élisabeth II en accrochant un voile sur un portrait d'elle au Rand Club de Johannesburg, le 9 septembre 2022. (Photo de Wikus De Wet / AFP)
Phil Thurston, directeur du Rand Club, rend hommage à la reine Élisabeth II en accrochant un voile sur un portrait d'elle au Rand Club de Johannesburg, le 9 septembre 2022. (Photo de Wikus De Wet / AFP)
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Publié le Vendredi 09 septembre 2022

Le Commonwealth, en deuil, rend hommage à la reine Elizabeth II

  • Le Premier ministre indien Narendra Modi s'est dit «peiné par la disparition» de celle qui en accédant au trône en 1952, devenait le premier souverain britannique à ne pas avoir régné sur l'Empire des Indes
  • Elizabeth II avait visité le Pakistan deux fois, en 1961 et 1997, lorsque le pays fêtait les 50 ans de son indépendance de l'empire britannique des Indes

NEW DELHI : Les dirigeants des nations du Commonwealth du monde entier ont salué la dignité de la reine Elizabeth II, «qui restera dans les annales de l'histoire mondiale» et «laissera un grand vide», après son décès jeudi à l'âge de 96 ans.

Après son accession au trône en 1952, la reine a pris la tête du Commonwealth, un groupe d'anciens territoires de l'Empire britannique qui s'étend sur six continents. Bon nombre des 56 pays membres du bloc ont obtenu leur indépendance sous son règne, alors que les mouvements de décolonisation gagnaient du terrain en Afrique et en Asie, y compris dans certaines nations ayant gardé un souvenir douloureux de la domination coloniale.

Le Premier ministre indien Narendra Modi s'est dit «peiné par la disparition» de celle qui en accédant au trône en 1952, devenait le premier souverain britannique à ne pas avoir régné sur l'Empire des Indes, disparu en 1947 avec la Partition et les indépendances de l'Inde et du Pakistan.

La souveraine britannique a été «un guide inspirant pour sa nation et son peuple», a déclaré M. Modi en offrant ses condoléances à la famille royale et aux Britanniques.

Il a rappelé que lors d'une rencontre entre les deux dirigeants en Grande-Bretagne, la Reine lui avait montré un mouchoir que lui avait donné à son mariage le héros de l'indépendance indienne, le Mahatma Gandhi.

- «La dignité et la pudeur» -

«Je chérirai toujours ce geste», a écrit M. Modi sur Twitter, ajoutant qu'Elizabeth II «symbolisait la dignité et la pudeur dans la vie publique». La Reine s'était rendu trois fois en Inde sous son règne.

Arif Alvi, président du Pakistan, le deuxième pays le plus peuplé du Commonwealth après l'Inde, a salué la mémoire d'«une grande et bienfaisante dirigeante».

Sa mort laisse un immense vide dont le souvenir «restera gravé en lettres d'or dans les annales de l'histoire mondiale», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a lui aussi offert ses «sincères condoléances».

- «Présence constante» -

Elizabeth II avait visité le Pakistan deux fois, en 1961 et 1997, lorsque le pays fêtait les 50 ans de son indépendance de l'empire britannique des Indes. La Grande-Bretagne est le premier partenaire économique du Pakistan, et abrite l'une de ses plus grandes diasporas.

Elle «restera dans les annales de l'histoire mondiale avec des mots d'or», a-t-il ajouté.

La souveraine britannique était une «présence constante» dans la vie des Canadiens et «restera à jamais une partie importante de l'histoire de notre pays», a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

«Les Canadiens se souviendront et chériront toujours la sagesse, la compassion et la chaleur de Sa Majesté», a-t-il ajouté sur Twitter.

Le président des Maldives, Mohamed Ibrahim Solih, a déclaré que la reine était un «exemple brillant de service public, de résilience et de dévouement à son pays».

- «Décence intemporelle» -

Le Premier ministre australien Anthony Albanese - un républicain déclaré - a rendu hommage à la «décence intemporelle» d'Elizabeth II, soulignant que son décès marquait la «fin d'une époque».

«Un règne historique et une longue vie consacrée au devoir, à la famille, à la foi et au service ont pris fin», a-t-il déclaré.

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré avoir appris le décès de la reine quand un «officier de police a braqué une torche dans ma chambre vers cinq heures moins dix ce matin». Elle avait lu l'annonce de la mauvaise santé de la reine avant d'aller se coucher, a-t-elle raconté. «Quand la torche est entrée dans ma chambre, j'ai immédiatement su ce que cela signifiait», a-t-elle poursuivi. «Je suis profondément triste».

Le président malawite Lazarus Chakwera a écrit sur Facebook: «Nous pleurons le décès d'un grand monarque», exprimant ses «plus profondes condoléances», notant que la reine Elizabeth a également été reine du Malawi entre 1964 et 1966.

«Pour nous, en tant que nation, son héritage inimitable en tant qu'amie du Malawi sera à jamais gravé dans nos cœurs et marqué de manière indélébile dans les pages de notre histoire».

- «Un pilier de force» -

La présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, sur Twitter, s'est dite «profondément attristée» du décès de la reine Elizabeth II, ajoutant que «le monde entier se souviendra de la Reine comme d'un pilier de force, de paix, d'unité et de stabilité».

Le président gabonais Ali Bongo, dont le pays a rejoint le Commonwealth le 25 juin 2022, a adressé dans un tweet ses «sincères condoléances au peuple britannique, à (son)ami Sa Majesté le Roi Charles III et à toute sa famille «.

Il a loué «une grande amie de l'Afrique qui l'aimait en retour», ajoutant «ce soir, la famille du Commonwealth porte le deuil de la Reine Elizabeth II».

Le président du Zimbabwe qui s'est retiré du Commonwealth en 2003 après sa suspension en raison de problèmes liés aux droits de l'homme, et des décennies de relations glaciales avec l'ancienne colonie, a présenté ses condoléances aux Britanniques. «Qu'elle repose en paix», a écrit Emmerson Mnangagwa.

La monarque avait été une «force motrice» au sein du Commonwealth, a estimé Harsh V. Pant, professeur de relations internationales au King's India Institute de Londres. Sa mort pourrait soulever des questions sur l'avenir du groupe, a-t-il déclaré à l'AFP. «Que va-t-il advenir de ce Commonwealth maintenant : survivra-t-il à l'avenir ?»

Edimbourg pleure la reine et s'attelle aux préparatifs

Tristesse, bruine, mais aussi une forme étrange d'effervescence. Edimbourg pleure la reine Elizabeth II et se prépare à accueillir le cercueil de la monarque qui s'est éteinte jeudi dans son château écossais de Balmoral.

Contre un mur humide qui ceint Holyroodhouse, palais officiel de la monarchie dans la capitale écossaise, les fleurs se font de plus en plus nombreuses.

Gary Millar, technicien de 45 ans, dépose un bouquet et se recueille en silence. Dès le petit matin, il est venu pour témoigner son «respect» envers la reine.

«Elle nous a honorés pendant tout son règne en accomplissant son devoir», souligne-t-il la voix serrée. C'est le moment pour le public de «lui rendre un peu de ce qu'elle a offert au pays pour marquer son respect».

En Ecosse, dirigée par un gouvernement indépendantiste, la reine est bien plus populaire que la monarchie elle-même. Mais pour Gary Millar, la souveraine a «maintenu le pays ensemble». «Elle a été là toute ma vie».

La foule se fait de plus en plus nombreuse, va et vient, fait la queue pour voir et prendre en photo l'annonce officielle de la mort de la reine placardée sur les grilles.

La lire «rend peut-être les choses plus réelles», explique Emma Bennett, médecin de 47 ans qui vit non loin d'Edimbourg.

L'un de ses premiers souvenirs est d'être allée voir passer le navire de la reine en Irlande du Nord, dont elle est originaire, à l'occasion de son jubilé d'argent, en 1977.

Des barrières sont mises en place, tout comme une estrade où prendront places les caméras qui retransmettront dans le monde entier les images du cortège.

- Le «bon monarque pour l'époque» -

C'est à Holyroodhouse que le cercueil de la reine est attendu dans les prochains jours. La dépouille sera ensuite portée en procession par le Royal Mile, l'artère principale de la capitale écossaise, jusqu'à la cathédrale Saint-Gilles où un service religieux se tiendra en présence de la famille royale et le public pourra se recueillir.

Le cercueil sera ensuite acheminé vers Londres.

A pied du mur fleuri, des jardiniers arrangent la pelouse sur un fond sonore de tondeuse et de débroussailleuse, dans une odeur humide mêlant essence et herbe coupée.

Emue aux larmes, Rebecca Evans, 44 ans est simplement «triste», bien que la disparition de la reine ne soit pas «inattendue».

«Elle a accueilli la nouvelle Première ministre» Liz Truss mardi et semblait «aller bien» et «jeudi elle nous quitte», sanglote-t-elle.

«Il se passe tellement de choses au Royaume-Uni en ce moment», poursuit cette femme blonde vêtue d'un sweat-shirt fuchsia, énumérant le Brexit, «ce gouvernement», la «crise de l'énergie», «la récession». La mort de la reine représente une «telle tristesse».

Les Ecossais sont «notoirement grincheux», relève-t-elle, mis «on aime vraiment la reine» et «la famille royale». Travaillant pour un cercle de réflexion sur l'environnement, elle prédit que le roi Charles III, de longue date attaché à la défense de la nature et du climat, sera le «bon monarque pour cette époque».

- «Jamais en grève» -

Le fait que le cercueil de la reine repose dans un premier temps en Ecosse est selon elle une source de fierté localement, alors que «tout est centré sur Londres».

Par respect pour la reine, postiers et cheminots ont annulé leurs grèves. «C'est peut-être la réponse la plus britannique», parce que la reine «ne s'est jamais mise en grève», souligne Rebecca Evans.

Irlandaise de 48 ans installé à Edimbourg, Orla Bell est venue pour déposer des fleurs car sa mère est une «grande fan de la famille royale». Tant et si bien qu'il y a 25 ans, elle avait laissé un bouquet pour sa mère quand la princesse Diana est morte.

«La reine était comme une mère pour tout le pays», songe-t-elle, «je crois que Tony Blair l'avait qualifiée de matriarche du pays». Mais «même si vous n'êtes pas un fan de la famille royale ou n'êtes pas Britannique, je crois que c'est important pour tout le monde».


L'Espagne championne du monde de foot: Madrid fait la fiesta pour sa Roja

Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
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  • Madrid a célébré dans une ambiance de liesse la deuxième Coupe du monde de l’Espagne après sa victoire 1-0 contre l’Argentine en prolongation, avec des milliers de supporters réunis dans les rues
  • Les supporters ont prolongé les festivités toute la nuit et attendaient le retour des champions pour le défilé et les célébrations prévues à la place de Cibeles

MADRID: Il est presque minuit, Madrid s'embrase au coup de sifflet final: l'Espagne vient de remporter sa seconde Coupe du monde et les cris de joie et vuvuzelas retentissent dans le centre, où des milliers de supporters s'étaient rassemblés pour suivre la finale sur un écran géant.

"Je suis euphorique, je n'arrive pas à y croire!" s'exclame depuis la place Colon Diego González, large sourire au lèvres, à l'issue du match qui a vu son pays vaincre l'Argentine en prolongation (1-0).

Autour de lui, des supporters craquent des fumigènes et des klaxons de voiture retentissent dans les rues adjacentes.

Diego n'a que 25 ans, mais ce second sacre lui rappelle le premier en 2010 en Afrique du Sud: "on avait gagné l'Euro" en 2008, "puis la Coupe du monde: il y a deux ans, et là on a gagné l'Euro et on vient de gagner le mondial à nouveau".

Une marée humaine vêtue des couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune, entonne en choeur le tube de Queen "We are the champions" et agite des drapeaux.

- Faire la fête à tout prix -

"C'est fou" de le chanter, "car à un moment on n'y croyait plus", raconte Alejandra Silva, 26 ans, maillot sur le dos, au milieu d'une foule euphorique.

Pour son amie Ángela Lambea, 30 ans, "on le méritait, on a très bien joué, on a eu le ballon tout le temps, l’Argentine ne l’a presque pas touché, donc on est très émues".

Toutes les deux pensent continuer à faire la fête pour célébrer la victoire de la Roja "mais on ne sait pas encore" où et comment, "et demain nous travaillons".

Partout dans Madrid, des feux d'artifice éclatent dans le ciel torride de cette nuit d'été.

A bord d'un avion atterrissant à Madrid peu après le sacre de l'Espagne, un pilote de la compagnie espagnole Iberia n'a pu retenir sa joie et a annoncé au micro :"Nous sommes champions du monde, mesdames et messieurs les passagers", avant de diffuser également le tube de Queen.

Entonnant des chants et sautant de joie, les supporters s'exclamaient  "Campeones, campeones !" ("Champions, champions !") et "Que viva España ! ("Vive l'Espagne !").

Ce nouveau titre planétaire résonne particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait d'ailleurs pas vécu le premier sacre de la "Selección" en Afrique du Sud.

John Molina, 40 ans, se souvient pourtant très bien de la première étoile de son équipe, "un rêve" à l'époque". Seize ans plus tard, "les gens y croyaient déjà" avant la fin du match, selon lui.

Et il sait déjà où il va continuer les festivités; "on va tous à Cibeles", la place où se rassemblent habituellement les supporters du Real Madrid pour célébrer les titres du club.

C'est aussi là que sont attendus les champions du monde dans quelques heures, à l'issue d'un défilé dans les rues de Madrid à bord d'un bus à impériale.


Le patrimoine mondial en péril face aux conflits et aux urgences écologiques

Un drapeau israélien flotte au sommet du château médiéval de Beaufort, connu localement sous le nom de Qalaat al-Shaqif ou Shaqif Arnoun, vu depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
Un drapeau israélien flotte au sommet du château médiéval de Beaufort, connu localement sous le nom de Qalaat al-Shaqif ou Shaqif Arnoun, vu depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
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  • L’Unesco examinera cette semaine plusieurs inscriptions d’urgence au patrimoine mondial en péril, notamment les châteaux du Mont Amel et Tyr au Liban, ainsi que des sites en Cisjordanie, en Crimée et au Soudan du Sud
  • Face aux conflits et aux menaces environnementales, l’Unesco veut renforcer la protection des sites menacés, dont le lac Baïkal, tout en mobilisant des financements pour leur préservation

PARIS: Forteresses médiévales au Sud-Liban, site archéologique en Crimée, lac Baïkal, parcs naturels au Soudan du Sud... Face à la multiplication des conflits et des menaces environnementales, plusieurs sites devraient rejoindre cette année la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Réunis à Busan (Corée du Sud), les 196 Etats membres de l'organisation onusienne examineront à partir de lundi une trentaine de nouvelles candidatures souhaitant venir s’ajouter plus de 1.200 sites déjà inscrits à la célèbre liste du patrimoine mondial.

Trois feront l'objet d'un classement en procédure d'urgence, à la fois sur la liste du patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine en péril.

Deux sont situés au Moyen-Orient: le site archéologique de Sébastia, la Samarie de la Bible, dans le nord de la Cisjordanie occupée, auquel Israël s'intéresse depuis des années pour son potentiel touristique, et cinq châteaux du Mont Amel, dans le sud du Liban bombardé par Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'une des plus connues, datant de l'époque des Croisades et conquise fin mai par l'armée israélienne, la forteresse de Beaufort, lui avait déjà servi de base durant les deux décennies d'occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000.

Israël a quitté l'Unesco en 2017 (comme les Etats-Unis, dont le départ sera effectif fin 2026) mais reste membre du Comité du patrimoine mondial et est signataire de la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés et de la Convention du patrimoine mondial.

Enfin, le Soudan du Sud intègrera pour la première fois le patrimoine mondial avec un site nécessitant une attention particulière tant en raison du conflit persistant entre forces gouvernementales et milices d'opposition que du réchauffement climatique.

Les savanes de Boma-Badingilo, zone de 37.500 km2 située entre le Nil Blanc et la frontière éthiopienne, abritent la plus grande migration terrestre de mammifères au monde, notamment d'antilopes.

- "Se reconstruire" -

"Nous n'avons peut-être pas les moyens d'envoyer des Casques bleus (...) mais nous pouvons faire passer un message au monde entier : ces sites sont importants, il faut tout faire pour empêcher leur destruction", explique à l'AFP le directeur Centre du patrimoine mondial de l'Unesco Lazare Eloundou Assomo.

"Le patrimoine permet aux communautés qui ont été traumatisées, victimes des conflits, de commencer à revenir, à se reconstruire", ajoute M. Assomo, insistant sur le fait que l'inscription sur la liste en péril n'est pas une sanction : il permet "de mobiliser des financements, des partenaires et l'attention" pour bénéficier d'une protection accrue.

Outre ces procédures d'urgence, d'autres sites devraient s'ajouter à la liste des biens en péril, comme Tyr, ancienne cité phénicienne du sud du Liban touchée ces derniers mois par des bombardements israéliens, ou la cité antique de Chersonèse Taurique et sa chôra, située en Crimée, territoire ukrainien annexé par la Russie depuis 2014.

Cette dernière est affectée par des fouilles non autorisées, des constructions de grande ampleur et des déplacements d'artefacts.

En Ukraine, le patrimoine local est ravagé par la guerre lancée par Moscou en 2022. Le dernier site emblématique endommagé a été la cathédrale de la Dormition à Kiev, touché par une frappe aérienne russe en juin.

- Alerte sur le Lac Baïkal -

Selon l'Unesco, le lac Baïkal, plus grande réserve d'eau douce liquide au monde, en Russie, pâtit lui de la pollution, de la pression touristique, d’un projet hydroélectrique en amont (Mongolie) ou encore de l'exploitation forestière à grande échelle.

Après avoir à maintes reprises appelé Moscou à agir pour stopper "la dégradation écologique du lac (...) de toute urgence", l'Unesco juge les mesures prises insuffisantes.

L'an dernier, l'organisation alertait déjà sur la multiplication des menaces climatiques avec près de trois-quarts des sites du patrimoine mondial "confrontés à des risques hydriques graves, pénuries d'eau ou inondations".

De même, sur la cinquantaine de biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril, la moitié l'était en raison des conséquences directes des conflits.

Parmi les nouvelles candidatures au Patrimoine mondial, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944, dans le nord-ouest de la France, deux théâtres construits dans l'Amazonie brésilienne et le village tunisien de Sidi Bou Saïd devraient faire leur entrée dans la prestigieuse liste.


Bombardé pour la septième nuit de suite, l'Iran menace de déclencher une "offensive totale"

Un avion de combat multirôle se prépare à décoller d'un porte-avions américain dans le golfe Arabique. (Vidéo X : @Centcom)
Un avion de combat multirôle se prépare à décoller d'un porte-avions américain dans le golfe Arabique. (Vidéo X : @Centcom)
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  • Les États-Unis poursuivent leurs frappes en Iran ; Téhéran dit avoir riposté contre des bases liées aux forces américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn
  • Les tensions s'aggravent dans le détroit d'Ormuz, alimentant les craintes d'une escalade régionale

TEHERAN: Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la septième nuit consécutive samedi et Téhéran a une nouvelle fois riposté en frappant des cibles en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, tout en menaçant de passer à une "offensive totale".

Un mois après la signature, le 17 juin, d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis censé ouvrir une période de pourparlers de paix, l'escalade continue au Moyen-Orient avec des échanges de frappes quotidiens et des incidents maritimes en série.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a dit avoir attaqué dans la nuit en Iran "des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes", sans mentionner de cibles civiles.

Les autorités de la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, ont annoncé que des frappes américaines y avaient fait au moins trois morts et huit blessés, et ciblé deux ponts et un tunnel routiers, selon l'agence officielle Irna.

Toujours selon Irna, les Etats-Unis ont également bombardé les villes d'Ahvaz et Bouchehr (sud-ouest), Bandar Abbas, l'île de Qeshm, Lar, Darab (sud), et Yazd (centre).

- Jordanie et Koweït attaqués -

En riposte, l'armée iranienne, citée par la télévision d'Etat, a affirmé avoir frappé le camp militaire d'Al-Adiri et la base d'Ali Al-Salem au Koweït, la base aérienne d'Al-Azraq en Jordanie, et celle de Sheikh Isa à Bahreïn, accusant l'armée américaine d'attaquer son territoire depuis ces installations.

"Nos défenses aériennes ont intercepté et abattu 10 missiles iraniens visant le territoire du Royaume", et qui n'ont fait ni victime ni dégât, a indiqué un responsable de l'état-major jordanien.

Au Koweït, l'armée a dit faire face à "des attaques de drones hostiles". Les sirènes d'alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, a annoncé le ministère de l'Intérieur de ce pays.

Téhéran va entrer dans "une phase d'offensive totale" si les frappes américaines se poursuivent au-delà de "deux-trois jours", a menacé vendredi Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, cité par la télévision d'Etat.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes "se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz", où le trafic maritime est à nouveau pratiquement à l'arrêt.

- L'Iran "stoppe" quatre navires -

Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis plus d'une semaine, après la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Ces derniers, en représailles, ont réimposé un blocus des ports iraniens.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé samedi avoir "stoppé" quatre navires qui tentaient de franchir sans leur autorisation le détroit où, toujours selon Téhéran, deux pétroliers ont par ailleurs sauté sur des mines.

"Au cours des dernières heures, quatre navires en infraction, soutenus par l'armée terroriste américaine, ont tenté de traverser le détroit d'Ormuz, et les quatre navires ont été stoppés sur place lors d'une opération combinée de missiles et de drones", ont déclaré les Gardiens, cités par la télévision d'Etat.

"Deux pétroliers, qui tentaient de traverser le champ de mines situé au sud du détroit d'Ormuz, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu", ont-ils également indiqué, selon Irna, sans préciser la nationalité des navires ni s'il y avait des victimes.

Le Commandement de l'armée américaine pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti. "Comme la plupart des revendications du Corps des gardiens de la Révolution islamique, ceci est faux", ont-ils écrit sur X, sans fournir plus d'explications.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains contre l'Iran, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.

"Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus", a analysé David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, en soulignant le "risque d'une confrontation régionale plus large".