Face à une pénurie d'énergie, la Chine mise sur le charbon

Cette photo aérienne prise le 24 août 2022 montre des wagons de fret ferroviaire, utilisés pour transporter du charbon, à côté d'une installation de stockage de charbon à Pingdingshan, dans la province centrale du Henan en Chine. (AFP)
Cette photo aérienne prise le 24 août 2022 montre des wagons de fret ferroviaire, utilisés pour transporter du charbon, à côté d'une installation de stockage de charbon à Pingdingshan, dans la province centrale du Henan en Chine. (AFP)
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Publié le Dimanche 18 septembre 2022

Face à une pénurie d'énergie, la Chine mise sur le charbon

  • Premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine a diminué durant quatre trimestres consécutifs ses émissions de CO2 en raison du ralentissement de sa croissance économique
  • Mais contrairement à l'énergie éolienne ou solaire, les stocks de charbon et de gaz peuvent être conservés et utilisés en fonction des besoins, ce qui donne aux autorités locales un sentiment de sécurité

PEKIN: Confrontée à des chaleurs extrêmes cet été, à une pénurie d'énergie et à une hausse des prix du gaz et du pétrole, la Chine a augmenté sa production de charbon, suscitant l'inquiétude quant aux conséquences climatiques de ce choix.

Le président Xi Jinping s'était pourtant engagé à réduire le recours au charbon à partir de 2026 dans le cadre d'une série d'engagements visant à réduire les émissions chinoises de CO2 avant 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2060.

Premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine a diminué durant quatre trimestres consécutifs ses émissions de CO2 en raison du ralentissement de sa croissance économique, selon une étude publiée début septembre par l'observatoire du climat Carbon Brief.

Mais pour relancer leur économie, les autorités s'appuient sur une augmentation de la production de charbon, une source d'énergie particulièrement nocive pour le climat.

Cette politique de soutien à ce secteur, qui représente la majeure partie de sa production d'électricité, inquiète les experts qui redoutent que cela complique une éventuelle transition vers un plus grand recours aux énergies renouvelables.

L'automne dernier, redoutant une pénurie énergétique, les autorités ont enjoint aux producteurs de charbon d'accroître, en 2022, leur capacité d'extraction de 300 millions de tonnes, soit l'équivalent d'un mois de plus de production de charbon pour le pays.

Au premier trimestre 2022, les régulateurs chinois ont autorisé des mines à charbon pour une capacité totale de 8,63 gigawatts, selon Greenpeace. C'est déjà presque la moitié de la capacité approuvée sur l'ensemble de l'année 2021.

Eviter des pénuries 

Ces dernières semaines, en raison d'une canicule d'ampleur inédite, de plus grandes quantités de charbon ont été brûlées et extraites pour faire fonctionner les climatiseurs et compenser la baisse de production des barrages hydrauliques en raison de l'assèchement des cours d'eau.

En juin, le Premier ministre Li Keqiang a appelé à "augmenter autant que possible les capacités de production de charbon et à mettre en place un approvisionnement à long terme en charbon".

Selon l'organisme indépendant Climate Action Tracker, même les objectifs climatiques "les plus contraignants" fixés par Pékin en matière de lutte contre le réchauffement conduirait à un réchauffement planétaire de 3 à 4°C avant la fin du siècle, soit bien au-delà de l'objectif de l'accord de Paris visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C.

Pour atteindre cet objectif, la Chine devra "réduire ses émissions le plus tôt possible et bien avant 2030" et "diminuer la consommation de charbon et d'autres combustibles fossiles à un rythme beaucoup plus rapide que prévu".

La réticence de Pékin à abandonner le charbon s'explique en partie par l'inefficacité de son réseau électrique, qui ne permet pas le transport de l'énergie excédentaire d'une région à l'autre.

Le charbon et le gaz permettent de disposer d'une source d'énergie immédiate et constituent, dans la pratique, "le seul moyen pour les autorités locales d'éviter des pénuries d'électricité", a écrit le chercheur Lauri Myllyvirta dans un rapport de Carbon Brief.

Transition plus compliquée 

La Chine a cependant fait de réels progrès en matière d'énergies renouvelables.

La capacité solaire opérationnelle actuelle du pays représente près de la moitié du total mondial, selon l'ONG Global Energy Monitor (GEM), basée à San Francisco.

Mais contrairement à l'énergie éolienne ou solaire, les stocks de charbon et de gaz peuvent être conservés et utilisés en fonction des besoins, ce qui donne aux autorités locales un sentiment de sécurité.

Pourtant, construire plus d'installations au charbon signifie que l'on se concentre moins sur la résolution des problèmes de réseau, a souligné auprès de l'AFP M. Myllyvirta, redoutant que cela ne pousse les propriétaires de centrales à "ralentir la transition car ils auront intérêt à utiliser leurs tout nouveaux actifs".

Dans le même temps, le gouvernement central veut "éviter les pannes d'électricité à grande échelle, telles que celles qui ont touché les provinces du nord-est l'hiver dernier, en cette année politiquement cruciale pour M. Xi", selon Byford Tsang, conseiller politique principal du groupe de réflexion sur le climat E3G.

Le président Xi devrait obtenir un troisième mandat sans précédent au pouvoir lors du congrès du Parti communiste le 16 octobre.

M. Tsang a estimé que la flambée des prix de l'énergie au niveau mondial, due à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a également poussé Pékin à renforcer sa production nationale de charbon, soulignant la baisse de 17,5% des importations de charbon au cours du premier semestre 2022 par rapport à l'an dernier.

"Plus la Chine mise sur le charbon maintenant, plus il devient difficile de financer et de réaliser des projets d'énergie renouvelable plus tard", a expliqué à l'AFP Wu Jinghan, chef de projet climat et énergie pour Greenpeace en Asie de l'Est.

"Plus nous attendons pour effectuer la transition, plus le chemin vers la transition devient compliqué", a-t-il ajouté.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.