Un policier du Nord blessé après un refus d'obtempérer

Un policier a été blessé lundi soir à Anzin (Nord) par un véhicule qui l'a percuté après avoir refusé un contrôle des douaniers. Photo d'illustration Sameer Al-DOUMY / AFP
Un policier a été blessé lundi soir à Anzin (Nord) par un véhicule qui l'a percuté après avoir refusé un contrôle des douaniers. Photo d'illustration Sameer Al-DOUMY / AFP
Short Url
Publié le Mardi 20 septembre 2022

Un policier du Nord blessé après un refus d'obtempérer

  • Le policier, dont le pronostic vital n'est pas engagé, a été blessé notamment au dos, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Nord
  • Âgé de 29 ans, le conducteur du véhicule a été interpellé et placé en garde à vue, a indiqué la DDSP. Selon un procès-verbal, il a déclaré être né au Maroc et être sans domicile fixe, et été trouvé notamment en possession d'une carte d'identité belge

LILLE: Un policier a été grièvement blessé lundi soir près de Valenciennes, percuté par le conducteur d'un véhicule qui transportait de la drogue et tentait d'échapper à un contrôle des douaniers, nouvel incident dans le cadre d'un refus d'obtempérer. 

Le policier, dont le pronostic vital n'est pas engagé, a été blessé notamment au dos, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Nord. Souffrant de "multiples fractures", il était toujours hospitalisé en fin de matinée mardi. 

Une source policière a indiqué qu'il était "sérieusement blessé aux jambes". 

Âgé de 29 ans, le conducteur du véhicule a été interpellé et placé en garde à vue, a indiqué la DDSP. Selon un procès-verbal, il a déclaré être né au Maroc et être sans domicile fixe, et été trouvé notamment en possession d'une carte d'identité belge. 

Selon une source policière, le jeune homme est "défavorablement connu" de la police, et selon le PV, interdit de port d'arme. "Plusieurs types de produits stupéfiants" ont été découverts à bord du véhicule mis en cause, a ajouté la même source policière. 

Le procès-verbal mentionne la saisie de "quatorze paquets semblants contenir des stupéfiants", ainsi que d'un couteau de type cran d'arrêt et un poing américain. Une source policière a évoqué "un kilo de stupéfiants" dans le véhicule. 

« Soutenir » la police  

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a confirmé sur Twitter que de la drogue avait été retrouvée dans la voiture. 

"Chaque jour, nos forces de l’ordre sont confrontées à des tentatives de meurtre en faisant leur métier. Nous devrions tous les soutenir plutôt que tenir avec les délinquants", a-t-il tweeté, affirmant que le policier était "grièvement blessé" à la suite de ce "refus d’obtempérer". 

D'après le récit de la DDSP, lundi vers 23H30, des douaniers ont voulu contrôler un véhicule, mais le conducteur ne s'est pas arrêté et a été pris en chasse. 

La police s'est alors positionnée à un rond-point d'Anzin, commune de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, dans l'agglomération de Valenciennes, pour crever les pneus du véhicule avec une herse. 

Mais le conducteur a pris "le rond-point à contre-sens" et percuté le policier avant de "finir sa course dans un poteau". 

D'après un autre procès-verbal, il a tenté de prendre la fuite à pied avant d'être interpellé. 

D'abord notifiée pour refus d’obtempérer et tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, sa garde à vue a été étendue à l'acquisition, la cession et l'importation de produits stupéfiants après la fouille du véhicule. 

Collègues « extrêmement choqués » 

Selon une source syndicale, les collègues du policier, de la patrouille du groupe de sécurité de proximité, "sont extrêmement choqués". 

"Tant que les décisions de justice seront ce qu'elles sont, les voyous ne craindront jamais la police et malheureusement on le constate tous les jours", a réagi Frédéric Lagache, délégué général d'Alliance. 

"Le mépris de politiciens pour les Forces de l'ordre (est) un permis moral de tuer", a dénoncé la déléguée Nationale Unité SGP-FO  Linda Kebbab sur Twitter. 

Le député PCF de la circonscription, Fabien Roussel, avait indiqué sur BFM TV qu'il irait apporter son "soutien" aux collègues du policier dans l'après-midi, mais cette rencontre sera finalement organisée la semaine prochaine, a indiqué son entourage. 

Le député RN du Nord Sébastien Chenu a appelé sur Twitter la justice à "agir rapidement et fermement contre ce chauffard délinquant". 

En 2022, deux gendarmes ont été "sérieusement blessés" lors d'un refus d'obtempérer fin août dans la Creuse. En février, une policière avait été "gravement blessée" à Lille, percutée par un automobiliste. Le dernier décès policier remonte à août 2020 dans la Sarthe. 

Les tirs mortels de la police lors de refus d'obtempérer ont quant à eux causé 10 décès depuis le début de l'année, les derniers à Nice et Rennes le 7 septembre. 

Selon des chiffres de source policière, le nombre de refus d'obtempérer en zone police est stable ces trois dernières années. Il y en a eu 14.256 en 2021, contre 13.018 en 2020 et 14.075 en 2019. 

 


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Short Url
  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.