Aux confins du Mali, la force européenne Takuba fait ses premiers pas

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Publié le Jeudi 05 novembre 2020

Aux confins du Mali, la force européenne Takuba fait ses premiers pas

  • La mission de Takuba: accompagner au combat de petites unités d'élite maliennes équipées de pick-ups et de motos, pour les aider à s'aguerrir et reconquérir des pans de territoire semi-désertiques délaissés depuis longtemps par l'Etat malien
  • Les prochains mois s'annoncent cruciaux pour cette nouvelle Task Force initiée par la France, dont l'éclosion a demandé de longs mois de tractations et qui doit désormais faire ses preuves pour attirer de nouveaux candidats européens

GAO : Au fin fond de la vaste base militaire de Gao, un plot en béton blanc orné de dessins de drapeaux français, estoniens et suédois marque l'entrée des quartiers de la Task Force (Force opérationnelle) Takuba. Un groupement encore embryonnaire de forces spéciales européennes sur lequel Paris mise gros pour partager le fardeau au Sahel.

Sous un auvent entouré de containers et de véhicules légers des forces spéciales, des soldats d'élite français et estoniens évoquent leur récente première mission commune. Le premier "Task Group" de Takuba dont ils font partie a participé en octobre à l'opération d'envergure "Bourrasque" conduite à la frontière nigérienne par la force antijhadiste française Barkhane et les armées locales.

La mission de Takuba: accompagner au combat de petites unités d'élite maliennes équipées de pick-ups et de motos, pour les aider à s'aguerrir et reconquérir des pans de territoire semi-désertiques délaissés depuis longtemps par l'Etat malien, devenus zones-refuge pour les jihadistes du groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Pendant l'opération "Bourrasque", "on a sillonné tout le Liptako (nord-est du Mali, ndlr), on a reconnu beaucoup de villages", explique le commandant Aurélien, chef de l'unité franco-estonienne. "On était en appui, discrets, pendant que les forces armées maliennes (FAMa) arrivaient seuls dans les villages, pour que la populations les voient", détaille-t-il, en rappelant l'importance de "remettre les FAMa sur leur territoire".

"C'est la première fois que notre unité travaille avec les Français", explique un "FS" estonien sous couvert de l'anonymat. "Jusqu'ici on ne rencontre pas de problème d'interopérabilité", assure-t-il en anglais.

Les prochains mois s'annoncent cruciaux pour cette nouvelle Task Force initiée par la France, dont l'éclosion a demandé de longs mois de tractations et qui doit désormais faire ses preuves pour attirer de nouveaux candidats européens.

L'enjeu est majeur pour Paris, qui s'échine à associer à la lutte antijhadiste au Sahel le plus grand nombre de partenaires possibles, dans l'espoir de réduire son empreinte militaire après plusieurs années de déploiement ininterrompu.

"Impatients" 

Malgré la présence de 5.100 militaires français, de l'ONU (Minusma au Mali, 13.000 hommes), de la Force conjointe du G5 Sahel et de forces américaines, les pays sahéliens subissent des attaques jihadistes fréquentes et meurtrières.

Sur la base avancée française de Ménaka, à plus d'une heure d'hélicoptère de Gao, des équipes du génie s'affairent pour préparer l'accueil prochain d'autres unités européennes de Takuba et leurs hélicoptères.

"On a monté un camp totalement en matériel de campagne, sauf les sanitaires qui seront en dur", explique le lieutenant colonel Nicolas, en marchant entre deux rangées de tentes couleur fauve, flambant neuves.

"On attend l'arrivée de nos camarades dans les prochaines semaines", explique le commandant Cédric, chef de la future unité franco-tchèque de Takuba. Fin octobre, le Parlement tchèque a enfin donné son feu vert pour l'envoi d'un contingent de 60 militaires au sein de la nouvelle Task Force chapeautée par Barkhane.

"On a fait une visite de reconnaissance avec eux en juillet, on s'est entraîné ensemble en France, et depuis l'été on échange régulièrement avec eux. Ils sont impatients de venir", détaille le commandant, arrivé il y a deux jours avec une première dizaine d'hommes.

En début d'année prochaine, Français et Tchèques seront rejoints par des forces spéciales suédoises. Un officier suédois est déjà sur les lieux pour préparer l'arrivée de son détachement de 3 hélicoptères Blackhawk et 150 hommes.

Contrairement aux autres nations partenaires, ils n'accompagneront pas les FAMa sur le terrain mais assureront des missions de réaction rapide, en appui des unités déployées au sol.

L'Italie, elle, a autorisé l'envoi de jusqu'à 200 soldats, mais aucune date n'a encore été fixée.

"Nous espérons que d'autres Européens nous rejoindront, car nous sommes convaincus qu'il y aura besoin d'un ou deux +Task Groups+ supplémentaires pour tenir le Liptako" avec les partenaires maliens, fait valoir le commandant Aurélien.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.