Une enseignante blessée à la gorge avec un couteau par un lycéen à Caen

Un lycéen âgé de 15 ans a porté mardi un coup de couteau à la gorge d'une professeure de lettres lycée Malherbe à Caen. (Photo, AFP)
Un lycéen âgé de 15 ans a porté mardi un coup de couteau à la gorge d'une professeure de lettres lycée Malherbe à Caen. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Une enseignante blessée à la gorge avec un couteau par un lycéen à Caen

Un lycéen âgé de 15 ans a porté mardi un coup de couteau à la gorge d'une professeure de lettres lycée Malherbe à Caen. (Photo, AFP)
  • «Le geste est en l’état totalement inexpliqué», précise encore le parquet. Le lycée Malherbe est un établissement réputé calme, proche du centre ville de Caen
  • En déplacement aux Sables d'Olonne, le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye a affirmé qu'il allait se rendre au lycée Malherbe «dès que possible dans les jours à venir»

CAEN: Un lycéen âgé de 15 ans a porté mardi un coup de couteau à la gorge d'une professeure de lettres dans un établissement de Caen mais les jours de l'enseignante ne sont pas en danger, selon le parquet et le ministre de l'Education nationale. 

"Ce matin vers 11H15 un élève du lycée Malherbe a, pendant une interclasse, porté un coup de couteau à un professeur de l’établissement, chargé de sa classe. Le professeur a été atteint à la gorge mais ses jours ne sont pas en danger. Elle est prise en charge pour suturation de la plaie", selon un communiqué du parquet de Caen. 

"Le mis en cause a été placé en garde à vue, les vérifications médicales sont en cours", selon la même source. 

"Le geste est en l’état totalement inexpliqué", précise encore le parquet. Le lycée Malherbe est un établissement réputé calme, proche du centre ville de Caen. 

"Des premières vérifications il ressort que ce jeune, âgé de 15 ans, n’aurait aucun antécédent judiciaire et est inconnu des services de police. Par ailleurs, les témoins n’ont pas fait état d’une altercation, ni d’aucun incident entre cet élève et ce professeur depuis le début de l’année", ajoute le parquet. 

Selon Jérôme Adell, secrétaire départemental de la FSU du Calvados, la victime est une enseignante âgée de 40 ans. "On ne sait pas si" l'agression a eu lieu "dans le couloir ou en sortant de la classe", a-t-il ajouté. 

"Moi j’étais dans les quelques salles qui étaient à côté (de l'endroit où s'est passé l'agression, ndlr) la police est rentrée armée pour demander si il y avait un intrus. C’est comme ça qu’on a su", a confié à l'AFP Léa, une élève de première, témoignant de sa "peur" et de son "choc" sur le moment. 

"Pour les secondes qui sont arrivés au lycée il y a deux semaines, l'image qu'ils vont avoir du lycée toute leur vie, c'est horrible", a-t-elle aussi déploré. Tous les lycéens interrogés par l'AFP affirmaient que la victime était avec une classe de seconde au moment de l'agression. 

"C'était le choc. Il y avait des profs et des élèves qui pleuraient", dans l'enceinte du lycée, a ajouté un peu plus loin Emma, 17 ans. 

En déplacement aux Sables d'Olonne, le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye a affirmé qu'il allait se rendre au lycée Malherbe "dès que possible dans les jours à venir". 

"J’ai appris avec beaucoup d’émotion l’agression dont une professeure de Lettres a été victime au lycée Malherbe de Caen aujourd’hui. Je tiens bien entendu à lui exprimer toute ma sympathie, toute mon empathie. Et au-delà de cette personne, à exprimer également mon empathie à l’égard de l’ensemble de la communauté éducative du lycée Malherbe, les élèves, les enseignants, l’équipe administrative et de direction". 


Un jeune homme de 18 ans tué par balle à Marseille

Les médecins légistes de la police française dans le 10e arrondissement de Marseille (Photo, AFP).
Les médecins légistes de la police française dans le 10e arrondissement de Marseille (Photo, AFP).
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  • La victime, qui présentait une plaie par balle au visage, a été trouvée dans une impasse peu fréquentée, selon les pompiers intervenus vers 06H40
  • De source policière, l'homicide a eu lieu dans la cité du Moulin de Mai, une des nombreuses cités marseillaises gangrénées par la violence et les trafics

MARSEILLE: Un jeune homme de 18 ans connu pour infractions liées aux stupéfiants a été retrouvé mort vendredi matin, tué par balles, dans le quartier de la Belle de Mai au coeur de Marseille, a-t-on appris de sources policières et judiciaire.

La victime, qui présentait une plaie par balle au visage, a été trouvée "dans une impasse peu fréquentée", selon les pompiers intervenus vers 06H40. Un médecin du SMUR a rapidement constaté le décès.

Le parquet de Marseille a précisé à l'AFP que la victime, âgée de 18 ans, était connue des services de police, "notamment pour des infractions à la législation sur les stupéfiants", mais sans donner plus de détails sur la nature de ces infractions.

De source policière, l'homicide a eu lieu dans la cité du Moulin de Mai, une des nombreuses cités marseillaises gangrénées par la violence et les trafics de stupéfiants.

Une enquête a été ouverte pour "homicide volontaire en bande organisée" et confiée à la Direction territoriale de la police judiciaire (DTPJ) de Marseille, a précisé le parquet. Ni les circonstances précises de ce meurtre, ni le profil du ou des agresseurs ne sont pour l'instant connus.

Il s'agit du 30e décès par balles dans les Bouches-du-Rhône depuis le début de l'année, pour la plupart à Marseille, et le plus souvent sur fond de trafic de drogue, selon un décompte de l'AFP. Avec ce chiffre, l'année 2022 se rapproche de 2016, une des pires années en termes d'homicides depuis le début du siècle, avec 31 morts au total.

Sur le seul mois d'octobre, quatre hommes ont été tués par balles dans ce même IIIe arrondissement, au centre de Marseille et l'un des plus pauvres de la ville, où se situe le quartier de la Belle de Mai.

La dernière des victimes était un homme de 33 ans, tué le 11 octobre dans une épicerie par une balle tirée d'un véhicule qui avait pris la fuite. La piste du règlement de compte est privilégiée par les enquêteurs, l'homme étant connu pour des affaires de stupéfiants.

La cité du Moulin de Mai, où a été retrouvée vendredi la nouvelle victime, est connue pour abriter un trafic de stupéfiants. Elle avait déjà défrayé la chronique judiciaire en octobre 2020 avec la mort d'une jeune femme de 19 ans, simple passagère d'un véhicule visé par des tirs près d'un point de drogue du quartier. Si le conducteur du véhicule était connu pour trafic de stupéfiants, la jeune femme avait été considérée comme une victime collatérale.


Une quinzaine d'enfants migrants secourus par des gendarmes français dans la Manche

Les migrants sauvés par la Royal National Lifeboat Institution à Dungeness sur la côte sud-est de l'Angleterre, le 9 juin 2022 (Photo, AFP).
Les migrants sauvés par la Royal National Lifeboat Institution à Dungeness sur la côte sud-est de l'Angleterre, le 9 juin 2022 (Photo, AFP).
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  • Sur une plage du nord de la France, une quinzaine d'enfants migrants âgés de 1 à 16 ans, qui tentaient la traversée vers l'Angleterre avec des adultes
  • Une fillette de 5 ans a cependant «été sortie de l’eau puis ranimée par un gendarme sur la plage», souligne la préfecture du Pas-de-Calais

LILLE: Une quinzaine d'enfants migrants âgés de 1 à 16 ans, qui tentaient la traversée vers l'Angleterre avec des adultes, ont été secourus dans la nuit de jeudi à vendredi sur une plage du nord de la France, une fillette de 5 ans ayant même du être ranimée, selon la préfecture.

"Ces 15 enfants, en état d’hypothermie, ont été pris en charge par les sapeurs-pompiers" et transportés à l'hôpital, est-il précisé dans le communiqué. "Leur pronostic vital n’est pas engagé".

Une fillette de 5 ans a cependant "été sortie de l’eau puis ranimée par un gendarme sur la plage", souligne la préfecture du Pas-de-Calais.

Ces enfants ont été secourus par les gendarmes qui "n’ont pas hésité à leur porter secours en se mettant à l’eau pour les sauver" alors qu'ils étaient positionnés en surveillance sur la plage de Camiers, près du Touquet.

"Une centaine de migrants" a tenté de prendre la mer au départ de cette plage durant la nuit, précise la préfecture. Parmi eux, 37 ont été mis à l'abri dans une salle de Camiers où ils "ont bénéficié de vêtements secs".

La route maritime entre la France et l'Angleterre est l'une des plus empruntées au monde, "avec plus de 400 navires de commerce qui y transitent par jour et les conditions météorologiques y sont souvent difficiles", selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar).

Pourtant, toujours plus d'exilés tentent la traversée. Plus de 40.000 migrants sont arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche à bord de petites embarcations en 2022, un record.

Le 24 novembre 2021, 27 migrants avaient trouvé la mort dans le naufrage de leur bateau au large de Calais, le pire drame enregistré dans la Manche.


Pipeline d'hydrogène entre Barcelone et Marseille: Un projet ambitieux mais risqué

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron tiennent une conférence de presse conjointe le 9 décembre 2022 à Alicante (Photo, AFP).
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron tiennent une conférence de presse conjointe le 9 décembre 2022 à Alicante (Photo, AFP).
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  • Lancé officiellement vendredi en Espagne, le projet est jugé essentiel pour la souveraineté énergétique de l'Union européenne
  • Ce projet, annoncé le 20 octobre lors d'un sommet européen, remplace le «MidCat», lancé en 2003 pour relier les réseaux gaziers français et espagnol

MADRID: Le projet de pipeline d'hydrogène entre Barcelone et Marseille, lancé officiellement vendredi en Espagne, est jugé essentiel pour la souveraineté énergétique de l'Union européenne, mais repose sur un pari risqué.

Calendrier, coût, tracé... Voici ce que l'on sait de cette initiative conjointe de Madrid, Lisbonne et Paris, qui bénéficie du soutien de la Commission européenne.

En quoi consiste ce projet?


Baptisé "H2Med" ou "BarMar" (contraction de Barcelone-Marseille), ce pipeline sous-marin permettra d'acheminer de l'hydrogène dit "vert" --car fabriqué à partir d'électricité renouvelable-- depuis l'Espagne vers la France et le nord de l'UE.

Ce projet, annoncé le 20 octobre lors d'un sommet européen, remplace le "MidCat", lancé en 2003 pour relier les réseaux gaziers français et espagnol via les Pyrénées mais finalement abandonné en raison de son manque d'intérêt économique, de l'opposition des écologistes et de celle de Paris.

Outre le pipeline sous-marin, ce projet comprendra une interconnexion entre la ville portugaise de Celorico da Beira (nord-est) et la ville espagnole de Zamora (nord-ouest).

Quel est son objectif?


Le pipeline entre Barcelone et Marseille doit permettre de transporter 10% de l'hydrogène consommé en Europe, soit quelque deux millions de tonnes par an à l'horizon 2030.

Ce qui permettra d'accélérer la décarbonation de l'industrie européenne, en lui donnant accès à une énergie propre produite à grande échelle. L'Espagne et le Portugal ont pour ambition de devenir des références mondiales en matière d'hydrogène vert, grâce à leurs nombreux parcs éoliens et photovoltaïques.

Paris, Madrid et Lisbonne avaient initialement annoncé en octobre que du gaz pourrait être acheminé dans un premier temps via ce tuyau afin de réduire la dépendance de l'Europe au gaz russe, la péninsule ibérique possédant 40% des capacités de regazéification de l'UE.

Mais il sera finalement dédié uniquement au transport d'hydrogène, une condition indispensable pour espérer être déclaré "projet d'intérêt commun" par Bruxelles et obtenir un financement européen pouvant aller jusqu'à 50% du coût.

Pourquoi Marseille et Barcelone?


Selon les promoteurs du projet, cette connexion est "l'option la plus directe et la plus efficace pour relier la péninsule ibérique à l'Europe centrale".

De plus, Barcelone est un hub énergétique en Espagne tandis que Marseille constitue une porte d'entrée intéressante pour desservir la vallée du Rhône, l'Allemagne, voire le nord de l'Italie, régions industrielles appelées à devenir de fortes consommatrices d'hydrogène vert.

Quel tracé, quel coût et quel calendrier ?


Le tracé définitif n'a pas encore été fixé mais sur les trois tracés envisagés, celui privilégié par Paris, Madrid et Lisbonne a une longueur de 455 kilomètres et une profondeur maximale de 2.600 mètres.

Ce tracé est plus long qu'un autre longeant la côte mais il a l'avantage technique d'offrir "des pentes ascendantes plus douces" au niveau du relief sous-marin, explique la feuille de route présentée vendredi par les trois pays.

Opérationnel en 2030, ce pipeline coûtera environ 2,5 milliards d’euros. Sa construction devrait démarrer fin 2025. L'interconnexion entre le Portugal et l'Espagne devrait coûter elle environ 350 millions.

Quels obstacles?


Le H2Med se heurte à plusieurs difficultés techniques, liées en partie à son caractère inédit. "Un +hydrogénoduc+ sous-marin à cette profondeur, à cette distance, cela n'a jamais été fait", souligne Gonzalo Escribano, expert du centre d'études espagnol "Real Instituto Elcano".

Pour José Ignacio Linares, professeur à l'université Pontificia Comillas de Madrid, l'un des principaux problèmes tient à la nature de l'hydrogène, un gaz constitué de petites molécules susceptibles de s'échapper par les jointures du pipeline et, par ailleurs, extrêmement agressives --donc susceptibles d'entraîner des problèmes de corrosion.

Mais ces problèmes "ne sont pas insurmontables", souligne cet ingénieur de formation. "Il suffit d'installer une membrane à l'intérieur du tuyau, une sorte de plastique, pour éviter que l'hydrogène ne s'échappe ou n'attaque" le métal, ajoute-t-il.

Quel avenir?
Le véritable risque, pour les experts, porte sur la viabilité économique du projet. S'agissant d'une technologie balbutiante, "on ignore quand le marché de l'hydrogène vert prendra son essor, quand on sera en mesure d'en produire suffisamment pour l'exporter", explique M. Escribano.

De quoi transformer la construction du H2Med en pari industriel.

"Le problème, c'est que les délais de construction d'un pipeline sont tellement longs qu'on ne peut pas se permettre d'attendre. Sinon, on se retrouvera avec une importante production d'hydrogène qu'on ne pourra pas exporter", rappelle M. Linares.