A sa rentrée politique, Zemmour met en garde contre «le grand endoctrinement»

Eric Zemmour faisant campagne dans la 4e circonscription du département du Var (Photo, AFP).
Eric Zemmour faisant campagne dans la 4e circonscription du département du Var (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 11 septembre 2022

A sa rentrée politique, Zemmour met en garde contre «le grand endoctrinement»

  • Face aux réserves de ceux qui lui reprochaient son obsession des sujets identitaires, l'ancien journaliste a tenté d'occuper le terrain écologique
  • Le candidat malheureux a eu beau jurer n'être pas là pour parler de la campagne passée, c'est malgré tout à un exercice de bilan auquel il s'est livré

PARIS: Cinq mois après son échec à l'élection présidentielle, Eric Zemmour a réuni ses troupes dimanche en Provence, sans véritable mea culpa sur sa campagne mais en fustigeant toujours le "grand remplacement", le "grand déclassement" et désormais le "grand endoctrinement".

Dans un champ de Gréoux-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l'ex-polémiste a compté "7.000 personnes, deux fois plus que prévu", venues assister à un discours de rentrée politique, dans une ferveur parfois abasourdie par la chaleur.

Le candidat malheureux a eu beau jurer n'être "pas là pour parler de la campagne passée", c'est malgré tout à un exercice de bilan et perspectives auquel il s'est livré, certain d'avoir "eu raison face à l'Histoire".

Sans auto-critique mais en rappelant les glorieuses heures de ses meetings bondés ou de ses débats télévisés, le patron de Reconquête! a reconnu un "été réparateur et salvateur" après sa double défaite à la présidentielle et aux législatives.

Face aux réserves de ceux qui lui reprochaient son obsession des sujets identitaires, l'ancien journaliste a tenté d'occuper le terrain écologique en déclinant un plaidoyer pro-nucléaire, ou de parler économie en prônant un Etat moins redistributeur.

Francocide

Mais c'est sur ses fondamentaux que le quatrième homme de la présidentielle a surtout insisté, en ajoutant aux théories du "grand remplacement" et du "grand déclassement" celle du "grand endoctrinement".

En considérant que "l'école (en) est au cœur", il vise "les idéologies" en général et la députée EELV Sandrine Rousseau ou le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye en particulier. Huées nourries dans les travées.

Sur le thème de "Protégeons nos enfants", Eric Zemmour a fait un long développement sur l'école, en demandant à ses troupes de "ne plus rien laisser passer", "dénoncer", "protester", à travers un "réseau national de parents vigilants" présent "dans chaque établissement".

"Je veux que chaque parent puisse nous signaler les aberrations dont sont victimes ses enfants à l’école", a-t-il développé, en fustigeant "les enseignants (qui apprennent) à vos enfants que la France est coupable de crime contre l'humanité" ou "des intervenants extérieurs (apprenant) à votre fille de six ans que si elle le souhaite, elle peut devenir un garçon".

Et, par analogie avec le terme "féminicide" apparu dans le débat public, il propose d'appeler "francocide" le "tabassage, viol, meurtre, d'un Français par un immigré".

L'Italie dans le viseur

Si le public est enthousiaste et qu'Eric Zemmour se vante de "tenir la plus importante rentrée politique du pays", le mouvement d'extrême droite demeure en proie à des interrogations.

"Je ne perds pas de vue les prochaines échéances", a expliqué l'ex-candidat à la présidentielle, alors que, dans les allées du raout provençal, de nombreux militants plaident déjà pour que Marion Maréchal prenne la tête de liste pour les élections européennes de 2024.

C'est également la forme que Reconquête! doit prendre, ainsi que ses rapports avec d'autres partis de droite et d'extrême droite qui fait débat chez les adhérents, alors que Marine Le Pen, auréolée d'un score historique au second tour de la présidentielle et de l'élection de 89 députés, tenait au même moment un meeting sur ses terres d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

"Le pari d'Éric Zemmour a été de trouver un espace politique qui se singularisait sur le sujet identitaire et sur un aspect plus libéral. Or une grande partie de l'électorat populaire est au contraire plutôt attaché à une protection sociale au vu de la crise", notait dimanche sur FranceInfo le politologue Benjamin Morel, en faisant observer un "contexte extrêmement compliqué" pour l'ex-polémiste.

Au sein de ses troupes, on veut se rassurer en regardant notamment vers l'Italie, où le parti post-fasciste Fratelli d'Italia (Frères d'Italie) est donné favori pour les élections législatives et dont la patronne, Giorgia Meloni, est pressentie pour devenir cheffe du gouvernement. "Il avait commencé à 3% il y a quelques années", rappelle le vice-président de Reconquête! Nicolas Bay. Or, selon lui, "il est bien plus proche de la ligne Zemmour que celle de Le Pen".

pab/ib/cal


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.