«Un safari de sons»: le philharmonique de New York a un nouvel écrin

Le David Geffen Hall du Lincoln Center, résidence de l'Orchestre philharmonique de New York (photo : D Ramey Logan, Creative Commons Attribution 4.0)
Le David Geffen Hall du Lincoln Center, résidence de l'Orchestre philharmonique de New York (photo : D Ramey Logan, Creative Commons Attribution 4.0)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

«Un safari de sons»: le philharmonique de New York a un nouvel écrin

  • L'acoustique a été testée et ajustée avec différentes œuvres musicales, pour mieux faire ressortir les «différentes couleurs, textures, timbres et couches d'instruments», explique l’acousticien Paul Scarbrough
  • Le tout premier rendez-vous est fixé au 8 octobre, avec «San Juan Hill: une histoire de New York», un spectacle composé par le trompettiste Etienne Charles

NEW YORK : Un design et une acoustique réglés au millimètre: après des mois de travaux, le prestigieux orchestre philharmonique de New York va se produire dans un écrin rénové, résultat d'un chantier à plus d'un demi-milliard de dollars.

A deux semaines du lancement, c'est l'heure des derniers ajustements pour les musiciens et leurs instruments. Mais aussi pour les spécialistes de l'acoustique qui apportent les dernières retouches aux murs et aux plafonds du David Geffen Hall.

«C'est un peu comme si vous partiez pour un safari de sons. Il s'agit vraiment de réinventer le son de l'orchestre», explique Jaap van Zweden, chef d'orchestre et directeur musical du «Phil».

Selon lui, la conception datée du David Geffen Hall, ouvert depuis 1962 au sein du Lincoln Center, ne contribuait guère à une bonne acoustique. Désormais, les musiciens vont «retrouver beaucoup de sons et de beauté» mais «cette lune de miel entre eux et la salle a besoin de temps», prévient-il.

Né en 1995, le projet pharaonique à 550 millions de dollars a longtemps traîné. Paradoxalement, la pandémie, en contraignant la salle à fermer au public, a accéléré les choses.

- Bois de hêtre -

Plus de 600 ouvriers et techniciens travaillaient en permanence sur le chantier.

La rénovation réduit la capacité de 2.738 à 2.200 places, mais la visibilité sera améliorée et certains spectateurs seront placés derrière l'orchestre, dont la scène a été légèrement avancée pour renforcer l'effet surround.

Les murs ont été revêtus de bois de hêtre pour soutenir les basses fréquences de la salle, explique l'acousticien en chef Paul Scarbrough.

Autre nouveauté: une verrière acoustique modulable.

«Nous avons pu régler à la fois avec précision la quantité d'énergie renvoyée aux musiciens sur la scène (...) et la quantité dirigée vers le public», ajoute Paul Scarbrough.

L'acoustique a été testée et ajustée avec différentes œuvres musicales, pour mieux faire ressortir les «différentes couleurs, textures, timbres et couches d'instruments», explique-t-il aussi.

Une expérience «incroyable» pour la violoniste Yulia Ziskel, 22 saisons au compteur, qui raconte qu'avec certains changements, «le son devenait soudainement différent».

Le réglage de la salle depuis août marque un retour au bercail pour le philharmonique, plus vieille institution musicale américaine --il a été créé en 1842--, qui a dû se produire dans d'autres espaces du Lincoln Center depuis mars 2020.

«J'ai hâte de voir ce que le public verra», confie le trompettiste Ethan Bensdorf, à l'aube de sa quinzième saison. «C'est pour ça qu'on est musiciens (...) c'est pour ça que la musique vivante est si magique», ajoute-t-il.

Le tout premier rendez-vous est fixé au 8 octobre, avec «San Juan Hill: une histoire de New York», un spectacle composé par le trompettiste Etienne Charles sur la vie des communautés afro-américaine, caribéenne et portoricaine vivant dans le quartier de l'Upper West Side avant l'opération de rénovation urbaine massive qui vit naître le Lincoln Center, l'un des centres artistiques de Manhattan, où se produisent aussi le Metropolitan Opera et le New York City Ballet.

La saison officielle démarre le 12 octobre avec la première mondiale d'«Oya», du Brésilien Marcos Balter.


Chine: hommage national et trois minutes de silence pour Jiang Zemin

Les gens participent au service commémoratif public pour l'ancien dirigeant chinois Jiang Zemin au Grand Palais du Peuple, à Pékin, le 6 décembre 2022 (Photo, AFP).
Les gens participent au service commémoratif public pour l'ancien dirigeant chinois Jiang Zemin au Grand Palais du Peuple, à Pékin, le 6 décembre 2022 (Photo, AFP).
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  • La cérémonie commémorative, retransmise en direct à la télévision, a eu lieu au palais du Peuple à Pékin où un immense portrait de l'ex-dirigeant était installé
  • Au premier rang se trouvait la veuve de Jiang Zemin, Wang Yeping, en fauteuil roulant

PEKIN: Les sirènes ont retenti mardi en Chine et trois minutes de silence ont été observées en hommage à l'ex-président Jiang Zemin, décédé à l'âge de 96 ans et salué comme un patriote qui a "consacré sa vie" au peuple chinois.

Dans cette journée de deuil national, les forces de l'ordre faisaient en sorte d'éviter tout grand rassemblement, après la vague de manifestations contre les restrictions sanitaires.

La cérémonie commémorative, retransmise en direct à la télévision, a eu lieu au palais du Peuple à Pékin où un immense portrait de l'ex-dirigeant était installé, accompagné de slogans et d'offrandes florales.

"Il a consacré toute sa vie et son énergie au peuple chinois, à la lutte pour l'indépendance nationale, la libération du peuple, la prospérité nationale et le bonheur de la population", a assuré le président Xi Jinping face une assemblée de hauts dignitaires chinois, tous masqués.

"Le Comité central du Parti communiste chinois appelle l'ensemble du parti, de l'armée et du peuple chinois, dans tous ses groupes ethniques, à transformer le chagrin en force", a-t-il ajouté.

Au premier rang se trouvait la veuve de Jiang Zemin, Wang Yeping, en fauteuil roulant.

«Dirigeant très important»

Alors que les autorités ont été confrontées récemment à un mouvement de contestation d'une ampleur inédite depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989, la figure de Jiang Zemin semble fédératrice. Artisan de l'arrivée de la Chine sur la scène mondiale, il est aussi celui qui avait su rétablir le calme à Shanghai en 1989.

Il a pris le pouvoir suite à cet épisode, accompagnant la transformation de la nation la plus peuplée de la planète en une puissance mondiale, qu'il a dirigée jusqu'en 2003.

Il est décédé le 30 novembre à Shanghai des suites d'une leucémie et de la défaillance de plusieurs organes, selon les médias officiels.

Son corps a été incinéré lundi à Pékin, lors d'une cérémonie à laquelle ont assisté le président Xi Jinping et d'autres hauts dirigeants, selon l'agence d'Etat Chine Nouvelle.

L'ex-président Hu Jintao --dont la sortie abrupte du palais du Peuple en octobre, durant le congrès du parti, avait suscité l'attention internationale-- était également présent.

Toute la journée, les drapeaux sont en berne et les activités récréatives suspendues.

A Yangzhou (Sud), ville natale de Jiang Zemin, une centaine de personnes se sont réunies face à son ancienne résidence pour observer le moment de silence, avant d'être dispersées par la police.

Les Bourses de Shanghai et Shenzhen ont suspendu leurs cotations durant trois minutes, pendant que dans le port de Hong Kong des centaines de bateaux faisaient retentir leur sirène.

Au collège Scientia à Hong Kong, plusieurs centaines d'élèves et de professeurs se sont rassemblés pour un hommage à Jiang Zemin. C'est sous son mandat qu'avait eu lieu la rétrocession britannique de ce territoire, aujourd'hui région chinoise semi-autonome.

"Nous, les Hongkongais, nous avons des sentiments forts pour le président Jiang, qui a visité Hong Kong à de nombreuses reprises, notamment en assistant à la cérémonie de rétrocession", a déclaré l'un des enseignants.

Kate Leung, élève de 16 ans, a dit avoir observé le moment de silence "avec gratitude" envers l'ex-président, "un dirigeant très important".

«Une ère plus tolérante»

Populaire auprès des jeunes générations de Chinois, Jiang Zemin divise pourtant la population quant à son héritage.

On l'accuse de n'avoir pas réussi à résoudre les problèmes générés par le bond économique de la Chine, comme la corruption, les inégalités, l'impact sur l'environnement et les licenciements dus aux réformes des industries étatiques.

Sous son mandat, la répression des militants politiques s'est également faite plus féroce.

"L'ère Jiang, même si ce n'était pas la plus prospère, était plus tolérante", assurait pourtant un internaute sur le réseau social Weibo, équivalent de Twitter en Chine.

"J'ai entendu beaucoup de critiques de lui, mais le fait qu'il ait autorisé l'existence de voix critiques montre à quel point il est digne d'éloges", a-t-il ajouté, alors que les autorités traquent actuellement les participants aux manifestations contre les restrictions anti-Covid.

Depuis qu'il était à la retraite, Jiang Zemin était vu avec tendresse par ses fans des jeunes générations chinoises, qui s'appelaient eux-mêmes les "fidèles du crapaud", fascinés par sa contenance rappelant le batracien et ses manies excentriques.

Sur Weibo, beaucoup d'internautes ont commenté son décès en l'appelant "grand-père Jiang".


«Avatar 2», dévoilé à Londres avant sa sortie mondiale

L'actrice britannique Kate Winslet, l'actrice américaine Sigourney Weaver, l'actrice américaine Zoe Saldana, l'actrice américaine Bailey Bass et l'actrice américaine Trinity Jo-Li Bliss posent lors d'un photocall pour «Avatar : The Way of Water» à Londres, le 4 décembre 2022. (Photo, AFP)
L'actrice britannique Kate Winslet, l'actrice américaine Sigourney Weaver, l'actrice américaine Zoe Saldana, l'actrice américaine Bailey Bass et l'actrice américaine Trinity Jo-Li Bliss posent lors d'un photocall pour «Avatar : The Way of Water» à Londres, le 4 décembre 2022. (Photo, AFP)
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  • Treize ans après «Avatar», qui approche les 3 milliards d'euros de recettes mondiales, ce deuxième reprend le chemin de l'astre Pandora, à des années-lumière de la Terre, pour une fable de science-fiction à tonalité écolo
  • Le film représente un énorme enjeu pour James Cameron, roi incontesté du box-office mondial, qui a enchaîné les records avec «Titanic» puis le premier «Avatar», qui reste à ce jour le film le plus rentable au monde

LONDRES: Les fans et la planète cinéma ont les yeux rivés sur Londres, où est projeté mardi soir "Avatar 2", le film le plus attendu de l'année par des salles qui espèrent oublier enfin la pandémie et engranger des milliards de dollars de recettes. 

"Avatar : la voie de l'eau", signé James Cameron, débarque mercredi 14 décembre dans les salles françaises, et deux jours après aux Etats-Unis, avec une triple ambition : surpasser le premier opus, plus gros succès de l'histoire du box-office mondial, démentir la mort du cinéma en salles, et faire naître une saga aussi mythique que "Star Wars". 

Treize ans après "Avatar", qui approche les 3 milliards d'euros de recettes mondiales, ce deuxième reprend le chemin de l'astre Pandora, à des années-lumière de la Terre, pour une fable de science-fiction à tonalité écolo. 

Tourné comme le premier pour la 3D, avec une montagne d'images numériques, le film s'étire sur 3 heures 12. Contrairement aux prédictions de James Cameron à l'époque, "Avatar" n'a pas permis d'imposer largement au cinéma l'image en relief, qui nécessite le port de lunettes ad hoc, mais le réalisateur s'accroche à cette technologie. 

Le secret sur l'intrigue est jalousement gardé, mais le film doit permettre de découvrir une nouvelle tribu d'extraterrestres autochtones, vivant en milieu marin, et met en scène les survivants du premier opus, Jake Sully (Sam Worthington), Neytiri (Zoe Saldana) et leurs enfants. Kate Winslet intègre le casting, un quart de siècle après "Titanic". 

Le film représente un énorme enjeu pour James Cameron, roi incontesté du box-office mondial, qui a enchaîné les records avec "Titanic" puis le premier "Avatar", qui reste à ce jour le film le plus rentable au monde. Ainsi que pour Disney : les images du troisième opus sont déjà tournées et un nouvel "Avatar" est prévu tous les deux ans au moins jusqu'au 5e, en 2028. 

"La sortie du film est un gros test pour l'industrie mondiale du cinéma, tout le monde l'attend", analyse Eric Marti, directeur général de Comscore France, qui mesure et analyse l'audience des films. 

"Pendant deux ans, il n'y en a eu que pour les plateformes. Pour les cinémas, cette sortie c'est 'L'empire contre-attaque' : la réaffirmation de la primauté de la salle" sur tous les autres canaux de diffusion, ajoute-t-il. 


L'un des ravisseurs des chiens de Lady Gaga, coupable de tentative de meurtre, condamné à 21 ans de prison

Lady Gaga (Photo, AFP).
Lady Gaga (Photo, AFP).
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  • James Howard Jackson avait été libéré le 6 avril à la suite d'une erreur administrative puis arrêté de nouveau quatre mois plus tard
  • Lady Gaga avait offert une récompense de 500 000 dollars pour le retour de ses précieux bouledogues français

LOS ANGELES: Un homme qui a agressé violemment un employé de la chanteuse américaine Lady Gaga pour enlever les chiens de la star a été condamné à 21 ans de prison lundi à Los Angeles.

James Howard Jackson, 20 ans, a plaidé coupable de tentative de meurtre, reconnaissant avoir fait partie du groupe qui avait tiré sur Ryan Fischer alors qu'il promenait les trois bouledogues français de l'interprète de "Poker Face" à Hollywood, en février 2021.

"Un accord de plaider-coupable tient James Howard Jackson responsable d'avoir perpétré un acte violent, sans cœur et rend justice à nos victimes", est-il indiqué dans un communiqué du bureau du procureur.

Des images de vidéo-surveillance montraient deux hommes sortir d'une voiture près de l'employé de la chanteuse, avant de le blesser par balle à la poitrine.

Les individus s'étaient alors emparés de deux des chiens, Koji et Gustav, s'enfuyant en laissant Ryan Fischer à terre, en sang. Le troisième chien, Miss Asia, s'était enfui mais était ensuite revenu se blottir près de son promeneur.

Ryan Fischer avait révélé par la suite sur Instagram avoir souffert de lésions pulmonaires.

Lady Gaga, connue pour ses tubes "Just Dance" ou "Bad Romance", avait offert une récompense de 500 000 dollars pour le retour de ses précieux bouledogues français.

Une femme les avait ramenés, disant les avoir trouvés attachés à un poteau, avant d'être arrêtée à son tour. Selon les policiers, elle entretenait une relation avec le père d'un des agresseurs et avait été chargée de récupérer la récompense pour leur compte.

James Howard Jackson avait été libéré le 6 avril à la suite d'une erreur administrative puis arrêté de nouveau quatre mois plus tard.

Cette sentence survient après celle de ses complices, Jaylin Keyshawn White, 20 ans, condamné à quatre ans de prison et Lafayette Shon Whaley, 28 ans, condamné à six ans de prison.

L'affaire avait illustré la popularité de ces chiens auprès des stars... et des criminels, pour qui leur petite taille et leur prix élevé en font des cibles privilégiées en vue d'une revente sur le marché noir.