Comment les sites du patrimoine attireront les touristes culturels en Arabie saoudite

La première place, du moins dans le cœur des Saoudiens, revient au quartier de Turaif, à Diriyah, considéré comme le berceau du Royaume et inscrit sur la liste de l’Unesco en 2010. (Photo fournie).
La première place, du moins dans le cœur des Saoudiens, revient au quartier de Turaif, à Diriyah, considéré comme le berceau du Royaume et inscrit sur la liste de l’Unesco en 2010. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

Comment les sites du patrimoine attireront les touristes culturels en Arabie saoudite

  • Chacun des six sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial montre que les racines de l’Arabie saoudite sont bien plus profondes qu’on ne l’imagine
  • La région de Diriyah, qui est soigneusement préservée et protégée, est le joyau de la couronne de l’un des mégaprojets les plus notables en Arabie saoudite.

LONDRES: Alors même que l’Arabie saoudite écrit le prochain chapitre de son histoire, défini par l’ambition de sa Vision 2030, elle redécouvre et accepte un passé qui va jouer un rôle central dans son ouverture sur le monde extérieur.

Depuis 2008, l’Arabie saoudite a inscrit six sites de «valeur universelle exceptionnelle» sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Dix autres sites figurent sur sa liste indicative – des sites dont l’inscription est envisagée –, notamment le chemin de fer du Hijaz, trois routes de pèlerinage historiques et la zone archéologique d’Al-Faw, à la limite nord-ouest du Quart Vide. Ce dernier est un site d’occupation humaine depuis l’époque nomade préhistorique; la seconde moitié du premier millénaire avant notre ère a vu l’essor et la prospérité d’une ancienne cité caravanière.

Certes, les sites qui pourraient être sélectionnés pour de futures inscriptions ne manquent pas: le Registre national des antiquités d’Arabie saoudite compte plus de dix mille sites historiques.

Chacun des six sites du patrimoine mondial est la pièce d’une mosaïque fascinante qui montre non seulement que les racines saoudiennes sont bien plus profondes que ce que beaucoup auraient pu imaginer, mais aussi que le patrimoine saoudien est une composante essentielle de l’histoire de l’humanité.

Il s’agit d’une histoire vivante. Chaque site jouera – et, dans certains cas, joue déjà – un rôle crucial dans l’ouverture du Royaume en tant que destination pour les touristes culturels du monde entier.

L’un des sites de l’Unesco les plus époustouflants est le site archéologique de Hégra, pièce maîtresse des projets de la Commission royale pour AlUla. Ces derniers ont pour objectif de transformer judicieusement plus de 22 000 km2 du paysage spectaculaire de la région d’AlUla, avec sa vallée d’oasis luxuriante et ses montagnes imposantes, en une destination majeure.

Le joyau de la couronne d’AlUla est l’ancienne ville de Hégra, la capitale méridionale des Nabatéens, qui ont également construit Pétra, dans l’actuelle Jordanie.

Et l’étonnante collection de plus de cent tombes sculptées à la main, dont beaucoup présentent des façades et des inscriptions élaborées, taillées dans des affleurements de grès, ne constitue que la partie visible d’un véritable iceberg archéologique.

Une douzaine d’équipes archéologiques internationales explorent actuellement les cultures anciennes d’AlUla et du champ volcanique voisin de Harrat Khaybar. Le volume étonnant des découvertes qu’elles ont déjà documentées, de la préhistoire au début du XXe siècle, incite à repenser radicalement la préhistoire de la péninsule Arabique.

Une équipe de l’université d’Australie-Occidentale a passé ces quatre dernières années à identifier et à cataloguer toute l’archéologie visible du comté d’AlUla et de Harrat Khaybar. Les dizaines de milliers de structures découvertes, dont la plupart ont entre quatre mille et sept mille ans, racontent l’histoire d’un paysage magnifique et d’un climat autrefois tempéré.

Au total, le projet d’archéologie aérienne dans le royaume d’Arabie saoudite a permis d’identifier treize mille sites à AlUla et, dans le comté de Khaybar, pas moins de cent trente mille de toutes les époques, de l’âge de pierre au XXe siècle. La grande majorité d’entre eux remontent à la préhistoire.

À AlUla, une zone «centrale» de 3 300 m2 a été étudiée séparément par la société britannique Oxford Archaeology, qui, en collaboration avec le personnel et les étudiants de l’université du roi Saoud, à Riyad, a pu identifier plus de seize mille autres sites archéologiques.

Le Dr Hugh Thomas, chercheur principal à l’université d'Australie-Occidentale, explique à Arab News que dans le passé, les archéologues s’étaient concentrés sur le Croissant fertile. 

«Cependant, au fur et à mesure que les recherches avancent, nous nous rendons compte que cette région comptait bien plus que des petites communautés indépendantes qui ne disposaient que de peu de moyens et ne faisaient pas grand-chose dans une zone aride.

La réalité, c’est que, au néolithique, ces régions étaient nettement plus vertes; de très grandes populations humaines et des troupeaux d’animaux s’y seraient déplacés.»

Parmi les découvertes les plus intrigantes répertoriées par l’équipe d’Aerial Arachaeology in the Kindgom of Saudi Arabia (Aaksa) figurent les mystérieux mustatils – des structures souvent immenses et rectangulaires construites par un peuple préhistorique inconnu il y a plus de huit mille ans. Ces bâtiments, probablement uniques dans la péninsule Arabique, auraient eu des fonctions rituelles.

On en compte aujourd’hui plus de mille six cents sur une superficie de 300 000 km2 dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, principalement dans les environs d’AlUla et de Khaybar.

D’autres preuves du passé préhistorique de l’Arabie saoudite se trouvent dans les immenses collections, particulièrement impressionnantes, de gravures rupestres néolithiques ou de pétroglyphes. Elles se situent dans la province de Haïl sur deux sites distants de 300 kilomètres qui ont tous deux été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2015.

Le premier se trouve à Jabal Umm Sinman, un affleurement rocheux qui se trouve à l’ouest de la ville moderne de Jubbah et dont l’origine remonte à l’aube de la civilisation arabe. Il y a quelque six mille ans, les collines environnantes donnaient sur un lac aujourd’hui perdu sous les sables du désert du Néfoud.

Selon les termes du document de mise en candidature de l’Unesco, c’est sur les collines d’Umm Sinman que les ancêtres des Saoudiens d’aujourd'hui «ont laissé des traces de leur présence, de leurs religions, des perspectives sociales, culturelles, intellectuelles et philosophiques de leurs croyances sur la vie et la mort, et de leurs idéologies métaphysiques et cosmologiques».

Le second site se trouve à Jabal al-Manjor et Jabal Raat, à 220 kilomètres au sud-ouest de Jubbah, près du village de Shuwaymis.

Ensemble, les sites jumeaux racontent plus de neuf mille ans d’histoire de l’humanité, depuis les premières traces picturales de la chasse jusqu’au développement de l’écriture, de la religion et de la domestication d’animaux tels que les vaches, les chevaux et les chameaux.

L’art rupestre de la région de Haïl est considéré comme l’une des collections les plus importantes au monde. Il renferme «des expressions visuellement stupéfiantes du génie créatif humain, comparables aux messages laissés par des civilisations condamnées en Mésoamérique ou sur l’île de Pâques [...], d’une valeur universelle exceptionnelle».

Parmi les autres sites de l’Arabie saoudite qui figurent sur la liste de l’Unesco, citons l’aire culturelle de Hima, inscrite en 2021. Il s’agit d’une importante collection d’images d’art rupestre réalisées il y a plus de sept mille ans par les armées et les voyageurs qui passaient dans la région en suivant une ancienne route caravanière dans le désert, dans le sud-ouest du pays.

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L'aire culturelle de Hima. (Photo fournie).

La ville historique de Djeddah, inscrite par l’Unesco en 2014, a été établie au VIIe siècle comme le principal port de la mer Rouge et s’est rapidement développée en tant que porte d’entrée pour les pèlerins de La Mecque qui arrivaient par la mer. Djeddah, qui s’est transformée en «un centre multiculturel florissant», était «caractérisée par une tradition architecturale typique, notamment des maisons-tours construites à la fin du XIXe siècle par l’élite marchande de la ville». Beaucoup d’entre elles existent encore aujourd’hui.

Al-Hassa, une «série de paysages culturels», dans la province d’Ach-Charqiya, abrite la plus grande et sans doute la plus ancienne oasis du monde. Il s’agit d’un ensemble tentaculaire de douze éléments distincts et de 2,5 millions de palmiers dispersés sur une superficie totale de 85 km2.

Classée par l’Unesco en 2018 comme «un paysage culturel évolutif», Al-Hassa «conserve des traces matérielles représentatives de toutes les étapes de l’histoire de l’oasis, depuis ses origines, pendant la période néolithique, jusqu’à aujourd’hui».

Al-Hassa, qui se situe entre le désert rocheux d’Al-Ghawar, à l’Ouest, et les dunes du désert d’Al-Jafurah, à l’Est, est associée à la civilisation Dilmun, qui s’est épanouie lors du troisième millénaire avant J.-C. dans ce qui est aujourd’hui l’Arabie saoudite orientale. La découverte de poteries qui datent de la période d’Obeïd, il y a quelque sept mille ans, suggère également que la région d’Al-Hassa pourrait être l’une des premières de l’Arabie orientale à avoir été colonisée par l’homme.

La première place, du moins dans le cœur des Saoudiens, revient au quartier de Turaif, à Diriyah, considéré comme le berceau du Royaume et inscrit sur la liste de l’Unesco en 2010.

Dans un méandre du Wadi Hanifah, à quelques kilomètres au nord-ouest de la métropole moderne de Riyad, sont conservés les vestiges d’un ensemble époustouflant de palais, de maisons et de mosquées en briques de terre crue. Il s’agit d’un «exemple prééminent du style najdi, une importante tradition architecturale qui s’est développée dans le centre de l’Arabie [...] et a contribué à la diversité culturelle du monde».

D’abord colonisée par les ancêtres de la dynastie Al-Saoud au XVe siècle, l’oasis de Diriyah est devenue la capitale du premier État saoudien, établi en 1744.

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Le quartier de Turaif. (Photo fournie).

Elle a été détruite en 1818 après une campagne de six ans menée par un Empire ottoman vengeur. Ce dernier redoutait en effet que ce premier État saoudien ne menace sa domination sur l’Arabie et les Villes saintes de La Mecque et de Médine.

Finalement, comme le relate l’histoire, c’est la dynastie Al-Saoud qui l’a emporté. En 1902, Abdelaziz ben Abderrahmane al-Saoud, mieux connu sous le nom d’«Ibn Saoud», a reconquis Riyad avant de réunir les royaumes du Najd et du Hijaz en 1932 pour former le royaume d’Arabie saoudite.

Le quartier de Turaif, dans la ville de Diriyah, a été détruit par les Ottomans et ne sera plus jamais habité. Toutefois, il a été soigneusement préservé et constitue aujourd’hui le fleuron de l’un des plus importants mégaprojets de l’Arabie saoudite: l’aménagement de la zone élargie par l’Autorité de développement de Diriyah Gate, qui en a fait «l’un des lieux de rassemblement culturel les plus incroyables du monde».

Le plan de 50 milliards de dollars (1 dollar = 1 euro) qui vise à transformer Diriyah en une destination historique, culturelle et de mode de vie mondiale permettra de créer 55 000 emplois et d’attirer 27 millions de visiteurs chaque année. Ces derniers pourront ainsi découvrir l’histoire et la culture d’un royaume qui, en moins de trois cents ans, est passé d’une idée née dans une petite communauté du désert à l’une des nations les plus influentes du monde.

Sur ce site d’une superficie de 7 km2, les visiteurs trouveront des musées, des galeries, des hôtels de classe internationale, des restaurants, des boutiques, des maisons ainsi que des installations éducatives et culturelles. Tous ces bâtiments reflètent le style architectural traditionnel najdi.

Au cœur du projet se trouve Turaif, qui, comme tant de sites historiques d’Arabie saoudite, constitue un élément inestimable du passé. Il contribue aujourd’hui à façonner l’avenir du Royaume.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


"Patrimoine majeur" ou passoire énergétique : la rénovation de l'immeuble Mouchotte à Paris divise

Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
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  • Le projet de rénovation de l’immeuble Immeuble Mouchotte, classé passoire énergétique, divise les habitants entre rénovation lourde de la façade et solutions plus légères pour préserver ce patrimoine des années 1960
  • Une association demande son inscription aux monuments historiques pour éviter une transformation jugée coûteuse, écologique­ment discutable et menaçant sa valeur architecturale

PARIS: Le projet de rénovation de l'immeuble Mouchotte, emblématique de l'architecture parisienne des Trente Glorieuses, mais classé comme passoire énergétique, inquiète une partie de ses résidents qui demande son inscription aux monuments historiques.

"Une véritable catastrophe architecturale, financière, écologique et culturelle !" : l'association d'habitants Sauvons Mouchotte a lancé une pétition en ligne pour demander au ministère de la Culture l'inscription "en urgence" de l'immeuble au titre des monuments historiques. Le texte a recueilli plus de 12.000 signatures depuis octobre 2025.

Cette longue barre en verre et en métal du 14e arrondissement, qui fête ses 60 ans, compte 17 étages, 13 escaliers, 753 logements et quelque 2.500 habitants.

Comme la tour Montparnasse voisine, fermée pour travaux le 31 mars, l'immeuble Mouchotte, conçu par Jean Dubuisson, architecte du Musée national des arts et traditions populaires à Paris, est typique du style années 1960.

Le bâtiment, équipé de simple vitrage et d'huisseries en aluminium, n'a jamais été restauré et fait l'objet d'un projet de rénovation pour une moitié de sa façade.

Cet ensemble de logements sociaux à l'origine se divise, depuis 2017, en deux parties gérées différemment : le 8-20 rue du Commandant René-Mouchotte (436 logements appartenant à des propriétaires individuels), pas concerné par le projet, et le numéro 26 de cette rue (317 appartements, dont 172 appartiennent au bailleur intermédiaire In'li et les autres à des propriétaires individuels).

Ce sont les 10.000 m2 de façade du "26" qui doivent être rénovés, car, avec un diagnostic de performance énergétique (DPE) F, il est considéré comme une passoire énergétique. Sans travaux, les appartements seront interdits à la location en 2028.

Deux projets ont été présentés aux copropriétaires lors de la dernière assemblée générale en 2025 : une rénovation "légère" et une "lourde", qui impliquerait le remplacement total de la façade à l'identique par des matériaux neufs.

- "Patrimoine majeur" -

Sauvons Mouchotte craint qu'In'li, avec ses 47% de droits de vote, privilégie cette solution.

Ce serait "une décision aberrante", s'alarme auprès de l'AFP la fondatrice de l'association, Nathalie Amar, également avocate.

"L'idée de détruire la façade en aluminium d'origine pour la refaire à l'identique, toujours en aluminium, est un immense gâchis écologique", s'indigne-t-elle un matin ensoleillé de fin mars, sur la dalle au pied du bâtiment.

En outre, "le coût global du projet, présenté à 11 millions d'euros, est largement sous-évalué selon de nombreux professionnels" consultés par l'association, qui prédit plutôt 25 à 30 millions.

L'association met aussi en doute le DPE F de l'immeuble, puisque le "8-20", conçu à l'identique et jamais refait non plus, est diagnostiqué E.

L'inscription aux monuments historiques permettrait de "sauvegarder ce patrimoine architectural majeur", souligne Sauvons Mouchotte.

Michel Sebald, architecte et habitant de l'immeuble, a déposé une demande d'inscription aux monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France.

Dans son salon au 13e étage, avec une vue spectaculaire sur Paris, il évoque les "éléments exceptionnels" de la façade actuelle, où "il n'y a pas un point de rouille !"

- "L'été, ça tape" -

"Pourquoi tout casser ?", se désole l'architecte, alors qu'"il existe des solutions intelligentes, minimes et pas chères".

Les opposants à une rénovation lourde, qui reconnaissent que "l'été, ça tape" et "l'hiver, il fait froid quand il y a du vent", préfèreraient des travaux moins invasifs.

"On peut avoir une restauration énergétique correcte en mettant les bons éléments, le bon vitrage, les bons stores, la VMC (système d'aération, NDLR)...", estime Nadia Coutsinas, archéologue de 51 ans qui réside là depuis ses 6 ans.

In'li se dit "plutôt favorable" à une rénovation complète de la façade, indique El Houssine Tabou, directeur de la proximité du bailleur. Il relève "un inconfort important toute l'année" qui entraîne "des consommations d'énergie et des charges élevées".

Si l'immeuble était inscrit aux monuments historiques, "ça redessinerait un peu les lignes, peut-être les techniques d'intervention", note-t-il. "Mais la protection architecturale n'empêche pas une amélioration énergétique", ajoute-t-il.

L'association attend désormais le 8 avril et la prochaine assemblée générale des copropriétaires du "8-20", auxquels sera aussi présenté un projet de remplacement de leur façade.

S'ils s'y opposent, Sauvons Mouchotte aura un argument supplémentaire. "Vous imaginez, visuellement, si on change la façade et pas eux ?", s'interroge Nathalie Amar.


Paris accueille la 11e édition de la Modest Fashion Week : une vitrine mondiale de créativité et d’inclusion

La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
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  • Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie
  • À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style

PARIS: La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste.

Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie. À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style.

Une scène internationale en pleine effervescence

Cette édition réunira des créateurs venus des quatre coins du monde, notamment des États-Unis, de Turquie, du Nigeria, d’Indonésie, du Royaume-Uni, de France et d’Australie. Tous présenteront des collections qui marient héritage culturel et design contemporain.

Des marques établies aux talents émergents, les participants illustrent l’évolution rapide d’un secteur autrefois considéré comme de niche. Aujourd’hui, la mode modeste s’affirme comme un segment dynamique, porté par une clientèle mondiale en quête d’élégance, d’authenticité et de diversité.

Selon Ozlem Sahin, directrice générale de Modest Fashion Weeks by Think Fashion, « cet événement dépasse le cadre d’un simple défilé. Il s’agit d’un mouvement mondial qui relie créativité, héritage et opportunités économiques, tout en s’inscrivant dans une démarche éthique et durable ».

Une visibilité mondiale et des opportunités économiques

La Paris Modest Fashion Week attire chaque année un public influent composé d’acheteurs internationaux, de médias et d’influenceurs. Avec une portée médiatique estimée à plus de deux milliards de personnes et un réseau de plus de 1 000 partenaires, l’événement offre une vitrine exceptionnelle aux marques participantes.

Il constitue également un point de rencontre stratégique pour les acteurs de l’industrie souhaitant développer leur présence sur les marchés européens, moyen-orientaux, asiatiques et américains.

Une expérience immersive portée par des partenaires clés

L’édition 2026 promet une expérience multisensorielle grâce à des collaborations avec plusieurs partenaires. Des marques spécialisées dans la beauté, la parfumerie et le bien-être contribueront à enrichir les défilés, en y apportant une dimension sensorielle et artistique supplémentaire.

Cette synergie entre mode, beauté et innovation reflète l’esprit collaboratif qui caractérise aujourd’hui l’écosystème de la mode modeste à l’échelle mondiale.

Pendant trois jours, les visiteurs assisteront à 30 défilés et participeront à 8 conférences consacrées aux enjeux majeurs du secteur, tels que la durabilité, l’innovation et le commerce international.

Un espace B2B dédié permettra également aux créateurs, distributeurs et investisseurs de nouer des partenariats et de favoriser des collaborations transfrontalières.

Depuis sa création en 2016 à Istanbul, la Modest Fashion Week s’est imposée comme un acteur clé du développement de cette industrie. Présente dans plusieurs capitales mondiales, elle accompagne la montée en puissance d’une mode qui conjugue identité, culture et modernité.

À Paris, cette 11e édition s’annonce comme une nouvelle étape dans l’affirmation d’une mode sans frontières, où l’inclusivité et la créativité occupent une place centrale.

Alors que l’industrie de la mode évolue vers des modèles plus responsables et diversifiés, la mode modeste s’impose comme l’un des moteurs de cette transformation, attirant une audience toujours plus large et internationale.


Le 12e Festival du film saoudien reporté à juin

Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
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  • Le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra du 25 juin au 1er juillet à Dhahran, avec pour thème « Cinéma du Voyage »
  • L’événement inclura des compétitions, projections, focus sur le cinéma coréen et programmes de développement pour les cinéastes

DHAHRAN : Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se déroulera désormais du 25 juin au 1er juillet.

Organisé par l’Association du Cinéma en partenariat avec le Centre Roi Abdulaziz pour la Culture Mondiale (Ithra) et soutenu par la Commission Saoudienne du Film, le siège d’Ithra à Dhahran accueillera à nouveau l’événement.

Le festival de cette année explore le thème du « Cinéma du Voyage », présentant une sélection soignée de films arabes et internationaux — courts et longs métrages — qui mettent en avant le voyage et le mouvement comme éléments essentiels de la narration.

Comme lors des éditions précédentes mettant en lumière le cinéma non saoudien, le festival proposera un « Focus sur le Cinéma Coréen ».

À cette occasion, Ahmed Al-Mulla, fondateur et directeur du Festival du film saoudien, a déclaré : « Le festival de cette année crée une atmosphère riche en inspiration, en échanges d’idées et en apprentissages partagés. C’est une célébration de la créativité cinématographique pour tous. »

Tariq Al-Khawaji, directeur adjoint du Festival, a ajouté : « À Ithra, nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec l’Association du Cinéma. Cela a permis la croissance et la diversité thématique du festival année après année, ce que nous voyons clairement dans la manière dont nous soutenons les cinéastes et créons des opportunités d’engagement avec le cinéma mondial. »

Depuis son lancement en 2008, le Festival du film saoudien est un moteur clé du cinéma saoudien et du Golfe et constitue le plus ancien festival de cinéma du Royaume. Après plusieurs interruptions, il est désormais devenu un événement annuel.

Le festival réunit des compétitions de films de fiction et documentaires, des programmes de développement professionnel, un marché de production et des concours de projets. Et, bien sûr, de nombreuses projections sur les écrans d’Ithra, avec de nombreuses stars foulant le tapis rouge et des producteurs de films en quête de talents. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com