A New York, Pap Ndiaye critique les «traces d'anti-américanisme» dans la politique française

Le ministre français de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Pap Ndiaye (à droite) s'entretient avec des étudiants tenant des drapeaux français et américain lors de l'inauguration de la New York French-American Charter School à New York le 19 septembre 2022. (Yuki IWAMURA / AFP)
Le ministre français de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Pap Ndiaye (à droite) s'entretient avec des étudiants tenant des drapeaux français et américain lors de l'inauguration de la New York French-American Charter School à New York le 19 septembre 2022. (Yuki IWAMURA / AFP)
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

A New York, Pap Ndiaye critique les «traces d'anti-américanisme» dans la politique française

  • M. Ndiaye accompagne le président Emmanuel Macron pour l'Assemblée générale des Nations unies et a assisté à un sommet de l'Education sous les auspices du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres
  • Le ministre a reconnu que le fait d'être le premier ministre «noir» de l'Education nationale en France revêtait une «dimension symbolique»

NEW YORK: Le ministre français de l'Education nationale et de la Jeunesse Pap Ndiaye, dont la nomination au printemps avait frappé les esprits mais suscité l'hostilité de l'extrême droite, a critiqué lundi à New York "les traces d'anti-américanisme" dans la politique française.

M. Ndiaye accompagne le président Emmanuel Macron pour l'Assemblée générale des Nations unies et a assisté à un sommet de l'Education sous les auspices du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Il s'est rendu dans deux établissements scolaires de New York, le très huppé lycée privé français de Manhattan et une nouvelle école au cursus bilingue français-anglais dans le quartier de Harlem, où vivent des minorités afro-américaine et d'Afrique de l'ouest francophone.

Au lycée français, M. Ndiaye a longuement échangé avec des élèves qui l'ont interrogé sur son parcours qui l'a conduit, selon ses propres mots, à devenir le "premier ministre de l'Education nationale noir et également ayant des attaches africaines".

Pap Ndiaye, 56 ans, né près de Paris de mère française et de père sénégalais, est agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, spécialiste de l'histoire des minorités, notamment des Afro-américains, aux Etats-Unis et a étudié dans une université en Virginie.

Interrogé sur son parcours d'"étudiant noir" en France et aux Etats-Unis, le ministre a répondu, en s'en amusant: "Je suis parfois considéré comme trop américain en France, un peu trop +woke+, un peu trop influencé par les Etats-Unis, ce qui est suspect parfois dans le discours politique français qui a des traces d’anti-américanisme souvent bien évidentes".

Son entrée en mai au gouvernement a suscité nombre de commentaires politiques et une levée de boucliers de l'extrême droite: le Rassemblement national l'a qualifié de "militant racialiste" et Reconquête! d'Eric Zemmour l'a accusé d'être "chargé" par Emmanuel Macron "de déconstruire l'histoire de France".

Le ministre a reconnu que le fait d'être le premier ministre "noir" de l'Education nationale en France revêtait une "dimension symbolique".

"Mais elle ne me résume pas. Je pense aussi avoir des compétences, des savoirs intellectuels et universitaires pour remplir les missions de ce ministère, au mieux", s'est-il défendu.

Plus tôt, M. Ndiaye avait inauguré une école partiellement financée par des fonds publics et des dons privés, la New York French-American Charter School (NYFACS), à Harlem, qui compte un cursus bilingue d'immersion en français.

D'après l'ambassade de France, 30.000 élèves aux Etats-Unis bénéficient d'un programme bilingue dans des établissements scolaires publics, ce qui en fait le premier au monde de ce type pour la coopération culturelle française à l'étranger.

"Il est très important que le français, historiquement associé aux Etats-Unis aux élites de la côte Est, soit représenté par une école telle que NYFACS dans un quartier populaire où vivent des familles africaines-américaines et des familles ouest-africaines", s'est réjoui le ministre.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.