Ce que l'on sait des tombes retrouvées à Izioum, en Ukraine

Certains corps, les mains liées, portaient des traces de mauvais traitements (Photo, AFP).
Certains corps, les mains liées, portaient des traces de mauvais traitements (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Ce que l'on sait des tombes retrouvées à Izioum, en Ukraine

  • Jeudi soir, le président Volodymyr Zelensky a annoncé la découverte d'une "fosse commune" à Izioum
  • Et 440 tombes datant de mars à septembre 2022 ont aussi été découvertes dans le même cimetière

IZIOUM: Plus de 440 tombes et une fosse commune de victimes de la guerre russo-ukrainienne ont été retrouvées cette semaine près d'Izioum au milieu d'une forêt de pins en lisière de la ville.

Certains corps, les mains liées, portaient des traces de mauvais traitements. Des enquêteurs ukrainiens ont entamé leurs investigations vendredi. Voici ce que l'on sait sur ces découvertes:

Qu'a-t-on trouvé sur place?

Jeudi soir, le président Volodymyr Zelensky a annoncé la découverte d'une "fosse commune" à Izioum. Et 440 tombes datant de mars à septembre 2022 ont aussi été découvertes dans le même cimetière.

Sur place, au moins 17 corps de soldats ukrainiens enterrés dans la fosse commune ont été exhumés. Sur une croix au-dessus de la fosse figurait l'inscription "armée ukrainienne 17 personnes. Izioum, de la morgue".

Par ailleurs, les autorités ont annoncé le chiffre de plus de 440 tombes, car le dernier numéro inscrit sur les croix est le 445, a constaté l'AFP.

Ces numéros sont inscrits en grande partie sur des croix sommaires en bois brut.

D'autres croix portant aussi des numéros faisant partie de la série, sont en bois verni, plus élaborées. Elles portent aussi des noms et des dates.

Environ une centaine des corps se trouvant dans ces tombes avaient déjà été exhumés dimanche, selon les enquêteurs.

Torturés ou victimes des combats?

Les autorités ukrainiennes soupçonnent que certains des corps retrouvés sont ceux de personnes ayant été torturées par les forces d'occupation russes.

Au moins deux des corps déjà exhumés ont été retrouvés les mains liées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'un de ces deux corps "a les mains liées, sa mâchoire cassée et deux blessures par arme blanche dans le dos", a dit à l'AFP un membre de l'équipe du parquet de Kharkiv en charge de l'enquête sous couvert d'anonymat. Selon lui, l'homme enterré a été identifié comme ancien combattant volontaire pro-ukrainien.

D'autres cadavres sont ceux de civils tués dans des bombardements, notamment en mars lors des combats pour la prise de la ville par les Russes.

Parmi ces corps figurent par exemple ceux de trois membres de la famille de Volodymyr Kolesnyk, morts lors du bombardement de leur immeuble le 9 mars.

Sa tante, son cousin et la femme de ce dernier sont morts et ont été transportés au cimetière par les pompes funèbres, a indiqué à l'AFP M. Kolesnyk, un habitant d'Izioum.

Où en est l'enquête? 

Une dizaine d'équipes de quatre personnes (un procureur, un enquêteur, deux experts), étaient à pied d'oeuvre dimanche. Des secouristes en tenue blanche étaient chargés des exhumations.

Ievguen Sokolov, un procureur de Kharkiv en charge de l'enquête, dit ne pas avoir le nombre exact de morts violentes: "une fois que nous aurons terminé avec les exhumations, nous ferons le compte".

La plupart des corps exhumés "ont des blessures liées aux bombardements et aux explosions. Et d'autres ont des blessures résultant d'objets tranchants", a-t-il précisé.

Parmi les cadavres exhumés, il y a "un soldat avec les mains attachées derrière le dos, un autre avec une corde autour du cou et les membres cassés", a souligné le responsable.

"A ce stade, nous n'avons pas de corps ayant des balles dans le crâne, mais il reste beaucoup de travail à faire", a-t-il assuré.

Le procureur estime que le travail d'exhumation devrait être terminé d'ici une semaine, si la météo est suffisamment clémente.

Selon M. Sokolov, la plupart des corps sont ceux de personnes d'Izioum. Les familles qui viendront pourront identifier leur proches. Pour les autres, des tests ADN seront pratiqués.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com