Sobriété énergétique: les cadres du secteur public à l'offensive

Cette photo prise à Paris le 9 septembre 2022 montre un bassin intérieur de la piscine écologique Yvonne Godard. BERTRAND GUAY / AFP
Cette photo prise à Paris le 9 septembre 2022 montre un bassin intérieur de la piscine écologique Yvonne Godard. BERTRAND GUAY / AFP
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

Sobriété énergétique: les cadres du secteur public à l'offensive

  • Le Lierre comme Le Sens du service public appellent donc l'Etat à se donner les moyens financiers de ses ambitions
  • A Nevers début septembre, le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini a annoncé que les 5,7 millions d'agents publics seraient formés à la transition écologique

PARIS: Mobilité, chauffage, télétravail: à quelques jours de la présentation par le gouvernement d'un plan de sobriété énergétique, les collectifs de hauts fonctionnaires multiplient les propositions pour réduire la consommation d'énergie du secteur public.

Premier à publier sa "contribution" en fin de semaine dernière : le centre de réflexion Le Sens du service public.

Pour alléger la facture énergétique des piscines, il suggère d'abaisser la température de l'eau à 25°C, plutôt que de les fermer comme l'exploitant Vert Marine l'a fait quelques jours durant dans une trentaine de communes.

Le Sens du service public, qui réunit des cadres de l'administration, des collectivités et des hôpitaux, invite aussi à développer le télétravail "de façon beaucoup plus massive qu’aujourd’hui".

Une idée potentiellement explosive, car les syndicats s'inquiètent dans ce cas d'un transfert de la facture de chauffage de l'administration vers les agents.

La rénovation des bâtiments publics, la sobriété numérique ou l'électrification des flottes automobiles devraient faire davantage consensus.

Menée en parallèle des groupes de travail lancés par le gouvernement et des pistes avancées par les syndicats, la réflexion du "think tank" témoigne de l'ébullition actuelle autour de la sobriété.

"Il y a eu une prise de conscience sur la crise énergétique du fait de la guerre en Ukraine (qui a renchéri les cours du gaz et de l'électricité) et des rationnements qui s'annoncent", souligne François Thomazeau, un de ses fondateurs.

"Les esprits sont mûrs pour faire une bascule. La responsabilité des pouvoirs publics est de profiter de ce contexte pour faire changer les habitudes", ajoute-t-il auprès de l'AFP.

Reste à organiser cette "bascule" pour qu'elle perdure au-delà de l'objectif fixé par le gouvernement cet été - réduire de 10% la consommation d'énergie de la France d'ici 2024.

"Le discours public, notamment sur la sobriété, doit sortir d’une +chasse au gaspi+ opportune et préciser son ambition structurelle", de long terme, insiste de son côté dans une note à paraître Le Lierre, une association qui veut rendre l'action publique plus écologique.

Elle suggère d'instaurer une "tarification progressive de l'énergie": les premiers kilowattheures consommés seraient commercialisés à des tarifs "très accessibles", tandis qu'une consommation excessive serait "pénalisée".

Enjeu managérial

En matière de mobilité, Le Lierre propose un malus pour les véhicules thermiques et en particulier les SUV (véhicules utilitaires sportifs) de plus de 1.200 kilos, et à l'inverse un bonus pour les véhicules légers.

Mais quatre ans à peine après les "gilets jaunes", sobriété ne doit pas seulement rimer avec contrainte ou austérité, avertissent les auteurs de la note, intitulée "Organiser une sobriété désirable et collective".

Le Lierre comme Le Sens du service public appellent donc l'Etat à se donner les moyens financiers de ses ambitions.

A Nevers début septembre, le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini a annoncé que les 5,7 millions d'agents publics seraient formés à la transition écologique.

Pour Johan Theuret, membre du Sens du service public, la "crédibilité" de la mesure passe par le déblocage de moyens financiers suffisants, de préférence dès le budget 2023.

Selon la feuille de route du gouvernement, les 25.000 cadres de l'Etat devront être formés "d'ici 2024", avant que leurs collègues de la fonction publique territoriale (12.000 cadres) et de l'hospitalière (4.000) ne leur emboîtent le pas "d'ici 2025".

Dans l'immédiat, la cofondatrice de Sens du service public Emilie Agnoux plaide pour cibler la formation sur les agents "qui auront le plus d'impact" sur les économies d'énergie: "gestionnaires de flottes automobiles, de la restauration", personnel d'entretien des réseaux de distribution...

Alors que certains métiers de la fonction publique peinent à recruter, la sobriété constitue "un vrai enjeu managérial et organisationnel pour l’ensemble des administrations", poursuit- elle.

Comme pendant le Covid, "les agents retrouvent la motivation de se dire qu’ils vont pouvoir être utiles face à la difficulté", se félicite Mme Agnoux.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.